12 novembre : Taïwan honore le père de la Chine moderne
 

La journée est fériée à Taïwan, jour anniversaire de Sun Yat Sen (1866-1925), le « père de la Chine moderne ». Une cérémonie lui est dédiée au fastueux mémorial qui lui a été construit dans le centre de Taïpeh. Mais, la commémoration n’est pas du goût de tout le monde. En quoi le fondateur, en 1912, d’une république chinoise centrée sur la ville Nankin, à une époque où l’île de Formose (devenue Taïwan) était une possession japonaise,  peut-il concerner les autochtones de l’île et même la grande majorité des chinois Hans installés à Taïwan depuis les XVIIe et XVIIIe siècle ? Depuis que les indépendantistes sont au pouvoir à Taipeh, cette commémoration est un peu mise en sourdine. Certains proposent même de supprimer tous les portraits géants dans le pays.

 
11 novembre : On célèbre la fin d'une boucherie et on tue le cochon
 

C’est aujourd’hui la Saint-Martin. Jusqu’à une époque toute récente, ce jour marquait, partout en Europe, la fin de la saison agricole et la date de renouvellement des baux ruraux ainsi que l’embauche de nouveaux ouvriers agricoles pour l’année à venir. C’est ce jour-là  aussi qu’on tuait le cochon, qu’on dégustait le vin nouveau ou la bière, selon la région, dans une ambiance festive et, très souvent, une débauche de nourriture qui a donné l’expression : « fêter la Saint-Martin » c’est-à-dire faire bonne chère ou qui désigne l’ivresse due à l’excès de boisson par « le mal de saint Martin ».

Martin de Tours est l’un des saints les plus populaires, 220 villes de France et 12 cathédrales européennes portent son nom ! Il est connu pour avoir donné la moitié de son manteau à un pauvre, geste devenu le symbole universel du partage. Il est né au nord-ouest de l’actuelle Hongrie, en 316. Il a ensuite émigré en Gaule et occupé le poste d'évêque de Tours. Il est particulièrement célébré en Touraine où il a créé le monastère de Marmoutier.

En principe, c'est l’« été de la Saint-Martin ». Il est réputé durer trois jours et correspond à une période de redoux au mois de novembre, avant que l’hiver ne s’installe vraiment. À ne pas confondre avec l’« été indien » des Canadiens qui a lieu un peu plus tôt.



 
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10 novembre : 80 ans après, la seconde mort de Mustapha Kemal
 

À 9 h 05, des sirènes retentissent toute la Turquie se fige. Les sirènes retentissent La circulation s’arrête, le temps de deux minutes en hommage à Mustapha Kemal, dit Atatürk, le père fondateur de la république turque, décédé à 57 ans, le 10 novembre 1938, il y a 80 ans jour pour jour. Mais, avec Recep Tayyip Erdoğan au pouvoir, que reste-il aujourd'hui du kémalisme ?

Devenues quotidiennes, les purges décidées par le président Erdoğan s’abattent sur tous les opposants : ceux de gauche, les syndicalistes, les militants des droits de l’homme et de la cause kurde. Tout le monde est sous la menace, les gens sont tétanisés par la peur. Les dénonciations de Kemal Kiliçdaroglu, le chef du Parti républicain du peuple (le parti d’Atatürk !) ne pèsent pas grand chose face au rouleau compresseur du parti islamo-conservateur, l'AKP. 
Des centaines de personnes se rassemblent devant le palais de Dolmabahçe, à Istanbul, sur les rives du Bosphore où Atatürk a rendu son dernier souffle, le 10 novembre 1938, à 9h05. Heure à laquelle toutes les pendules du palais ont été arrêtées. Traditionnellement, une marche est organisée aujourd’hui par la municipalité de Beşiktaş jusqu’au palais de Dolmabahçe. Une gigantesque chaîne humaine doit porter un drapeau turc mesurant plus d’un kilomètre de long.

À Ankara, des milliers de personnes afflux sur la colline d’Anıttepe où se trouve le mausolée Anıtkabir. La dépouille de Mustapha Kem,Dolmabahçeal y a été transférée en 1953, lors de funérailles nationales. Le site accueille plus de 3 millions de visiteurs par an. Le mausolée abrite aussi un musée consacré à Atatürk et à la Guerre d’indépendance turque (1919-1922).

