18 février : aux États-Unis, c'est President's Day
 

La journée est surtout connue des milieux boursiers car ce jour-là, par tradition, Wall street est fermée. Les banquiers et les fonctionnaires fédéraux sont également en vacances. C’est une bonne journée pour le commerce, les vendeurs de voitures sont réputés casser les prix ce jour-là.

Rien avoir avec Donald Trump, les Américains fêtent en réalité l’anniversaire de Georges Washington. Certes, celui-ci est né un 22 février, mais le President Day tombe toujours un lundi. Les commémorations qui associent aussi le président Lincoln (né le 12 février), se déroulent à Washington DC ainsi qu’à Alexandria, en Virginie, sa ville natale. Un grand défilé en costume du XVIIIe siècle, se parcourt les rues de la ville, au son de la cornemuse (Alexandria a été fondée par des Écossais), devant 75 000 spectateurs. La loge maçonnique locale participe également aux célébrations en hommage à l’un des leurs.

Ce week-end prolongé permet aussi aux Américains qui le peuvent de passer trois jours à la montagne pour faire du ski. On notera que les syndicats américains ont obtenu pour que tous leurs jours fériés tombent un jour de semaine (sauf le 4 juillet, date sacrée), une idée à retenir…

 
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17 février : le Kosovo, État préadolescent
 

Le Kosovo fête ses onze ans et son indépendance n’est pas encore unanimement admise. En 2019, seuls les deux tiers des États dans le monde reconnaissaient ce pays de 2 millions d’habitants dont l’histoire avait fait une province serbe mais dont la population actuelle (90 % d’Albanais) aurait pu faire intégrer à l’Albanie. Dans la Yougoslavie communiste, le Kosovo avait un statut de province autonome du fait de la présence déjà très forte d’Albanais, les populations serbes ayant migré vers le nord, au cours des siècles. Aujourd’hui, sur les 120 000 Serbes vivant encore au Kosovo, seules 40 000 personnes, établies à la frontière nord, rejettent leur statut de citoyen de la république du Kosovo, un État né le 17 février 2008 sous les parrainages de l’ONU et de l’OTAN. Depuis, la vie politique de ce petit pays, sapée par la corruption des élites, a toujours été très cahotique et fort peu démocratique. En 2018, pour son dixième anniversaire le pays s’est offert une armée.

Le pays n’est reconnu ni par la Serbie ni par la Russie. Cette dernière s’est toutefois servie de cet exemple pour reconnaître de manière unilatérale des républiques d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud. Au sein de l’UE, la résistance à reconnaitre le Kosovo de la part de pays comme l’Espagne, la Grèce, la Slovaquie, Chypre et la Roumanie, tient plus à des considérations géopolitiques internes qui leur sont propres.

 
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16 février : manifestation néo-nazie en Bulgarie
 

Samedi soir, comme chaque année à la fin février, une marche au flambeau rassemble dans les rues de Sofia, la fine fleur de mouvance néo-nazie européenne. La « Marche de Loukov » est organisée par l'Union nationale bulgare (BNS) pour commémorer le décès de Christo Loukov, ministre de la Défense des années 1930, pro nazi, mort assassiné par un groupe communiste le 13 février 1943. Loukov dirigeait l'Union des légions nationales bulgares, une organisation fasciste et antisémite. Son successeur idéologique, le BNS, est accusé d’avoir adopté une idéologie similaires. Cette marche a été organisée très officiellement de 2003 à 2014, puis a été interdite par la municipalité de Sofia à la demande de Moscou. Néanmoins les autorités n’ont pas pu empêcher le défilé de centaines d’irréductibles bravant l’interdiction. En septembre 2017, un tribunal administratif a finalement annulé l'interdiction, affirmant que celle-ci violait les droits constitutionnels des organisateurs…

Cette Marche de Loukov est devenue au fil des années l’un des rendez-vous européens de la droite extrême. On peut y croiser des Allemands des organisations Die Rechte et Junge Nationalisten, des membres du groupe français la Jeune Nation (qui rend aujourd’hui hommage à Loukov sur la page d’accueil de son site internet) ou des partisans suédois du Mouvement de résistance nordique…

En 2018, le Congrès juif mondial, avait déposé une requête, signée par plus de 175 000 personnes auprès du Premier ministre bulgare Bokyo Borissov, pour protester contre une parade organisée par les néo-nazis pour célébrer un dirigeant de la Seconde Guerre mondiale, proche du Troisième Reich. Très peu de juifs vivent aujourd’hui en Bulgarie où l’antisémitisme est toujours présent. Fin janvier 2019, une synagogue de Sofia a encore été saccagée.

