27 mai : Memorial Day aux États-Unis
 

Pour beaucoup d’Américains, ce dernier lundi de mai vient prolonger le premier week-end véritablement estival de l’année. Par millions, Ils vont prendre la route et retrouver de la famille ou des amis, passer du temps dans les parcs d’attraction ou tout simplement ne rien faire mais tous, à 15h , « moment national du souvenir », sont invité à prendre le temps d’une prière pour ceux qui sont morts en défendant le pays. Beaucoup de villes organisent des défilés tandis que le Président américain se rend au cimetière national d’Arlington, dans la banlieue de Washington DC.

D’autres privilégient le sport, comme le rallye Indy 500 à Indianapolis, l’une des courses automobiles les plus suivies dans le monde, ou des festivals de toutes sortes, comme le Festival de la fraise ou encore le concours du plus gros mangeur de pizza à Waterloo (État de New-York) connu pour avoir abrité la première cérémonie du souvenir en 1866. Que l’on y fasse allusion ou pas, l’importance de ce jour est dans toutes les têtes.

Historiquement, ce jour était appelé « Decoration Day » en l’honneur des hommes et des femmes morts durant la guerre de Sécession (1861-1865) puis il fut étendu progressivement à tous les conflits mais pas à tous les États. En 1967, l’appellation Memorial Day fut généralisée à l’ensemble du pays. En 1971, le Congrès en fit un jour férié.

 
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Bruno Teissier
26 mai : National Sorry Day en Australie
 

Le peuple aborigène a attendu ce jour pendant des décennies. Cette Journée nationale du pardon est un peu leur revanche sur l’histoire. L’art étant pour les Aborigènes un élément clef de la culture et de la vie, il est au centre de toutes les manifestations du jour à travers des chants, des danses, et surtout une peinture qui raconte tout à la fois la création du monde, l’histoire des ancêtres, le lien spirituel des Hommes avec la terre. Derrière cette image idyllique d’un pays réconcilié, il y a une tragédie, dénoncée officiellement, en 2008 devant le Parlement par Kevin Rudd, Premier ministre qui présenta ses excuses aux Aborigènes pour les injustices et les mauvais traitements subis depuis deux siècles et, plus précisément, pour la « génération volée », ces enfants  enlevés de force à leurs parents et confiés à des institutions ou des familles blanches (environ 100 000 enfants jusque dans les années 1970). Si ces excuses n’ont pas été accompagnées d’indemnisation, le gouvernement a toutefois promis d’aider les Aborigènes, très affectés par le chômage, l’alcoolisme et dont l’espérance de vie reste inférieure de 17 ans à celle d’un Australien non-autochtone. 

Les chose bougent, il ya deux semaines, a été tenu un verdict historique. La Haute Cour de justice d’Australie a pour la première fois statué sur l’indemnisation des Aborigènes spoliés, mettant un terme à une affaire entamée en 1999. Dans sa décision délivrée le 13 mars 2019, elle assure que les Aborigènes spoliés de leurs terres seront désormais indemnisés pour « perte et souffrance culturelles ». Dans le cas présent, le Territoire du Nord se voit obligé de payer 2,5 millions de dollars australiens (1,6 million d’euros) aux communautés plaignantes.


 
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25 mai : les Kimbanguistes fêtent Noël
 

Quelques millions de chrétiens fêtent Noël aujourd’hui même ! Depuis 1992, Papa Diangienda Kuntima, chef spirituel et représentant légal de l’Église kimbanguiste (et fils de son fondateur) en a décidé ainsi après une étude approfondie de la Bible et une révélation. Il est vrai que cette date est aussi son propre anniversaire !

Depuis lors, cette journée est l’occasion de rappeler le message central de kimbanguisme : Amour, travail et discipline. L’Église de Jésus-Christ sur la terre, son vrai nom, a été fondée au Congo belge en 1921 par le prophète Simon Kimbangu. Ce Congolais , prédicateur et guérisseur, se présentait comme l’envoyé de Dieu sur terre. Condamné à mort par le pouvoir colonial puis gracié, il passera trente ans en prison, jusqu’à sa mort, en 1951. L’Église kimbanguiste a survécu à la disparition de son prophète et obtenu le statut d’Église officielle en RDC. Elle compterait dix millions de fidèles, répartis également en Belgique, en France (12 000 fidèles répartis en une dizaine de paroisses), en Suisse où elle a été admise, dès 1969, au Conseil œcuménique des Églises, à Genève. C’est aujourd’hui, l’une des églises les plus dynamiques d’Afrique.