 
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9 novembre : l'impossible fête nationale allemande
 

Le 9 novembre 1989, le mur de Berlin tombait mettant fin à 50 années d’antagonismes entre les deux Allemagne et amorçant la fin de la Guerre froide. Une date idéale pour célébrer l’Allemagne réconciliée et retrouvée, mais impossible d’en faire la nouvelle fête nationale… car le 9 novembre évoque d’autres journées, plus sombres pour certaines : En 1938, la « Nuit de cristal » (pogrom contre les juifs), le même jour, en 1923 Adolf Hitler tentait un putsch à Munich. Quelques années auparavant encore, c’est le 9 novembre 1918 que furent proclamées simultanément deux régimes concurrents : la république de Weimar et la République socialiste libre, vite écrasée. Enfin, le 9 novembre 1848 vit l’exécution du parlementaire allemand Robert Blum par les contre-révolutionnaires, après l’insurrection viennoise d’octobre 1848. C’est un peu comme si une seule date racontait l’histoire de l’Allemagne au XXe siècle. Cette date a été baptisée schicksalstag, le jour du Destin ! Le gouvernement lui préféra donc le 3 octobre, date officielle de la réunification en 1990.

Cette année, les cérémonies officielles mettent l’accent sur le 80e anniversaire de la Nuit de cristal. Angela Merkel se rendra notamment à Berlin dans l’une des synagogues profanées à travers tout le pays par les nazis. Au moins 90 Juifs avaient été tués cette nuit-là, et 30 000 déportés vers les camps de concentration.

Mais, c’est aussi le centenaire de l’instauration de la république, celle de Weimar, la mal aimée… dont on évitera de parler. À tord, c’était première expérience de démocratie en Allemagne. Ce régime a notamment donné le droit de vote aux femmes et permis bien des progrès sociaux.

Hitler, en 1923, et Goebbels, en 1938, n’avait pas choisi le 9 novembre par hasard. L’extrême droite tente toujours de s’approprier le 9 novembre. Cette année encore, les autorités berlinoises ont dû interdire une manifestation prévue par l’extrême droite qui voulait organiser aujourd’hui une «marche du deuil pour les victimes de la politique».

L’an prochain, on fêtera les 30 ans de la chute du mur.

 
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8 novembre : Journée de la solidarité envers les intersexes
 

Ce jour est dédié à la mémoire d’Herculine Barbin (1838-1868), la première personne intersexuée à avoir laissé son témoignage. Né(e) le 8 novembre 1838 à Saint-Jean d’Angely (Charente Maritime), avec un vagin et un court pénis, Herculine a été déclarée fille à la naissance et élevée dans un couvent. À 20 ans, elle devient institutrice, mais tombe amoureuse de sa collègue. L’évêque mis dans la confidence l’envoie consulter un médecin qui constate un sexe masculin. Une décision judiciaire entraine son changement d’état civil, Herculine devient Abel Barbin. Le jeune homme quitte son poste, et sa collègue, et s’établit à Paris où il mettra fin à ses jours après avoir raconté sa souffrance dans un récit qui sera publié après sa mort. L’Organisation internationale des intersexes invite à commémorer chaque année le 8 novembre comme la Journée de la solidarité IS. Elle dénonce de la conception dualiste de la médecine qui consiste à opérer les enfants hermaphrodites dès le plus jeune âge pour leur assigner un sexe, sans attendre l’adolescence et l’affirmation d’un sexe psychologique.

 
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7 novembre : le souvenir de la révolution d'Octobre
 

Le jour n’est plus est férié en Russie (remplacée par le 4 novembre), mais reste une journée importante pour beaucoup de Russes. Pendant 73 ans, elle a été marquée par un grand défilé militaire à la gloire de la révolution d’Octobre. Selon l’historiographie communiste, la révolution aurait débuté dans la nuit du 24 au 25 octobre 1917 par un coup de force bolchevique. La Russie vivait à l’époque sous le calendrier Julien, conservé aujourd’hui seulement par église orthodoxe. Dès 1918, la révolution a été célébré le 7 novembre, selon la date du calendrier Grégorien que les révolutionnaires venaient d’adopter. 

Pour occuper l’espace politique, Vladimir Poutine organise ce jour-là des manifestations de ses partisans et tente de récupérer pour son propre compte des éléments de gloire de la geste stalinienne. Staline n'est plus du tout voué aux gémonies, bien au contraire, c'est au yeux du régime, un grand moment de l'histoire de la Russie.

