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24 août : Yasser Arafat aurait 90 ans
 

Yasser Arafat est né au Caire en 1929, le 24 août, son père était originaire de Gaza, sa mère de Jérusalem.

Il y a 30 ans, il annonçait la création de l'État palestinien, et il recevait, quelques années plus tard, le prix Nobel de la paix. Le leader Palestine était alors au somment de sa gloire. Arafat est mort en France en 2004, après une brève et mystérieuse maladie, laissant planer le doute de son empoisonnement. Qui voudrait aujourd’hui faire disparaitre un leader de la Palestine ? La cause palestinienne a totalement disparue, ce n’est même plus un enjeu des élections israéliennes, elle n’est plus un objet de débat dans les instances internationales. Le combat d’Arafat pour les droits du peuple palestinien n’aura été qu’un moment d’une histoire qui parait aujourd’hui très ancienne. Les Palestiniens sont pourtant toujours là, sans droit, sans espoir d’un dénouement proche.

 
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15 mai : souvenir de la Nakba palestinienne dans une ambiance de grande tension
 

Depuis 1998, les Palestiniens commémorent chaque année la catastrophe (nakba) : la guerre consécutive à la création de ­l’État d’Israël en 1948, qui leur a fait massivement quitter leurs maisons, leurs villages sans n’avoir jamais pu y retourner. Cette année la Nakba est commémoré dans une climat de grande violence, en particulier à Gaza. Jeudi dernier, s’est Déroulée la marche du retour, organisée annuellement. Son comité d’organisation a appelé à une grève générale ce 15 mai et à une participation massive aux manifestations à la frontière entre Israël et Gaza pour marquer la journée de la Nakba.

Les autorités israéliennes sont toujours opposées à toute idée de retour des réfugiés palestiniens. Sur les 920 000 Arabes vivant en Palestine en 1948, 760 000 ont fuit. Leurs descendants, au nombre de 5 millions vivent aujourd’hui en Jordanie, au Liban, en Syrie ou dans d’autres parties de la Palestine. Les 160 000 qui sont restés sur place forme aujourd’hui la communauté arabe d’Israël, soit 1,5 million de citoyens israéliens. Cette Journée de la Nakba (chômée) est, pour eux, l’occasion de se rendre en famille sur le site des villages détruits. Quand elles existent encore, on emmène les enfants voir les ruines de la maison familiale, en bravant les autorités qui ont tenté en 2011 d’interdire ce genre de pèlerinage.

Dans les territoires occupés, c’est la journée de tous les dangers. Les manifestants organisent des défilés ou des sit-in, le plus près possible des positions israéliennes. Les soldats ont reçu des ordres de vigilance et de retenue, mais chaque année des incidents graves éclatent faisant des morts et des blessés. Même chose en Jordanie, où la police anti-émeute tente avec difficulté d’empêcher les manifestants d’approcher de la frontière.

 
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9 avril : il y a 71 ans, le massacre de Deir Yassin en Palestine
 

Alors qu'Israël poursuit imperturbablement sa colonisation, que Netanyahou promet l’annexion des colonies de Cisjordanie, les Palestiniens commémorent le massacre de Deir Yassin, petit village palestinien dont la population a été tuée en 1948 par une milice d’extrême droite juive (Irgoun) dans le seul but de créer la terreur dans la population palestinienne et ainsi « libérer » le territoire du futur État israélien. 

Le 9 avril 1948, alors que la Palestine était encore occupée par les Britanniques, une milice d’extrême droite juive (Irgoun) lançait une attaque contre un village arabe musulman qui jusque là vivait en bon terme avec les localités environantes, y compris juives. Épaulée par la Haganah, l’armée de l’Agence juive, Irgoun finit par venir à bout de la résistance de ce village de quelques centaines d’habitants, ceux qui n’ont pas réussis à fuir sont exécutés, hommes, femmes, enfants, soit entre 120 et 254 victimes selon les sources. Rayer ce village de la carte s’intégrait dans le plan de « nettoyage ethnique » de la région. Aujourd’hui les  traces de Deit Yassin ont complètement disparue, il se trouvait à 5 km de Jérusalem, sur la route de Tel Aviv. Mais, l’objectif était avant tout de semer la terreur parmi la population arabe. La nouvelle du massacre a créé un véritable choc psychologique, provoquant un mouvement de panique parmi les populations arabes, accélérant son exode. L’objectif des combattants sionistes était atteint, vider le territoire à conquérir.

Depuis la date du 9 avril est commémorée dans le monde arabe, elle symbolise le drame palestinien. Qui s’en souci aujourd’hui ? Entre la commémoration du génocide rwandais et le 75 anniversaire de la rafle d’Izieu, il n’y a plus guère de place dans les médias pour se souvenir de la question palestinienne, complètement passée de mode.

 
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30 mars : la Journée de la terre des Palestiniens
 

Cette journée de manifestation est d’abord celle des Israéliens d’origine arabe (20% de la population d’Israël) qui sont très loin d’avoir tous les droits dont disposent leurs concitoyens juifs. En mars 1976, un vaste plan d’expropriations de terre en Galilée, dont une partie appartenait à des Arabes, venait d’être publié. Ce n’était pas la première fois depuis 1948, que des terres arabes étaient confisquées pour établir ou agrandir des colonies juives, mais  cette fois les villages du nord de la Galilée avaient décidé de réagir. Une grève générale était annoncée pour le 30 mars. Les pressions sur les organisateurs ont été telles que la grève a dégénéré en manifestations qui se sont heurtées à l’armée déployée dans la région pour l’occasion.  L’armée a tiré : le bilan est de 6 morts, tous arabes, et de plusieurs centaines de blessés. Si l’évènement a fait date, c’est que c’était la première fois que les Arabes israéliens que l’on croyait résignés, manifestaient de manière aussi déterminée et coordonnées. Il est commémoré chaque année, comme la Journée de la Terre, une journée de haute tension où l’on déplore le plus souvent des morts et des blessés parmi les manifestants, ce qui renforce son caractère commémoratif d’année en année. L’ensemble des Palestiniens, et même du monde arabe, se montre solidaire. Les Israéliens vivant aux abord de la bande de Gaza s’attentent à recevoir quelques roquettes, des précautions sont prisent pour l’occasion.

Du côté de Gaza, on célèbre le premier anniversaire de la Grande marche du retour. Ce mouvement de protestation qui a débuté le 30 mars 2018, demande le droit au retour des réfugiés palestiniens sur les terres qu’ils ont quittées en 1948 à la création d’Israël ainsi que l’allègement du blocus imposé à l’enclave depuis douze ans. Mais ce mouvement, devenu hebdomadaire, a déclenché de nouvelles violences avec Israël : 270 morts palestiniens et plus de 29 000, soit deux fois plus que lors de la guerre de 2014.

En France, l’association France Palestine Solidarité, soutenue par le collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, organise des rassemblements dans plusieurs villes.

 
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