20 mars : ce soir l'équinoxe de printemps (ou d'automne)
 

Aujourd’hui à 22h58 (heure de Paris), le soleil passe au zénith de l’équateur, cela ne lui arrivera que deux fois au cours de l’année (à nouveau le 23 septembre prochain). Dans l’hémisphère nord, c’est l’équinoxe de printemps (au Sud, c’est au contraire le début de l’automne). À cette date, en principe, la durée du jour est égale à celle de la nuit, c’est étymologie du mot équinoxe. Elle découle d’un calcul théorique. Dans la réalité, l’atmosphère créant un effet de réfraction de la lumière du soleil, même quand celui-ci n’est plus visible, la journée du 20 mars sera un peu plus longue que la nuit. Dans toutes les civilisations, ce phénomène astronomique est symbole de l’arrivée du printemps. Certains en font le début de l’année. Le 14 mars, en Iran et dans tout le monde persan a eu lieu la fête du feu. Comment ne pas faire le rapprochement avec les feux qui ont embrasé avant-hier soir la ville de Valence (voir le 18 mars). En Alsace, en Suisse, dans le Sud de l’Allemagne, une vieille coutume (la Schiewe­schlawe) fait tournoyer des disques de braises au cours de la même nuit, en formant des ronds lumineux symbolisant le disque solaire. Les Celtes, eux, allumaient des feux à l’aube pour signifier le renouveau de la vie. Quelques mouvements néo-druidriques s’efforcent de nos jours de reproduire ce culte dédié à la déesse Ostrara dont le nom a donné le terme désignant en allemand (Ostern) et en anglais (Easter), la fête de Pâques (16 avril), une fête chrétienne aux origine païenne liée à l’arrivée du printemps et la résurrection de la nature.

 
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Bruno Teissier
19 mars : hommage aux victimes de la guerre d'Algérie
 

Alors que l’Algérie vit un seconde libération, une seconde indépendance avancent certains, la France commémore le cessez-le feu du 19 mars 1962. Depuis 2012, cette date a été instituée Journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.

Le 19 mars comme date de l’hommage national aux morts en Algérie continue cependant à être rejetée par les représentants des « rapatriés » et des harkis. Si le 19 mars évoque la joie du retour des militaires français dans leur famille, il marque également l’amorce d’un drame pour les rapatriés, contraints au déracinement, et le début d’une tragédie pour les harkis, massacrés dans les semaines qui suivirent, au mépris des accords d’Evian. Si bien que le président Chirac avait inventé une nouvelle date d’hommage aux morts de la guerre d’Algérie, le 5 décembre. Mais faute du moindre fondement historique, elle est aujourd’hui peu marquée.

En Algérie, le 19 mars n’est pas férié, ce n’est que la Fête de la victoire. La vraie fête d’indépendance est le 5 juillet (date sa proclamation en 1962 et anniversaire du début de l’occupation du pays par les Français, le 5 juillet 1830).



 
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18 mars : la fête des Fallas de Valence
 

Cette fête qui se déroule sur plusieurs jours est l’une des plus célèbres en Espagne. Chaque quartier de la ville de Valence a fait construire des ninots, des poupées géantes, qui souvent mettent en scène des personnages publics, voire des hommes politiques. L’ensemble des ninots d’un quartier s’appelle un falla.

Mercredi soir, on a commencé à les dresser un peu partout dans la ville, il y en a 762, autant d’œuvres aux couleurs vives, certaines d’un goût douteux, mais qu’importe, c’est la fête et elles ne sont pas faites pour durer. Aujourd’hui, un jury va désigner un ninot, le plus beau, qui ira rejoindre le Musée Fallero, ouvert en 1937. Les autres seront brûlés demain soir, jour de la Saint-Joseph.

En attendant, la fête qui accueille plusieurs centaines de milliers de personnes bât son plein. Chaque jour à 14 heures, place de la mairie, une formidable pétarade d’une dizaine de minutes fait un spectacle étonnant. Moins bruyante est la place de la Vierge que l’on recouvre de fleurs à partir de demain… Des milliers de figurants bénévoles déambulent dans les rues en costume du XVIIIe siècle pour ces quelques jours de folie.