Quant à la révolution d'Octobre proprement dite, Cuba et le Vietnam sont les seuls État a la commémorer encore officiellement.

 
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6 novembre : le Maroc célèbre sa Marche verte
 

C’est la date la plus sacrée parmi les commémorations politiques marocaine. Le Sahara est, aujourd’hui encore, la grande affaire du royaume depuis un demi siècle, le ressort principal de sa politique étrangère. En 1975, le roi du Maroc Hassan II dont le trône était chancelant appelait son pays à marcher sur le Sahara occidental alors occupé par l’Espagne ; 350 000 Marocains répondent à l’appel. Cette « récupération de terres historiquement marocaines » sera sa cause sacrée et justifiera de faire taire toute opposition à son régime autoritaire. 

43 ans après, le ressort patriotique fonctionne toujours, c’est tout un pays qui se retrouve aujourd’hui derrière son drapeau pour commémorer un événement fédérateur et historique : la Marche verte. Les « anciens » lancent le début des cérémonies en témoignant de ce qu’ils ont vécu et de l’importance de cette marche pacifique et sans arme. De fait, toutes les villes du pays vont voir défiler des foules brandissent d’une main le Coran, de l’autre le drapeau marocain, ni arme ni violence mais des prières et des chants patriotiques.  

 
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5 novembre : une fête nationale anglaise, la marche des Anonymous
 

Comme chaque année des centaines de personnes parcourent les rues de Londres avec un masque d'Anonymous. La police impose ses conditions à la fameuse marche en la limitant à une période de trois heures 18:00-21:00 et un parcours précis entre Trafalgar Square et Whitehall particulièrement contrôlé pour éviter les débordements. Même si des marches se déroulent dans plusieurs villes du monde, on est loin du million de masques annoncé par les slogans de l'organisation.

En Angleterre on peut assister à des festivités débridées autour de feux de joie, des processions aux flambeaux et de pintes de bière… La Guy Fawkes Night commémore chaque nuit du 5 novembre l'échec d'un attentat organisé par des extrémistes religieux au XVIIe siècle.   

Ce 5 novembre nous mène aussi en Nouvelle-Zélande sur les traces de l'inventeur de la non-violence comme arme politique. 
Des rendez-vous sont aussi prévus au Pérou, pour assister à la naissance du monde inca, un 5 novembre dit la légende; au Panama ; au Ghana; au Salvador… Et des idées pour les années à venir : en Suède, en Inde, à New York, à Melbourne, à Tokyo…

En Italie, des hackers ont promis une attaque du gouvernement….




 
 
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4 novembre : la très xénophobe Marche russe
 

Plusieurs milliers de personnes défilent dans les rues de Moscou en scandant « La Russie aux Russes, l'Europe pour les Blancs ». Officiel­lement, c'est la Journée de l’unité du peuple qui commémore la libération de Moscou en 1612, de l'occupation polonaise. Instaurée en 2005 par Vladimir Poutine pour renforcer l’identité nationale. Elle a été récupérée par tout ce que la Russie compte de mouvements nationalistes et xénophobes qui y ont vu une occasion de d'exprimer en toute légalité leurs idées xénophobes. 

 Le même jour, les chrétiens orthodoxes célèbrent l'icône de Notre-Dame de Kazan, dont l'image est liée à la libération de la Patrie de l'envahisseur étranger.

 
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3 novembre : il y a 150 ans, la restauration Meiji au Japon
 

En 1868, le Japon abandonnait la féodalité, la souveraineté de l’empereur était restaurée. Cette nouvelle ère dite  Meiji est le début de la grande modernisation du Japon et de son ouverture au monde.

Le Japon fête aujourd’hui l’anniversaire de celui qui a lancé le processus : Meiji, le 122e empereur du Japon, âgé d’à peine 15 ans à l’époque, puisqu’il est né en 1852, un 3 novembre. Cette fête, qui génère un jour férié, est appelée depuis 1912, le Jour de la culture (Bunka no hi, 文化の日)

C’est aussi un 3 novembre que fut promulguée la constitution de 1946. Selon, la tradition, l’Empereur, décerne aujourd’hui la médaille de « l’ordre de la Culture »  qui récompense et honore ceux qui ont contribué au développement ou à la diffusion de la culture japonaise. 