 
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RDC, CongoBruno Teissier
24 mai : les Bulgares fêtent leur alphabet
 

Comme chaque année, le pape François reçoit ce matin au Vatican le Premier ministre bulgare, accompagné d’une délégation, en l’honneur de saint Cyrille et saint Méthode, fêtés aujourd’hui par l’Église orthodoxe (le 14 février par ­l’Église romaine, le 11 mai par les Églises d’Orient qui suivent le calendrier julien).

Simultanément, en Bulgarie, quelques rares manifestations vont célébrer l’écriture slave (ou cyrillique), l’éducation et la culture bulgares. Car, de fait, c’est bien en Bulgarie, vers 850, que nait une nouvelle écriture dite cyrillique du nom d’un de ses inventeurs, Cyrille et Méthode. Dès l’origine, leur œuvre dépasse les frontières de la Bulgarie et se veut universelle et démocratique. Elle vise à offrir à tous les peuples de langue slave un accès égal à la connaissance, qu’elle soit spirituelle ou scientifique. De nos jours, l’alphabet cyrillique est employé non seulement par les Bulgares, mais aussi les Serbes, les Russes...

La Russie a fait du 24 mai la Journée nationale de la littérature et de la culture slaves.

 
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23 juin : ce soir, les feux de la Saint-Jean

C’est un feu généralement immense et visible de loin. Il rassemble les gens d’un même village, d’un même quartier. On y danse autour, on y fait la fête, on est heureux de s’y retrouver. La tradition veut que les jeunes sautent par-dessus le feu, au-dessus de neuf feux différents, dit-on, s’ils veulent se marier dans l’année. Ce rite trouve son origine directe dans le solstice d’été qui a lieu le 21 juin et que les peuples païens avaient pour coutume de célébrer en allumant un grand feu, symbolisant la lumière du soleil. Comme beaucoup de traditions païennes, le rite du feu a été christianisé au Moyen Âge et associé à Jean-Baptiste et dont la naissance, selon la tradition, tombe exactement six mois après la nativité du Christ (qui a été placé au moment du solstice d’hiver). Au Danemark, chaque village, chaque quartier de ville a le sien qui sera allumé vers 22h. La cérémonie est précédée par un discours d’une personnalité locale, voire d’une célébritée, et des chansons reprises en cœur, comme Midsommervise (Chanson du mitan de l’été) (1885), texte du poète Holger Drachmann. Selon la tradition, les sorcières avaient des pouvoirs spéciaux lors de la nuit la plus courte de l’année, les feux étaient destinés à les éloigner.

Bruno Teissier
23 mai : Lag Ba'omer , fête juive aux multiples facettes
 

Lag Ba'omer  est une fête juive joyeuse dont les origines remontent au Moyen-Âge. Ce soir, des feux de joie feront penser à ceux de la Walpurgis en Suède , Hidirellez en Turquie, ou aux fêtes du feu d’anciens cultes iraniens.

En Israël, la fête est aussi rattachée au culte de Rabbi Chimone bar Yo'haï dont ce jour est réputé être la Hiloula, l’anniversaire de son décès. Ce savant et mystique, qui a vécu au IIe siècle après JC, fut le premier à enseigner publiquement la dimension mystique de la Torah connue sous le nom de Kabbale. Ce jour, des milliers d’Israéliens se rendre au mont Méron (point culminant du pays), lieu supposé de son tombeau. Le pèlerinage à travers une réserve naturelle est l’occasion d’exercices proposés aux enfants, notamment le tir à l‘arc. Lag Ba'omer  est aussi une fête de la fraternité juive, l’occasion de montrer sa force et sa vaillance.

À Brooklyn, loin d’Israël, on organise depuis des décennies une grande parade à travers le quartier juif. Celle-ci débute traditionnellement au 770 Eastern Parkway, siège central du mouvement hassidique Chabad-Loubavitch.

À Paris, un défilé de chars décorés et des animations musicales sont généralement organisés par le mouvement Loubavitch.

 
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22 mai : la déclaration du Bâb
 

Dès ce soir et toute la journée de demain, les bahaïs célébrent le 175e anniversaire de la « déclaration du Bâb », acte de naissance de la foi bahá’íe et début d’une ère nouvelle.