 
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Bruno Teissier
17 mars : la Saint-Patrick, fête mondialisée
 

Ce n’est pas l’Irlande seule mais une communauté entière d’Irlandais de par le monde qui célèbre aujourd’hui leur saint patron et réaffirment haut et fort son appartenance irlandaise et combien ils sont « proud to be Irish » (fiers d’être irlandais). De Dublin à New-York, les trois maîtres mots pourraient être : bière, musique et danse ! Le caractère festif de la journée dépasse depuis quelques années la seule diaspora irlandaise.

À Dublin débutent cinq jours de fête où se mêlent carnaval, musique à tous les coins de rue, théâtre, feux d’artifice, défilé de plus de quatre mille participants devant un million de spectateurs dit-on, sans compter des pubs ouverts nuit et jour où l’on peut déguster tout ce que l’Irlande a de meilleur en termes de boissons alcoolisées : bières et surtout la fameuse Guinness, véritable symbole national, la Beamish ou la Caffrey’s, whiskeys Bushmills ou Midleton de renommée mondiale et le nom moins célèbre irish coffee.

Cette fête a traversé les frontières pour donner lieu à des manifestations parfois surprenantes. Outre Atlantique, C’est la ville de New-York qui abrite la plus grande parade le long de la 5e Avenue, au pied de la cathédrale néo-gothique St Patrick devant plus de deux millions de spectateurs tandis que la colonie irlandaise de San Francisco défile derrière la statue de St Patrick qui trône sur un char habillé de vert, couleur de l’Irlande, comme la plupart des participants à la fête. À Chicago, la rivière du même nom qui traverse la ville est, elle aussi, colorée en vert !

 
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16 mars : manifestation ambiguë à Riga
 

Dans les rues de Riga, d’anciens légionnaires des Waffen-SS défilent pour commémorer leur résistance à l’URSS. Bras armé des nazis, ils ont été quelque 85 000 à avoir été enrôlés, de force pour la plupart, dans les rangs de l’armée allemande et ils ont activement participé à l’extermination de 70 000 juifs de Lettonie. Cette commémoration très controversée, appelée Jour des légionnaires, n’est plus une date officielle depuis 2001 en Lettonie, mais elle reste autorisée. Beaucoup de Lettons ne la voient pas comme une manifestation pro nazie, mais comme une occasion de protester contre la colonisation russe de leur pays opérée après la guerre. Eux qui représentaient plus des trois quarts de la population avant 1940, n’en sont plus aujourd’hui, qu’un peu plus de la moitié face aux quelque 40 % de Russophones. Ces derniers réagissent vivement à cette journée du 16 mars. Si les autorités n’y prenaient pas garde les deux manifestations se termineraient pas des affrontements. À partir de 2015, ils ont accepté de décaler l’horaire de leur propre défilé, frustrant la horde des journalistes venue couvrir l’événement d’images d’échange d’insultes, voire de coups, entre les deux groupes. Chaque année, les télévisons russes dressent le portrait d’une Lettonie acquise au nazisme et V. Poutine se plaît à vanter les mérites du pacte Molotov-Ribbentrop qui avait permis à Staline d’occuper la Lettonie. Ce petit pays aujourd’hui membre de l’OTAN est toujours à la charnière entre deux mondes.

 
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15 mars : la fête nationale hongroise
 

Budapest est pavoisée aux couleurs nationale, beaucoup de citoyens pour l’occasion portent la cocarde tricolore. La fête nationale hongroise (Nemzeti ünnep) débute à 9h par la levée du drapeau sur Kossuth Lajos tér. De là, un défilé militaire se rend au Musée national où la révolution a débuté il y a 171 ans. Profitant du réveil des peuples en cette année 1848, des démocrates hongrois s’étaient rendus au château de Buda porteur de 12 revendications à présenter au pouvoir des Habsbourg. Notamment l’exigence de la liberté de presse et l’abolition de la censure. Une commémoration bien paradoxale dans la Hongrie de Viktor Orban qui depuis 2010 multiplie les mesures liberticides, notamment contre la presse d’opposition. Ainsi, ce jour de fête populaire est aussi l’occasion d’une grande manifestation de l’opposition pour dénoncer un régime inspiré par l’extrême droite. Des manifestants de gauche viennent de toute l’Europe pour dénoncer les dérives du régime hongrois, lequel se voit épaulé par des militants de l’extrême droite polonaise ou italienne. Le 15 mars à Budapest est devenu, comme le 23 octobre, l’un des grands rendez-vous politiques européens.