 
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15 février : la journée de la cause kurde
 

Chaque année, le 15 février, les Kurdes marquent l’anniversaire de la capture d’Abdullah Öcalan, chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), par des manifestations dans de nombreuses villes turques qui se terminent invariablement par des affrontements, souvent sanglants, avec la police. Cette année, c’est le 20e anniversaire de la capture de leur leader. Il intervient dans le contexte tendu de la guerre en Syrie où les Kurdes craignent de devoir affronter prochainement l’armée turque, si les Américains confirme leur départ.

Des dizaines de milliers de Kurdes sont attendus ce samedi, 16 février, à Strasbourg. Comme chaque année, plusieurs cortèges de marcheurs kurdes, venus de toute l’Europe, vont atteindre la capitale alsacienne après plusieurs jours de marche, pour manifester devant le siège du Conseil de l’Europe, une organisation dont la Turquie est membre. Ils sont chaque années 25 000 à 30 000 à faire le voyage. Certains font plusieurs centaines de km à pied, venant d’Allemagne, de Suisse, Belgique, France… Cette années, ceux qui ont traversé l’est de la France étaient opportunément habillés de gilets jaunes.

Considéré comme l’ennemi public numéro un de la Turquie, A. Öcalan va avoir 70 ans. Il a été arrêté le 15 février 1999 par des agents turcs au Kenya au terme d'une longue traque. Depuis, il vit dans un isolement quasi-total dans l'île-prison d'Imrali, dans la mer de Marmara. Cette absence en a fait une figue mythique et charismatique non seulement pour la rébellion kurde en Turquie, où le conflit avec l'État a fait plus de 40 000 morts depuis 1984, mais aussi pour les mouvements kurdes de la région, notamment ceux de Syrie. L’audience du PKK et la notoriété d’Öcalan, dit Apo, l’oncle, sont aujourd’hui beaucoup plus importantes qu’il y a 20 ans.

 
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14 février : la Saint-Valentin, fête mondialisée
 

En Chine, les jeunes générations ont largement adopté cette fête qui éclipse aujourd’hui la traditionnelle Qīxī qui tombera le 7 août. Mais, elle n’est pas fêtée partout. Dans le monde musulman, cette fête, jugée décadente, est plutôt mal vue, voire quasiment prohibée dans les pays les plus radicaux. En Arabie saoudite, la police religieuse pourchasse toute décoration rouge dans les vitrines de magasins, les emballages cadeaux à motifs de cœurs sont interdits. Pas question, aujourd’hui, pour les fleuristes de vendre des roses rouges. Du coup, elles se négocient sous le manteau quatre ou cinq fois leur prix. En Iran, la vente de tout ce qui à trait à la Saint-Valentin est interdite depuis 2011. Pour la jeunesse des classes moyennes et aisées, la journée est l’occasion de sortir en couple, de préférence dans des soirées privées, car ni les bars ni les boites de nuit ne sont mixtes en Iran. 

En revanche, la Saint-Valentin est de retour à Mossoul. Interdite durant l’occupation de la ville par le groupe État islamique (EI), la fête des amoureux a pris possession, des rues de Mossoul, l’ex-capitale irakienne de l’organisation djihadiste.

En Occident, cette fête des amoureux fait un peu ringarde, elle n’est plus guère fêtée aujourd’hui. Au Japon, au contraire, elle connaît un grand succès. Ce jour-là, ce sont les femmes qui offrent des chocolats aux hommes, giri-choco pour les amis ou les collègues de travail, honmei-choco pour leur amoureux, assortis parfois d’un cadeau plus personnel comme une cravate. Le 14 mars, Jour blanc, les hommes feront un cadeau en retour à leur dulcinée. 

 
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13 février : Dresde ville symbole
 

La commémoration des bombardements de Dresde (Allemagne) tourne chaque année à l’affrontement entre l’extrême droite néonazie qui tente d’instrumentaliser cette journée et la population mobilisée contre les extrémistes en formant une chaîne humaine. Plusieurs milliers de policiers sont mobilisés pour éviter les affrontements. La droite radicale profite de cette date pour des défilés surprises dans diver­ses villes du monde germanique.

