8 avril : la Journée internationale des Roms
Lors de leur premier congrès mondial, le 8 avril 1971, les Roms (ou Rroms) se sont choisi un drapeau (bleu et vert avec une roue de couleur rouge au milieu) et un hymne, Djelem, djelem. La Journée internationale des Roms, chaque 8 avril, rappelle cet anniversaire.
Les Roms, lesquels représentent 7 à 9 millions de personnes en Europe, soit la première minorité de l’Union européenne et 37 millions à travers le monde. Éternelles victimes de racisme et de discrimination, ils sont les derniers nomades du continent, même si aujourd’hui la majorité d’entre eux est sédentaire.
On estime qu'environ 0,5 million de nomades perdirent la vie pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est un mouvement né dans l’Après-guerre, un mouvement "identitaire" du peuple rom, qui organisa le premier Congrès mondial célébré à Londres en avril 1971. Fut ensuite fondée l’association internationale "Romani Union", reconnue par l'ONU en 1979. Les Nations unies proclamèrent, en 1990, la Journée internationale des Roms, Sintés et Gens du voyage, choisissant la date du 8 avril, en mémoire de du premier événement fondateur. Deux décennie plus tard, l’UNESCO reconnaîtra une Journée de la langue romani, le 5 novembre.
85% des Tsiganes européens se reconnaissent comme Roms. Ils viennent principalement de Roumanie, Bulgarie, Hongrie Grèce, Slovaquie ou de Serbie. 5% d’entre eux, préfèrent être appelés Sintés (ou Manouches s’ils vivent en France, ou Camminanti en Italie). Quant aux Gitans (ou Kalés,tel qu’ils se nomment entre eux), ils sont implantés principalement dans le sud de la France, en Espagne et au Portugal. Ils réfutent l’appellation de Roms et représentent 10 % des Tsiganes d’Europe.
« Toute personne qui connaît les communautés manouches sait qu’une caravane est fragile, périssable, et qu’à la mort de son habitant, elle est détruite. Plus d’un riverain a eu l’occasion de voir, notamment lorsque l’aire d’accueil des Gens du voyage est située directement dans son quartier, ce spectacle très impressionnant d’une caravane qui brûle, avec tous les biens à l’intérieur : rien ne doit rester du passage sur terre du défunt, c’est là un trait culturel manouche. C’est peu dire que les Manouches ne s’inscrivent pas dans une transmission d’un patrimoine mobilier. En brûlant volontairement tout ce qui serait susceptible de devenir patrimoine, ils transgressent violemment l’habitus français relatif à l’héritage. » Jean-Luc Poueyto in Terrain n°58
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 8 avril 2023
La Journée internationale des Roms, 8 avril 2025 au Conseil de l’Europe, Strasbourg