 
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14 mars : cadeaux et contre cadeaux au Japon
 

Au  Japon, on fête la Saint-Valentin en deux temps. Le 14 février ce sont les femmes qui ont offert des chocolats à leurs amoureux ou à d’autres hommes de leur entourage, comme le veut la tradition. Un mois après, soit aujourd’hui même, les hommes offrent à leur tour des sucreries, des fleurs de couleur blanche ou un autre présent plus couteux. L’usage veut que la valeur du cadeaux en retour soit le triple de celle du premier. Pour éviter la surenchère, certains hommes ont eu la précaution de, très poliment, refuser les chocolats qui leur étaient offerts. Cette journée, créée en 1960, porte le nom de « jour blanc » (ホワイトデー), probablement en souvenir de l’initiateur de cette  coutume, le fabriquant américain de marshmallow ! Chez les ados, les garçons se contentent d’offrir un ruban blanc à une fille, si celle-ci le noue à ses cheveux ou à son sac, c’est qu’elle n’est pas indifférente... La coutume est très implantée en Corée du Sud et à Taïwan, elle commence à apparaître aux Philippines.

 
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13 mars : la Tunisie célèbre la liberté de la Toile
 

Il y a 14 ans décédait d’une crise cardiaque, à l’âge de 36 ans, Zouhair Yahyaoui, le plus célèbre des cyber-dissidents au régime du président Ben Ali. Fondateur du journal en ligne Tunezine, il a sans relâche dénoncé la corruption et la répression du pouvoir tunisien de l’époque, jusqu’au jour de son arrestation par des hommes en civil dans un cyber café de la capitale. C’était en 2002, après un procès expéditif, il est condamné pour « propagation de fausses nouvelles ». Emprisonné pendant un an et demi, il est régulièrement torturé. Sa famille toute entière est persécutée et son journal fermé peu après sa mort. Usé par sa détention, il est mort le 13 mars 2005.

En 2012, sept ans après son décès, un an après la chute du dictateur, le président Moncef Marzouki, accompagne ses proches sur sa tombe. Zouhair Yahyaoui est décoré à titre posthume par l’État tunisien et le jour anniversaire de sa mort est décrété Journée nationale de la cyber-liberté. Au niveau international, une Journée mondiale contre la cyber-censure a été marquée hier, 12 mars, à l’initiative d’Amnesty International et de Reporters sans frontières. Elle vise plus particulièrement l'Arabie saoudite, la Birmanie, la Chine, la Corée du Nord, Cuba, l'Égypte, l'Iran, l'Ouzbékistan, la Syrie, la Turquie, le Turkménistan, le Vietnam. 

Le 13 mars 3017, la poste tunisienne a émis un timbre à l’effigie de Zouhair Yahyaoui.

 
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12 mars : le printemps s'annonce, ici et là
 

Dans plusieur pays d’Europe ont lieu des festivités liées à l’arrivée du printemps. Le 12 mars correspondait autrefois au 21 mars du calendrier julien, ce jour était connu comme la Saint-Grégoire. En 1969, le Vatican a déplacé ce saint au 3 septembre, mais dans certains pays la journée est restée comme le Jour de Grégoire.

En Slovénie, c’est la journée des amoureux, l’équivalent de la Saint-Valentin ailleurs. Les oiseaux ne sont-ils pas sensés nicher dès le premier jour du printemps ? Il est coutume de faire flotter sur les rivières des bateaux en papier en forme maison, chargé d’un mot d’amour. Les enfants font des concours de la plus belle maison flottante. Si c’est le soir, on la fera flotter avec une bougie allumée.

En Lettonie, en ce Jour de Grégoire, on guette le renard ; s’il sort de son hibernage, c’est que le printemps est imminent. Sinon, l’hiver durera encore 2 semaines. Une coutume qui rappelle le Jour de la marmotte observée par les Canadiens le 2 février.