En revanche, c’est un 9 novembre qu’à débuté la révolution Meiji dont on commémore, ces jours-ci, le 150e anniversaire., car elle a eu lieu en 1868. En revanche, c’est tous les ans, le 3 novembre, que le Japon honore son empereur Meiji.



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2 novembre : le Jour des morts
 

S’il est un pays où le Jour des morts prend tout son sens, c’est bien le Mexique. Depuis l’époque des Aztèques, les Mexicains rendent aux morts un hommage particulier qui a persisté, depuis l’arrivée des Espagnols, dans un bel exemple de syncrétisme culturel entre rites précolombiens et traditions chrétiennes.

 On se rend aussi au cimetière où l’on nettoie les tombes , où on les décore de fleurs oranges caractéristiques, appelées zempaxuchitl, sorte de gros œillet d’Inde, considéré dans le Mexique précolombien comme la fleur des morts et des âmes… et où l’on va aussi boire, manger et danser, une façon de se jouer de la mort, de la défier !    

 
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1er novembre : la « révolution » algérienne
 

L’Algérie commémore sa « Révolution de novembre ». Ce jour-là en 1954, une série d’attentats coordonnée par un FLN qui faisait pour la première fois parler lui, marquait le déclenchement de la Guerre de libération nationale. Ce jour férié est marqué par des défilés militaire et la glorification de la guerre d’indépendance. De cette « Toussaint rouge », les Français ont surtout gardé l’image de ce jeune instituteur français qui venait prendre son premier poste dans le bledet qui fut abattu après l’attaque du bus dans lequel il voyageait. Il faudra cependant de longs mois avant que Paris ne réalise qu’une guerre avait commencé ce jour-là. L'Algérie célèbre le début officiel de sa guerre de libération, laquelle avait en fait débuté en 1945, mais peu l'avaient vraiment compris.

Un demi siècle après cette « révolution », le régime est totalement fossilisé, à l’image de ce président octogénaire que l’on déplace en fauteuil roulant, incapable de s’exprimer et qui se présente, où plutôt que l’on présente, à un quatrième mandat.

 
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31 octobre : Halloween, Samhain, une fête des morts folklorisée
 

Aux quatre coins du monde anglo-saxon, les enfants déguisés en sorcière, monstre ou squelette, vont de maison en maison pour réclamer des friandises en prononçant la fameuse menace ; « Trick or treat » (une friandise ou un mauvais tour !).

Particulièrement vivace aux États-Unis, cette fête est l’occasion de décorer les maisons et les magasins de toiles d’araignée, de squelettes, de fantômes, de chats noirs… on mange ce jour-là de la tarte à la citrouille et on regarde en famille des films d’horreur ! L’emblème de cette fête est la citrouille (découpée pour ressembler à un visage grimaçant et illuminée en son centre par une bougie) issue de la légende irlandaise de Jack-o’-lantern qui erre au milieu des ténèbres et revient chaque année sur terre le jour de Halloween…

Ce jour est aussi celui de Samhain, la principale fête des anciens Celtes et, aujourd’hui, de quelques néo-païens. Elle marquait la fin de l’été, après la toute dernière moisson, et a fini par devenir une fête des morts, se confondant avec Halloween.

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30 octobre : la mémoire refoulée du Goulag
 

Ils sont quelques centaines, peut-être un millier, à se rassembler autour d’une grosse pierre devant laquelle brûlent des dizaines de bougies. La roche a été rapportée des îles Solovki, là où les premiers camps de concentration soviétiques ont été établis dès les années 1920. Placée là par l’organisation Mémorial, elle sert à Moscou de monument commémoratif aux victimes de la répression politique que l’on célèbre officiellement en Russie et dans les ex-républiques soviétiques (sauf l’Ukraine qui a commémoré ses martyrs le 19 mai). Nous sommes sur la place de la Loubianka à Moscou, le bâtiment qui abritait jadis le siège du KGB, et aujourd’hui celui de son principal successeur le FSB. Un semblable attroupement a lieu au même moment à Saint-Pétersbourg devant une pierre de la même ori­gine. Cela dit, les commémorations demeurent bien discrètes eu égard aux 10 à 15 millions de morts dans les camps du Goulag soviétique. La Russie de Poutine a de plus en plus de mal à regarder son passé en face.

