Articles dans 1917
16 avril : la marche de Craonne pour la paix
 

Depuis 2007, une journée de commémoration de l’offensive Nivelle du 16 avril 1917 est organisée à Craonne (Picardie). Un millier de personnes se réunissent devant la mairie de Craonne pour une marche qui démarre à 5h15 du matin, l’heure du début de l’offensive. La marche de 6 km dure environ deux heures et demie. 

L’offensive Nivelle, un épisode de la bataille du Chemin des Dames, avait permis la conquête de quelques positions stratégiques et détruit des forces allemandes considérables, mais au prix de près de 200 000 vies côté français et 300 000 côté allemand. Cette bataille de la Première Guerre mondiale a été vécue comme un échec pour l'armée française.

 
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8 mars : la Journée de la femme
 

L’idée de cette journée internationale de la femme est à la fois féministe et socialiste. Elle aurait été proposée en 1910 par la journaliste féministe allemande Clara Zelkin lors de 2e conférence de l’internationnale des femmes à Copenhague. Mais déjà en 1909, le Parti socialiste américain avait pris une initiative semblable le 28 février. Le 19 mars 1911, plus d’un million de femmes manifestaient dans divers pays. La date du 8 mars a été choisi en 1921 par Lénine en souvenir des femmes de Saint-Pétersbourg qui avait manifesté en 1917 contre la vie chère déclencant un mouvement de protestation qui allait aboutir à la chute du tsar une semaine plus tard. À l’époque, la Russie vivait encore au rythme du calendrier julien pour lequel ce déclenchement de la première révolution russe était daté du 23 février. Par un curieux cheminement de l’histoire, cette date est d’ailleurs devenue en Russie la Journée de... l’homme (voir 23 février). Cette fête du 8 mars est donc très liée au monde communiste et deviendra une commémoration obligatoire à partir de 1946 dans tous les pays qui deviendront des satellites de l’URSS. Si bien que la Tchéquie l’a abolie en 2008 comme un mauvais souvenir d’une époque révolue. La dimention féministe de la Journée de la femme a resurgie dans les années 1970 et son carractère international a été renforcé par son adoption par l’ONU comme une commémortaion officielle en 1977. La France a fait de même après l’arrivé de la gauche au pouvoir en 1981, sans pour autant en faire un jour férié comme c’est le cas dans les républiques soviétiques (où c’est aussi la fête des mères), certains pays d’Afrique... En Chine ou au Népal, on accorde qu’une demi journée chômée et seulement aux femmes. À l’heure où la célébration est devenue mondiale et où la dimension partisane a disparu (en même temps que le monde communiste), certaines voix s’élèvent pour se demander si cette journée a bien lieu d’être, si elle ne produit pas l’effet inverse du but recherché tant le 8 mars est l’occasion de débiter des discours truffés de stéréotypes qui déservent la cause des femmes. Pour d’autres, cette journée est loin d’être un gadget politique, c’est l’occasion de rappeller à l’opinion publi­que qu’un siècle de combat politique n’ont pas effacé les inégalités (tant dans le monde du travail que dans la politique), ni certaines violences faites aux femmes.

 
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23 février : de la Journée de la femme à la fête de l’homme russe
 

