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1er septembre : les huguenots assemblés au Désert
 

Ils arrivent en voiture, en autobus, à vélo parfois, ils viennent des Pays-Bas, d’Allemagne, de Catalogne, de Suisse, de France bien sûr, ils sont entre 15 et 20 000 à avoir répondu à l’appel de l’une des trois grandes manifestations du protestantisme en France.

Le Mas Soubey­­ran, niché dans les montagnes cévenoles accueille, comme tous les ans en ce début septembre, l’Assemblée du Désert. La clairière de Mialet (dans le Gard) résonne des cantiques indissociables de l’identité huguenote : le Psaume des Batailles, La complainte des prisonnières de la Tour de Constance, La Céve­nole… C’est en 1911 que fut créé ici même le musée du Désert, dans la maison d’un chef camisard nommé Laporte dont on peut encore voir la cachette aménagée pour échapper aux soldats du roi. Il commémore les persécutions des protestants depuis la révocation de l’édit de Nantes (1685) jusqu’à l’édit de tolérance de Versailles (1787) qui marquait la fin officielle de l’interdiction du protestantisme. Depuis lors, l’habitude a été prise de se réunir autour de ce lieu de mémoire pour le souvenir des cultes clandestins, bien sûr, mais également pour réaffirmer que le Désert exprime aussi la nécessité du retrait, de l’intériorité.

 
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27 août : le lundi de la Saint-Louis à Sète
 

La Saint Louis est fêté le 25 août par l’Église, mais à Sète (Occitanie), c’est aujourd’hui le « lundi de la Saint Louis », un jour férié localement. Le tournoi de joutes de la Saint-Louis est la compétition la plus importante de sa discipline, une sorte de championnat du monde non officiel qui se déroule le long du canal royal sur six jours. Aujourd’hui a lieu le tournoi régional des lourds, le plus important, et la remise du pavois.

C’est la 277e édition des fêtes de la Saint-Louis, événement fédérateur de la ville rythmé par une activité traditionnelle et multiséculaire : les joutes nautiques. Cette pratique, qui consiste, muni d’une lance et protégé par un pavois, à faire tomber son adversaire à l’eau remonterait au 29 juillet 1666, jour de l’inauguration du port. Les tournois sont toujours précédés d’un défilé des jouteurs, tous vêtus de blanc et coiffés d’un canotier, accompagnés par de la musique traditionnelle. Le vainqueur du « Grand tournoi de la Saint-Louis » aura son nom gravé sur un pavois (conservé dans la salle des joutes du Musée Paul Valery), c’est la coutume depuis la première édition de la compétition, en 1743.

 
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15 août : l'Assomption, ancienne fête nationale de la France
 

C’est très certainement la principale fête mariale du calendrier liturgique des catholiques aussi bien que celui des orthodoxes (ces derniers parlent de Dormition plutôt que d’Assomp­tion), mais ce fut aussi une fête nationale.

En France, le 15 août est devenue la fête nationale en 1638, suite à un vœu de Louis XIII et le demeurera jusqu’en 1830 (exception faite de la période révolutionnaire). Pour s’approprier cette tradition, Napoléon Ier n’a pas hésité à instaurer en 1806 une Saint-Napoléon (qui n’existe pas dans le martyrologue du Vatican) et à la placer le 15 août. L’objectif était d’orienter cette fête sur le culte sa personne, par chance, Napoléon Bonaparte était né... un 15 août de 1769 ( il y a pile 250 ans !).

Sous Louis-Philippe, on célébrait les Journées des 27, 28 et 29 juillet, ainsi que la Saint-Philippe (1er mai).

Le Second Empire rétablit le culte de la Saint-Napoléon, le 15 août. Ce sera la fête nationale jusqu’en 1869. Aujourd’hui, seule la ville d’Ajaccio continue à célébrer ce jour-là, l’enfant du pays. En 1880, la fête nationale était placée le 14 juillet, elle le demeure.

 
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10 juillet : hommage aux 80 de Vichy
 

Un rassemblement officiel se déroule chaque année en hommage aux 80, les députés qui ont refusé d'accorder les pleins pouvoir à Pétain, au Casino de Vichy.