La journée (qui selon ses adeptes, débute ce soir au coucher du soleil) sera chômée et consacrée à la lecture des textes les plus sacrés de la religion dont les prêches du Bab, mais également à des séances de musique et de chant. Ce jour saint commémore la déclaration de Mirza Ali Muhamad, plus connu sous le nom de Báb, jeune berger de Chiraz, en Iran, inconnu jusqu’à ce qu’il affirme, dans la nuit du 22 au 23 mai 1844, qu’il était envoyé par Dieu sur terre pour annoncer une nouvelle ère pour l’humanité et préparer l’avènement de Baha’u’llah , le messager universel de Dieu attendu par les disciples de toutes les religions. Sa prophétie se réalisera lorsque Baha’u’llah (de son vrai nom Mirza Husayn Ali), son disciple, annoncera, en 1863 qu’il est le nouveau Messie.

Considérés en Iran comme des hérétiques et persécutés comme tels, les bahaïs se disent fils d’Abraham, ils prônent la tolérance religieuse, l’égalité entre hommes et femmes et défendent une vision humaniste du monde. Ils sont, à peu près 5 millions répartis dans plus de cent pays, principalement en Iran, aux États-Unis, en Inde, en Colombie et en RDC.

 
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21 mai : la Journée des gloires maritimes
 

Cette journée, El Día de las Glorias Navales, commémore une défaite du Chili. C’est l’anniversaire de la bataille navale d’Iquique qui s’est déroulée le 21 mai 1879, il y a 140 ans jour pour jour, un épisode de la guerre du Pacifique qui a opposé le Chili à la coalition du Pérou et de la Bolivie. En dépit de cette défaite devant un port péruvien, le Chili a finalement gagné cette guerre et agrandi son territoire aux dépens de la Bolivie qui perdra tout accès à l’océan.

Chaque 21 mai, toute ville chilienne se doit d’organiser un défilé, mais l’épicentre des cérémonies se déroule généralement à Valparaiso, sur la Plaza Sotomajor, où se trouve le Monument aux héros d’Iquique (photo).

Hier soir, un Te Deum a été joué dans la cathédrale d’Iquique, port du Pérou devant lequel s’est déroulée la bataille. Le 21 au matin, l'acte solennel a lieu sur la Plaza Capitán Prat, en présence des autorités régionales et de la marine nationale. Peu avant midi, on organise un pèlerinage nautique jusqu’à la bouée qui marque le point exact du naufrage de la corvette Esmeralda, suivi par de nombreux bateaux, ornées de drapeaux pour la circonstance. À 12h10 précise (synchronisé avec Valparaiso, Santiago et Talcahuano), un hommage est rendu à l’Esmeralda, avec les honneurs de sifflets, clairons et de 21 armes à feu. L'hommage se termine par le lancement d'offrandes florales à la mer.

 
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20 mai : la Journée des patriotes au Québec
 

Le Québec est en effervescence, drapeaux de la province bien en évidence sur les bâtiments officiels et dans les rues, ambiance de fête empreinte de solennité, la journée est un mélange de grande fête populaire et de cérémonie du souvenir : défilés en tenue d’époque, reconstitutions de scène de bataille, repas champêtres, conférences, expositions… Cette journée commémore les événements de 1837-1838 qui virent les Québecois s’insurger face à l’occupant anglais pour la reconnaissance de leur peuple et la démocratie. Elle a remplacé en 2003, la fête de Dollard des Ormeaux, héros parfois controversé de la lutte pour l’indépendance de la Nouvelle France.

L’événement avait été remis au goût du jour dans les années 1920 pour concurrencer une autre fête, toujours d’actualité dans l’ensemble du Canada : la Fête de la reine ou Victoria Day, à l’origine l’anniversaire de Victo­ria, souveraine du Canada, aujourd’hui, d’Élisabeth II. À cette occasion, l’Union Jack (drapeau du Royaume-Uni) flotte aux côtés du drapeau national canadien toute la journée.

Cela dit, pour beaucoup de Canadiens, cette journée instaurée en 2002, représente avant tout … un jour férié et chômée de plus qui permet un week-end de trois jours !

Le drapeau des patriotes du Canada des années 1837-1838 (vert-blanc-rouge) est encore régulièrement brandi lors de la fête nationale du Québec, le 24 juin, et bien sûr pour la Journée des patriotes, au mois de mai.

