15 mai : souvenir de la Nakba palestinienne dans une ambiance de grande tension

 

Depuis 1998, les Palestiniens commémorent chaque année la catastrophe (nakba) : la guerre consécutive à la création de ­l’État d’Israël en 1948, qui leur a fait massivement quitter leurs maisons, leurs villages sans n’avoir jamais pu y retourner. Cette année la Nakba est commémoré dans une climat de grande violence, en particulier à Gaza. Jeudi dernier, s’est Déroulée la marche du retour, organisée annuellement. Son comité d’organisation a appelé à une grève générale ce 15 mai et à une participation massive aux manifestations à la frontière entre Israël et Gaza pour marquer la journée de la Nakba.

Les autorités israéliennes sont toujours opposées à toute idée de retour des réfugiés palestiniens. Sur les 920 000 Arabes vivant en Palestine en 1948, 760 000 ont fuit. Leurs descendants, au nombre de 5 millions vivent aujourd’hui en Jordanie, au Liban, en Syrie ou dans d’autres parties de la Palestine. Les 160 000 qui sont restés sur place forme aujourd’hui la communauté arabe d’Israël, soit 1,5 million de citoyens israéliens. Cette Journée de la Nakba (chômée) est, pour eux, l’occasion de se rendre en famille sur le site des villages détruits. Quand elles existent encore, on emmène les enfants voir les ruines de la maison familiale, en bravant les autorités qui ont tenté en 2011 d’interdire ce genre de pèlerinage.

Dans les territoires occupés, c’est la journée de tous les dangers. Les manifestants organisent des défilés ou des sit-in, le plus près possible des positions israéliennes. Les soldats ont reçu des ordres de vigilance et de retenue, mais chaque année des incidents graves éclatent faisant des morts et des blessés. Même chose en Jordanie, où la police anti-émeute tente avec difficulté d’empêcher les manifestants d’approcher de la frontière.

 
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