Articles dans Italie
28 avril : pèlerinage fasciste à Predappio
 

C'est l'anniversaire de l'exécution de Mussolini, en 1945. Les nostalgique affluent en masse chaque année devant la maison natale de Mussolini ou dans a crypte où repose le corps du dictateur italien. Ces deux lieux sont les étapes obligatoires du pèlerinage des néofascistes en chemise noire. Le maire de la ville, qui est un fief de la gauche, est en train de faire construire un musée dans sa commune pour montrer aux visiteurs le vrai visage du fascisme pour ne pas laisser le terrain aux nostalgiques du régime. Ce musée du fascisme sera le premier du genre en Italie. Le lieu choisi est on ne peut plus symbolique : un grand bâtiment de 2000 m² qui abritait le siège du parti de Benito Mussolini à Predappio. Une ville nouvelle édifiée sur ordre du dictateur dans les années 1920, autour de sa maison natale.

Il y a 100 ans, le 23 mars 1919 à Milan, Mussolini, alors militant socialiste en rupture de ban, a réunissait une centaine de syndicalistes révolutionnaires et d'anciens combattants pour créer les "Faisceaux italiens de combat", autour d'un programme à la fois social et nationaliste. Avec la chemise noire et la tête de mort comme signe de reconnaissance, les Faiscaux (fasci en italien) ont été au cœur de la création de Parti national fasciste en 1921 puis de la Marche sur Rome qui a porté Mussolini au pouvoir en 1922.

Aujourd’hui CasaPound, la formation qui réuni les nostalgiques du fascisme est en plein essor, encouragée par la popularité de Matteo Salvini, le leader d’extrême droite qui a pris l'ascendant sur la droite classique et qui fait figure de chef du gouvernement italien.

En fait, ce pèlerinage fasciste se produit trois fois par an, pour la commémoration de la naissance (29 juillet) et de la mort de Mussolini (28 avril), ainsi que pour l'anniversaire de la Marche sur Rome (28 octobre).

 
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25 avril : les Italiens célèbrent la libération
 

La commémoration du 25 avril est sujette à débat. Depuis quelques années, elle fait l’objet d’attaques de la part de la droite et de l’extrême droite qui y voient un clivage inutile. Aujourd’hui, à Milan, aura lieu un grand défilé allant de la porta Venezia à  la piazza Duomo. Toutes les villes du nord de l’Italie font de même.

Le 25 avril 1945, la résistance lançait une offensive générale qui permit de libérer Milan et Turin, de l’occupant nazi et du contrôle de ses alliés fascistes, alors que les forces alliées avançaient dans la plaine du Pô. L’Italie étaient réunifiée. Depuis la chute du régime de Mussolini, le 25 juillet 1943, l’Italie était coupée en deux : un régime sous tutelle anglo-américaine au Sud ; une république fantoche repliée sur la localité de Salò et dirigée par les fascistes les plus radicaux  rassemblée autour du Duce, mais sous la tutelle de l’Allemagne nazie qui avait envahi le nord de l’Italie. Le 25 avril est fêté comme une libération à la fois du fascisme et du nazisme par toute l’Italie.

À Rome le Président vient déposer une gerbe sur le monument du soldat inconnu. Mais certains voudrait effacer ce souvenir qui à leurs yeux valorise trop le combat de la gauche contre le fascisme, pour le remplacer par une commémoration du 18 avril 1948, premier scrutin démocratique de l’Italie (et surtout la victoire électorale de la Démocratie chrétienne face à la gauche).

 
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21 avril : l'anniversaire de Rome
 

Rome fête son 2772e anniversaire. Pour l’occasion, les musées sont gratuits et la journée se termine par un feu d’artifice tiré depuis le Tibre. On raconte, en effet, que c’est le 21 avril 753 avant J.C. que Rome aurait été fondée de la main de Romulus. C’est tout au moins la date qui a été déterminée grâce à la légende du savant Varrone et aux calculs astrologiques de Lucio Taruzio. À 16h, on peut assister à la reconstitution du Tracciato del Solco (le tracé du sillon sacré par Romulus, geste qui sera à l’origine de la création de la ville de Rome sur le Palatin) au Circo Massimo.

L’anniversaire de Rome était déjà célébré le 21 avril à l’époque de la Rome impériale et donnait lieux à de grande festivités. La date a été ensuite oubliée pendant des siècle. Elle a resurgit sous le fascisme qui a fait du 21 avril une fête nationale appelée "Natale di Roma”. Ce décret fut annulé en 1945. L’anniversaire de la Ville éternelle est à nouveau célébré, avec une arrière pensée touristique, depuis les années 1990.

 
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9 mars : la bénédiction des automobiles
 

Chaque année un curieux embouteillage se produit via Teatro di Marcello, à Rome, près du Colisée. Depuis les années 1930, une bénédiction des voitures est organisée pour la Saint-Françoise Romaine, patronne des automobiliste, devant l’église du même nom où repose les restes de la sainte. Francesca Romana était une femme de la noblesse romaine qui vécu au XIVe siècle et consacra sa vie aux pauvres. Elle a aussi fondé la congrégation des oblates de saint Benoît pour les dames de sa conditions souhaitant s’adonner à la prière et aux bonnes œuvres. Le couvent, situé via del Mare, fait « portes ouvertes » pour l’occasion.