 
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19 mai : l'anniversaire de l'oncle Hô
 

Au Vietnam, on célèbre l’anniversaire d’Hô Chi Minh (né en 1890), celui qui a mené le Vietnam à l’indépendance. Il est décédé il y a près de 50 ans et son souvenir s’est vraiment estompé. Pour les plus jeunes, il n’est guère plus qu’une image pieuse. La journée du 19 mai est appelée le Jour du président. Elle n’est pas fériée, bien que de nombreuses festivités soient organisées autour du souvenir du père de la nation. Une délégation dirigée par le secrétaire général du Parti communiste se rend à son mausolée pour y déposer des couronnes.

Il y a 113 ans, le jeune patriote Nguyên Tât Thành quittait le quai Nhà Rông, à Saigon (Hô Chi Minh-Ville aujourd'hui), comme aide-cuisinier à bord du cargo Latouche Tréville, sous le nom de Ba, il naviguera durant deux ans, posera le pied à Boston et à New York avant de faire escale au Havre, à la veille de la Guerre de 1914-1918, pour se mettre au service d’une famille bourgeoise de Sainte-Adresse en qualité de jardinier. Son séjour en France lui permit de découvrir les idées communistes.

Image d’un spectacle lors d'un programme artistique organisé dans la province de Nghe An (sa province natale) pour célébrer le 128e anniversaire de la naissance du président Ho Chi Minh, en 2018. 

 
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18 mai : un peuple oublié, les Tatars de Crimée
 

Le 18 mai 1944, sur ordre de Staline, quelque 238 000 Tatars étaient déportés de la péninsule de Crimée, leur terre ancestrale. Avant l’arrivée des Russes, à partir du XVIIIe siècle, la Crimée était leur pays. Environ 100 000 sont mort pendant leur déportation. En 1944, ils avaient été accusés d’avoir collaborés avec les Allemands pendant la brève occupation de la péninsules par les troupes nazies. Cette accusation a été retirée qu’en 1967 par les autorités soviétiques, mais ils n’ont été autorisés à revenir en Crimée qu’à la fin des années 1980, sous Gorbatchev. Très peu ont pu, en réalité, se réinstaller dans la péninsule où ils ne représentent plus que 12% de la population et sont totalement marginalisés et persécutés.

Même si Poutine a signé un décret en 2014 confirmation leur réhabilitation, la Cour internationale de justice a condamné la Russie en 2017, pour le traitement qui leur est infligé : enlèvements, assassinats… et, globalement, l’obligation de devenir russe ou de s’exiler comme l’a fait Refat Choubarov, le président du majlis, l’assemblée des Tatars de Crimée dissoute par les autorités russes, qui continue de s’opposer à l’annexion de la péninsule ukrainienne à la Russie. Quant à leur leader historique, le député ukrainien Moustafa Djemilev, il est toujours interdit d’entrée dans son pays et vit, lui aussi, à Kiev.

Aujourd'hui, le 18 mai, c’est la Journée de commémoration des victimes du génocide du peuple tatar de Crimée et la Journée de lutte pour les droits des Tatars de Crimée. 

 
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Bruno Teissier
17 mai : Journée mondiale de lutte contre l'homophobie
 

La Journée mondiale de lutte contre l'homophobie et la transphobie (IDAHOT : « International Day Against HOmophobia and Transphobia ») est célébrée tous les 17 mai.
Cette journée a pour but de promouvoir des actions de sensibilisation et de prévention pour lutter contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie.  

C’était, il y a moins de 30 ans. La journée est originaire du Québec. La Fondation Émergence crée en 2003 la première journée nationale contre l’homophobie. Depuis la Fondation Émergence organise une campagne de sensibilisation chaque année. D'autres organismes ont repris cette journée et elle est maintenant célébrée dans une soixantaine d’État dans le monde.

le site officiel : www.fondationemergence.org

 
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16 mai : Jean Népomucène, patron de la Bohème
 

Il est difficile de ne pas le remarquer, pas un pont, pas une église, pas un village qui n’ait sa statue de Jean Népomucène, un saint très populaire en Bohème, la plus célèbre des effigies étant certainement la magnifique statue qui orne le pont Charles à Prague (la toucher porterait chance dit-on !).

On fête cette année le 626e anniversaire de sa mort. C’est l’occasion chaque année pour les Praguois de se retrouver pour une messe solennelle autour du tombeau en argent du saint, dans la cathédrale Saint-Guy de Prague et d’assister à d’innombrables manifestations (concerts baroques, spectacles de son et lumière) à travers le pays.

