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20 août : la Saint-Étienne, fête nationale hongroise
 

Les Hongrois célèbrent aujourd’hui l’anniversaire de saint Étienne (Szent Istvan), premier roi de Hongrie (1000-1038), fondateur de l’État et évangélisateur du pays.

Une série de manifestations marque l’événement dont la traditionnelle procession en costume d’époque portant la Sainte Dextre (relique de la main de saint Étienne), véritable trésor national. Un pain spécial est cuit à cette occasion, souvenir d’une époque (après-guerre) où l’on a voulu remplacer une fête religieuse par une fête des moissons et l’habitude a perduré. Le Danube est au cœur de la fête avec une gigantesque parade fluviale puis une parade aérienne au-dessus du fleuve, occasion pour des pilotes chevronnés de donner des frissons à une foule massée sur les berges du fleuve. C’est de là qu’on aura la meilleure vue, ce soir, sur le feu d’artifice qui est comme le point d’orgue de cette fête qui envahit aussi les rues de la ville et donne lieu aux journées de l’artisanat local dans le quartier du château de Buda. Entre tradition et modernité, les Hongrois ont fait de cette fête nationale finalement assez récente (1891) une occasion de célébrer leur saint patron, leur constitution et leur savoir-faire !

Le Vatican fête saint Étienne de Hongrie le 16 août. Le 20 août correspond à l’anniversaire de sa canonisation en 1083. Le saint Étienne le plus connu en Occident n’est pas celui des Hongrois, mais celui qui se fête le 26 décembre.

 
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15 mars : la fête nationale hongroise
 

Budapest est pavoisée aux couleurs nationale, beaucoup de citoyens pour l’occasion portent la cocarde tricolore. La fête nationale hongroise (Nemzeti ünnep) débute à 9h par la levée du drapeau sur Kossuth Lajos tér. De là, un défilé militaire se rend au Musée national où la révolution a débuté il y a 171 ans. Profitant du réveil des peuples en cette année 1848, des démocrates hongrois s’étaient rendus au château de Buda porteur de 12 revendications à présenter au pouvoir des Habsbourg. Notamment l’exigence de la liberté de presse et l’abolition de la censure. Une commémoration bien paradoxale dans la Hongrie de Viktor Orban qui depuis 2010 multiplie les mesures liberticides, notamment contre la presse d’opposition. Ainsi, ce jour de fête populaire est aussi l’occasion d’une grande manifestation de l’opposition pour dénoncer un régime inspiré par l’extrême droite. Des manifestants de gauche viennent de toute l’Europe pour dénoncer les dérives du régime hongrois, lequel se voit épaulé par des militants de l’extrême droite polonaise ou italienne. Le 15 mars à Budapest est devenu, comme le 23 octobre, l’un des grands rendez-vous politiques européens.

 
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23 octobre : un jour pour défendre les libertés en Hongrie
 

La Hongrie commémore les événements de 1956 en même temps que cette journée de 1989 qui a mis fin au régime communiste. Cette fête nationale est aussi, pour une partie des Hongrois, l’occasion de manifester contre le régime autoritaire mis en place en 2012 par Victor Orban.

Le 23 octobre 2011, quelque 100 000 manifestants défilaient dans les rues de Budapest pour protester contre le régime liberticide que Viktor Orban était en train d’instaurer en Hongrie. Quelques uns, parmi les plus âgés, avaient participé à l’insurrection contre le régime communiste hongrois, le 23 octobre 1956. On se souvient que 10 jours plus tard, cette révolution démocratique avait été écrasée par les forces soviétiques, au prix de 200 000 morts. Un tiers de siècle plus tard, un 23 octobre (1989), ce régime prenait fin, laissant la place à une république de Hongrie qui a fonctionné démocratiquement jusqu’au 1er janvier 2012, date de l’entrée en vigueur d’une nouvelle constitution, inspirée des idées de l’extrême droite hongroise. Cette journée, devenue fête nationale en 1990, marquée par des célébrations officielles de cette double célébration, est aussi l’occasion pour l’opposition de protester contre un État hongrois aux tendances de plus en plus autoritaires.

 
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