Articles dans Chine
4 mai : il y a cent ans sur la place Tien an Men
 

Le 4 mai 1919, 3 000 étudiants manifestent à devant la porte Tien an Men  à Pékin. Ils protestent conte les conditions imposées à la Chine par le traité de Versailles qui avantage le Japon. Ce mouvement traduit l'émergence en Chine d'une conscience patriotique opposée aux Occidentaux comme aux Japonais. Mais, c’est aussi le premier mouvement de la jeunesse chinoise moderne. Ils protestaient en outre contre le pouvoir des mandarins et l’oppression des femmes.

Le mouvement du 4 Mai (五四运动 est commémoré chaque année en république populaire de Chine, où depuis 1949, c'est la Fête de la Jeunesse (青年节). À cette occasion, les jeunes de 14 à 28 ans ont une demi journée de congé. Évidement, c’est une jeunesse docile qui est célébrée, pas celle qui se soulève. Pour le 70e anniversaire, en 1989, se rappelant du Mouvement du 4 mai, on se souvient que des milliers d’étudiants avaient manifesté sur la même place Tien an Men qu’ils ont occupé pendant un mois. En réponse, le gouvernement chinois instaura la loi martiale et fit intervenir l'armée. La révolte finira en bain de sang. C’était un 4 juin (une date qu’il est bien sûr est interdit de commémorer).

Le 4 mai est aussi célébré à Taïwan, où c'est la Fête de la Littérature (文藝節).

 
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5 avril : la Toussaint des Chinois
 

Aujourd'hui, c'est la fête des morts (清明節). En guise d’offrande, les Chinois se précipitent dans des magasins qui vendent des iPad et des iPhone… en papier, en tous points similaires aux vrais, accessoires et écouteurs fournis ! Ils vont ensuite les brûler sur les tombes de leurs ancêtres, comme ils le font avec de la fausse monnaie ou tout objet à travers lequel on souhaite honorer les défunts. 

Auparavant, les tombes ont été minutieusement nettoyées, décorées de fleurs, de bougies, pour ceux qui en ont la possibilité. Car, pour les milliers d’ouvriers qui ont migré loin de leur région natale, il reste la solution d’accomplir le rite dans la rue ou chez soi sinon de faire appel aux services d’un « remplaçant » qui accomplira pour eux le devoir filial ! C’est encore une nouveauté et une activité très lucrative pour des centaines de micro-entreprises qui ont flairé la bonne affaire. Moyennant un supplément, le « rempla­çant » peut même pleurer à la place de son client, video ou photo à l’appui comme témoignage de l’accomplissement en bonne et dues forme de la prestation ! Qingming, la fête des morts appelée aussi fête de la clarté (Qing) est célébrée en Chine depuis des millénaires et fut interdite au plus fort de la révolution culturelle (1966-1976). Depuis 2008, elle donne droit à de trois jours de congés pour favoriser les retours en terre natale et pour désengorger les routes durant d’autres périodes de congés.

 
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28 mars : Journée de l'émancipation des serfs au Tibet
 

La commémoration est controversée et participe à la propagande chinois cherchant à justifier son occupation du Tibet. N’empêche qu’en réprimant le soulèvement du Tibet en 1959, au prix de 87 000 morts et l’exil de 100 000 Tibétains, le gouvernement de Pékin a pris le contrôle d’un territoire autonome qui vivaient encore à l’époque du servage : 90% de la population travaillaient de manière contrainte au profit d’une petite élite. Cette réalité est souvent occultée. Le Tibet a perdu sa liberté (sa langue et sa culture sont menacées) en tombant totalement sous la coupe du gouvernement chinois, mais la grande majorité de la population a vu son statut social s’améliorer, même si c’est pour se retrouver gouverné par une dictature communiste réprimant sans pitié la moindre incartade politique.

La date du 28 mars est en fait l’anniversaire de la dissolution du gouvernement tibétain en 1959. Le choix de cette date a été vécu comme une provocation par les Tibétains en exil. L’abolition du servage a été, en fait, décidée que le 17 juillet 1959. Le choix de 2009 pour lancer cette commémoration était stratégique, il s’agissait, l’année du cinquantenaire des événement de 1959, de justifier aux yeux du monde, la présence chinoise au Tibet.

Et cette année, c’est le soixantième anniversaire… La Journée de la libération des serfs au au Tibet (農奴解放日) est un élément importante de la propagande chinoise. Elle s’inscrit parmi les dates anniversaires de l’abolition de l’esclavage dans les différentes parties du monde.

 
Le drapeau de la Chine face au palais du Potala au cœur de Lhassa

Le drapeau de la Chine face au palais du Potala au cœur de Lhassa

5 février : le nouvel an chinois, vietnamien, coréen...
 

Plusieurs pays asiatiques fêtent aujourd’hui leur entrée dans l’année du Cochon de terre, l’an 4717 du calendrier chinois. Une occasion de retrouvailles familiales, de retour dans sa terre natale qui donne lieu à d’innombrables allées et venues à travers les pays (plus de trois milliards ces dernières années pour toute la période des fêtes) avec son lot d’encombrements sur les routes, dans les gares aussi bien que dans les aéroports.

Le nouvel an chinois (农历新年) est célébré partout où la diaspora chinoise s’est installée, sur tous les continents. Dans beaucoup de pays d’Asie où ce jour donne lieu à des festivités grandioses, au Vietnam (Fête du Têt), en Indonésie, Malaisie, Corée du Sud (Seollal), Thaïlande ou aux Philip­pines on n’apprécie guère le terme de nouvel an chinois pour une fête que chaque pays s’est appropriée et il serait peut-être plus judicieux de parler de nouvel an du calendrier chinois ou tout simplement de nouvel an lunaire ou encore de Fête du Printemps (春节).

 
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12 novembre : Taïwan honore le père de la Chine moderne
 

La journée est fériée à Taïwan, jour anniversaire de Sun Yat Sen (1866-1925), le « père de la Chine moderne ». Une cérémonie lui est dédiée au fastueux mémorial qui lui a été construit dans le centre de Taïpeh. Mais, la commémoration n’est pas du goût de tout le monde. En quoi le fondateur, en 1912, d’une république chinoise centrée sur la ville Nankin, à une époque où l’île de Formose (devenue Taïwan) était une possession japonaise,  peut-il concerner les autochtones de l’île et même la grande majorité des chinois Hans installés à Taïwan depuis les XVIIe et XVIIIe siècle ? Depuis que les indépendantistes sont au pouvoir à Taipeh, cette commémoration est un peu mise en sourdine. Certains proposent même de supprimer tous les portraits géants dans le pays.