19 janvier : le baptême glacé des Russes
 

Ce vendredi soir, dès minuit, des milliers de Russes vont s'immerger dans l'eau glacée à l’occasion de l’Épiphanie. En Russie, la date de cette fête dépend du calendrier julien, ce qui la place le 19 janvier dans le calendrier grégorien.

Envie de se purifier le corps…ou de laver son âme de ses péchés ou encore désir de retrouver de l’énergie et des forces pour toute une année, c’est une tradition qui perdure selon un rituel immuable censé rappeler le baptême du Christ (Théophanie).

On perce des trous en forme de croix (du nom de yordan, en souvenir du Jourdain ) dans la glace et l’on s’immerge le corps dans l’eau glacée à 3 reprises (au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit), en poussant des cris de joie ! La cérémonie commence dès minuit et, à Moscou même où l’on attend plusieurs dizaines de milliers de participants, de plus en plus nombreux chaque année, quelque 200 sauveteurs ont été mobilisés en cas d’incident… Il en coûtera 3 500 roubles (un peu plus de 80 euros) aux courageux mais un buffet leur sera servi une fois le rituel terminé. On peut voir dans cet engouement un retour de la religion, si longtemps brimée et contrôlée à l’époque soviétique.

On s’en doute, le surhomme russe, Vladimir Poutine, se doit de montrer l’exemple. L’an dernier il s’est plongé dans le lac Seliger, dans la région de Tver.

 
epiphanie.jpg
18 janvier : la Journée des martyrs en Centrafrique
 

Il y a 40 ans, le 18 janvier 1979, des dizaines d’écoliers et de lycéens tombaient sous les balles de la police de l’empereur Bokassa Ier alors qu’ils protestaient contre le prix des uniformes qu’on leur imposait. L’empereur s’était même rendu en prison pour bastonner personnellement ceux qui avaient échappés aux tirs. Une Journée des martyrs a été instituée pour perpétuer leur souvenir.

Comme d’autres dirigeants africains, ce sinistre empereur était une création des autorités françaises. L’affaire, entre autre, a coûté sa réélection au président Giscard d’Estaing. Aujourd’hui, le scandale des voyages de Benalla dans la région, avec un passeport qui lui évite de faire la queue à l’aéroport, fait vraiment petit joueur. Ah ! les bons scandales d’antan ! Les diamants de Giscard ! Les passeports de Macron !

Cette journée souvenir n’a pas empêché, en 2010, le président Bozizé de  réhabiliter l’empereur et de le réhabiliter dans ces droits. François Bozizéa été renversé en 2013. Depuis, le pays a sombré dans la guerre civile. La majorité du territoire est aux mains de dizaines de milices armées qui provoquent des affrontements et commettent des massacres, malgré la présence militaire française et onusienne. Les autorités de manquent pas d’organiser chaque 18 janvier des cérémonies à l’occasion de cette Journée des martyrs. Ceux-ci se sont multiplié depuis quelques années. Les 48 civils  massacrés à Alindao, le 15 novembre dernier, feront-ils l’objet d’une commémoration officielle en 2019 ?

 
centrafrique.png
17 janvier : les animaux s'invitent à l'église pour la Saint-Antoine
 

Animaux de la ferme, chiens, chats, oiseaux, poissons rouges… c’est un peu l’arche de Noé qui se presse ce matin sur le parvis de l’église Sant’ Eusebio de Rome pour y être bénie chaque 17 janvier, une fois la messe terminée. En ce jour de la Saint-Antoine, les chevaux des carabiniers ainsi que les chiens de la Protection civile assistent aussi à la cérémonie qui se termine par une procession. 

Depuis quelques années, le Vatican organise une cérémonie concurrente  une bénédictions des animaux sur la place Pie XII, après un défilé Via della Conciliazione organisé par l’Association italienne des éleveurs qui en profite pour faire connaitre ses produits.

