22 août : les chrétiens fêtent la Vierge
 

Après le 15 août, la Vierge Marie est à nouveau à l’honneur aujourd’hui. Les Coptes fêtent son Assomption (une semaine après les Églises catholique et orthodoxe) tandis que l’Église catholique a fait de ce 22 août la fête de « la Sainte Vierge Marie, Reine » autrement appelée le couronnement de la Vierge. Messes, processions, prières vont se succéder dans les sanctuaires mariaux, particulièrement dans les lieux de pèlerinage et d’apparition de la Vierge.

C’est en 1954, pour le centenaire du dogme de l’Immaculée Conception et quelques années après la définition du dogme de l’Assomption (1950), que le pape Pie XII a institué cette fête. Le contexte encore dramatique de l’après guerre y est favorable tout autant que le couronnement de la Vierge de Fatima, déclarée en 1946 reine du Portugal et du monde. Par ailleurs, L’intention du pape est d’offrir aux chrétiens une occasion de louer Marie en ranimant la mémoire de cette tradition ancienne et un peu oubliée dont l’iconographie est, cependant, partout présente, sur les tympans des églises comme sur les enluminures des livres saints. Une décennie plus tard, le Concile Vati­can II (1962-1965) rappelle que la Vierge Immaculée, après avoir vécu son Assomption, a été exaltée par le Seigneur comme Reine de l’Univers… autant de traditions qui paraissent sortir du fond des âges.

 
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21 août : fête de la jeunesse au Maroc
 

Mohammed VI, roi du Maroc fête son 56e anniversaire. Il est monté sur le trône le 30 juillet 1999. Ce 21 août est férié et prétexte à une fête de la jeunesse. M6, un symbole pour la jeunesse marocaine ?

L'image du roi jeune et dynamique des années 2000 appartient aujourd'hui à un passé lointain !

Le Maroc est totalement tributaire de son roi pour fonctionner. Quand il est absent, comme c’est fréquemment le cas ces derniers temps, pour raison de santé, le pays avance au ralenti, voire peut être paralysé. Une situation qui laisse transparaitre la grande faiblesse des institutions marocaines. En ce jour de fête de la jeunesse, les regards de beaucoup se tournent vers le jeune prince, Moulay El Hassan, âgé de 16 ans, dont on attend avec impatience la majorité pour que le roi actuel lui cède le trône.

 
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20 août : la Saint-Étienne, fête nationale hongroise
 

Les Hongrois célèbrent aujourd’hui l’anniversaire de saint Étienne (Szent Istvan), premier roi de Hongrie (1000-1038), fondateur de l’État et évangélisateur du pays.

Une série de manifestations marque l’événement dont la traditionnelle procession en costume d’époque portant la Sainte Dextre (relique de la main de saint Étienne), véritable trésor national. Un pain spécial est cuit à cette occasion, souvenir d’une époque (après-guerre) où l’on a voulu remplacer une fête religieuse par une fête des moissons et l’habitude a perduré. Le Danube est au cœur de la fête avec une gigantesque parade fluviale puis une parade aérienne au-dessus du fleuve, occasion pour des pilotes chevronnés de donner des frissons à une foule massée sur les berges du fleuve. C’est de là qu’on aura la meilleure vue, ce soir, sur le feu d’artifice qui est comme le point d’orgue de cette fête qui envahit aussi les rues de la ville et donne lieu aux journées de l’artisanat local dans le quartier du château de Buda. Entre tradition et modernité, les Hongrois ont fait de cette fête nationale finalement assez récente (1891) une occasion de célébrer leur saint patron, leur constitution et leur savoir-faire !

Le Vatican fête saint Étienne de Hongrie le 16 août. Le 20 août correspond à l’anniversaire de sa canonisation en 1083. Le saint Étienne le plus connu en Occident n’est pas celui des Hongrois, mais celui qui se fête le 26 décembre.