Cette tension politique éclipse les 25 000 victimes de la « tempête de feu », trois jours de bombardement au phosphore (du 13 au 15 février 1945) sur la Florence allemande, dont il ne restera plus que ruines. Après ceux d’Hiroshima et de Nagasaki, il s’agit du bombardement aérien le plus meurtrier de cette guerre. Dresde n’était pas un objectif stratégique majeur et, en février 1945 , l’Allema­gne était déjà à genoux. Un demi-siècle plus tard, les Anglais et les Américains ont finalement prononcé des excuses pour tant de victimes civiles inutiles. Mais, comme il s’agissait de punir un pays et un peuple à l’origine de plusieurs millions de morts en Europe, l’histoire a finalement relégué ce drame au rang de simple épisode de la guerre.

 
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12 février : c'est Darwin Day !
 

En réactions aux attaques des différentes religions contre la théorie de l’évolution, décrite par Charles Darwin de manière scientifique, des universités américaines ont lancé un Darwin Day (le savant est né le 12 février 1809) qui a pris aujourd’hui une dimension internationale.

Dans les pays musulmans, de petites groupes d’intellectuels se réunissent ce jour-là pour résister à la pression religieuse ambiante et insister sur la primauté de la science sur les croyances. 

De nombreux centres de recherches ou universités organisent des événement ce jour-là, où le week-end précédent, en particulier aux États-Unis, en Italie, en Suède, Pologne, Espagne, Singapour, Brésil, Royaume-Uni, Pays-Bas, Norvège, Mexique, Portugal, Slovénie, Canada, Japon… La France, pour le moment, ignore l’événement.

Déjà, en 1909, plus de 400 scientifiques et dignitaires de 167 pays se sétaient réunis à Cambridge pour rendre hommage aux contributions de Darwin et pour débattre avec vigueur des récentes découvertes et des théories apparentées qui se disputaient leur acceptation. Également en 1909, le 12 février, l'Académie des sciences de New York et le Musée d’histoire naturelle avaient célébré le 100e anniversaire de la naissance de Darwin et le 50e anniversaire de la publication de L’origine des espèces

Le 12 février est également la journée officielle des îles Galapagos, mais c’est en souvenir de l’annexion de cet archipel par l’Équateur, un 12 février (1832). Localement, ce jour est aussi l'anniversaire de la "découverte" du fleuve Amazone.

Le site officiel

 
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11 février : Téhéran célèbre la révolution de grand-papa
 

40 ans ans déjà ! Les jeunes révolutionnaires de 1978-1979 sont aujourd’hui grand-parents. Plus de la moitié de la population n’a pas connu la révolution que l’on célèbre chaque 11 février. L'Iran fête sa l’évènement dans un climat de contestation du régime. Comme chaque année, celui-ci organise  une grande manifestation sur la place Azadi de Téhéran, lieu de tous les rassemblements nationaux. Comme les autres, cet anniversaire de la chute du shah est marqué par un discours convenu du Guide suprême, Ali Khamenei, mais l'esprit n'y est plus. Sans la campagne de sanctions orchestrée depuis des années par les États-Unis, le régime des mollahs serait sans doute déjà tombé. Seul l’état de siège imposé au pays lui permet de survivre. La jeunesse, aujourd’hui, ne rêve plus de révolution. La démarche logique, après l’obtention d’un diplôme est de expatrier au Canada ou aux ÉtatsUnis, en particulier à Los Angeles, où vivent à présent plus d’un demi million d’Iraniens.

11 février 1979, c’est le jour où le dernier chef du gouvernement du chah, Chapour Bakhtiar, abandonne le pouvoir après dix jours d’insurrection dans la capitale iranienne. Le shah, Mohammad Reza Pahlavi avait fuit l’Iran dès le 16 janvier et Khomeiny est arrivé à Théran, le 1er février. Une partie de l’armée a rejoint les insurgés. « La révolution est gagnée », proclame un communiqué dans la nuit. Le 31 mars, un référendum fera de l’Iran impérial une «République islamique» et de Khomeiny son Guide suprême. Une dictature allait en remplacer une autre.

 
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10 février : la Journée du souvenir en Italie
 

La Giornata del ricordo, instaurée en 2004, invite à se souvenir des victimes italiennes des massacres opérés par les forces yougoslaves entre septembre 1943 et mai 1945. La plupart ont été jeté dans les foibe, ces cavités naturelles du littoral adriatique, parfois encore vivantes. Ainsi ont péri quelque 1500 à 2000 personnes, selon les historiens ; 10 000, selon les organisations de rapatriés italiens. Ces opérations de nettoyage ethnique n’ont vraiment cessées qu’au début de 1947. La date du 10 février est celle du traité de paix signé à Paris entre la Yougoslavie et l’Italie. Le souvenir est très vif en Italie, où de nombreuses associations cultivent cette mémoire. On oublie souvent que des atrocités ont été commises par les deux camps, notamment par les troupes italiennes qui pratiquèrent parfois une stratégie de la «terre brûlée» inspirée des méthodes allemandes. 