Antoine le Grand est aussi le fondateur de l’érémitisme qu’il pratiqua en passant sa vie dans le désert égyptien, à proximité de la mer rouge. L’ordre des Antonins, corps hospitalier créé à la fin du XIe siècle, était connu pour élever des porcs utilisés pour nourrir les malades et les affamés. C’est de là que vient peut-être ce culte des animaux pratiqué le jour de sa fête. L’autre hypothèse est la découverte de sa tombe en 561 (200 ans après sa mort) grâce à deux léopards. On dit aussi que les démons qui l’assaillaient durant ses prières apparaissaient sous la forme d’animaux sauvages.

 
eusebio.png
16 janvier : il y a 50 ans un étudiant tchèque s'immolait par le feu
 

Le 16 janvier 1969, Jan Palach, un étudiant en philosophie de 20 ans s’immolait par le feu, place Venceslas à Prague. Cet acte de désespoir, quelques mois après l’écrasement du printemps de Prague, n’a pas eu d’effet politique immédiat. Mais 20 ans plus tard, jour pour jour, le 16 janvier 1989, une manifestation à sa mémoire était le premier déclic de la protestation contre le régime communiste lequel allait tomber quelques mois plus tard.

L’immolation de Mohammed Bouazizi, en Tunisie, en décembre 2010 avait entrainé une chute plus rapide de la dictature quelques semaines à peine. Bouazizi ne connaissait probablement pas Palach, en revanche on sait que ce dernier avait eu vent du geste de Thich Quang Duc, un moine bouddhiste qui s’était suicidé par le feu à Saigon, en 1963.

Déjà, en septembre 1968, Ryszard Siwiec s’était immolé à Varsovie pour protester contre la participation des unités militaires polonaises à l’occupation de la Tchécoslovaquie. Même si Jan Palach est le seul de son groupe d’étudiants à être passé à l’acte, d’autres tchécoslovaques l’imiteront comme Jan Zajíc, lycéen de Moravie du Nord, et Evžen Plocek, dirigeant syndical de la région de Vysočina.

Un mémorial est dédié à Jan Palach sur la place Venceslas à Prague. C'est le lieu d'une commémoration chaque 16 janvier. Des rassemblements se déroulent un peu partout dans le pays, et en particulier sur le lieu hautement symbolique qu’est le parvis de la Faculté de philosophie de l’Université Charles à Prague, où Jan Palach était étudiant. Une cérémonie est aussi organisée à Vsetaty, sa ville natale.

La maison familiale de Jan Palach, située à Všetaty près de la ville de Mělník en Bohême centrale, a été transformée en musée et centre éducatif, ouvrant symboliquement ses portes le 21 août 2018, soit 50 ans après le début de l’occupation de la Tchécoslovaquie par les troupes du pacte de Varsovie.

 
palach.jpg
15 janvier : c'est Pongal, la fête indienne des moissons
 

Avant la fête, les extérieurs des maison ont été repeints et décorés de kolams (en Inde du sud particulièrement), ces motifs géométriques dessinés à même le sol avec de la poudre de riz, enfin offrandes faites à Indra, roi des dieux et divinité des nuages et de la pluie. Demain, on cuisinera le sakkarai pongal à base de riz nouveau, de canne à sucre et de curcuma. Ce plat sucré a donné son nom à la fête, ponga signifiant « bouillir » (comme l’est le riz) en tamoul.

Jeudi sera entièrement dédié au bétail et aux animaux en général. Les vaches seront spécialement à l’honneur. Elles seront minutieusement lavées, puis décorées de fleurs et de guirlandes, puis nourries. Dans certaines régions, les jeunes filles donnent aux oiseaux des petites boules de riz colorées. Enfin, la tradition veut que l’on organise des courses de taureaux, voire des combats. Le dieu Ganesh et sa mère Parvati sont honorés ce même jour. Enfin, vendredi, dernier jour de cette fête, sera l’occasion pour les plus jeunes de rendre hommage à leurs ainés qui les remercient, en retour, d’une pièce de monnaie ou d’une somme d’argent symbolique.