Le 10 juillet 1940, Pétain demandait au Parlement de mettre fin à la République. Bien sûr, la demande n'était pas rédigée ainsi. Le héros de 1918 — vingt-deux ans plus tôt — avait travesti son dessein : il a sollicité du Parlement les pouvoirs constituants, afin de rédiger une nouvelle constitution qui serait approuvée par de nouvelles assemblées. En réalité, fort de ce vote, il a, le lendemain, pris tous les pouvoirs. Seuls quatre-vingts parlementaires ont voté non. Le Comité est né de la volonté de Jean Marielle pour leur rendre hommage. Plus tard, les parlementaires qui avaient quitté la France pour l'Afrique du Nord où le combat pouvait continuer, ont été associés à cet hommage.

Outre la cérémonie annuelle du 10 juillet à Vichy qui a désormais pris un éclat particulier depuis que le Président de l'Assemblée nationale et le Président du Sénat la président alternativement, le Comité entretient la mémoire de ces parlementaires.

http://www.80-vichy.fr

 
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1940, FranceBruno Teissier
8 juillet : hommage à Jean Moulin en gare de Metz
 

Comme chaque année, une cérémonie a lieu en gare de Metz pour commémorer l'anniversaire de la mort de Jean Moulin. Son décès, survenu dans le train le conduisant en Allemagne, a été enregistré en gare de Metz en 1943. Il y a 76 ans.

Arrêté le 21 juin par la Gestapo, le chef du Conseil national de la résistance aurait été interrogé, torturé et finalement déporté vers l'Allemagne. Il serait décédé de ses blessures dans le train, peu avant la frontière. Sa mort est enregistrée en gare de Metz... Cela dit, rien n'est moins sûr. En fait personne ne sait exactement où Jean Moulin est mort, certains se demandent même s'il était vraiment présent dans ce train.

La statue de Jean Moulin en gare de Metz.

 
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29 juin : Tahiti fête la perte de son indépendance
 

Officiellement, c’est la fête de l’autonomie, dont on célèbre aujourd’hui le 35e anniversaire par de nombreuses animations publiques sur le front de mer. Une « cérémonie protocolaire » avec levée des couleurs et hymne territorial aura également lieu à 15 heures devant le monument dédié à l’autonomie dans les jardins de Paofai.

Cette fête est controversée car c’est aussi l’est l’anniversaire de la cession à la France de la  souveraineté sur tous les territoires dépendant de la couronne de Tahiti par le roi Pomare V en 1880. Cette fête de l'autonomie est très mal perçue par une partie de la population qui y voit l'anniversaire de la perte de l'indépendance de leur État. Il a fallu, en effet, attendre 1984 pour qu'une loi française confére aux Polynésiens un gouvernement local.

Inventé par Gaston Flosse en 1985, le défilé (Hiva Vaevae) sur l’avenue Pouvana’a a Oop a été suspendu en 2004, puis remis au gout du jour lors du retour au pouvoir du vieux dirigeant en 2014. En 2018, le défilé n’a pas eu lieu, mais cette année pour le 35e anniversaire, quelque 14000 personnes devraient défiler pour la célébration qui se terminera par un feu d’artifice.

 
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10 mai : la mémoire de la traite des Noirs
 

Depuis 2006, la France commémore chaque 10 mai, l’abolition de l’esclavage, en référence à la date du vote par l’Assemblée nationale en 2001 de la loi dite « Taubira » (adoptée en dernière lecture par le Sénat le 21 mai). Une loi mémorielle qui a provoqué des débats parmi les historiens. L’article premier dit ceci : « La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'océan Indien d'une part, et l'esclavage d'autre part, perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l'océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l'humanité. ». Il lui a été reproché d’élargir la période à l’activité des Portugais, la France n’ayant débuté la traite qu’à la fin du XVIIe, mais sans faire référence à celle pratiquée par les Arabes et même les Africains entre eux, de manière bien antérieure...

 Cela-dit, chaque DOM ou TOM a une date de commémoration spécifique : le 27 avril à Mayotte, le 22 mai en Martinique, le 27 mai en Guadeloupe, le 10 juin en Guyane et le 20 décembre à La Réunion. Quant aux associations regroupant les Français d'outre-mer, elles ont opté pour le 23 mai.

Le 10 mai est qualifié officiellement de Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions.

 
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29 avril : en France, le souvenir des déportés
 

On estime à plus de 155 000 le nombre des déportés de France dans les camps de concentration ou d’extermination nazis au cours de la Seconde Guerre mondiale. Parmi eux, quelque 80 000 victimes de mesures de répression (principalement des politiques et des résistants, mais aussi des homosexuels) et plus de 75 000 juifs, victimes de mesures de persécution qui ont aussi touché les Rroms.

