28 octobre : l'anniversaire de la Marche sur Rome

 

Chaque année depuis la chute du fascisme des nostalgique de l’État totalitaire défilent par milliers dans les rues de la ville de Predappio, la ville natale de Benito Mussolini, en Emilie-Romagne.

Des centaines d'autobus venus toute la péninsule convergent vers la petite ville de 6 000 habitants, avec à leur bord des skinheads à tête rasée et des hommes de tous âges abordant une chemise noire. On se rassemble devant la maison natale du Duce et l’ancien siège du parti fasciste. Un temps fort est la visite de la crypte où se trouve la tombe de Mussolini. Celle-ci est visitée chaque année par quelque 100 000 personnes au grand désespoir des habitants de la petite ville qui d’ordinaire votent majoritairement à gauche.

Comme chaque 28 octobre à Predappio, les slogans fusent, les propos xénophobes ou fustigeant la démocratie s’expriment sans complexe lors de ce pèlerinage des nostalgiques de l'Italie fasciste. En 2017, aux termes d'un débat très âpre, le Parlement a adopté une nouvelle législation contre l'apologie du fascisme. Mais le Mouvement 5 étoiles, actuellement au pouvoir, avait voté contre.

La piteuse expédition du 28 octobre 1922, sous une pluie battante, n’aurait peut être abouti à rien si le roi Emmanuel III n’avait pas refusé de signer l’état d’urgence demandé par le gouvernement libéral que Mussolini cherchait à intimider, et offert ensuite le pouvoir aux fascistes.

Le travail de mémoire sur cette époque n’est pas terminé, loin de là. Certains mouvements politiques, comme Casa Pound ou Forza Nuova (FN), rêvent de rééditer l’opération, pourquoi pas en 2022 pour le centenaire de la marche historique. La fougue d’un Salvini ne peut que les encourager.

 
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1922, ItalieBruno Teissier