Jean nait vers 1340 en Bohème, à Nepomuk, d’où lui vient son nom. Ordonné prêtre en 1373, il est chapelain de la reine. Très vite, le roi de Bohème est furieux de son désir d’indépendance religieuse et de sa proximité avec la reine dont il refuse de divulguer les secrets. Il le fait arrêter, torturer, assassiner puis fait jeter son corps dans la Moldava. Sa canonisation en 1729 en fait un symbole de la Contre-Réforme en Bohème. Son culte, symbole de la véracité et de la fidélité, est répandu également en Bavière, en Espagne et en Amérique latine.

 
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15 mai : souvenir de la Nakba palestinienne dans une ambiance de grande tension
 

Depuis 1998, les Palestiniens commémorent chaque année la catastrophe (nakba) : la guerre consécutive à la création de ­l’État d’Israël en 1948, qui leur a fait massivement quitter leurs maisons, leurs villages sans n’avoir jamais pu y retourner. Cette année la Nakba est commémoré dans une climat de grande violence, en particulier à Gaza. Jeudi dernier, s’est Déroulée la marche du retour, organisée annuellement. Son comité d’organisation a appelé à une grève générale ce 15 mai et à une participation massive aux manifestations à la frontière entre Israël et Gaza pour marquer la journée de la Nakba.

Les autorités israéliennes sont toujours opposées à toute idée de retour des réfugiés palestiniens. Sur les 920 000 Arabes vivant en Palestine en 1948, 760 000 ont fuit. Leurs descendants, au nombre de 5 millions vivent aujourd’hui en Jordanie, au Liban, en Syrie ou dans d’autres parties de la Palestine. Les 160 000 qui sont restés sur place forme aujourd’hui la communauté arabe d’Israël, soit 1,5 million de citoyens israéliens. Cette Journée de la Nakba (chômée) est, pour eux, l’occasion de se rendre en famille sur le site des villages détruits. Quand elles existent encore, on emmène les enfants voir les ruines de la maison familiale, en bravant les autorités qui ont tenté en 2011 d’interdire ce genre de pèlerinage.

Dans les territoires occupés, c’est la journée de tous les dangers. Les manifestants organisent des défilés ou des sit-in, le plus près possible des positions israéliennes. Les soldats ont reçu des ordres de vigilance et de retenue, mais chaque année des incidents graves éclatent faisant des morts et des blessés. Même chose en Jordanie, où la police anti-émeute tente avec difficulté d’empêcher les manifestants d’approcher de la frontière.

 
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14 mai : au Liberia, c'est Unification Day
 

Ce jour férié décrété par la présidente Elen Johnson Sirleaf en 2010 est tout à fait de bon aloi dans un pays qui a été ravagé par deux guerres civiles consécutives entre 1989 et 2003. Cette date fait référence à un discours de 1960 du président William VS Tubman (1944-1971), lequel était parvenu à réduite l’animosité historique entre l’élite américano-libérienne et les autochtones.

On se souvient que le Liberia a été fondé au XIXe siècle par des esclaves noirs américains affranchis qui y ont vu le pays de leur liberté. Entre 1822 et 1861, des milliers de Noirs libres ont été réinstallés dans la colonie de Cape Mesurado, territoire contrôlé par les Américains. Mais les autochtones, demeurés largement majoritaires, n’ont pas participé à la création de cet État. Même s’ils ont obtenu le droit de vote en 1944, ces derniers se sont longtemps considérés comme des citoyens de seconde zone.

 
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13 mai : le soleil de minuit au cap Nord
 

Aujourd'hui, débute soleil de minuit au Cap Nord (Norvège), si toutefois le beau temps est au rendez-vous...  Le soleil ne s’y couchera pas avant le 29 juillet.

Francesco Negri a été le premier voyageur à se rendre au Cap Nord. C'était en 1664. Aujourd'hui, environ 200 000 touristes y viennent chaque année durant les deux ou trois mois d'été.

 
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12 mai : journée de la langue et de la culture finnoise
 

En Finlande, ce Jour de la culture finnoise célèbre un philosophe né en 1806 (un 12 mai) et mort en 1881, Johan Vilhelm Snellman qui a œuvré toute sa vie à faire du finnois une langue qui en 1917 seulement, deviendra langue officielle de la Finlande au côté du suédois. Au XIXe siècle, le suédois était la langue des élites culturelles et le russe, celle de l’administration. La Finlande, n’avait jamais existé en tant qu’État. Pendant des siècles, Elle n’a été qu’une province suédoise, puis russe. Le finnois était la langue des paysans très peu écrite jusqu’à la publication du Kalevala, la grande épopée nationale, en 1835, qui est célébrée chaque 28 février. Ce n’est qu’au cours du XXe siècle que le Finnois s’est imposée comme langue littéraire, mais si, encore aujourd’hui, certains écrivains continuent d’écrire en suédois, idiome qui demeure la langue maternelle d’une petite minorité des Finlandais.