La cérémonie qui a lieu aujourd’hui se déroule en trois étapes : un hommage est d’abord rendu au mémorial du martyr juif inconnu, rue Geoffroy l’Asnier, Paris 4e, puis au Mémorial des martyrs de la déportation, dans l’île de la Cité. La commémoration se termine par le ravivage de la flamme à l'Arc de Triomphe.

Une autre cérémonie a lieu au mont Valérien, à Suresnes, et d’autres dans de nombreuse villes de France.

 
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16 avril : la marche de Craonne pour la paix
 

Depuis 2007, une journée de commémoration de l’offensive Nivelle du 16 avril 1917 est organisée à Craonne (Picardie). Un millier de personnes se réunissent devant la mairie de Craonne pour une marche qui démarre à 5h15 du matin, l’heure du début de l’offensive. La marche de 6 km dure environ deux heures et demie. 

L’offensive Nivelle, un épisode de la bataille du Chemin des Dames, avait permis la conquête de quelques positions stratégiques et détruit des forces allemandes considérables, mais au prix de près de 200 000 vies côté français et 300 000 côté allemand. Cette bataille de la Première Guerre mondiale a été vécue comme un échec pour l'armée française.

 
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1er avril : poisson d'avril !
 

C’est un jour risqué pour les naïfs, un jour béni pour les farceurs qui vont s’en donner à cœur joie ! Dans les médias comme au travail, à la maison ou à l’école, tout le monde y va de son canular ou de son piège… jusqu’au poisson, ce fameux « poisson d’avril » que l’on se plait (de moins en moins cependant) à accrocher dans le dos de sa victime.

D’origine française, cette tradition du 1er avril (avec ou sans poisson) s’est exportée ailleurs en Europe mais aussi en Inde, au Canada, au Japon avec quelques variantes. Ainsi, en Écosse, les farceurs sévissent-ils aussi le 2 avril, soit un jour de plus ; au Mexique, le jeu consiste à subtiliser le bien d’un ami en laissant des friandises à la place ! En Russie, c’est le « jour du rire », chacun se doit de raconter une bonne blague.

D’où vient cette fête ? L’hypothèse la plus probable remonte à l’année 1564 et à l’Édit de Roussillon, signé par le roi de France Charles IX, qui fixait officiellement le début de l’année civile au 1er janvier au lieu du 1er avril jusque là. Mauvaise diffusion de l’information, réticences au changement ? toujours est-il que beaucoup de gens continuèrent à se donner des étrennes ou à s’échanger des cadeaux du jour de l’An le 1er avril et non à la date nouvellement imposée. Cela devint ensuite un jeu (s’offrir de faux cadeaux ce jour-là) et une cause de moquerie pour ceux qui persistaient. Quant au poisson, il semble avoir été le cadeau le plus offert en une période proche du carême ou toute consommation de viande était interdite.

 
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19 mars : hommage aux victimes de la guerre d'Algérie
 

Alors que l’Algérie vit un seconde libération, une seconde indépendance avancent certains, la France commémore le cessez-le feu du 19 mars 1962. Depuis 2012, cette date a été instituée Journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.

Le 19 mars comme date de l’hommage national aux morts en Algérie continue cependant à être rejetée par les représentants des « rapatriés » et des harkis. Si le 19 mars évoque la joie du retour des militaires français dans leur famille, il marque également l’amorce d’un drame pour les rapatriés, contraints au déracinement, et le début d’une tragédie pour les harkis, massacrés dans les semaines qui suivirent, au mépris des accords d’Evian. Si bien que le président Chirac avait inventé une nouvelle date d’hommage aux morts de la guerre d’Algérie, le 5 décembre. Mais faute du moindre fondement historique, elle est aujourd’hui peu marquée.

En Algérie, le 19 mars n’est pas férié, ce n’est que la Fête de la victoire. La vraie fête d’indépendance est le 5 juillet (date sa proclamation en 1962 et anniversaire du début de l’occupation du pays par les Français, le 5 juillet 1830).