Les îles Féroée célèbre aujourd’hui son oiseau national, l’huitrier-pie, appelé localement le tjaldur, qui rentre de son lieu d’hivernage. Une fête est organisée dans la capitale.

Vol de tjaldur aux Féroées

 
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11 mars : la journée des victimes du terrorisme
 

C’est la Journée européenne de commémoration des victimes du terrorisme. Cette date marque l'anniversaire des attentats terroristes à Madrid en 2004, qui ont tué près de 200 personnes. Un an plus tard, le 7 juillet 2005, c'est Londres qui devenait la cible des terroristes avec quatre bombes et plus de 50 morts. En 2011, c’est la Norvège qui subissait la pire attaque terroriste de son histoire. Au cours de la décennie suivante, ce sera Paris, Bruxelles, Barcelone…

Le processus n’est pas nouveau, déjà au XIXe siècle, les anarchistes russes, italiens… faisaient des victimes, généralement des personnalités. La nouveauté dans le mode d’action, apparu dans la deuxième moitié du XXe siècle, c’est l’attentat visant des victimes anonymes, longtemps éclipsées par la cause et les auteurs du crime. Il a fallu, le début attendre le début du XXIe siècle pour que la victime soit considéré comme un objet d’attention et de commémoration.

Le 11 mars est une date européenne. De son côté l’ONU a aussi instauré une journée internationale des victimes du terrorisme, le 21 août. Cette date fait référence à l’attentat contre le siège des Nations Unies à Bagdad (Irak) le 19 août 2003, qui avait fait 22 morts. Mais, le 19 et le 20 août étant déjà des journées internationales, les responsables ont décidé de décaler cet hommage de deux jours.

En France, une partie des famille des victimes est attachée à la date du 19 septembre, laquelle est commémorée chaque années aux Invalides sous la houlette de l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT) et la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs. La date fait référence à l’attentat du 19 septembre 1989 avait provoqué le crash d'un avion français, le DC10 d'UTA, dans le désert du Ténéré au Niger. 170 personnes avaient péri, dont 54 Français. Une attaque attribuée aux forces du colonel Kadhafi.

Les autorités françaises penchent pour privilégier la date européenne qui évite de privilégier un attentat en France plutôt qu’un autre.

 
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10 mars : il ya 60 ans les Tibétains se soulevaient contre l'occupation chinoise
 

La diaspora tibétai­ne commémore le soulève­ment de 1959 au Tibet contre l’invasion chinoise.

Le 10 mars 1959, des dizaines de milliers d’hommes et de femmes sont descendus dans les rues de Lhassa pour réclamer l’indépendance du Tibet. Ce mouvement de protestation, porté par une population déjà exaspérée, fut réprimé dans un bain de sang (Plus de 80 000 morts).

La commémoration se déroule à l’extérieur du pays, notamment en Inde, où une partie des Tibétains sont réfugiés. Sur place, tout est verrouillé, la présence policière et militaire renforcée et généralement le Tibet est fermé aux étrangers pour quelques jours.

Suite aux manifestations de 2008 au Tibet lourdement réprimées par l’Etat chinois (plus de 200 morts, 5 000 prisonniers, condamnations à de lourdes peines de prisons et des exécutions), la situation au Tibet ne cesse d’empirer : au moins 2081 prisonniers politiques tibétains, des morts sous la torture, des disparitions forcées, des violences des forces de polices contre des rassemblements pacifiques entraînant des morts. Depuis 2009 au Tibet, 144 Tibétains se sont immolés par le feu pour protester contre cette répression. La plupart sont morts. 

 
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9 mars : la bénédiction des automobiles
 

Chaque année un curieux embouteillage se produit via Teatro di Marcello, à Rome, près du Colisée. Depuis les années 1930, une bénédiction des voitures est organisée pour la Saint-Françoise Romaine, patronne des automobiliste, devant l’église du même nom où repose les restes de la sainte. Francesca Romana était une femme de la noblesse romaine qui vécu au XIVe siècle et consacra sa vie aux pauvres. Elle a aussi fondé la congrégation des oblates de saint Benoît pour les dames de sa conditions souhaitant s’adonner à la prière et aux bonnes œuvres. Le couvent, situé via del Mare, fait « portes ouvertes » pour l’occasion.