Particulièrement célébrée par les Tamouls, au sud de l’Inde et en diaspora, ainsi que par les Kéralais, la fête de Pongal est connue ailleurs sous d’autres noms : Lohri au Penjab (où elle a débuté dimanche dernier ) et en Haryana ; Bhogali Bihu dans l’Assam ; Makar Sankranti en Uttar Pradesh, au Bihar et au Népal, ou encore Boghi en Andhra Pradesh.

 
pongal.jpg
14 janvier : le jour où les Japonais deviennent adultes
 

Les Japonais sont les derniers à devenir adulte, la majorité ne leur est accordée qu’à l’âge de 20 ans. Et, c’est une affaire qui concerne le pays tout entier puisque le jour est aujourd’hui férié au Japon. Les jeunes majeurs dans l’année sont invités par la mairie à une grande cérémonie. Dans les grandes villes, ces rassemblements peuvent réunir plusieurs milliers de jeunes gens. Le stade est alors nécessaire, s’il est couvert car il peut faire très froid à cette saison, ou le palais des congrès. Pas de problème pour répondre présent, la journée est chômée. Elle commence par une visite au temple, avant un repas en famille ou entre copain(e)s. Le cérémonial de ce rite initiatique est inchangé depuis des décennies. Les filles portent de magnifiques kimono, loués pour l’occasion, le forfait comprend aussi la séance de maquillage et de coiffure. Les garçons, eux, sont presque toujours habillés d’un costume à l’occidentale, strict et sombre cela va de soit. À partir de 20 ans les jeunes Japonais peuvent voter, boire de l’alcool... mais la sagesse reste de mise en cette journée très particulière appelée Seijin no Hi ( 成人の日 ).

 
japon.jpg
13 janvier : le centième hommage à Rosa Luxemburg
 

Comme chaque année, le dimanche qui précède l’anniversaire de l’assassinat de Rosa Luxemburg, plusieurs milliers de personnes, un œillet rouge à la main, se pressent dans le cimetière de Friedrichsfeldeen à Berlin, pour lui rendre hommage, ainsi qu’à Karl Liebknecht, l’autre socialiste révolutionnaire assassiné le même jour. Inutile de chercher un fleuriste, pendant plusieurs jours, des dizaines de vendeurs à la sauvette de cette fleur symbole des luttes ouvrières, attendent les militants dès la sortie de la station de métro Lichtenberg. La gauche française y envoie chaque année des représentants qui y rencontrent les Allemands de Die Linke, ainsi que d’autre membres de la gauche de la gauche en Europe. Cette année pour le centenaire, le pèlerinage prend une dimension plus importante encore.

Le matin du 15 janvier 1919, des miliciens d’extrême-droite sont venus chercher Rosa Luxemburg à son domicile pour la conduire à l’hôtel Eden où elle doit être interrogée. En sortant de l’hôtel, ils l’ont assommé d’un coup de crosse de fusil et embarqué. Dans la voiture, l’un des hommes lui a tiré une balle dans la tête. Son corps est jeté au fond du Landwehrkanal. Il ne sera retrouvé que quatre mois plus tard.

La RDA a disparu avec la chute du mur de Berlin, pas les célébrations qui y étaient organisées, notamment la coutume de déposer des fleurs au Mémorial du socialisme de Friedrichsfeldeen (Berlin) en l’honneur de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht assassinés par des miliciens d’extrême-droite, le 15 janvier 1919, alors qu’ils tentaient d’instaurer une république soviétique allemande.

 
Rosa.jpg
12 janvier : le Nouvel an des Kabyles
 

En Algérie, chez les Kabyles, nous sommes le 1er jour de l’année 2969 du calendrier amazigh (berbère) qui débute en 950 av. J.-C., date de la victoire du roi berbère Chachnaq sur le pharaon Ramsès III. On l’appelle Yennayer.