 
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19 août : Journée internationale de l'aide humanitaire
 

L’ONU commémore la tragédie de Bagdad de 2003. Le 19 août, un camion piégé explosait devant l’hotel Canal, siège de l’ONU dans la capitale irakienne. On relèvera 22 morts et 150 blessés. L’attentat sera revendiqué quelques jours plus tard par une guérilla pro-saddam Hussein, le dictateur déchu qui avait alors disparu. En 2009, l’ONU a transformée la commémoration annuelle de la tragédie en une Journée internationale de l’aide humanitaire.

À l'occasion de la Journée mondiale de l'aide humanitaire, l’ONU attire l'attention sur les millions de civils touchés par les conflits armés chaque jour. Ceux qui habitent dans les villes luttent pour trouver de la nourriture, de l'eau et un abri sûr, tandis que les combats chassent des millions d'autres de leurs foyers. Les enfants sont recrutés et utilisés pour se battre, et leurs écoles sont détruites. Les femmes sont maltraitées et humiliées. Et alors que les travailleurs humanitaires apportent de l'aide et que les travailleurs médicaux traitent les blessés et les malades, ils sont directement pris pour cibles, traités comme des menaces et empêchés d'apporter secours et soins à ceux qui en ont désespérément besoin.

 
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18 août : les carences de la solidarité, au Chili
 

La Journée nationale de la Solidarité au Chili a été instaurée en 1994 en l’honneur d’Alberto Hurtado, prêtre jésuite mort le 18 août 1852 qui s’est illustré par se œuvres de charité en faveur des plus démunis. L’homme a même été déclaré saint en 2005 par le pape Benoît XVI. Chaque 18 août, le président de la République visite le tombeau du saint et invite les Chiliens à faire œuvre de charité. Une démarche très contestée par une partie de la classe politique qui prône plutôt une action de l’État pour réduire les inégalités flagrantes qui minent la société chilienne.

L’économie du pays est dynamique, la misère a été réduite depuis la chute de la dictature, mais le Chili est avec le Mexique, le plus inégalitaire des pays de l’OCDE. Le revenu des plus riches y est 25 fois plus élevés que celui des plus pauvres. Le système d’éducation, parmi les plus privatisés du monde, et les plus onéreux, ne fait que conforter cette situation. Dans ce contexte la journée de solidarité apparaît comme un écran de fumée masquant les carences de l’État en matière, justement de solidarité.



 
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17 août : l'anniversaire de Marcus Garvey, héros de la cause noire
 

Les rastas célèbrent l’anniversaire de Marcus Garvey, un militant américain de la cause noire et précurseur du rastafarisme.

Marcus Garvey (1887-1940) est un des premiers héros nationaux de la Jamaïque. Grand défenseur de la cause des Noirs. Il a visité l’Amérique Centrale , le Brésil, les États-Unis… partout il a déploré la situation dramatique des Noirs. En 1914, il fonde l’Universal Negro Improvement Association and African (UNIA), le premier mouvement de masse international militant pour l’amélioration du sort des Noirs. Son siège est transféré deux ans plus tard à New York.

En 1916, il annonce qu'un roi noir serait bientôt couronné en Afrique et qu'il œuvrerait en faveur des Noirs. C’est sur cette idée que plus tard, le roi d’Éthiopie, Ras Tafari, sera désigné comme le sauveur du peuple noir et que naîtra le rastafarisme.

 
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16 aout : le palio de Sienne
 

C’est au cœur de la Toscane, dans la magnifique ville de Sienne qu’a lieu le Palio, la course de chevaux certainement la plus célèbre au monde.

Organisé en l’honneur de la Vierge Marie aujourd’hui, 16 août, (et une première fois le 2 juillet pour la fête de la Visitation), l’événement ne dure que quelques minutes mais il est d’une intensité rare, c’est l’occasion pour les 17 quartiers de la ville de s’affronter et la compétition comme la rivalité font partie intégrante de l’événement.

Dans les jours qui précèdent, l’effervescence est grande, on prépare les chevaux que l’on prend soin de bénir, et les hommes arborent les couleurs de leur quartier. La course est précédée par une parade spectaculaire où défilent les alfieri, porte-drapeaux en costume médieval, des carabiniers à cheval...