Cette cérémonie, étendue aujourd’hui aux motos et même à tout véhicule à moteur, est encadrée par la ville de Rome qui offre des fleurs. Jadis les animaux de trait et leur conducteurs étaient béni le 17 janvier (c’est d’ailleurs toujours le cas), avec l’apparition des véhicules à moteur, ­l’Église se devait de leur trouver un saint protecteur, saint Christophe, patron des voyageurs, arboré par de nombreux automobilistes, n’ayant en réalité jamais existé. 

 En France, des paroisses, notamment celles qui sont consacrées à saint Christophe, organisent des bénédictions d’automobiles, elles ont généralement lieu en été. Aucune n’a le succès de celle qui se déroule depuis 1931, chaque 9 mars et le dimanche qui suit, dans la capitale italienne.



 
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8 mars : la Journée de la femme
 

L’idée de cette journée internationale de la femme est à la fois féministe et socialiste. Elle aurait été proposée en 1910 par la journaliste féministe allemande Clara Zelkin lors de 2e conférence de l’internationnale des femmes à Copenhague. Mais déjà en 1909, le Parti socialiste américain avait pris une initiative semblable le 28 février. Le 19 mars 1911, plus d’un million de femmes manifestaient dans divers pays. La date du 8 mars a été choisi en 1921 par Lénine en souvenir des femmes de Saint-Pétersbourg qui avait manifesté en 1917 contre la vie chère déclencant un mouvement de protestation qui allait aboutir à la chute du tsar une semaine plus tard. À l’époque, la Russie vivait encore au rythme du calendrier julien pour lequel ce déclenchement de la première révolution russe était daté du 23 février. Par un curieux cheminement de l’histoire, cette date est d’ailleurs devenue en Russie la Journée de... l’homme (voir 23 février). Cette fête du 8 mars est donc très liée au monde communiste et deviendra une commémoration obligatoire à partir de 1946 dans tous les pays qui deviendront des satellites de l’URSS. Si bien que la Tchéquie l’a abolie en 2008 comme un mauvais souvenir d’une époque révolue. La dimention féministe de la Journée de la femme a resurgie dans les années 1970 et son carractère international a été renforcé par son adoption par l’ONU comme une commémortaion officielle en 1977. La France a fait de même après l’arrivé de la gauche au pouvoir en 1981, sans pour autant en faire un jour férié comme c’est le cas dans les républiques soviétiques (où c’est aussi la fête des mères), certains pays d’Afrique... En Chine ou au Népal, on accorde qu’une demi journée chômée et seulement aux femmes. À l’heure où la célébration est devenue mondiale et où la dimension partisane a disparu (en même temps que le monde communiste), certaines voix s’élèvent pour se demander si cette journée a bien lieu d’être, si elle ne produit pas l’effet inverse du but recherché tant le 8 mars est l’occasion de débiter des discours truffés de stéréotypes qui déservent la cause des femmes. Pour d’autres, cette journée est loin d’être un gadget politique, c’est l’occasion de rappeller à l’opinion publi­que qu’un siècle de combat politique n’ont pas effacé les inégalités (tant dans le monde du travail que dans la politique), ni certaines violences faites aux femmes.

 
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7 mars : retour du soleil au Spitzberg !
 

L’apparition du premier rayon de soleil après plusieurs mois d’obscurité est une fête à Longyearbuen, 2000 habitants, la ville la plus septentrionale du monde, capitale du Spitzberg (ou Svalbard, l’île principale d’un archipel situé à mi-chemin entre la Norvège continentale et le pôle nord). Plusieurs dizaines de personnes viennent le guetter sur les marches d’un ancien hôpital détruit pendant la Seconde Guerre mondiale. Quand le soleil sera assez haut, c’est le premier lieu de la ville à être éclairé. Quand le jour précis est connu, le rendez-vous est fixé à 12h15.