Les territoires concernés : l’arrière pays de Trieste, l’Istrie, Rijeka (Fiume), Zadar (Zara)… ont été acquis par le royaume d’Italie en 1918. 42% des habitants (celle des villes principalement) étaient italiens, 58% étaient slaves (Slovènes et Croates). La région a subi pendant deux décennies une politique d’italianisation à outrance et de racisme à l’égard des Slaves qui explique la violence des réactions dans les années qui ont suivi la chute du régime fasciste. Avec l’arrivée au pouvoir des communistes yougoslaves, le processus s’est inversé, les villes ont été slavisées et la population italienne, très pro-fascistes dans les années 1930 et 1940, massivement chassée vers la péninsule italienne.

Aujourd’hui ces régions sont situées en Slovénie et en Croatie, les Italiens n’y représentent plus qu’une petite minorité. Les Italiens réclament des indemnités, Slovènes et Croates leurs répondent en chiffrant les victimes yougoslaves du fascisme italien à plusieurs dizaines de milliers. Cette guerre des mémoires profite aux extrêmes droites des différents pays, lesquelles dominent aujourd’hui le gouvernement de Rome, comme celui de Zagreb.

 
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9 février : la Saint-Maron, fête libanaise
 

La Saint-Maron est jour chômé et fête nationale au Liban. Tous ceux qui comptent, Président, Premier ministre en tête, chefs de file et membres de l’establishment politique, personnalités influentes du monde économique viennent écouter l’homélie du patriarche Béchara Raï, l’une des principales autorités religieuses du pays, axée invariablement sur la moralisation de la vie politique et administrative et sur le respect de la constitution qui prévoit une coopération dans l’égalité et l’équilibre entre les communautés. Ainsi voit-on, le président libanais, Michel Aoun, un chrétien, et le chiite, Nabih Berry, président de l’assemblée nationale assistant ensemble à la messe aux côtés de personnalités musulmanes sunnites, orthodoxes ou arméniennes.  Le plus souvent, cet office est célébré par l'archevêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar.

Saint Maron (ou Maroun) est un moine qui a vécu en Syrie à la fin du IVe et au début du Ve siècle.  Son tombeau, situé à Brad, près d’Alep, est aujourd’hui difficilement accessible en raison du conflit qui a détruit la Syrie.

Ce jour férié peut être aussi l’occasion d’une journée de ski sur le Mont Liban, avec une petite pause pour la messe.

 
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8 février : c’est la fête de la culture slovène
 

Cette date marque l'anniversaire de la mort du poète national slovène France Prešeren le 8 février 1849. La décision d'en faire la Journée de la culture slovène (slovenski kulturni praznik) date de 1944.  Depuis 1991, Prešernov dan  est un jour férié. Hier, a été décerné le prix Prešeren, la plus haute distinction du pays dans le domaine culturel. 

En 1991, la septième strophe du poème Zdravljica (le Toast) est devenue l’hymne national slovène.  L’effigie du poète apparaissait sur l’ancien billet de 1000 tolar et, aujourd’hui, figure sur la pièce slovène de 2 euros. Le square Prešeren à Ljubljana est orné d’une statue du poète, dont le regard fixe pour toujours un bas-relief de Julija son amour, de l’autre côté de la place.

 
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7 février : l’indépendance de la Grenade
 

La Grenade, petite île des Caraïbes, fête son indépendance obtenue en 1974 après deux siècles de présence britannique. Sans rompre avec le Commonwealth, le processus a été conduit par le chef du gouvernement Eric Gairy, ex-syndicaliste, un ancien instituteur. Celui-ci sera renversé cinq ans plus tard par un coup d’état mené par un mouvement révolutionnaire dirigé par Maurice Bishop. Ce gouvernement pro-cubain sera ensuite renversé par une intervention militaire américaine, c’était en 1983, c’est aussi la dernière victoire militaire dont l’armé des États-Unis puisse se prévaloir. Mais aujourd’hui, ce sont les évènements de 1974 qui sont célébrés par un jour férié. La fête nationale de la Grenade fait également l’objet de défilés patriotiques en présence de la représentante de la Reine, au nom évocateur, Cécile La Grenade.