 
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29 janvier : Thomas Paine, révolutionnaire et homme de bon sens
 

Chaque année, le 29 janvier les milieux libres penseurs américains célèbrent Thomas Paine, le jour de son anniversaire. Il est né en 1837 en Angleterre, mais Benjamin Franklin le fait venir en Amérique, où il arrive en en 1774. Le 10 janvier 1776, il publie Common Sense (“Sens commun”) rien à voir avec le mouvement utra conservateur français , ce pamphlet républicain qui promeut l’indépendance de l’Amérique connaît un succès immédiat. D’éditions en éditions, il dépassera les 500 000 exemplaires. Il inspirera George Washington et participera à la création des État-Unis. Aujourd’hui, l’Amérique de Trump ne cultive guère l’héritage d’un penseur qui dès 1775 demandait l’abolition de l’esclavage, prenait position contre les religions, prônait l’éducation publique et gratuite et réfléchissait à un revenu minimum universel. Le personnage n’est pas en phase avec l’Amérique de son époque ni avec celle du moment, hormis dans quelques cercles intellectuels.

L'Association historique nationale Thomas Paine, à New Rochelle, dans l'État de New York, lui rend hommage en déposant une gerbe sur son monument au Thomas Paine Memorial Museum, qui abrite certaines de ses lettres et effets personnels. Le musée est situé sur les anciennes terres agricoles où il s’était un temps retiré. Dimanche prochain des conférences seront données pour cultiver sa mémoire et essayer de promouvoir une Journée du bon sens (Common Sense Day) qui a encore peu d’échos.

Les Français seraient également bien inspirés de se souvenir de ce personnage qui fut une figure de la Révolution française. Réfugié en France car les Anglais le considéraient comme un traitre, il a été naturalisé français et fut élu député du Pas de Calais en 1792. Il habitait à Paris, au 10 rue de l’Odéon. On lui doit un traité sur les droits de homme et un plaidoyer en faveur de l’abolition de la peine de mort. Plutôt que d’exécuter Louis XVI, il a avait proposé d’exiler le roi déchu en Amérique. Ses positions lui valurent la prison sous la terreur. S’il échappa à la guillotine, c’est grâce à l’intervention de l’ambassadeur des États-Unis à Paris. Il est ensuite un des rares députés à critiquer le caractère autoritaire du Directoire. L’arrivée de Napoléon au pouvoir le convaincra de quitter la France pour se retirer en Amérique où ses positions de libre penseur vont le marginaliser. Il est mort en 1809 à 1809, à Greenwich Village, New York. Il habitait au 59 Grove street.

Les Anglais ne l’ont pas totalement oublié, la ville de ses origines, Lewes, dans le Sussex, lui consacre une semaine de festivités chaque début juillet.

 
21 janvier : Louis XVI et Lénine célébrés le même jour
 

Dans plusieurs villes de France, quelques poignées de fidèles assistent à une messe à la mémoire de Louis XVI, roi exécuté pour trahison envers son pays. Ce 225e anniversaire est l’occasion pour la ville de Saint-Denis où se trouve la basilique, nécropole royale, de recevoir la visite de quelques personnes des beaux quartiers de la capitale. D'autres célébrations religieuses se déroulent en divers endroits, notamment à la Chapelle expiatoire à Paris, mais aussi, vers 10h, place de la Concorde, lieu de l’exécution du roi. À 12h15, une messe de requiem sera dite à Saint-Germain l’Auxerrois, l’ancienne paroisse des rois de France, en latin bien sûr. Toujours à Paris, le sanctuaire du catholicisme fondamentaliste, l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, donnera elle-aussi sa messe, à 18h30. La province participe aux célébration. Toulon, ancien fief royale, une messe de requiem est dite à 18h30 en l’église Saint-François-de-Paule, comme chaque année. À Marseille, c’est en la basilique du Sacré-Cœur, avenue du Prado à 19h qu’une messe, dite à la demande de l'Union Royaliste Provençale (Action Française) et du Souvenir Bourbonien. À Poitiers, c’est en l'église Notre-Dame la Grande…

Ce même jour, ce sont d’autres nostalgiques qui commémorent la mort de Lénine en 1924.  À Moscou, ils sont encore quelques milliers à se rassembler près de la Place Rouge. Chaque année son mausolée est fleuri. En France, aussi, quelques discrets hommages sont organisés.

