Articles dans 1947
14 août : l'invention du Pakistan il y a 72 ans
 

La journée débute par un lever de drapeau au Parlement, les dicours télévisés du président et du premier ministre, puis par la relève de la garde au mausolée de Mohammed Ali Jinnah, le père de la nation.

Le drapeau national est partout, jusque dans l’habillement vert des blanc que certains citoyen s’appliquent à arborer en ce jour de fête nationale, férié, anniversaire de l’indépendance de 1947 qui permit à la fois de chasser les Anglais et de se séparer de l’Inde (qui fête l’événement le 15 août) au nom de l’islam.

Cet après-midi sera l’occasion de faire voler des cerfs-volants en famille. Ce soir, on fera bruler des bougies dans les rues. À Lahore, la journée se terminera par un feu d’artifice. Une journée de fête qui permet d’oublier quelques heures les problèmes du pays, ses contadictions identitaires, sa mauvaise image internationale...

 
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11 août : comment peut-on être chrétien au Pakistan ?
 

Le gouvernement voulait prouver que c’est possible dans ce pays où plus de 90% de la population sont musulmans. En 2009, Shahabaz Bhatti, le ministre des Minorités a créé une Journée nationale des minorités visant à reconnaître le rôle important qu’elles ont joué dans la construction nationale et à prévenir leur persécution. Le ministre, catholique, a été assassiné en 2011 par des extrémistes musulmans, mais sa politique a été reprise par ses successeurs. Mais, pas sûr que le nouveau président la poursuive... En mars 2012, des élus non musulmans sont entrés au Sénat, une première depuis 1974.

Dans un discours prononcé le 11 août 1947, trois jours avant l’indépendance du pays, Muhammad Ali Jinnah, le père de la nation pakistanaise, avait jeté les bases d’une société moderne et tolérante, offrant des droits égaux à chaque citoyen quelque soit sa religion, sa caste, son sexe. Un projet politique bien oublié à l’époque de la dictature militaire, pro-américaine, de Zia Hu-Haq (1978-1988) lequel a fait du Pakistan une république islamique et promulgué en 1986, une loi sur le blasphème qui a fait de nombreuses victimes, notamment parmi les minorités, mais pas seulement.

 
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29 mars : il y a 72 ans, les massacres oubliés de Madagascar
 

Cette journée dédiée aux victimes est fériée à Madagascar où l'on commémore les massacres opérés en 1947 par l'armée française envoyée mater toute tentation indépendantiste de la Grande île : plusieurs dizaines de milliers de morts dans la plus grande indifférence à l'époque (et encore aujourd'hui).

La nuit du 29 mars 1947, à Madagascar, quasi simultanément, à Moramanga, le centre-est et Manakara, la côte sud-est, des groupes d’insurgés qui ne croient plus en l’indépendance de leur pays par la voie pacifique, prennent les armes et commettent de premières attaques. C'était le début d'un an et demi d’insurrection contre l’administration coloniale française.

Lors du sommet de la Francophonie de 2016, François Hollande a rendu visite à la stèle des anciens combattants de la Grande guerre, à Anosy, en « hommage », aux victimes des événements de 1947 qu’il avait qualifiés de « répression brutale ». Mais, en cette journée de commémoration, aucun membre du gouvernement français n'est en visite à Madagascar.

 
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28 février : le massacre du « 228 » à Taïwan
 

Depuis une quinzaine d’année, le 28 février (28-2) est férié à Taïwan pour commémorer un massacre qui remonte à 1947. Ce jour-là, une altercation entre un membre du Kuomintang (KMT) et une vieille femme vendant des cigarettes de contrebande avait dégénéré en émeute populaire et en tuerie. Le nombre de victimes se comptait en dizaines de milliers. Le KMT était le parti de Tchang Kaï-chek, l’adversaire nationaliste de Mao. Vaincu par les communistes, le parti, puissamment armé, s’était replié sur l’île de Taïwan où il avait pris le pouvoir. La population était exaspérée par cette occupation « continentale ». Le 28 février, l’ordre a été donné de tirer sur la foule des manifestants. Ce massacre du « 228 » a été le prélude à près quatre décennies d’une dictature du KMT. Il a fallu attendre 1995 pour que le tabou soit levé, que des excuses officielles soit prononcées et que l’on envisage de dédommager les familles des victimes. Depuis 2003, l’événement fait l’objet de commémoration officielle. En 2011, un Musée du 228 a été inauguré. Quant au KMT, il est revenu au pouvoir en 2008, par les urnes.

 
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10 février : la Journée du souvenir en Italie
 

La Giornata del ricordo, instaurée en 2004, invite à se souvenir des victimes italiennes des massacres opérés par les forces yougoslaves entre septembre 1943 et mai 1945. La plupart ont été jeté dans les foibe, ces cavités naturelles du littoral adriatique, parfois encore vivantes. Ainsi ont péri quelque 1500 à 2000 personnes, selon les historiens ; 10 000, selon les organisations de rapatriés italiens. Ces opérations de nettoyage ethnique n’ont vraiment cessées qu’au début de 1947. La date du 10 février est celle du traité de paix signé à Paris entre la Yougoslavie et l’Italie. Le souvenir est très vif en Italie, où de nombreuses associations cultivent cette mémoire. On oublie souvent que des atrocités ont été commises par les deux camps, notamment par les troupes italiennes qui pratiquèrent parfois une stratégie de la «terre brûlée» inspirée des méthodes allemandes. 

Les territoires concernés : l’arrière pays de Trieste, l’Istrie, Rijeka (Fiume), Zadar (Zara)… ont été acquis par le royaume d’Italie en 1918. 42% des habitants (celle des villes principalement) étaient italiens, 58% étaient slaves (Slovènes et Croates). La région a subi pendant deux décennies une politique d’italianisation à outrance et de racisme à l’égard des Slaves qui explique la violence des réactions dans les années qui ont suivi la chute du régime fasciste. Avec l’arrivée au pouvoir des communistes yougoslaves, le processus s’est inversé, les villes ont été slavisées et la population italienne, très pro-fascistes dans les années 1930 et 1940, massivement chassée vers la péninsule italienne.

Aujourd’hui ces régions sont situées en Slovénie et en Croatie, les Italiens n’y représentent plus qu’une petite minorité. Les Italiens réclament des indemnités, Slovènes et Croates leurs répondent en chiffrant les victimes yougoslaves du fascisme italien à plusieurs dizaines de milliers. Cette guerre des mémoires profite aux extrêmes droites des différents pays, lesquelles dominent aujourd’hui le gouvernement de Rome, comme celui de Zagreb.

 
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