9 avril : il y a 78 ans, le massacre de Deir Yassin en Palestine
Alors qu’Israël poursuit imperturbablement sa destruction du Liban, après avoir complètement rasé Gaza au prix de 70 000 morts, qui se souvient aujourd’hui du massacre de Deir Yassin ? Ce petit village palestinien dont la population a été tuée en 1948 par une milice d’extrême droite juive dans le seul but de créer la terreur dans la population palestinienne et ainsi « libérer » le territoire du futur État israélien.
Le 9 avril 1948, alors que la Palestine était encore occupée par les Britanniques, une milice d’extrême droite juive (l’Irgoun) lançait une attaque contre un village arabe musulman qui jusque-là vivait en bons termes avec les localités environantes, y compris juives. Épaulée par la Haganah, l’armée de l’Agence juive, l’Irgoun finit par venir à bout de la résistance de ce village de quelques centaines d’habitants, ceux qui n’ont pas réussi à fuir sont exécutés, hommes, femmes, enfants, soit entre 120 et 254 victimes selon les sources. Rayer ce village de la carte s’intégrait dans le plan de « nettoyage ethnique » de la région. Aujourd’hui, les traces de Deir Yassin ont complètement disparu, la localité se trouvait à 5 km de Jérusalem, sur la route de Tel Aviv. Mais, l’objectif était avant tout de semer la terreur parmi la population arabe. La nouvelle du massacre a créé un véritable choc psychologique, provoquant un mouvement de panique parmi les populations arabes, accélérant son exode. L’objectif des combattants sionistes était atteint, vider le territoire à conquérir. Alors que les héritiers de l’Irgoun sont aujourd’hui au pouvoir en Israël, la même politique de terreur se poursuit au sud du Liban dont la conquête est en cours.
Depuis 1948, le 9-Avril est commémorée dans le monde arabe, la date symbolise la Nakba. Le drame de Deir Yassin a été comparé à celui Oradour-sur-Glane par nombre d’éditorialistes de la presse arabe. Certaines personnalités juives (dont le philosophe Martin Buber) avait demandé à ce qu’on laisse Deir Yassin en l’état en hommage à ceux qui venaient de perdre la vie dans le massacre, mais cette suggestion a été ignorée par les autorités israéliennes qui ont construit un hôpital psychiatrique sur ses ruines. Tout vestige mémoriel se devait d’être effacé. Et ce village, en 1948, n’a pas été le seul à être ainsi rayé de la carte dans le sang et la fureur…
L’année du massacre du 7-Octobre, on célébrait les 75 ans de la Nakba dans une indifférence totale.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 9 avril 2026
Timbres émis en 1965 par la poste irakienne.