Chaque année, le soleil se couche vers le 25 octobre pour ne réapparaître que début mars, généralement vers le 6-8 mars. Cette longue nuit n’est pas sans effet sur le moral de la population. En ville une psychologue travaille à plein temps sur les troubles liés à ce manque de lumière. Le retour de la lumière est souvent gâché par un ciel chargé de nuage, mais il reste un jour de fête qui se prolongera toute la semaine. Quelques courts spectacles se déroulent en plein air, ainsi qu’un office religieux si la température le permet. Mais, dans les bars des groupes de musique vont se succéder tous les soirs de la semaine dite du Solfestuka.

 
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6 mars : la fête nationale du Ghana
 

Il y a 61 ans ans Kwamé Nkruma déclarait l’indépendance de la Côte d’or, aussitôt rebaptisée Ghana. On était le 6 mars 1957, c’était la première colonie d’Afrique noire à ainsi s’émanciper totalement de son tuteur européen. La date est devenue la fête nationale du Ghana.

Si le discours de Nkruma fit date c’est qu’il envisageait aussi l’indépendance de l’ensemble du continent. Père du panafricanisme, il sera l’un des fondateur de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1963. Il inspirera beaucoup de leaders indépendantistes, en particulier son ami Sékou Touré de Guinée qui suivra son exemple dès l’année suivante (voir 2 octobre). Mais Nkruma avait fait émerger une république africaine, pas une démocratie. L’État qu’il dirigeait avait, dès 1959, adopté un régime autoritaire où l’on emprisonnait les opposants. Précurseur des indépendances, le Ghana le fut aussi des dictatures africaines. Il sera malheureusement imité par la très grande majorité des États qui accèderont les uns après les autres à l’indépendance.

Cela dit, il ne faut jamais désespérer, le Ghana offre aujourd’hui, un des meilleurs profils africains tant sur le plan politique qu’économique.

 
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5 mars : mort, il y a 66 ans, le cadavre de Staline bouge encore
 

Staline est mort le 5 mars 1953. La prise de conscience de ses crimes ne s’est faite que peu à peu. Gori, sa ville natale en Géorgie, n’a déboulonné sa statue qu’en… 2010. Ce qui n’empêche pas des centaines de personnes de venir tout de même lui rendre hommage. Une cérémonie est organisée dans une église, avant un bon repas pris dans le meilleur hôtel-restaurant de la ville, chez “Joseph”, bien sûr. On peut y déguster les plats préférés de Staline et réserver sa chambre. Le conseil municipal de Gori vient de voter des fonds pour reconstruire la statue, laquelle sera placée dans le musée consacré au grand homme.

À Moscou, on vient se recueillir sur sa tombe, au pied du Kremlin. Aucune cérémonie officielle n’est prévue, mais le régime de Poutine a partiellement réhabilité Staline en lui rendant hommage chaque 9 mai.

À Kaspisk, au Daghestan, une rue de la ville a été renommée en l'honneur de Staline…

 
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4 mars : l'apogée du carnaval de Cologne
 

Ce « lundi des roses » (Rosenmontag) est le moment le plus attendu, un million de spectateurs vient voir défiler sur 7 km près de 10 000 personnes réparties en une centaine de chars et autant de fanfares, des centaines de figurants costumés qui lancent fleurs et sucreries aux spectateurs. Le clou de ce défilé est la parade des caricatures d’hommes politiques de tous pays et de tous bords.

Surnommées « les folles journées », les festivités ont officiellement commencé le 11 novembre mais le véritable coup d’envoi est donné le 28 février à nouveau à 11h11. Cette première journée du carnaval de Cologne (Allemagne) était entièrement dédiée aux femmes qui défilent et ont pour coutume de couper la cravate des hommes qu’elles croisent…

Samedi, c’était le défilé des esprits (Geister­zug), sorte de défilé nocturne alternatif, né en 1991, en réponse à l’annulation du carnaval pour cause de guerre du Golfe. Il change de quartier tous les ans. C’est un surprenant mélange de costumes inspirés des films d’horreur et de revendications politiques, dans une ambiance latino-américaine…

Enfin, à Mardi gras, le 5 mars, on brûlera en place publique Monsieur Carnaval… C’en sera fini de la fête !

