Articles dans Algérie
8 mai : le « premier martyr » des Algériens
 

À Sétif (Algérie) en dépit du couvre feu imposé à la population autochtone, quelque 10 000 Algériens défilent pour réclamer la liberté. Un drapeau algérien est brandi. Un officier de police français sort une arme vise le porteur du drapeau et le tue de 2 balles. Ce jeune scout s’appelait Bouzid Saâl, une  stèle honore aujourd’hui la mémoire de ce « premier martyr de la guerre de libération ». D’autres coup de feu sont tirés sur la foule en panique faisant 35 morts. Ce ne sont que les premiers d’une journée de massacre qui décimera 10 à 20 000 Algériens du Constantinois et une centaines de colons. On est en 1945, la France fête la fin de la Seconde Guerre mondiale... Les premiers mots d’excuses de la part des autorités françaises ne viendront que le 8 mai 2005.

Déjà en 1945, la jeunesse algérienne en quête de liberté

 
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19 mars : hommage aux victimes de la guerre d'Algérie
 

Alors que l’Algérie vit un seconde libération, une seconde indépendance avancent certains, la France commémore le cessez-le feu du 19 mars 1962. Depuis 2012, cette date a été instituée Journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.

Le 19 mars comme date de l’hommage national aux morts en Algérie continue cependant à être rejetée par les représentants des « rapatriés » et des harkis. Si le 19 mars évoque la joie du retour des militaires français dans leur famille, il marque également l’amorce d’un drame pour les rapatriés, contraints au déracinement, et le début d’une tragédie pour les harkis, massacrés dans les semaines qui suivirent, au mépris des accords d’Evian. Si bien que le président Chirac avait inventé une nouvelle date d’hommage aux morts de la guerre d’Algérie, le 5 décembre. Mais faute du moindre fondement historique, elle est aujourd’hui peu marquée.

En Algérie, le 19 mars n’est pas férié, ce n’est que la Fête de la victoire. La vraie fête d’indépendance est le 5 juillet (date sa proclamation en 1962 et anniversaire du début de l’occupation du pays par les Français, le 5 juillet 1830).



 
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12 janvier : le Nouvel an des Kabyles
 

En Algérie, chez les Kabyles, nous sommes le 1er jour de l’année 2969 du calendrier amazigh (berbère) qui débute en 950 av. J.-C., date de la victoire du roi berbère Chachnaq sur le pharaon Ramsès III. On l’appelle Yennayer.

« Qui célèbre yennayer éloigne le mauvais œil et les infortunes » dit un adage populaire. Aussi, ne manque-t-on pas de commencer les festivités en égorgeant un animal, généralement un coq fermier, histoire d’éloigner le malheur de la maison. Ce coq sera consommé la veille de Yennayer dans un même plat lors d’un dîner (Imensi n’Yennayer) où la famille se retrouve au grand complet. On a pour habitude de laisser une ration et une cuillère pour l’absent quel qu’il soit, parent éloigné ou pauvre de passage. Dès le lendemain, on continuera à faire ripaille avec des plats traditionnels et sans viande cette fois. S’ajoutent d’autres rites plus ou moins liés, eux aussi, à la fécondité ou à la prospérité, tel le fait de célébrer un mariage ce jour-là, de changer le mobilier de la maison pour accueillir d’heureuses nouvelles ou encore de planter des tiges de laurier-rose dans les champs de culture qui vont éloigner les parasites et garantir de bonnes récoltes. Cette fête du qui connait un regain, est l’occasion pour une population qui se sent oubliée d’affirmer son amazighité.

Au Maroc ou en Tunisie, Yennayer est fêté le 14 janvier, ce qui correspond au nouvel an du calendrier julien. La date du 12, retenue par les associations culturelles kabyles repose, en fait, sur une erreur de conversion.

 
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5 décembre : la date qui ne commémore rien
 

En France, la Journée nationale d’hommage aux « morts pour la France » pendant la guerre d'Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie est une date très contestée est peu suivie, même si certaines municipalités organisent tout de même un moment de recueillement au monument aux morts. Ne cherchez pas dans un livre d’histoire ce qui s’est passé un 5 décembre. La date tient du hasard de l’agenda présidentiel. Le 5 décembre 2002, le président Chirac inaugurait un mémorial situé quai Branly à Paris et dédié à aux guerres de la décolonisation. L’année suivante, une commission reprenait cette date afin de tenter d’éliminer la commémoration du 19 mars à laquelle est attachée la plus grande association d’anciens combattants, la Fnaca (Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc, Tunisie), mais récusés par d’autres. Les dirigeants de la Fnaca ont appelé au boycott de cette commémoration officielle.

 
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1er novembre : la « révolution » algérienne
 

L’Algérie commémore sa « Révolution de novembre ». Ce jour-là en 1954, une série d’attentats coordonnée par un FLN qui faisait pour la première fois parler lui, marquait le déclenchement de la Guerre de libération nationale. Ce jour férié est marqué par des défilés militaire et la glorification de la guerre d’indépendance. De cette « Toussaint rouge », les Français ont surtout gardé l’image de ce jeune instituteur français qui venait prendre son premier poste dans le bledet qui fut abattu après l’attaque du bus dans lequel il voyageait. Il faudra cependant de longs mois avant que Paris ne réalise qu’une guerre avait commencé ce jour-là. L'Algérie célèbre le début officiel de sa guerre de libération, laquelle avait en fait débuté en 1945, mais peu l'avaient vraiment compris.

Un demi siècle après cette « révolution », le régime est totalement fossilisé, à l’image de ce président octogénaire que l’on déplace en fauteuil roulant, incapable de s’exprimer et qui se présente, où plutôt que l’on présente, à un quatrième mandat.

 
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17 octobre : Rendez-vous à Paris, sur le pont Saint-Michel
 

Le 17 octobre 1961, quelque 20 à 30 000 Algériens de Paris manifestaient pacifiquement pour protester contre le couvre-feu auquel ils étaient astreints. Sur ordre de Maurice Papon, préfet de police de Paris, les forces de l’ordre lancèrent un l’assaut qui sera sans pitié : ceux qui cherchaient à rentrer chez eux furent arrêtés au pont de Neuilly et jetés dans la Seine par les policiers. Très peu savaient nager, la plupart se sont noyés. D’autres ont été retrouvés pendus près du Centre d’identification de Vincennes. La police reconnaît 140 victimes, les historiens évoquent 600 morts et disparus. Le drame a longtemps été occulté, notamment par la tuerie policière du métro Charonne, l’année suivante, autre page noire des années De Gaulle. Il a fallu la manifestation anniversaire de 1991 pour que la mémoire des faits resurgisse et que les familles demandent réparation ; puis un procès, en 1999, pour que l’État admette la réalité du massacre. Cela dit, Lionel Jospin s’opposera à une reconnaissance officielle. En 2001, le maire de Paris inaugura une plaque sur le pont Saint-Michel où a lieu la commémoration annuelle, au cours de laquelle une gerbe est jetée dans la Seine. Quant à l’Algérie, elle a fait du 17 octobre la Journée nationale de l’Émigration.

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