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17 avril : la journée des luttes paysannes
 

Cette journée internationale commémore l’assassinat, le 17 avril 1996, de 19 paysans brésiliens, membres du Mouvement des sans-terre (MST) qui manifestaient pour réclamer l’accès à la terre. Ils ont été tués par des tueurs à gages à la solde de grand propriétaires terriens qui préfèrent louer leur terres à des multinationales pratiquant une monoculture d’exportation, plutôt que de laisser les paysans locaux les exploter pour vivre.

Malheureusement le contexte politique du Brésil a totalement changé. Jair Bolsonaro lors de sa campagne électorale, a approuvé le meurtre du 17 avril 1996 ! Aujourd’hui président, il annonce qu’il va demander à ce que les militants du MST soient désormais assimilés à des terroristes.

Chaque année, le 17 avril, journée créée en 1996 par la Via Campesina, mouvement fédérant plusieurs dizaines d’organisations paysannes, est l’occasion de dénoncer l’accaparement des terres. Quelque 200 millions d’hectares, soit 4 fois la superficie de la France, sont déjà aux mains des multinationales. Au Brésil, 1% des propriétaires cumulent plus de 50% des terres, il n’y a pas eu de redistributions des terres contrairement aux États-Unis, au début du XXe siècle.

Le Mouvement des sans-terre (MST) est une organisation paysanne née au Brésil au début des années 1980, et il est aujourd’hui l’un des plus importants mouvements sociaux d’Amérique Latine. Il prend racine dans les occupations de terres qui se développent de manière isolée dans l’état du Rio Grande do Sul à la fin des années 1970 . Aujourd’hui, quelque 120 000 personnes installées dans tout le Brésil peuvent être déclarés hors-la-loi . Des centaines de militants du MST sont morts dans des actions et occupations sans terres qui ne se produisent pas toujours sans conflits ni excès. Le 8 décembre 2018, huit d’entre-eux ont été sommairement exécutés par des hommes masqués à qui Bolsonaro a promis l’impunité pour ce type de meurtre.

Si les luttes sont anciennes en Amérique latine, le phénomène est en pleine expansion en Afrique où des sociétés chinoise ou coréennes ont déjà loué d’immenses espaces.

 
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2 février : la déesse Lemanjà célébrée au Brésil
 

Que l’on soit adepte du candomblé (religion afro-brésilienne) ou catholique, on a une pensée chaque 2 février pour Lemanjà (ou Yemanjá) la plus vénérée des déesses brésiliennes. Reine de la mer, elle aurait débarqué avec les esclaves noirs arrachés à leur terre, c’'est une divinité de la mythologie yoruba. Aujourd’hui, là où les évangélistes ne sont pas trop puissants, le Brésil est en fête. C’est surtout à Salvador de Bahai, loin des Bolsonaristes, sur la plage du Rio Vermelho que des milliers de gens se pressent pour déposer des offrandes dans un panier.

Au Brésil, Yemanjá se confond avec la sainte catholique Notre-Dame des Navigateurs (Nossa Senhora dos Navegantes). À Porto Alegre, au sud du pays, ville de colonisation açorienne, chaque année, le 2 février se déroule une grande procession en l’honneur de Nossa Senhora dos Naviegantes qui rassemble plus de 100 000 personnes. Se doutent-ils qu’ils honorent en même temps une divinité venue du Nigeria ?

Yemanjá est aussi fêtée sur les plages Rio de Janeiro, le jour du Nouvel An, en dépit des réserves du maire évangéliste de la ville, qui menace d’interdire cette célébration d’origine africaine.

 
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30 janvier : le jour de la saudade au Brésil
 

La saudade, un sentiment où se mêlent mélancolie, nostalgie et espoir, aura cette année au Brésil un goût particulier que l’on ait ou non voté Bolsonaro. Ce mot du portugais très difficile à traduire dans d’autres langues est apparu à l’époque de la colonisation du Brésil, quand les Portugais souffraient de l’éloignement de leurs terres, de leur maison et de leurs proches. Aujourd’hui, la saudade qui est célébrée au Brésil chaque 30 janvier, n’est plus basée sur la distance par rapport à la patrie perdue, le Portugal est presque oublié, mais sur le souvenir d’une époque perdue, d’un moment révolu. C'est un rapport au temps passé, au temps passé heureux. Il y a ceux, surtout au nord du pays qui sont nostalgiques d’un Brésil plus fraternel et plus tolérant. Tandis que d’autres, plutôt au sud, rêvent du retour du temps béni et idéalisé qu’aurait été la dictature militaire. Les second risquent, hélas, d’être exhaussé plus rapidement que les premiers.

 
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20 janvier : hommage à un militaire devenu une icône gay
 

La ville de San Sebastian (Pays basque espagnol) résonne du bruit des tambours et vit au rythme des défilés en costume d’époque napoléonienne depuis hier au soir. C’est la Tamborrada, en ce jour de fête de son saint patron, elle commémore les années d’occupation par les armées françaises, de 1808 à 1812.

Saint Sébastien est aussi le troisième patron de Rome après Pierre et Paul, et celui de Rio de Janeiro (appelée à l’origine São Sebastião de Rio de Janeiro) où ce jour est férié.

Soldat romain, Sébastien était commandant de la garde prétorienne l’empereur Dioclétien, secrètement chrétien et exécuté pour cela. Généralement représenté attaché à un arbre et transpercé de flèches puisque tel fut son martyr, son corps fut enseveli dans les catacombes romaines qui portent aujourd’hui son nom puis transféré dans l’église Saint-Médard de Soissons où l’Ordre de Saint-Sébastien veille sur ses reliques.

Souvent utilisé par les écrivains ou les peintres comme une référence cachée ou ouverte à l’homosexualité, saint Sébastien est aujourd’hui une icône gay.

Saint Sébastien par un anonyme lombard du XVe siècle

 
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20 novembre : le Brésil se penche sur ses racines noires
 

L’ambiance au Brésil ne se prête pas à la lutte contre le racisme, pourtant, comme chaque 20 novembre, le Movimento Negro organise des évènements ludiques et pédagogiques  pour réfléchir sur la place des Noirs dans la société. La date choisie est celle de la mort tragique d'un chef d’esclaves marrons,  nommé Zumbi. Capturée dès l’enfance, il avait été élevé par un prêtre,  mais à 15 ans, il est retournée vivre dans le quimbolos de Palmares, une vaste région de l’arrière pays de Bahia, où des esclaves ayant  fuit les plantations ont construit plusieurs villages où ils vécurent libres la majeure partie du XVIIe siècle. Zumbi en devient le chef, Mais, le 20 novembre 1695, il est pris par les Portugais et décapité aussitôt. sa tête sera exposée sur la grande place de  Récife, afin de décourager le marronnage. Au XXe siècle, il est devenu un héros national et un symbole de liberté. Cette Journée de la conscience noire, instaurée dans les années 1960 n’est pas fériée, contrairement au 13 mai, date de l’abolition de l’esclavage, en 1888 seulement.

 
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