 
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11 mai : chaque année les saints de glace
 

Inutile de chercher sur un calendrier saint Mamert, saint Pancrace ou saint Servais, vous trouverez, à leur place, sainte Estelle, saint Achille et sainte Rolande. Il en est ainsi depuis 1960. L’Église catholique a décidé alors de remplacer les saints associés à ces « inquiétudes » agricoles (subsistance de paganisme aux yeux du Vatican) par des saints sans aucun lien avec ces croyances populaires. Fêtés les 11, 12 et 13 mai de chaque année, saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais sont, malgré cela, toujours observés par les agriculteurs de la même manière qu’ils étaient, autrefois, invoqués, pour protéger les récoltes. On cherchait à éviter l’effet néfaste sur les cultures d’une baisse de température qui pouvait se produire à cette période, en particulier des gelées nocturnes. Une fois ces trois jours passés, le gel, disait-on, n’était plus à craindre. Un quatrième saint, plus tardif, saint Urbain, fêté le 25 mai, est parfois rajouté, en Alsace et en Lorraine. Il semblerait bien que celle légende ait un fond de vérité, si l’on en croit les astrophysiciens (en raison de la trajectoire de la terre en cette période) même si, avec le réchauffement climatique, le risque de froid et de gel, se serait irrémédiablement déplacé vers le mois de mars. Cette année, pourtant, la lune rousse (5 avril-5 mai) a été particulièrement rigoureuse et les saints de glaces semblent toujours actifs.

Les reliques de Saint Pancrace en l'Église de Saint Nicolas de la ville de Wil, Suisse

 
10 mai : la mémoire de la traite des Noirs
 

Depuis 2006, la France commémore chaque 10 mai, l’abolition de l’esclavage, en référence à la date du vote par l’Assemblée nationale en 2001 de la loi dite « Taubira » (adoptée en dernière lecture par le Sénat le 21 mai). Une loi mémorielle qui a provoqué des débats parmi les historiens. L’article premier dit ceci : « La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'océan Indien d'une part, et l'esclavage d'autre part, perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l'océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l'humanité. ». Il lui a été reproché d’élargir la période à l’activité des Portugais, la France n’ayant débuté la traite qu’à la fin du XVIIe, mais sans faire référence à celle pratiquée par les Arabes et même les Africains entre eux, de manière bien antérieure...

 Cela-dit, chaque DOM ou TOM a une date de commémoration spécifique : le 27 avril à Mayotte, le 22 mai en Martinique, le 27 mai en Guadeloupe, le 10 juin en Guyane et le 20 décembre à La Réunion. Quant aux associations regroupant les Français d'outre-mer, elles ont opté pour le 23 mai.

Le 10 mai est qualifié officiellement de Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions.

 
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9 mai : les Russes commémorent la victoire
 

Comme à l’époque soviétique, les Russes commémorent la victoire de la « Grande Guerre patriotique » qui s’est achevée par la capitulation signée à Berlin, le 9 mai à 0h16. D’où la date du 9 mai retenue par Moscou, alors que Paris fête la cessation des combats, le 8 mai à 15h. Les vétérans, de moins en moins nombreux chaque année arborent leurs nombreuses médailles. Les autres se contentent du ruban de Saint-Geor­ges (rayé orange et marron), vendu à la sauvette dans la rue et qui symbolise la victoire. Lors de sa première présidence, Boris Elsine a renoué avec les grands défilés militaires qui faisait la fierté des dirigeants de l’URSS : porte-missile, patrouille aérienne... le pays fait état de sa force militaire aux yeux du monde.

Le défilé du  9 mai a été conservé dans la plupart des États ex-soviétiques, sauf les pays baltes où, au contraire la date a parfois servi à des cérémonies semi-officielles d’hommage aux Waffen-SS qui ont provoqué des troubles. Même chose en Ukraine où la journée du 9 mai est assez tendue, car ce pays très divisé sur la question de ses relations avec la Russie. À l’ouest, à Lviv (Lvov),  la commémoration tourne généralement à l’émeute.

 
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