En ces temps de contre révolution, nul ne doute que les célébrations du roi qui fut renversé par la Révolution française, primeront sur celles qui rappellent le souvenir du héros de la révolution russe. Le drapeau blanc (ou jaune) contre le drapeau rouge, semble être l’esprit du temps. Mais, le 21 janvier est aussi l’anniversaire de George Orwell…

 
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6 janvier : la galette de l'Épiphanie
 

Pas moins de 20 millions de galettes vont être consommés en France au cours de ce mois de janvier, une excellente affaire pour les boulangers et les pâtissiers. En quelques décennies, cette fête ludique et conviviale est devenue un incontournable des relations familiales et de la vie en société, voire politique.

Depuis 1975, une galette est offerte au président de la République, sans fève bien sûr, car pas question de risquer de devoir le proclamer roi. Par les temps qui courrent, ça pourrait être mal vu.

Contrairement aux pays voisins, elle est proposée à la vente du 26 décembre au 31 janvier. En un mois, on aura donc plusieurs occasions de tenter sa chance. Certains commerçants vont jusqu'à jouer le jeu de la loterie en faisant déposer quelques pièces d'or en guise de fève, devant huissier. La fête a aussi fait naître des vocations de collectionneurs de fève, les fabophiles.

Pour les chrétiens, l’Épiphanie clôt le temps de Noël qui a débuté le 2 décembre dernier, avec l’Avent et ouvre une période dite de Temps ordinaire (sans grande fête marquante) qui se terminera le jour du  Mardi gras (12 février).

 
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14 décembre : Odile, la bien-aimée des Alsaciens
 

Près de 1,3 million de visiteurs se rendent chaque année sur le mont Saint-Odile. Ils viennent se recueillir devant le tombeau de la sainte, patronne de l’Alsace, dans la basilique ND de l’Assomption ou simplement admirer le panorama qui s’offre à eux à une altitude de 763 mètres. Ce haut lieu de la spiritualité a été fondé par Odile elle-même vers 700 sur les bases du château de Hohenbourg que lui aurait légué son père. Née aveugle, elle aurait recouvré la vue au moment de son baptême, ce qui fait d’elle aussi la patronne des aveugles. Elle est décédée le 13 Décembre 720, mais sa fête a été déplacée au 14 décembre pour la distinguer de la très populaire sainte Lucie. Une des raisons de se rendre au mont Saint-Odile à cette saison est d'y visiter le marché de Noël.

 
9 décembre : la journée de la laïcité
 

En France, des voix réclament régulièrement de faire du 9 décembre un jour férié dédié à la laïcité. C’est l’anniversaire de la loi de 1905 de séparation entre l’Église et l’État. Un pas en ce sens ? Depuis 2015, la Journée de la laïcité est célébrée dans tous les établissements de France, le 9 décembre (cette année, ce sera lundi). Cette journée marquera le 113e anniversaire de la loi de séparation des Églises et de l’État (1905), qui a participé a enraciner la laïcité (instituée en 1882 pour les enseignements) à l’école publique.

À Paris, un rassemblement laïque et républicain a lieu ce jour à 15h00, au pied de la statue du Chevalier de La Barre, square Nadar, dans le 18e (le square Nadar se trouve à gauche de la sortie du funiculaire).

Le principe de laïcité est au fondement du système éducatif français depuis la fin du XIXe siècle. Les différents enseignements contribuent à la transmission de la laïcité, en particulier l’enseignement moral et civique, l’histoire géographie ou encore la littérature.

 
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8 décembre : les Lyonnais fêtent les lumières
 

Près de trois millions de visiteurs sont attendus ce week-end pour admirer les créations d’artistes de toutes sortes, plasticiens, vidéastes, éclairagistes, architectes qui ont fait de la ville, de ses monuments, de ses fleuves leur terrain de jeu pour un spectacle éphémère mais ô combien grandiose ! La fête des Lumières ou Fête des Illuminations comme l’on disait autrefois, investit aussi les réseaux sociaux : facebook, twitter donnent à l’événement un retentissement international, relayé par les nombreux Lyonnais de l’étranger qui célèbrent l’événement à leur manière. Après une année d'interruption, les autorités locale ayant cédé à la peur des attentats, la fête reprend, mais confiée à une partie de la ville. La Fête des Lumières se deroule du jeudi 7 au Dimanche 10 décembre 2017.

Il n'y a pas qu'à Lyon ! Vous le lirez dans le livre de Jean-François Bernou

En France, aujourd'hui, le 8 décembre évoque avant tout la fête des Lumières de Lyon. Jean-François Bernou nous raconte les origines alambiquées de cette manifestation artistique et populaire, mais aussi religieuse.

