Chaque jour, L’Almanach international vous propose une fête, une commémoration, une manifestation… quelque part dans le monde.
Il s’intéresse aux événements récurrents ayant un caractère politique ou identitaire se rapportant à une nation ou à un groupe humain. Il en donne la date, en décrit le déroulement et en démonte les ressorts et les impacts, en raconte l’histoire, voire la généalogie, car certains événements ou célébrations en cachent d’autres plus anciennes, consciemment ou non.
10 juin : la Jordanie fête son armée
Le 10 juin, la Jordanie célèbre la Journée de l'armée qui commémore l'anniversaire du début de la grande révolte arabe dans l'Empire ottoman en 1916.
5 juin : le Suriname célèbre l’arrivée des Indiens
Les premiers Indiens sont arrivés au Suriname il y a 150 ans, jour pour jour, pour remplacer les esclaves noirs libérés la même année. Aujourd’hui, ils représentent plus du quart de la population du pays et sont aussi présents aux Pays-Bas où la journée est également fêtée chaque année.
4 juin : Trianon, dangereuses nostalgies hongroises
En 1918, la Hongrie perdait 70 % de son territoire et plus de la moitié de ses habitants. Rien n’est plus faux que cette affirmation ! Mais c’est ce qui est ressassé chaque 4 juin depuis un siècle. Victor Orban en joue et en abuse pour bâillonner l’opposition et se maintenir au pouvoir selon les mêmes recettes que celles de son homologue turc dont il se sent proche. On ne s’étonnera pas qu’il soit aussi un soutien de Poutine avec qui il partage les litanies nationalistes et victimaires.
2 juin : la fête nationale de l'Italie
La date de la Festa della Repubblica italiana correspond à l’abandon de la monarchie, compromise dans le fascisme, pour un système républicain. C’est le 77e anniversaire du référendum du 2 juin 1946 qui a opéré une mutation politique qui n’est plus remise en cause aujourd’hui.
1er juin : le Kenya fête Madaraka Day
Le 1er juin 1963, après 80 ans d’occupation du pays, les Britanniques cédaient le pouvoir (madaraka) aux leaders locaux. C’était le prélude à l’indépendance du Kenya, en décembre de la même année. Chaque année, les autorités organisent une grande fête, pour marquer ce 60e anniversaire, c’est à Embu que le président William Ruto vient fêter ce Madaraka Day.
31 mai : la fête de la Castille-La Manche, le pays de Don Quichotte
Il y a 40 ans, s’ouvrait première session des Cortès de la communauté autonome de Castille-La Manche, dans le centre l’Espagne. Cela donne lieu chaque 31 mai, à un jour férié. Cette année le Parti socialiste local qui gouverne la région peut fêter sa victoire électorale avec d’autant d’ardeur que le PSOE a perdu aux élections de dimanche au moins 10 des régions qu’il gouvernait jusque-là.
30 mai : qui se souvient de la république du Biafra ?
Chaque 30 mai, au sud-est du Nigeria, on commémore l’indépendance d’un État qui n’a guère eu d’existence : le Biafra. Qui se souvient de la République du Biafra proclamée le 30 mai 1967 par colonel Ojukwu et des trois ans de guerre qui ont provoqué au moins un million de morts… Un mouvement indépendantiste a néanmoins resurgi récemment, avec une montée des violences contre les représentants de l’État fédéral.
29 mai : Istanbul fête sa « conquête » par les musulmans
Recep Tayyip Erdoğan célèbre à la fois sa victoire électorale et le 570e anniversaire de la conquête de Constantinople, devenue Istanbul, par un jeune sultan, âgé alors de 21 ans : Mehmet II Fatih, après 53 jours de siège. Le président Erdoğan a fait de cet événement une de ses deux dates fétiches avec le 24 juillet (1923).
28 mai : Azerbaïdjan et Arménie célèbrent leur première indépendance
Le 28 mai 1918, l’Azerbaïdjan et l’Arménie ont proclamé leur indépendance le même jour et dans la même ville de Tiflis. Mais, les projets territoriaux de chacun État en formation, se chevauchaient largement. La naissance de ces nations se fera dans la violence et la frustration, par des processus de nettoyage ethnique réciproques qui, un siècle après, ne sont malheureusement pas terminés.
