23 octobre : qui se souvient d’Yitzhak Rabin ?

 

Autrefois, jusqu’en 2019, les soirs de shabbat à l’approche du 12 Heshvan (qui tombe ce vendredi 23 octobre 2026), des rassemblements commémoratifs se produisaient sur ce qui est devenu la place Yitzhaz Rabin à Tel Aviv. Des intellectuels, des religieux, des politiques prenaient la parole. Des artistes se produisaient… Ces rassemblements avaient cessé faute de participants, faute de militant pour la paix suffisamment nombreux pour les maintenir, et cela bien avant que ne se produise le 7-Octobre. Yitzhak Rabin et son engagement pour un monde meilleur, sont bien oubliés depuis longtemps. Les jeunes générations, en Israël, connaissent-elles son nom ?

Lueur d’espoir : après 5 ans d’interruption, un grand rassemblement s’est produit le 1er novembre 2025 près du mémorial Rabin, rue Ibn Gabirol à Tel Aviv : 150 000 personnes ont assisté à ce rassemblement qui a débuté par l'interprétation du Chant du Mal et qui s’est conclu par une minute de silence à 21h45, heure du meurtre, suivie de l'interprétation du Chant de la Paix par Miri Aloni.

Cette année, la Journée commémorative d'Yitzhak Rabin (יום הזיכרון ליצחק רבין) marquant le 31e anniversaire de l’assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin s’est déroulée ce jeudi 22 octobre 2026 au cimetière du Mont Herzl à Jérusalem. Ni le premier ministre Benjamin Netanyahu ni le chef de l’opposition Yaïr Lapid n’ont assisté à la cérémonie ! En revanche, le président Isaac Herzog était présent.

Le 4 novembre 1995, il y a 30 ans, le premier ministre israélien Yitzhak Rabin était assassiné par un extrémiste juif, sur la place des Rois d'Israël à Tel Aviv, à la fin d’un rassemblement qui avait pour titre « Oui à la paix, non à la violence ».

Le 13 septembre 1993, Rabin avait signé l’accord de « Déclaration de principes » concernant la reconnaissance mutuelle entre Israël et les Palestiniens et l'autonomie gouvernementale à Gaza et à Jéricho, lors d’une cérémonie solennelle tenue sur les pelouses de la Maison Blanche avec la participation du président des États-Unis, Bill Clinton, et le chef de l'OLP, Yasser Arafat. Pour sa participation au processus d’Oslo, Yitzhak Rabin avait reçu le prix Nobel de la paix. C’est aussi cet engagement pour la paix qui lui a coûté la vie. Aujourd’hui son assassin, Yigal amir, ultranationaliste juif, est vénéré en héros par une frange de l’extrême droite qui soutien le gouvernement. Régulièrement, ses partisans demandent sa libération.

Chaque année les écoles se devaient s’engager un processus éducatif pour décortiquer le processus qui a abouti à l’assassinat de celui qui avait engagé le processus de paix avec les Palestiniens. En Réalité, très peu le font encore aujourd’hui, et surtout depuis le 7-Octobre. La culture de la paix est singulièrement absente des programmes scolaires de ces 30 dernières années.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, novembre 2024

Photo prise quelques minutes avant son assasinat

 
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