Car cette date en recouvre une autre, propre aux pays catholiques, l'Immaculée Conception, notion que nous explique Pascal Mallen-Barret. Le 8 décembre, nous conduira en Amérique latine à la découverte de quelques Vierges très populaires et de divinités brésiliennes d’origine africaine. En Uruguay, ce jour est celui de l’ouverture de la saison balnéaire. La même référence religieuse nous mènera également à Strasbourg pour évoquer la naissance du drapeau européen.

Chaque 8 décembre, à New York, on chante en mémoire d’un saint et martyr de la culture pop, John Lennon. En Finlande, on se souvient de Sibelius, le musicien national. En Macédoine, une fête récente évoque saint Clément. En Albanie, la date du 8 décembre est très clivante sur le plan politique…

Nous terminerons ce tour du monde au Japon où l'on célèbre l'Illumination du Bouddha, une fête de lumière qui ne s’affiche pas sur les murs comme à Lyon, mais qui demeure spirituelle et intérieure.

 
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5 décembre : la date qui ne commémore rien
 

En France, la Journée nationale d’hommage aux « morts pour la France » pendant la guerre d'Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie est une date très contestée est peu suivie, même si certaines municipalités organisent tout de même un moment de recueillement au monument aux morts. Ne cherchez pas dans un livre d’histoire ce qui s’est passé un 5 décembre. La date tient du hasard de l’agenda présidentiel. Le 5 décembre 2002, le président Chirac inaugurait un mémorial situé quai Branly à Paris et dédié à aux guerres de la décolonisation. L’année suivante, une commission reprenait cette date afin de tenter d’éliminer la commémoration du 19 mars à laquelle est attachée la plus grande association d’anciens combattants, la Fnaca (Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc, Tunisie), mais récusés par d’autres. Les dirigeants de la Fnaca ont appelé au boycott de cette commémoration officielle.

 
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4 décembre : des feux d’artifice pour la Sainte-Barbe
 

Samedi, alors que le Puy-en-Velay voyait sa préfecture en flamme, c’est Saint-Étienne qui célébrait la patronne des mineurs, des artificiers et des pompiers. La Sainte-Barbe tombe en fait le 4 décembre, c’est un grand jour pour Saint-Étienne, ville minière jusqu'à la fermeture du dernier puits en 1983. Autrefois, cette journée était chômée et payée pour les mineurs qui portaient en procession la statue de la sainte de l'hôtel de ville jusqu'à chaque mine. Ce défilé au flambeau qui a eu lieu samedi, a transporté sainte Barbe jusqu'au Puits Couriot, aujourd'hui Musée de la mine où la soirée se termine par l'embrasement du site en un spectaculaire feu d'artifice.

Le 4 décembre, ce sont les mineurs, les artificiers, et bien sûr, les pompiers qui fêtent leur sainte patronne ! Les amicales de pompiers organisent des banquets pour la Sainte Barbe. 

 
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15 novembre : le Beaujolais nouveau est arrivé
 

C’est à un rendez-vous planétaire que sont conviés aujourd’hui les amateurs de vin français, à travers le monde. Depuis 00h très exactement, de Tokyo à Berlin, de New-york à Moscou, ils peuvent découvrir la cuvée 2018 ! Et selon les professionnels du secteur, il est "exceptionnel". Son arôme ? Très fruitée avec des notes de fruits noirs, de fleurs, d'épices et de réglisse. Cet événement a, en effet, pris une dimension internationale et, de fait, 50 % de la consommation de Beaujolais nouveau se fait à l’étranger : États-Unis, Japon, la Corée du Sud et dernier client en date mais pas des moindres : la Chine. Cette réussite avérée à l’exportation ne masque pas un certain désenchantement en France et une baisse régulière des ventes ces dernières années. Amateurs éclairés et professionnels de la viticulture reprocheraient aux producteurs d’avoir privilégié le marketing au détriment sinon de la qualité du produit du moins de sa standardisation. Mais les puristes veillent et on annonce déjà une cuvée exceptionnelle pour cette année ! Vin de primeur, de cépage gamay, le Beaujolais nouveau est le seul vin autorisé à la commercialisation avant la date officielle du 15 décembre pour tous les autres vins AOC.


 
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