9 mai : les Russes commémorent la victoire de 1945

 

Les Russes commémorent la victoire de la « Grande Guerre patriotique » (c’est ainsi qu’ils la nomment) obtenue après une seconde capitulation signée à Berlin, le 9 mai 1945 à 0h16. D’où la date du 9 mai retenue par Moscou, alors qu’en Europe de l’Ouest, on fête la cessation des combats, qui a eu lieu le 8 mai à 15h, suite à la capitulation signée le 7 mai à Reims.

Des vétérans, il n’y en a plus guère. Chaque année, pour le Jour de la victoire (день победы), ils arborent leurs nombreuses médailles. Les autres se contentent du ruban de Saint-Geor­ges (rayé orange et marron), vendu à la sauvette dans la rue et qui symbolise la victoire. Et qui est exhibé aujourd’hui par ceux qui soutiennent la guerre contre l’Ukraine.

C’est Boris Elsine, lors de sa première présidence,  qui a renoué avec les grands défilés militaires qui faisaient la fierté des dirigeants de l’URSS : porte-missile, patrouille aérienne... le pays faisait jadis état de sa force militaire aux yeux du monde. Poutine tenait beaucoup à cette vitrine qui a été ruinée par sa guerre contre l’Ukraine.

En 2025, pour la célébration du 80e anniversaire à laquelle Poutine était très attachée, seule une poignée d’États ont envoyé un représentant à Moscou : les dirigeants des pays d’Asie centrale, de la Biélorussie, de la Chine, du Brésil, de Cuba, du Venezuela, de l’Azerbaïdjan. Sont également annoncés, des représentants de la Bolivie, de l’Inde, du Vietnam et du Burkina Faso. Parmi les Européens, le Slovaque Robert Fico sera le seul dirigeant des 27 à s’y rendre. Contrairement au Hongrois Viktor Orban, qui ne fera pas le voyage, le Serbe, Aleksandar Vučić sera présent, par proximité idéologique avec Poutine, ainsi que l’Arménien Pachinian, mais lui, par obligation géopolitique.

En 2026, l’ambiance a totalement changé. Par crainte des drones ukrainiens, le défilé n’a duré que 45 minutes. Ce qui ne s’était jamais vu. On est loin des démonstrations de force d’antan, pas de parade de chars ou de fusées ni de démonstration aérienne au-dessus de la place Rouge. Seuls des soldats russes et non-coréens ont défilé. Le discours pitoyable de Poutine n’a duré que 7 minutes, devant une assistance réduite au strict minimum, quelques ministres et généraux, aucun député. Très peu de chefs d’État ont fait le déplacement : Ouzbékistan, Kazakhstan, Biélorussie, Serbie. Quant au premier ministre slovaque, Robert Fico, seul européen qui a fait le déplacement, il n’a même pas assisté à ce défilé pathétique organisé dans une ambiance de fin de règne.

Pour marquer la journée, le président Poutine a déposé des fleurs sur la tombe du Soldat inconnu dans le jardin Alexandre. Ce soir, pas de feu d’artifice ni de réjouissance populaire. Le centre de Moscou a été bouclé en raison de l’État de guerre (la capitale russe a été touchée plusieurs fois par des drones ukrainiens). Afin d’organiser la commémoration annuelle, Poutine a dû mendier un cessez-le-feu de trois jours, obtenu de l’Ukraine par l’intermédiaire de Trump. Zelensky qui n’a pas oublié sa carrière d’acteur comique s’est fendu d’un « Je décrète autoriser la tenue d'un défilé le 9 mai dans la ville de Moscou…». Cette année, la plupart des capitales des États de la Fédération de Russie n’ont organisé aucun défilé militaire.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 9 mai 2026

 

Moscou, la parade du 9 mai 2015, à la grande époque des commémorations organisées par Poutine

Précédent
Précédent

10 mai : la mémoire de la traite des Noirs, une date parmi d’autres ?

Suivant
Suivant

9 mai : en Italie, la journée dédiée aux victimes du terrorisme