Le 30 octobre 1974, dans son propre appartement Andreï Sakharov (et Sergueï Kovalev) organisent la première conférence de presse annonçant que le 30 octobre serait désormais le « jour des détenus politiques en URSS ». Le même jour, dans les camps de Mordovie, de Perm et à la prison de Vladimir, des détenus politiques entament une grève de la faim. Les années suivantes des manifestations se déroulent à la même date. Le 30 octobre 1989, plus de 3000 personnes, tenant des cierges, font une chaine humaine autour du siège du KGB, sur la place de la Loubianka à Moscou. Ils sont dispersés par les troupes du ministère de l'Intérieur. Finalement, en 1991, le le Soviet suprême fait inscrire le 30 octobre dans le calendrier des fêtes d'État comme « jour pour la mémoire des victimes des répressions politiques ». Mais les cérémonies officielles sont toujours très minimalistes et très peu relayée par la presse. Cette commémoration repose sur la spontanéité d’une petite part, souvent âgée, de la population.

 
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29 octobre : ne pas oublier Mehdi Ben Barka (et Khashoggi !)
 

Un rassemblement est organisé ce lundi à 18h. devant la brasserie Lipp, 151 boulevard Saint-Germain, à Paris, en souvenir de Mehdi Ben Barka, enlevé par des policiers français et conduit dans une villa de Fontenay-le-Vicomte, dans l’Essonne appartenant à un truand. Il n’est plus réapparu. Le corps n'a jamais été retrouvé.

Retrouvera-t-on celui de Jamal Khashoggi, disparu dans le consulat saoudien à Istanbul ?

Dans le cas de Ben Barka, c’était il y a 53 ans, jour pour jour. On sait aujourd’hui que l’opération a été menée avec la complicité des services marocains venus spécialement à Paris. L’affaire n’a pas été totalement élucidée. Le sera-t-elle jamais ? Mehdi Ben Barka était le principal opposant politique au roi Hassan II. Leader tiers-mondiste et panafricaniste, il pouvait gêner les  intérêts français en Afrique. Sa  famille ne cesse de dénoncer une absence de volonté  des deux pays pour faire éclater la vérité. Le sit-in de ce jour est organisé par l’Institut Mehdi Ben Barka-Mémoire Vivante, avec le soutien de nombreuses associations marocaines et européennes des droits de l’homme. Une nouvelle instruction a été lancée, à l’initiative d’un juge français, en 2005, quarante ans après les faits.  Elle est toujours en cours !

Rhita Ben Barka, 85 ans, et ses enfants demandent depuis des décennies ce qui est arrivé à leur mari et père, et où se trouve sa sépulture. Ils espèrent qu’Emmanuel Macron reconnaisse enfin la responsabilité de la France, comme il l’a fait récemment dans le cas de Maurice Audin. « Le secret défense ne doit pas servir à couvrir des erreurs ou des dérapages des services dans des cas où il y a eu mort d’homme. Les familles ont le droit de savoir et il faudrait s’interroger sur ce point » explique Bachir Ben Barka. D’autres familles sont concernées : celles du juge Bernard Borrel, tué à Djibouti en 1995 ; celles des journalistes de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Vernon, tués au Mali en 2013 ; celle de Robert Boulin ; celles des victimes du Bugaled Breiz (5 morts), ce chalutier breton qui a coulé subitement en 2004 ; celles des victimes du crash du vol Ajaccio-Nice (95 morts) en 1968 ou encore de celles de l’explosion de la Maison des Têtes (13 morts) à Toulon en 1989. Le classement d’un dossier en secret défense empêche sa consultation avant cent ans !

 
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28 octobre : le jour où les Grecs ont dit « non »
 

Le 28 octobre 2011, les Grecs défilaient dans les rues pour dire « non » à l’austérité imposée par la gestion européenne de leur dette publique. Le slogan était tout trouvé, les sentiments anti-européens étant toujours prêts à resurgir en cette période très humiliante pour le pays. En réalité, cette fête très patriotique fait référence à un événement beaucoup plus ancien. 

En 1940, le 28 octobre à 4 heures du matin, Rome demandait au président Metaxas de permettre à l’armée italienne de disposer du territoire grec dans le cadre de la stratégie de l’Axe. Metaxas opposa à Mussolini un « non » catégorique. C’est ce sursaut patriotique, face à un pays plus puissant, que la Grèce commémore aujourd’hui par un jour férié. 

