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22 juin : le Jour du souvenir et du chagrin en Russie
 

La journée est dédiée aux 27 millions de morts soviétiques de la « grande guerre patriotique », comme on la nomme en Russie. Dans tout le pays, on dépose des gerbes et des couronnes sur les tombes des soldats inconnus. Le 22 juin 1941 à l’aube, les soldats de Hitler commençaient à envahir l’URSS. Une entreprise qui, finalement, allait lui être fatale en raison de la résistance farouche des Soviéti­ques, opportunément aidés par le « général hiver ».

Le 22 juin est aussi une journée de fierté d’avoir gagné cette guerre. Un sentiment de plus en plus cultivé par le régime de Vladimir Poutine qui, pour les besoins de sa propagande, a entrepris une réhabilitation de Staline.

 
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9 mai : les Russes commémorent la victoire
 

Comme à l’époque soviétique, les Russes commémorent la victoire de la « Grande Guerre patriotique » qui s’est achevée par la capitulation signée à Berlin, le 9 mai à 0h16. D’où la date du 9 mai retenue par Moscou, alors que Paris fête la cessation des combats, le 8 mai à 15h. Les vétérans, de moins en moins nombreux chaque année arborent leurs nombreuses médailles. Les autres se contentent du ruban de Saint-Geor­ges (rayé orange et marron), vendu à la sauvette dans la rue et qui symbolise la victoire. Lors de sa première présidence, Boris Elsine a renoué avec les grands défilés militaires qui faisait la fierté des dirigeants de l’URSS : porte-missile, patrouille aérienne... le pays fait état de sa force militaire aux yeux du monde.

Le défilé du  9 mai a été conservé dans la plupart des États ex-soviétiques, sauf les pays baltes où, au contraire la date a parfois servi à des cérémonies semi-officielles d’hommage aux Waffen-SS qui ont provoqué des troubles. Même chose en Ukraine où la journée du 9 mai est assez tendue, car ce pays très divisé sur la question de ses relations avec la Russie. À l’ouest, à Lviv (Lvov),  la commémoration tourne généralement à l’émeute.

 
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5 mars : mort, il y a 66 ans, le cadavre de Staline bouge encore
 

Staline est mort le 5 mars 1953. La prise de conscience de ses crimes ne s’est faite que peu à peu. Gori, sa ville natale en Géorgie, n’a déboulonné sa statue qu’en… 2010. Ce qui n’empêche pas des centaines de personnes de venir tout de même lui rendre hommage. Une cérémonie est organisée dans une église, avant un bon repas pris dans le meilleur hôtel-restaurant de la ville, chez “Joseph”, bien sûr. On peut y déguster les plats préférés de Staline et réserver sa chambre. Le conseil municipal de Gori vient de voter des fonds pour reconstruire la statue, laquelle sera placée dans le musée consacré au grand homme.

À Moscou, on vient se recueillir sur sa tombe, au pied du Kremlin. Aucune cérémonie officielle n’est prévue, mais le régime de Poutine a partiellement réhabilité Staline en lui rendant hommage chaque 9 mai.

À Kaspisk, au Daghestan, une rue de la ville a été renommée en l'honneur de Staline…

 
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7 décembre : l'Arménie se souvient du séisme de 1988
 

Les autorités arméniennes commémorent chaque année les presque 30 000 morts (et plus de 500 000 sans abris) causés par le séisme du 7 décembre 1988, à 11h41, de magnitude 6,9 ravageait le nord de l'Arménie, en particulier la région de Leninakan (aujourd'hui, Gyumi).

Le désarroi était tel que pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, l'URSS, qui vivait ses dernières années, acceptait une assistance étrangère d'urgence.  Le Séisme a presque entièrement détruit deux villes au Nord de l’Arménie : Spitak et Leninakan. C’était, il y a 30 ans, jour pour jour.

En France la diaspora commémore la catastrophe, comme à Valence où le C24 Comité du 24 Avril Drôme-Ardèche appelle le public à un rassemblement devant la stèle du génocide à Valence, œuvre de Toros, square Jean-Manoug Stépanian. Au programme : allumage de bougies, dépôts de gerbes -dont celles du Maire de Valence Nicolas Daragon et du C24-, discours du C24, duduk (Lévon Chatikyan) et chant « Pour toi Arménie » réalisé par les jeunes de l’Académie de danses et chants France-Ashtarak-Arménie. Prières.

 
16 novembre : il y a 30 ans, la révolution estonienne en chantant
 

La journée est férié en Estonie, en souvenir du jour où ce petit pays a osé affirmer sa souveraineté (pas encore son indépendance), au sein de l'URSS.

Le 16 novembre 1988, le soviet suprême d’Estonie déclarait sa souveraineté, Moscou déclarait cette déclaration non conforme à la constitution de l’URSS. Elle était pourtant l’aboutissement de la « Révolution chantante » (laulev revolutsioon) qui avait débutée spontanément en juin de la même année. 100 000 personnes avaient alors manifesté en entonnant des chants sur un parcours de quatre kilomètres aboutissant au lieu où se tenait habituellement le festival de la Chanson de Tallinn (Laulupidu), organisé tous les cinq ans depuis 1869. La foule brandissait des drapeaux aux couleurs de l’Estonie. En septembre, ils étaient quelque 300 000 au même endroit à entonner des chants patriotiques. La non-violence était consciemment stratégie politique. Dans la soirée du 20 août 1991, l’Estonie a été proclamée indépendante, sans avoir perdu une seule vie. L’URSS avait vécue.

 
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7 novembre : le souvenir de la révolution d'Octobre
 

Le jour n’est plus est férié en Russie (remplacée par le 4 novembre), mais reste une journée importante pour beaucoup de Russes. Pendant 73 ans, elle a été marquée par un grand défilé militaire à la gloire de la révolution d’Octobre. Selon l’historiographie communiste, la révolution aurait débuté dans la nuit du 24 au 25 octobre 1917 par un coup de force bolchevique. La Russie vivait à l’époque sous le calendrier Julien, conservé aujourd’hui seulement par église orthodoxe. Dès 1918, la révolution a été célébré le 7 novembre, selon la date du calendrier Grégorien que les révolutionnaires venaient d’adopter. 

Pour occuper l’espace politique, Vladimir Poutine organise ce jour-là des manifestations de ses partisans et tente de récupérer pour son propre compte des éléments de gloire de la geste stalinienne. Staline n'est plus du tout voué aux gémonies, bien au contraire, c'est au yeux du régime, un grand moment de l'histoire de la Russie.

Quant à la révolution d'Octobre proprement dite, Cuba et le Vietnam sont les seuls État a la commémorer encore officiellement.

 
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