 
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3 mars : une performance sportive et patriotique suèdoise
 

Ce matin à 7h45, pour la 95e fois 15000 skieurs vont s’élancer en 10 vagues successives pour 90 km d’une course de fond. La plus ancienne, mais aussi la plus difficile au monde. Plusieurs dizaines de nations sont représentées au départ ; à l’origine cette épreuve a été créée comme un événement propre à la Suède, l’équivalent d’une fête nationale dans un pays qui en a été longtemps dépouvu. Sa création, en 1922, se congugait avec la célébration du 400e anniversaire de la libération de la Suède par Gustav Eriksson, de la nobe famille des Vasa. L’histoire, un peu empreinte de légende, raconte que ce jeune noble parcourrait le pays pendant l’hiver 1521 pour tenter de provoquer un soulèvement du peuple suédois contre le joug danois. Partout on l’écoutait avec sympathie, mais jamais persone ne bougeait. On dit qu’il prononça son dernier discours à Mora. Découragé par la passivité de son auditoire, il s’est enfui seul à ski en direction de la Norvège. Parvenu à Sälen, il entendit les cris de paysans de Mora qui s’étaient finalement décidés à le rejoindra. Ensemble, ils délivreront le pays (voir 6 juin). La Vasaloppet (« la course de Vasa ») reprend l’itinéraire de celui qui deviendra roi de Suède.

 
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2 mars : Adoua, la gloire des Africains
 

Le jour est férié en Éthiopie, cette fête nationale rappelle une victoire qui date de 1896. Et quelle victoire ! La première d’une nation africaine face à l’armée d’un État européen, l’Italie. En pleine conquête coloniale de l’Afrique, l’évènement a eu à l’époque un vif retentissement, il mettait à mal la supériorité de l’homme blanc face à ceux que l’on désignait comme Nègres. Cette bataille d’Adoua a donné un grand prestige à l’Éthiopie (à l’époque on disait l’Abyssi­nie) et à son empereur, le négus Ménélik II. Les premiers apôtres américains du panafricanisme ont commené à ériger ce pays en symbole ; plus tard Haïlé Sélassié, petit-fils et successeur du négus, sera leur héros. Mais aujourd’hui, c’est place Ménélik à Addis-Abéba que se déroule une cérémonie au pied de la statue équestre du négus victorieux à Adoua.

La bataille se déroula le 1er mars 1896, c'est le 2 mars 1896 au matin que le général Baratieri, à la tête des troupes italiennes, informa par télégramme le gouvernement italien de la défaite, d'où cette date retenue comme jour de fête nationale de l’Éthiopie, jour férié et chômé.

 
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1er mars : il y a 100 ans, la Corée se soulevait contre l'occupant japonais
 

Le Jour du Mouvement d'Indépendance 삼일절 (samiljeol) est un jour férié et une commémoration annuelle, mais cette année le centenaire du mouvement de protestation contre la colonisation japonaise, le 1er mars 1919 lui donne une dimension particulière. Ce premier jour du combat coréen pour l’indépendance a provoqué une réponse violente de la police japonaise et de nombreux morts. Ce n’était qu’un début car le Japon qui occupait la péninsule e Corée depuis 1910 ne quittera le pays qu’en 1945.

Cette journée sera notamment l’occasion d’honorer Ryu Gwansun (ou Yoo Kwan-Sun), cette jeune fille de 18 ans dont les parents ont été, tous les deux, tués le 1er mars 1919 et qui fut à son tour torturée et tuée par les Japonais, en 1920. Elle avait 18 ans.

Le problème des femme de réconfort va également être mis en avant, comme les différends territoriaux et les réparations de guerre. Les deux Corée affirment que les manuels scolaires japonais dissimulent le passé impérial de Tokyo. En cette période de regain du nationalisme japonais, il lui sera expressément demandé de ne pas toucher à l’article 9 de sa constitution qui lui interdit la guerre. Cette fête officielle ne manquera pas non plus d’être vue comme une opportunité pour l'unité coréenne.

Chaque année, une reconstitution des évènements est organisée dans les rues de Séoul avec des figurants jouant le rôle des soldats japonais et des manifestants se faisant massacrer.

 
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