Aujourd’hui, en Russie, les femmes se doivent d’offrir un cadeau aux hommes de leur entourage (mari, père, cousins, collègues, patrons...). Certaines se ruinent à cette occasion. Mais d’où vient cette coutume ? Officiellement, ce jour férié est la Fête des défenseurs de la patrie, en somme la fête des soldats. Même s’il a aujourd’hui mauvaise presse, le service militaire concerne tous les hommes, alors cette fête est bien celle des hommes russes. Mais, à en juger par les cartes de vœux envoyées pour l’occasion, le caractère militaire reste très appuyé. Pourquoi le 23 février ? On vous dira que c’est l’anniversaire de la fondation de l’Armée rouge, en 1918, ce qui n’est pas tout à fait vrai, elle n’existait pas encore à cette époque. On cite aussi les victoires décisives de Pskov et de Narva sur l’armée allemande mais les dates ne correspondent pas vraiment (28 février et 4 mars 1918). Alors pourquoi, en 1923, a-t-on instauré ce jour-là, une fête de l’Armée rouge qui donnait lieu chaque année à un grand défilé sur la place Rouge ? En fait, c’est par souci de commémorer une date sacrée de la révolution russe : le 23 février 1917 du calendrier julien, jour des premières manifestations qui allaient mettre par terre le régime tsariste. Mais, comme les bolcheviques n’ont été pour rien dans cette première révolution spontanée, ce qui contredisait les théories marxistes, il fallut bien trouver une autre raison de fêter le 23 février, quitte à tordre un peu l’histoire. Dans le calendrier grégorien, on était le 8 mars, Journée internationale de la femme, depuis peu d’années, mais dont l’échos était parvenu jusqu’à Pétrograd. Ce jour-là, en 1917, des marches de protestation féminines avaient été organisées dans le seul but de dénoncer la condition faite aux femmes. Spontanément, les ouvrières du textile ont quitté leur travail en masse pour rejoindre ces bourgeoises réclamant le droit de vote et se sont mises à dénoncer leur condition sociale d’ouvrières. Elles ont vite été suivies par d’autres ouvriers hommes et femmes... Mais ce n’est que sept mois plus tard que les bolcheviques vont vraiment prendre le pouvoir (le 7 octobre). Sans le savoir, en offrant un cadeaux à leurs compagnons, les femmes russes commémorent la première phase de la révolution russe dont elle ont été les premières actrices.

 
6 décembre : fête nationale de la Finlande
 

Ce jour de fête en Finlande célèbre l'émancipation du pays. Le 6 décembre 1917, à la faveur de la révolution russe, les Finlandais se libéraient de la tutelle de l'empire des tsars. Pour la première fois de son histoire, la Finlande devenait un État.

Ce soir, avant de s'installer devant son poste de télévision pour assister en direct à la soirée de gala donné par le président de la république, chaque famille va déposer deux bougies sur le rebord de sa fenêtre.

À Helsinki, le défilé étudiant traditionnel se terminera à la place du Sénat dans le centre d' Helsinki.  De nombreux chœurs d'église interpréteront l'hymne national, Finlandia, composé par  Jean Sibelius.

Après avoir été suédoise pendant six siècles, jusqu'en 1809, puis Grand-Duché russe jusqu'en 1917, la Finlande n'a acquis son indépendance qu'à la fin de la Première Guerre mondiale, après la chute de l'empire tsariste russe. La future URSS a reconnu son indépendance en 1918.

 
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7 novembre : le souvenir de la révolution d'Octobre
 

Le jour n’est plus est férié en Russie (remplacée par le 4 novembre), mais reste une journée importante pour beaucoup de Russes. Pendant 73 ans, elle a été marquée par un grand défilé militaire à la gloire de la révolution d’Octobre. Selon l’historiographie communiste, la révolution aurait débuté dans la nuit du 24 au 25 octobre 1917 par un coup de force bolchevique. La Russie vivait à l’époque sous le calendrier Julien, conservé aujourd’hui seulement par église orthodoxe. Dès 1918, la révolution a été célébré le 7 novembre, selon la date du calendrier Grégorien que les révolutionnaires venaient d’adopter. 

Pour occuper l’espace politique, Vladimir Poutine organise ce jour-là des manifestations de ses partisans et tente de récupérer pour son propre compte des éléments de gloire de la geste stalinienne. Staline n'est plus du tout voué aux gémonies, bien au contraire, c'est au yeux du régime, un grand moment de l'histoire de la Russie.

Quant à la révolution d'Octobre proprement dite, Cuba et le Vietnam sont les seuls État a la commémorer encore officiellement.

 
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