À 19h, c’est coup d’envoi, les chevaux tirés au sort s’élancent, montés à cru, dans une couse folle autour de la place del Campo. La course ne dure que le temps de trois tours de place mais elle n’est pas sans danger pour le cavalier comme pour les spectateurs. Le vainqueur est le premier cheval qui arrive avec ses ornements de tête intacts… avec ou sans son cavalier !

 
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15 août : l'Assomption, ancienne fête nationale de la France
 

C’est très certainement la principale fête mariale du calendrier liturgique des catholiques aussi bien que celui des orthodoxes (ces derniers parlent de Dormition plutôt que d’Assomp­tion), mais ce fut aussi une fête nationale.

En France, le 15 août est devenue la fête nationale en 1638, suite à un vœu de Louis XIII et le demeurera jusqu’en 1830 (exception faite de la période révolutionnaire). Pour s’approprier cette tradition, Napoléon Ier n’a pas hésité à instaurer en 1806 une Saint-Napoléon (qui n’existe pas dans le martyrologue du Vatican) et à la placer le 15 août. L’objectif était d’orienter cette fête sur le culte sa personne, par chance, Napoléon Bonaparte était né... un 15 août de 1769 ( il y a pile 250 ans !).

Sous Louis-Philippe, on célébrait les Journées des 27, 28 et 29 juillet, ainsi que la Saint-Philippe (1er mai).

Le Second Empire rétablit le culte de la Saint-Napoléon, le 15 août. Ce sera la fête nationale jusqu’en 1869. Aujourd’hui, seule la ville d’Ajaccio continue à célébrer ce jour-là, l’enfant du pays. En 1880, la fête nationale était placée le 14 juillet, elle le demeure.

 
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14 août : l'invention du Pakistan il y a 72 ans
 

La journée débute par un lever de drapeau au Parlement, les dicours télévisés du président et du premier ministre, puis par la relève de la garde au mausolée de Mohammed Ali Jinnah, le père de la nation.

Le drapeau national est partout, jusque dans l’habillement vert des blanc que certains citoyen s’appliquent à arborer en ce jour de fête nationale, férié, anniversaire de l’indépendance de 1947 qui permit à la fois de chasser les Anglais et de se séparer de l’Inde (qui fête l’événement le 15 août) au nom de l’islam.

Cet après-midi sera l’occasion de faire voler des cerfs-volants en famille. Ce soir, on fera bruler des bougies dans les rues. À Lahore, la journée se terminera par un feu d’artifice. Une journée de fête qui permet d’oublier quelques heures les problèmes du pays, ses contadictions identitaires, sa mauvaise image internationale...

 
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13 août : les Japonais en vacances en famille pour la fête des morts
 

Durant trois jours, la vie s’arrête au Japon ou, plus exactement, elle change de rythme. Ainsi, à Tokyo, les métros sont déserts, les rues vides, beaucoup de magasins fermés. On célèbre, à partir d’aujourd’hui et durant trois jours, Obon (お盆), la fête des morts. On prépare un peu d’encens et des offrandes que l’on dépose devant les tablettes des ancêtres, cette nourriture offerte sera ensuite consommée, une façon de partager le repas avec eux. Puis, chacun va revêtir son plus beau yukata (kimono d’été) pour aller danser le Bon-Ondori, la danse de Obon qui se pratique en groupe selon une chorégraphie très codifiée. Beaucoup de Japonais retournent dans leur village natal, profitant de cette période de vacances pour aller se recueillir sur la tombe de leurs ancêtres dont on dit, selon la tradition bouddhiste, qu’ils sont sensés revenir de l’au-delà à cette date précisément.

Mais la tradition tend à se perdre soit que l’on privilégie la plage à la famille et aux ancêtres, soit que l’on préfère fêter l’événement en juillet (c’est déjà le cas pour quelques préfectures), le 15 août étant également la date de la reddition du Japon en 1945…

Le Cambodge, le Laos et la Thaïlande ont également choisi cette date pour la fête des morts.

