Articles dans 1961
17 octobre : rendez-vous sur le pont Saint-Michel
 

Le 17 octobre 1961, quelque 20 à 30 000 Algériens de Paris manifestaient pacifiquement pour protester contre le couvre-feu auquel ils étaient astreints. Sur ordre de Maurice Papon, préfet de police de Paris, les forces de l’ordre lancèrent un l’assaut qui sera sans pitié : ceux qui cherchaient à rentrer chez eux furent arrêtés au pont de Neuilly et jetés dans la Seine par les policiers. Très peu savaient nager, la plupart se sont noyés. D’autres ont été retrouvés pendus près du Centre d’identification de Vincennes. La police reconnaît 140 victimes, les historiens évoquent 600 morts et disparus.

Le drame a longtemps été occulté, notamment par la tuerie policière du métro Charonne, l’année suivante, autre page noire des années De Gaulle. Il a fallu la manifestation anniversaire de 1991 pour que la mémoire des faits resurgisse et que les familles demandent réparation ; puis un procès, en 1999, pour que l’État admette la réalité du massacre. Lionel Jospin s’opposera à une reconnaissance officielle. Le 17 octobre 2012, le président Hollande publie un communiqué : « Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l'indépendance ont été tués lors d'une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes ». Il oublie de préciser que la manifestation était pacifique, comme c’est indiqué sur la plaque apposée par le maire de Paris en 2001 sur le pont Saint-Michel où a lieu la commémoration annuelle, au cours de laquelle une gerbe est jetée dans la Seine. Cette plaque va être remplacée par une stèle, ainsi en a été décidé le 17 octobre 2018.

Quant à l’Algérie, elle a fait du 17 octobre la Journée nationale de l’Émigration.

 
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13 octobre : le Burundi se souvient de son prince
 

Le 13 octobre 1961, le prince Rwagasore, Premier ministre du Burundi, était assassiné par un tireur embusqué, alors qu'il dinait dans un restaurant près du Lac Tanganyika. Le Burundi consacre cette journée à la mémoire de son “ héros de l’indépendance”. La responsabilité de la Belgique dans le meurtre de ce héros de l'indépendance plane depuis des années sur la Belgique sans n'avoir jamais été vraiment prouvée. Elle fait partie de l'imaginaire des Burundais et resurgit chaque 13 octobre.

 
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12 avril : la Journée astronautique
 

C’est la Journée astronautique qui commémore depuis 1962 le premier vol spatial habité par Youri Gagarine le 12 avril 1961. Ce cosmonaute est devenu une célébrité dans le monde entier, il a grande participé à la gloire de l’URSS, fière de maitriser la technologie de l’espace avant les Américains. La  rivalité s’étendait à la symbolique des dates puis­que Américains ont choisi un 12 avril, 1981, pour lancer dans l’espace leur première navette spatiale Columbia. Depuis 2011, c’est la Journée mondiale des vols habités, décidée par l’ONU.

 
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19 décembre : Goa fête sa libération
 

L’opération de l’armée indienne n’a duré que 36 heures, on déplora tout de même cinquantaine de victimes due à un début de résistance portugaise. Le 19 décembre 1961, les Indiens investissaient la dernière colonie européenne établie sur son territoire, 14 ans après sa propre libération des Anglais. Ainsi était mis fin à 451 ans d’occupation portugaise, l’une des plus longues de l’histoire. Les Portugais sont arrivés sur les côtes indiennes à en 1498 et s’établirent à Goa en 1510. Pour le Portugal c’était le début de la fin de l’empire, l’événement a eu un certains recensement dans les colonies africaines où des maquis commençaient à s’organiser. En 2011, les autorités indiennes ont entrepris la construction d’un mémorial dédié aux victimes cette opération baptisée Vijay (« victoire », en hindi). La journée est fériée dans l’État de Goa.

 
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16 décembre : jour de réconciliation en Afrique du Sud
 

C’est la date la plus controversée du calendrier sud-africain. Appelée autrefois le Jour du vœu (Day of the Vow), elle commémore la victoire des colons blancs sur les armées zouloues à la bataille de Blood River (« rivière de sang ») en 1838. Environ 3 000 Zoulous furent massacrés pour seulement 3 blessés dans les rangs des Boers. Cette date sacrée des Afrikaners qui célèbrent chaque année le « pacte » conclu avec Dieu est fériée depuis 1911. De leur côté, les Zoulous commémorent le Dingaan’s day, en souvenir de la victoire de leur roi Dingane sur les troupes britanniques en 1879. La bataille a eu lieu un 22 janvier, mais ils ne voulaient pas laisser le monopole de cette date aux Afrikaners. Enfin, l’ANC commémore, ce même jour la création en 1961 de son organisation militaire (Umkhonto we Sizwe)… En 1995, le nouveau régime faute d’avoir pu éliminer cette date ambiguë, en a fait un jour férié dédié à la réconciliation des différentes composantes de la nation sud-africaine.  

 
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