« Qui célèbre yennayer éloigne le mauvais œil et les infortunes » dit un adage populaire. Aussi, ne manque-t-on pas de commencer les festivités en égorgeant un animal, généralement un coq fermier, histoire d’éloigner le malheur de la maison. Ce coq sera consommé la veille de Yennayer dans un même plat lors d’un dîner (Imensi n’Yennayer) où la famille se retrouve au grand complet. On a pour habitude de laisser une ration et une cuillère pour l’absent quel qu’il soit, parent éloigné ou pauvre de passage. Dès le lendemain, on continuera à faire ripaille avec des plats traditionnels et sans viande cette fois. S’ajoutent d’autres rites plus ou moins liés, eux aussi, à la fécondité ou à la prospérité, tel le fait de célébrer un mariage ce jour-là, de changer le mobilier de la maison pour accueillir d’heureuses nouvelles ou encore de planter des tiges de laurier-rose dans les champs de culture qui vont éloigner les parasites et garantir de bonnes récoltes. Cette fête du qui connait un regain, est l’occasion pour une population qui se sent oubliée d’affirmer son amazighité.

Au Maroc ou en Tunisie, Yennayer est fêté le 14 janvier, ce qui correspond au nouvel an du calendrier julien. La date du 12, retenue par les associations culturelles kabyles repose, en fait, sur une erreur de conversion.

 
yennayer.png
11 janvier : le Canada célèbre Macdonald
 

La journée instaurée en 2001 est aujourd’hui très controversée, même si on est bien loin du culte voué à George Washington dans le pays voisin. Chaque 11 janvier, les Canadiens se souviennent de John A. Macdonald (1815-1891) qui fut le premier chef du gouvernement d’un Canada indépendant, mais aussi à découvrir son histoire pas toujours très admirable, à tel point que sa statue qui trône sur la place du Canada à Montréal a été plusieurs fois vandalisée. Celle de l’hôtel de ville de Victoria, en Colombie britannique a été récemment retirée.

On lui doit le chemin de fer qui traverse le Canada, mais on dénonce aussi sa politique d’appropriation des terres des ­terres des Premières Nations des grandes plaines canadiennes, au centre du pays. On reproche également au premier dirigeant du Canada moderne d’avoir mis sur pied les écoles résidentielles, sortes de pensionnats dans lesquels les enfants autochtones furent envoyés de force afin qu’ils acquièrent « les habitudes et les pratiques des Blancs », comme le formulait Macdonald. Cette politique (qui a duré jusqu’en 1996) a séparé de leur famille quelque 150 000 enfants autochtones à qui on interdisait de parler leur langue. Nombreux sont morts des mauvais traitements subits dans ces pensionnats publics.

En dépit de révélations faites par des historiens à l’occasion de son bicentenaire, il y a quatre ans (il est né le 11 janvier 1815), John A. Macdonald demeure l’objet d’un culte officiel qui a au moins permis aux Canadiens de mieux connaître leur histoire.

John A. Macdonald est une figure familière des Canadiens, depuis des lustres, il figure sur les éditions successive des billets de 10 dollars.

 
canada.png
10 janvier : jour férié au Bénin en l'honneur du vaudou
 

Danses au son des tambours rituels, invocations par les grands-prêtres de leurs esprits tutélaires, scènes de transes... Des milliers d'adeptes se pressent chaque année sur la plage de Ouidah au sud du Bénin mais, aussi à Grand Popo et dans beaucoup de villes et villages du Bénin pour ce jour (férié) de fête du vaudou.

On arrive en masse ici des pays voisins, Togo, Nigéria, Ghana mais aussi du Brésil, des Antilles, des États-Unis depuis 1993, date de son  institution comme fête officielle par le président Nicéphore Soglo. Le pays sortait de 20 ans d’un régime marxiste-léniniste sous la férule de Mathieu Kérékou arrivé au pouvoir en 1972 après un coup d’État. Une véritable chasse aux sorcières est alors lancée contre les pratiquants de ce culte (vodounon) et leurs adeptes (vodounsi) qui n’épargna pas non plus les catholiques et les musulmans. Si le vaudou ne disparaît pas durant ces deux décennies, sa pratique demeure clandestine et dangereuse.