Cet ultimatum a été présenté à Metaxas par l'ambassadeur d'Italie en Grèce. Le président grec ne lui aurait pas répondu par un simple “non” mais par cette phrase, prononcée en français : « Alors, c'est la guerre ! »

L’histoire ne s’arrête pas là. Les Grecs ont si bien résisté face à l’offensive italienne que que les Allemands ont dû prêter main forte aux Italiens. Si bien que Hitler a dû retarder de deux mois son offensive contre la Russie. Deux mois face au « général hiver », ça ne pardonne pas. L’enlisement allemand face à la Russie a marqué le tournant de la guerre. Comme quoi, un petit “non” très déterminé…

 
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27 octobre : la Grèce fête son drapeau
 

Le drapeau grec a été adopté en 1833 par Othon de Bavière lors de la création du royaume de Grèce. C'est une combinaison entre la croix blanche de saint Georges brandie par les révoltés orthodoxes contre l'occupation ottomane dès 1807 et la couleur bleu des armes de la Bavière d'où était originaire le premier roi que les Européens ont placé sur le trône de Grèce. On retrouve ce motif et cette couleur dans le symbole de la marque de voiture BMW, l'un des emblèmes de la Bavière.

Les neuf bandes reprennent les neuf syllabes de la devise révolutionnaire : "Ἐλευθερία ἤ θάνατος" (é-leu-the-ri-a i tha-na-tos : la liberté ou la mort). À propos des couleurs, en Grèce on vous dira que le bleu est celui de la mer et que le blanc représente la terre.  

 
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26 octobre : l'Autriche célèbre sa neutralité
 

L’Autriche est un pays à l’identité mal établie. C’est un des rares pays au monde à ne pas commémorer un changement de régime ou une indépendance.  

La fête nationale autrichienne n’est autre que la date anniversaire du vote de la loi relative à la neutralité permanente de l’Autriche en 1955. Ce « Traité d’État » a permis l’apparition de l’Autri­che sur la scène internationale avec un rôle à jouer : le trait d’union entre les deux blocs. Mais, avec la fin de la guerre froide, cet événement fondateur a beaucoup perdu de sa pertinence. L’Autriche, qui ne peut guère célébrer les défaites de 1918 et de 1945, n’a pas trouvé d’autre fait marquant sur lequel appuyer son identité d’où un malaise qui nourrit une extrême droite de plus en plus proche du pouvoir.



 
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25 octobre : l'invasion de la Grenade
 

La Grenade rend grâ­ce à Dieu d’avoir été conquise en 1983 par l’armée américaine ! Laquelle peut célébrer sa toute dernière victoire militaire. C'était, il ya 35 ans, jour pour jour. Cette journée de Thanksgiving est fériée à la Grenade.

L'invasion de la Grenade avec 7300 hommes (pour une île de 90 000 hab.) , menée en dehors de tout mandat du Conseil de sécurité de l'ONU, causa la mort d'une centaine de personnes et fut condamnée par un vote de l'Assemblée générale des Nations unies. Elle visait à faire tomber un régime aligné sur Cuba.

 
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24 octobre : le jour des Nations unies
 

Aujourd’hui, la salle de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, fait office de salle de concert. Avant la musique, quelques discours rituels sont prononcés, notamment celui d'António Guterres, le secrétaire général. Plus tard des manifestations, mettant en scène des enfants sont prévues sur le parvis. En vedette, cette année : le virtuose du sarod Ustad Amjad Ali Khan, accompagné de ses fils Amaan Ali Bangash et Ayaan Ali Bangash, ainsi que l'orchestre de réfugiés dirigé par Lidiya Yankovskaya. Le thème du concert de cette année 2018, parrainé par la Mission permanente de l’Inde auprès des Nations Unies, est « Traditions de paix et de non-violence ».

Au printemps 1945, des représentants de 50 pays s’étaient réunis à San Francisco pour mettre la dernière main à une Charte des Nations unies. Le 24 octobre marque le jour où un nombre suffisant de ratifications ont été réunies pour lancer officiellement la nouvelle organisation. La nouvelle institution mondiale, qui émergeait du chaos et des ravages de la seconde guerre mondiale, visait « à préserver les générations futures du fléau de la guerre, à proclamer de nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande ». Dans le monde entier, c’est l’occasion de tenir des réunions et d’organiser des expositions sur les réalisations et les objectifs de l’organisation. En 1971, l’ONU a recommandé que le 24 octobre soit célébré comme un jour férié par les États membres, mais très peu l’ont adopté.

 
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