27 mai : la bataille de Tsushima, gloire navale du Japon
Cette victoire navale japonaise a eu un grand retentissement en 1905, c’était la première fois qu’une flotte européenne, celle de la Russie, était détruite par une puissance non européenne. Chaque 27 mai, une cérémonie a lieu à bord du navire commémoratif. Avec la montée des tensions dans la région, la mémoire de la bataille de Tsushima prend aujourd’hui une dimension particulière.
26 mai : le National Sorry Day en Australie
Le peuple aborigène d’Australie a attendu ce jour pendant des décennies. Cette Journée nationale du pardon (Sorry Day) dont c’est seulement la 15e édition, est un peu sa revanche sur l’histoire. Jusqu’en 1967, les Aborigènes n’avaient aucune existence légale, les recensements ne les prenaient pas en compte, ils n’avaient aucun droit. Leurs enfants leur étaient retirés afin d’éradiquer leur culture… Des excuses gouvernementales ont finalement été prononcées en 2008.
25 mai : la journée mondiale de l'Afrique
La Journée de l'Afrique est célébrée chaque 25 mai en mémoire de la naissance de l’OUA (Organisation de l’unité africaine), fondée le 25 mai 1963 à Addis Abeba, il y a 60 ans jour pour jour. En 2002, l’OUA a laissé la place à l’UA (l’Union africaine), créée sur le modèle de l’UE, mais le 25 mai a été conservé comme fête de l’Afrique.
23 mai : la journée des étudiants mexicains
Au Mexique, le 23 mai a été déclaré “Journée de l'étudiant” en commémoration du mouvement étudiant de 1929, qui a conduit l'Université nationale de l'époque à acquérir son autonomie.
22 mai : le jour où Ceylan est devenu une république sous le nom de Sri Lanka
Beaucoup de Sri Lankais regrettent que le 22 mai ne soit plus un jour férié, car ce jour de 1972 est pour eux l’anniversaire de la véritable indépendance de leur pays. Ils récusent le 4 février qui sert de fête nationale, dont ils déplorent l’imposture.
21 mai : la journée des Afro-Colombiens
La Journée de l'Afro-Colombianité a été instaurée en 2001 pour célébrer les 150 ans de l'abolition de l'esclavage en Colombie en 1851. Elle permet aussi la mise en valeur d’une culture palenquo-antillaise qui marque profondément certaines régions de Colombie.
20 mai : la fête de l’unité du Cameroun contestée par une partie du pays
C’est un pays en guerre civile qui célèbre chaque 20 mai son unité. La fête nationale est boycottée par la partie anglophone du Cameroun qui réclame le retour au fédéralisme et dénonce avant tout la dictature du président Biya, l’un des plus vieux et des plus anciens chef d’État au monde.
19 mai : la mémoire du « génocide » grec
Les Grecs commémorent une décennie, de 1913 à 1923, rythmée par une série de massacres et d’expulsions massives des Grecs du territoire actuel de la Turquie. Cette année marquée par le centenaire du traité de Lausanne est également célébrée en Turquie, comme l’aboutissement d’un processus national. La date du 19 mai, est celle à laquelle Mustafa Kemal a débarqué à Samsun en 1919. Jour de deuil en Grèce, jour de fête en Turquie.
18 mai : la déportation des Tatars de Crimée
Cette journée commémore la déportation des Tatars de Crimée, le 18 mai 1944 sur ordre de Staline. Aujourd’hui, des Tatars de Crimée militent pour que ce drame, connu sous le nom de Sürgünlik, soit reconnu comme un génocide.
17 mai : la Journée internationale de lutte contre l’homophobie
La Journée mondiale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie n’est célébrée que dans une soixantaine de pays à travers le monde. La date choisie est celle de l’anniversaire de la décision de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de retirer l’homosexualité de la liste des maladies mentales, le 17 mai 1990.
16 mai : la fête nationale du Sikkim
Le deuxième plus petit État de l’Inde, après Goa, célèbre l’anniversaire de son intégration dans l’Union, en 1975.