 
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12 août : le glorieux 12 août des Anglais
 

En Écosse et dans le Yorkshire, la chasse au lagopède rouge est déclarée ouverte. Connue comme The Glorious Twelfth, ce 12 août est un événement mondain, autant que populaire. Sa date est inchangée depuis le Scotch Game Act de 1773. Un chasseur confirmé se doit d'être au rendez-vous, si bien que la journée est une véritable hécatombe pour cet oiseau, à ne pas confondre avec le coq de bruyère dont la chasse n’est autorisée que le 1er octobre. Cela dit, le trophée réalisé par le Duc de Westiminster en 1915, 2929 tués avec huit fusils tout de même, n'est pas près d'être égalé, car l'animal se fait plus rare de nos jours et cete journée déclenche ici et là des manifestations anti chasse. L’ouverture de la chasse fait échos dans tout le royaume, jusqu’aux restaurants de Londres qui, dès demain, serviront au prix fort le red grouse, nom local du gibier.

Mais attention, en Irlande du Nord, The Glorious Twelfth fait souvent référence à une autre date, le 12 juillet.

 
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Bruno Teissier
11 août : comment peut-on être chrétien au Pakistan ?
 

Le gouvernement voulait prouver que c’est possible dans ce pays où plus de 90% de la population sont musulmans. En 2009, Shahabaz Bhatti, le ministre des Minorités a créé une Journée nationale des minorités visant à reconnaître le rôle important qu’elles ont joué dans la construction nationale et à prévenir leur persécution. Le ministre, catholique, a été assassiné en 2011 par des extrémistes musulmans, mais sa politique a été reprise par ses successeurs. Mais, pas sûr que le nouveau président la poursuive... En mars 2012, des élus non musulmans sont entrés au Sénat, une première depuis 1974.

Dans un discours prononcé le 11 août 1947, trois jours avant l’indépendance du pays, Muhammad Ali Jinnah, le père de la nation pakistanaise, avait jeté les bases d’une société moderne et tolérante, offrant des droits égaux à chaque citoyen quelque soit sa religion, sa caste, son sexe. Un projet politique bien oublié à l’époque de la dictature militaire, pro-américaine, de Zia Hu-Haq (1978-1988) lequel a fait du Pakistan une république islamique et promulgué en 1986, une loi sur le blasphème qui a fait de nombreuses victimes, notamment parmi les minorités, mais pas seulement.

 
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10 août : la parade orangiste de Derry
 

10 à 12 000 protestants défilent dans les rues de London­derry pour rendent hommage aux 13 apprentis qui ont eu le sang-froid de fermer les portes de la ville un jour d’avril 1689, alors qu’une armée catholique avançait sur Derry. Le siège durera 105 jours, bombardement, famine, maladie élimineront un tiers de la population, mais Derry a tenu. Les protestants tiennent à le rappeller aux catholiques en passant aux abords de leur quartier de Bogside. Chaque année des affrontements ont lieu. En 1969, trois jours d’émeutes avaient inauguré les troubles en Irlande du Nord qui ne sont toujours pas terminés : en 2011, cette parade des Apprentice Boys avait causé des affrontement faisant plusieurs dizaines de blessés, puis à nouveau en 2018 alors que la perspective du Brexit échauffe les esprits.

Derry (pour les catholiques), Londonderry (pour les protestants) est aussi comme chaque année, le lieu du Festival de Maiden (musique) qui se déroule cette année du 3 au 10 août.

 
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9 août : Singapour en fête
 

Singapour organise sa grande parade annuelle. À l’origine, la fête nationale de Singapour n’avait pas grande signification. Ce territoire est peut-être le seul au monde à être devenu indépendant sans l’avoir voulu. La grande ville est au trois quart chinoise. Au sein de la Fédération de Malaisie, créée en 1963 par les Anglais, elle aurait fait pencher le pays en faveur des Chinois. Les Malais, à peine majoritaire dans leur pays, ont préféré l’en exclure dès 1965. Le souvenir a laissé un goût amer, mais la fête a pris au fil des années une colorations patriotique très singapourienne.