Cette cérémonie, étendue aujourd’hui aux motos et même à tout véhicule à moteur, est encadrée par la ville de Rome qui offre des fleurs. Jadis les animaux de trait et leur conducteurs étaient béni le 17 janvier (c’est d’ailleurs toujours le cas), avec l’apparition des véhicules à moteur, ­l’Église se devait de leur trouver un saint protecteur, saint Christophe, patron des voyageurs, arboré par de nombreux automobilistes, n’ayant en réalité jamais existé. 

 En France, des paroisses, notamment celles qui sont consacrées à saint Christophe, organisent des bénédictions d’automobiles, elles ont généralement lieu en été. Aucune n’a le succès de celle qui se déroule depuis 1931, chaque 9 mars et le dimanche qui suit, dans la capitale italienne.



 
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2 mars : Adoua, la gloire des Africains
 

Le jour est férié en Éthiopie, cette fête nationale rappelle une victoire qui date de 1896. Et quelle victoire ! La première d’une nation africaine face à l’armée d’un État européen, l’Italie. En pleine conquête coloniale de l’Afrique, l’évènement a eu à l’époque un vif retentissement, il mettait à mal la supériorité de l’homme blanc face à ceux que l’on désignait comme Nègres. Cette bataille d’Adoua a donné un grand prestige à l’Éthiopie (à l’époque on disait l’Abyssi­nie) et à son empereur, le négus Ménélik II. Les premiers apôtres américains du panafricanisme ont commené à ériger ce pays en symbole ; plus tard Haïlé Sélassié, petit-fils et successeur du négus, sera leur héros. Mais aujourd’hui, c’est place Ménélik à Addis-Abéba que se déroule une cérémonie au pied de la statue équestre du négus victorieux à Adoua.

La bataille se déroula le 1er mars 1896, c'est le 2 mars 1896 au matin que le général Baratieri, à la tête des troupes italiennes, informa par télégramme le gouvernement italien de la défaite, d'où cette date retenue comme jour de fête nationale de l’Éthiopie, jour férié et chômé.

 
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10 février : la Journée du souvenir en Italie
 

La Giornata del ricordo, instaurée en 2004, invite à se souvenir des victimes italiennes des massacres opérés par les forces yougoslaves entre septembre 1943 et mai 1945. La plupart ont été jeté dans les foibe, ces cavités naturelles du littoral adriatique, parfois encore vivantes. Ainsi ont péri quelque 1500 à 2000 personnes, selon les historiens ; 10 000, selon les organisations de rapatriés italiens. Ces opérations de nettoyage ethnique n’ont vraiment cessées qu’au début de 1947. La date du 10 février est celle du traité de paix signé à Paris entre la Yougoslavie et l’Italie. Le souvenir est très vif en Italie, où de nombreuses associations cultivent cette mémoire. On oublie souvent que des atrocités ont été commises par les deux camps, notamment par les troupes italiennes qui pratiquèrent parfois une stratégie de la «terre brûlée» inspirée des méthodes allemandes. 

Les territoires concernés : l’arrière pays de Trieste, l’Istrie, Rijeka (Fiume), Zadar (Zara)… ont été acquis par le royaume d’Italie en 1918. 42% des habitants (celle des villes principalement) étaient italiens, 58% étaient slaves (Slovènes et Croates). La région a subi pendant deux décennies une politique d’italianisation à outrance et de racisme à l’égard des Slaves qui explique la violence des réactions dans les années qui ont suivi la chute du régime fasciste. Avec l’arrivée au pouvoir des communistes yougoslaves, le processus s’est inversé, les villes ont été slavisées et la population italienne, très pro-fascistes dans les années 1930 et 1940, massivement chassée vers la péninsule italienne.

Aujourd’hui ces régions sont situées en Slovénie et en Croatie, les Italiens n’y représentent plus qu’une petite minorité. Les Italiens réclament des indemnités, Slovènes et Croates leurs répondent en chiffrant les victimes yougoslaves du fascisme italien à plusieurs dizaines de milliers. Cette guerre des mémoires profite aux extrêmes droites des différents pays, lesquelles dominent aujourd’hui le gouvernement de Rome, comme celui de Zagreb.

 
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17 janvier : les animaux s'invitent à l'église pour la Saint-Antoine
 

Animaux de la ferme, chiens, chats, oiseaux, poissons rouges… c’est un peu l’arche de Noé qui se presse ce matin sur le parvis de l’église Sant’ Eusebio de Rome pour y être bénie chaque 17 janvier, une fois la messe terminée. En ce jour de la Saint-Antoine, les chevaux des carabiniers ainsi que les chiens de la Protection civile assistent aussi à la cérémonie qui se termine par une procession. 

Depuis quelques années, le Vatican organise une cérémonie concurrente  une bénédictions des animaux sur la place Pie XII, après un défilé Via della Conciliazione organisé par l’Association italienne des éleveurs qui en profite pour faire connaitre ses produits.

Antoine le Grand est aussi le fondateur de l’érémitisme qu’il pratiqua en passant sa vie dans le désert égyptien, à proximité de la mer rouge. L’ordre des Antonins, corps hospitalier créé à la fin du XIe siècle, était connu pour élever des porcs utilisés pour nourrir les malades et les affamés. C’est de là que vient peut-être ce culte des animaux pratiqué le jour de sa fête. L’autre hypothèse est la découverte de sa tombe en 561 (200 ans après sa mort) grâce à deux léopards. On dit aussi que les démons qui l’assaillaient durant ses prières apparaissaient sous la forme d’animaux sauvages.

 
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