Apparu dès la fin du XVIe siècle à la frontière du Bénin et du Togo actuel et diffusé via la traite des esclaves dans le reste du monde, le vaudou est, de nos jours, pratiqué par au moins 62 % de la population togolaise, par ailleurs rattachée à une église officielle, catholique (27% de la population) ou musulmane (24%) dans un syncrétisme qui semble naturel ici.

 
vaudou.jpg
9 janvier : les 27 ans d'une république fantoche
 

Les Serbes de Bosnie-Herzégovine, célèbrent à Banja Luka, l’anniversaire très controversé de leur république, la Republika Srpska, née le 9 janvier 1992, en prélude à une guerre intercommunautaire qui a fait quelque 100 000 morts. Il s’agit en fait de la « République serbe de Bosnie », entité peuplée de 1,5 million d’habitants et composante de la Bosnie-Herzégovine. Cette cette « fête nationale » a été déclarée anticonstitutionnelle par la justice bosnienne mais le président local, Milorad Dodik, est parvenue à la faire valider par « référendum » en septembre 2016. Cette journée est chaque année l’occasion de défier la communauté internationale en brandissant le spectre de la sécession.

 
srpska.jpg
8 janvier : Kim Jong-un fête ses 35 ans
 

Aucune festivité n’est prévue contrairement aux anniversaires de son père, Kim Jong Il, et même de son grand-père, Kim Il Sung qui font toujours l’objet d’un jour férié et de grands défilés militaires comme la Corée du Nord sait les organiser. La raison ? On évoque le climat, –25° à cette période. Pourtant son père sera célébré le 16 février prochain et la température se sera guère adoucie. Comme explication, on penche plutôt pour l’impopularité du leader nord-coréen, surtout depuis les essais nucléaires qui ont engendré des sanctions, donc des difficultés économiques et une baisse du pouvoir d’achat. Pas encore de gilets jaunes brûlant des voitures dans les rues de Pyongyang, mais déjà un début de normalisation. Le dictateur ne peut plus empêcher une certaine grogne alors que son père et son grand-père parvenaient à afficher une parfaite unanimité populaire, même de façade et obtenue par une implacable répression.

 
kim.jpg
7 janvier : le Noël des Orientaux
 

Les chrétiens orientaux de Russie, de Serbie, de Géorgie, d’Éthiopie, d’Égypte... qui ont conservé le calendrier julien, fêtent Noël. La célébration a généralement lieu dans la nuit du 6 au 7 janvier et, dans beaucoup de pays, la fête commence dès le retour de la messe. Elle donne lieu à de véritables festins.

En Égypte, où ce jour est férié depuis 2003, la messe de minuit est suivie d’un grand banquet en prélude à un jeûne qui va durer 14 jours.

En Russie, on décore un pin plutôt qu’un sapin au pied duquel seront déposés des cadeaux. Le Père Noël russe s’appelle Ded Moroz et il a une fille, Snegourotchka qui l’aide dans sa besogne.

C’est Jules César qui, en 45 av. JC, réforma le calendrier romain pour rattraper le retard sur le cycle solaire, et décréta une année de 365,25 jours dont le début était fixé au 1er janvier. Ce calendrier julien (du nom de son concepteur) sera le seul utilisé dans le monde chrétien jusqu’à ce qu’une bulle du Pape Grégoire XIII, en 1582, institue un nouveau calendrier, dit « grégorien », visant à rattraper le retard de 10 jours accumulé par le calendrier julien au cours des siècles. Pour cela, il fut décrété que, cette année-là, le vendredi 15 octobre succéderait sans transition au jeudi 4 octo­bre. À ces 10 jours, il faut ajouter un écart de 0,0078 jour par an (soit 3,32 jours) depuis 1582 entre les deux calendriers ce qui conduit à une différence de 13 jours. Les églises catholique et protestantes utilisent toutes le calendrier grégorien, comme les orthodoxes de Grèce, Chypre, et Bulgarie.

 
noel russe.png
6 janvier : la galette de l'Épiphanie
 

Pas moins de 20 millions de galettes vont être consommés en France au cours de ce mois de janvier, une excellente affaire pour les boulangers et les pâtissiers. En quelques décennies, cette fête ludique et conviviale est devenue un incontournable des relations familiales et de la vie en société, voire politique.