Le grand spectacle organisé à cette occasion connaît un tel engouement que les autorités de ce pays très organisé ont préférer instaurer un tirage au sort des spectateurs. Il faut s'inscrire sur le site officiel de l'organisateur (ndp.org ), c’est gratuit, mais certains tentent leur chance depuis des années, sans succès. Autant dire, que l’accès est impossible pour un touriste de passage, sauf à réserver, au prix fort, une chambre dans l’un des quelques hôtels de luxe qui font face à Marina Bay où se déroule le spectacle. Les autres pourront tout de même goûter l’ambiance de kermesse, apercevoir le défilé aériens (Singapour est très fière de l’équipement de son armée de l’air) ou voir le feu d’artifice qui clôture la journée.

 
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8 août : le 8888 des Birmans
 

Il y a 31 ans, le 8 août 1988, débutaient les grandes manifestations étudiantes de Rangoun contre le régime militaire. Très portés sur la numérologie, les Birmans célèbreront cette date fétiche, surtout dans la diaspora, puisque cette révolte n’avait pas permit de faire tomber la dictature. Les étudiants thaïlandais avaient eux aussi coutume de la commémorer par des manifestations chaque 8 août.

La génération du 8888 a servit de référence aux émeutiers birmans de 2007 qui ont contribué à l’évolution du régime à partir de 2012. Un régime qui, toutefois, n'a malheureusement pas tenu sa promesse d'instaurer la paix et la démocratie.

 
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7 août : le martyre des Assyriens
 

Il y a 86 ans, le 7 août 1933, 3000 Assyriens étaient massacrés par l’armée irakienne, dans le village de Simelé. La grande majorité d’entre eux a ensuite fuit vers la Syrie et le Liban, alors sous mandat français, ou s’est éparpillée de par le monde.

Chaque 7 août, la diaspora commémore le Jour des martyrs, en particulier au mémorial du cimetière Montrose, à Chicago (où ils sont 90 000), à Detroit (120 000), Toronto, Sydney... ainsi que dans le quartier Bosherieh de Beyrouth.

Rassemblement d’Assyriens à Bruxelles

 
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6 août : la mémoire d’Hiroshima
 

La cérémonie commence par une minute de silence à 8h15 précise (1h15, en France), en mémoire des quelque 140 000 victimes de Little Boy, la bombe nucléaire larguée le 6 aout 1945 sur la ville d’Hiroshima, au Japon. Le premier ministre dépose une gerbe jaune sur le monument du Parc de la paix, construit en 1952 à l’endroit même où la bombe est tombée. Quelques centaines de colombes sont lâchées, en guise de message de paix.

Le Japon milite depuis longtemps pour un abandon de toute arme nucléaire. Après la catastrophe de Fukushima, des pancartes des manifestants demandaient le renoncement à toute activité nucléaire. Il a fallu attendre 2010, pour qu’un représentant du gouvernement des États-Unis assiste à la cérémonie, mais Washington n’a jamais accepté de prononcer la moindre excuse, se retranchant derrière la nécessité de faire plier au plus vite la dictature militaire nippone.

 
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5 août : le thanksgiving des Croates
 

Voilà une fête très controversée et pourtant très populaire en Croatie, dont c'est devenu quasiment la principale fête nationale.

Le 5 août 1995, le pays reprenait enfin le contrôle des régions, les krajine, où les milices serbes régnaient en maître depuis 1991. La guerre serbo-croate prenait fin à Knin, une cette petit ville enserrée dans les montagne du sud de la Croatie, où se déroule aujourd'hui l’essentiel des commémorations. C’est le début de trois jours de fête, en présence du président de la République et des plus hautes autorités de l’État.