Depuis 1975, une galette est offerte au président de la République, sans fève bien sûr, car pas question de risquer de devoir le proclamer roi. Par les temps qui courrent, ça pourrait être mal vu.

Contrairement aux pays voisins, elle est proposée à la vente du 26 décembre au 31 janvier. En un mois, on aura donc plusieurs occasions de tenter sa chance. Certains commerçants vont jusqu'à jouer le jeu de la loterie en faisant déposer quelques pièces d'or en guise de fève, devant huissier. La fête a aussi fait naître des vocations de collectionneurs de fève, les fabophiles.

Pour les chrétiens, l’Épiphanie clôt le temps de Noël qui a débuté le 2 décembre dernier, avec l’Avent et ouvre une période dite de Temps ordinaire (sans grande fête marquante) qui se terminera le jour du  Mardi gras (12 février).

 
galette.png
5 janvier : les Espagnols accueillent les Rois mages
 

Ce soir en cette veille d'Épiphanie, il convient de bien recevoir les Rois mages, car dans la nuit, ce sont eux qui vont distribuer les cadeaux aux enfants, du moins c’est ce qu’on leur raconte en Espagne. Depuis la fin du XIXe siècle, les municipalités organisent chaque année une « cavalcade des Rois mages » particulièrement populaire à Barcelone où le défilé est suivi par des milliers de personnes.

Les figurants arrivent par bateau vers 19 heures, à ce moment, 21 coups de canons sont tirés du fort de Monjuic. Les Rois mages et leur suite composée de musiciens en costumes, de saltimbanques en tout genre, remontent les Ramblas jusqu’à la place de Catalogne, tout en distribuant des friandises.

En France, Perpignan organise aussi sa cavalcade (photo) qui va du Castillet au parvis de la cathédrale où l'on distribue des chocolats chauds.

À Madrid, chaque quartier a son défilé auquel participent aussi les maires d'arrondissement et le personnel politique.

Ce soir, les enfants sont invités à se coucher tôt, en laissant leurs chaussures près de la fenêtre, sans oublier de prévoir un bol d’eau pour les chameaux et quelques friandises pour les Rois mages. Demain, au réveil, ils trouveront des cadeaux, en complément de ceux qu’ils ont déjà reçu à Noël, et mangeront du Roscon de Reyes, une une brioche aux fruits confits.

 
perpignan.jpg
4 janvier : Armador, héros de la lutte anti-esclavagiste
 

Le petit archipel africain de Sao Tomé et Principe célèbre aujourd'hui son héros national : Armador. Celui-ci avait mené une révolte d'esclaves et avait tenu tête durant plusieurs mois aux Portugais. Mais, Lisbonne ayant envoyé du renfort, Armador a fini par être capturé et exécuté, le 4 janvier 1596. Depuis 2005, l'anniversaire de ce jour est férié.

Nous n'avons de lui aucun portrait authentique, il n'empêche que sa tête figure sur tous les billets de banque du pays.

 
armardor.png
3 janvier : les 60 ans de l'État d'Alaska
 

L’Alaska célèbre chaque année son accession au statut d’État de l’Union. Le 3 janvier 1959, ce territoire acheté à la Russie en 1867, devenait enfin le 49e État. Le 50e sera Hawaï, le 21 juin de la même année. Si ces deux territoires ont tant tardé à être admis à ce statut (une première tentative avait eu lieu en 1916), c’est que les États du Sud craignaient de voir leur représentants voter en faveur du vote des Noirs qui à cette date n’avaient pas encore, aux États-Unis, obtenu leurs droits civique.

Cette année, pour le 60e anniversaire, le cérémonial sera plus marqué que d’habitude, défilés et feux d’artifices. Cela dit, pour des raisons climatiques, les festivités sont plus importantes et plus populaires, chaque 30 juin, anniversaire du vote de la loi (30 juin 1958), l’Alaska statehood Act, qui a permis l’accession au statut d’État du 3 janvier suivant. Les Alaskiens s’étaient exprimés par référendum en ce sens dès 1946, le reste de l’Union a fait trainer le processus pendant une douzaine d’années.

L’Alaska est le plus septentrional des États américains, sur son drapeau figure l‘étoile du Nord, ainsi que la grande Ourse.

 
2 janvier : Grenade célèbre sa propre conquête
 

En Espagne, la municipalité de Grenade commémore la prise de la ville par les souverains d’Aragon et de Castille, une conquête qui a abouti à l’expulsion d’une partie de ses habitants et l’éradication de leur culture.

Cette cérémonie controversée commence chaque année par un dépôt de gerbes sur les tombes de Ferdinand d’Aragon et d’Isabelle de Castille qui reposent dans la Chapelle royale. La ville de Grenade, assiégée depuis le 9 juin 1491, n’a pas été prise par les armes, mais livrée aux Espagnols par le dernier émir de Grenade, Boabdil. Celui-ci, après négociations, a quitté la ville le 2 janvier 1492 contre l’engagement des futurs Rois catholiques de respecter les différents cultes. Cette promesse ne fut jamais tenue, puisque dans les semaines qui ont suivi les musulmans et les juifs n’ont eu d’autres choix que la conversion ou l’exil. S’en était fini de l’Espagne des trois religions évoquée jusque-là par Ferdinand II lui-même, l’Inquisition allait désormais avoir le champ libre. Depuis 2009, la municipalité invite des musulmans, habillés en costume d’époque, à se joindre au cortège, mais ce symbole n’a pas convaincu les associations espagnoles qui militent pour le rapprochement des trois cultures. La cérémonie se termine Plaza del Carmen, vers 13 heures. Des policiers anti-émeutes séparent les militants de l’extrême droite espagnole qui ont fait de cette date l’un de leurs rendez-vous annuels, du reste de la foule qui écoute le plus jeune conseiller municipal crier trois fois « Grenade ! », au son de l’hymne national. La victoire électorale récente de Vox, mouvement d’extreme droite, entré pour a première fois fin 2018 au Parlement Andalou, ne fait qu’exacerber les passions.

Les détracteurs de cette fête régionale sont chaque année plus nombreux. Ils parlent d’un hommage rendu aux bourreaux et de l’oubli des victimes. Cette « Journée de la ville de Grenade » se termine néanmoins par un Festival des cultures où l’accent est mis sur la tolérance. À la suite du rétablissement de la liberté de culte, en…1978, Grenade avait été, cette année-là, la première ville d’Espagne à inaugurer officiellement une mosquée.

 
grenade.jpg
1er janvier : Cuba fête sa révolution
 

Tôt ce matin quelques salves de canon sont tirées depuis la forteresse d'El Moro à La Havane. Au cours de la journée de grandes parades sont organisées dans tout le pays pour commémorer la chute du dictateur Batista, le 1er janvier 1959 à 3 heures du matin et l'entrée des troupes  révolutionnaire dans la capitale. Che Guevara est arrivé quelques heures plus tard. À l'autre bout du pays, Fidel Castro prenait le contrôle de Santiago de Cuba, il y a 60 ans, jour pour jour.

Le nouveau pouvoir sera aussitôt reconnu par Washington, mais par la suite les relations entre les deux pays vont vite se gâter...

 
cuba.png
31 décembre : festivités de la Saint-Sylvestre
 

Les premiers à quitter 2018 seront les Néo-Zélandais et les Australiens, précédés de peu par les archipels du Pacifique Sud. Pour l'occasion, Sydney organise un gigantesque feu d'artifice (plus de 80 000 fusées), tiré depuis le Harbour bridge. Ce spectacle attire plus un million de personnes et est visible à 15 km à la ronde. Simultanément, des bateaux illuminés paradent dans le port. La fête se poursuit en plein air (on est dans l'hémisphère sud, donc en été) et dure toute la nuit.

 
australie.jpg