Cette Journée du souvenir national, également Journée des anciens combattants, se déroule dans une ambiance hautement patriotique, l’épicentre des cérémonie est le monument en forme de V qui symbolise la victoire. Quoi de plus naturel que de commémorer la fin d’une guerre ? Le problème, c’est que la réalité des faits est beaucoup moins glorieuse que les discours ne le laisse entendre. Si la reconquête a été si rapide, c’est que les forces serbes, lâchées par Belgrade, se sont repliées sur la Bosnie, avant même l’arrivé des Croates. Craignant les exactions de l’armée croate, les habitants de cette ville de 40 000 habitants (à l’époque), presque tous serbes ont fuit massivement vers Banja Luka, en Bosnie. C’est dans une ville fantôme que sont entrés les forces de Zagreb. Dans les villages alentours, la population civile abandonnée à son sort a subi, expulsions abstraires, exécutions, destructions de villages… sans aucune justification stratégique si ce n’est une volonté farouche de nettoyage ethnique.

Plusieurs responsables, dont les généraux Gotovina et Markac ont été condamnés en 2011 à respectivement 24 ans et 18 ans de prison par le TPI de La Haye, pour les meurtres de masse commis dans les jours qui ont suivi ce fameux 5 août. Pour les Croates, ces deux généraux sont des héros injustement emprisonnés à l’étranger. De leur côté, les Serbes dénoncent quelque 2000 morts. C’est à leur mémoire que sont organisés des offices religieux à Banja Luka et à Belgrade.

 
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4 août : le Burkina Faso fête son nom
 

C'est l'anniversaire de la révolution du 4 août 1983 et du changement de nom, un an plus tard. Il y a 35 ans, la Haute Volta devenait le Burkina Faso, « le pays des hommes intègres » en foulfouldé, la langue parlée par les Peuls.

En vertu d’une ordonnance du 2 août 1984, le capitaine Thomas Sankara, désireux de faire table rase du « passé réactionnaire et néocolonial », rebaptise la Haute-Volta en République démocratique et populaire du Bourkina Fâso (orthographe originelle). Ce changement de nom de l’ancienne colonie française est célébré deux jours plus tard, le 4 août, jour du premier anniversaire de la révolution de Thomas Sankara. Ce jour-là, le Conseil national révolutionnaire (CNR) organise des festivités dans tout le pays en l’honneur du nouveau Bourkina Fâso. Outre les cérémonies officielles, des matchs de football et de boxe, ainsi qu’une course cycliste, sont organisés.

Un an plus tôt, le 4 août 1983, Thomas Sankara prenait le pouvoir avec l’aide de son ami Blaise Compaoré. Il installe alors un régime révolutionnaire ; il veut redonner sa dignité à l'homme africain, moderniser le pays, émanciper les femmes... Il deviendra vite l'icône révolutionnaire d'une jeunesse qui se voulait panafricaine. Mais, il sera assassiné quatre ans plus tard dans des conditions assez troubles.


Le drapeau adopté en 1984 dans le stade du 4-Août à Ouagadougou

 
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3 août : le Niger tente de reverdir le désert
 

Aujourd’hui des centaines de milliers d’arbres sont plantés dans toutes les régions du pays de manière très officielle, car c’est la fête de l’arbre au Niger. Tout le monde s’y met, même le président, accompagné de membres de son gouvernement. Sous l’œil des caméras de la télévision, on les voit mettre les mains dans la terre pour participer à la reforestation d’une parcelle de la fameuse ceinture verte de Niamey.

Une fanfare militaire, en uniforme impeccable, est là pour les encourager. Quelques régiments esquissent un petit défilé militaire, car ce jour de fête nationale du Niger est aussi l’anniversaire de l’indépendance, octroyée par la France en 1960. Une indépendance très formelle, puisque l’influence de la France dans ce pays pauvre, mais deuxième producteur au monde d’uranium, n’a cessé de croître après cette date. Donc pas de lutte héroïque, pas de père de la patrie à célébrer, les autorités ont quasiment cessé de faire référence à l’indépendance, préférant évoquer la lutte contre la désertification. L’idée est louable, dans ce pays deux fois grand comme la France et au trois quart désertique, confronté de manière récurrente à des problèmes de survie alimentaire.

 
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