 
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6 février : fête nationale contestée en Nouvelle Zélande:
 

La Nouvelle Zélande a le mérite de ne pas avoir choisi comme fête nationale l’anniversaire de l’arrivée des premiers Euro­péens, comme le très controversé Australia Day. L’ambiance n’est pas pour autant plus sereine. Les activistes maoris en ont fait une journée de protestation contre l’iniquité du traité de Waitangi qui leur a été imposé le 6 février 1840 par le Royaume Uni. De fait, peu de commémorations importantes sont organisées ce jour-là, les Néo-Zélandais profitent généralement de ce jour férié qui tombe au milieu de l’été pour aller à la plage.

 

 
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5 février : le nouvel an chinois, vietnamien, coréen...
 

Plusieurs pays asiatiques fêtent aujourd’hui leur entrée dans l’année du Cochon de terre, l’an 4717 du calendrier chinois. Une occasion de retrouvailles familiales, de retour dans sa terre natale qui donne lieu à d’innombrables allées et venues à travers les pays (plus de trois milliards ces dernières années pour toute la période des fêtes) avec son lot d’encombrements sur les routes, dans les gares aussi bien que dans les aéroports.

Le nouvel an chinois (农历新年) est célébré partout où la diaspora chinoise s’est installée, sur tous les continents. Dans beaucoup de pays d’Asie où ce jour donne lieu à des festivités grandioses, au Vietnam (Fête du Têt), en Indonésie, Malaisie, Corée du Sud (Seollal), Thaïlande ou aux Philip­pines on n’apprécie guère le terme de nouvel an chinois pour une fête que chaque pays s’est appropriée et il serait peut-être plus judicieux de parler de nouvel an du calendrier chinois ou tout simplement de nouvel an lunaire ou encore de Fête du Printemps (春节).

 
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4 février : le Sri Lanka fête son indépendance
 

Ce jour est une fête nationale au Sri Lanka célébrée partout dans le pays par des cérémonies, des danses, des défilés et des représentations. Habituellement, la célébration principale a lieu à Colombo , où le président hisse le drapeau national et prononce un discours télévisé. La marine sri-lankaise rend hommage au pays  avec 25 coups de canon tirés de la batterie d'armes cérémonielle du phare de Colombo . Le pays fête son 71e anniversaire. Sri Lanka, autrefois Ceylan, n'existe que depuis le départ des Britanniques en 1948. 

Dix ans après la fin de la guerre civile ayant opposé le gouvernement sri-lankais (dominé par la majorité cinghalaise bouddhiste) aux Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE), le nord et l’est de de l’île demeurent sous le joug du militarisme et de la loi antiterroriste, qui permet des arrestations arbitraires. Quant aux familles des victimes, elles attendent toujours que justice soit rendue.

 
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3 février : aux État-Unis se joue le 53e Super Bowl
 

Ce soir, à Atlanta, se dispute la 53e finale du championnat de football américain. C’est l’événement sportif le plus regardé aux États-Unis : près de 120 millions de téléspectateurs et donc les secondes de publicité les plus chères de l’histoire de la télévision (comptez 3 à 4 millions de dollars pour 30 secondes).

Cette année, le Super Bowl LIII opposera les New England Patriots, présents pour la troisième année de suite, aux Los Angeles Rams. La rencontre aura lieu à 00h30, heure française.

Il a été créé en 1967 sous le nom de NFL-AFL World Championship Game, mais l'appellation de Super Bowl s’est vite imposée. Il se déroule à chaque fois dans une ville différente, cette année c’est la ville de Houston et son NRG Stadium qui ont été désignés. La finale va désigner le vainqueur de l’année sportive 2018. Comme les saisons ne coïncident pas avec les années, elles sont désignées par des chiffres romains : LIII pour cette édition. L’équipe gagnante se voit décerner le Vince Lombardi Trophy, et chacun de ses joueurs reçoit une bague en or jaune et blanc, ornée de diamants, dont la valeur dépasse les 200 000 dollars.

Transformée en véritable show, cette manifestation majeure de la culture américaine est aussi le deuxième jour de l’année où l’on mange le plus, après Thanksgiving. Peu d’Américains ont accès au stade, mais tout bar ou restaurant organise une journée spéciale où la bière coule à flot devant l’écran de télévision géant. Ambiance garantie, on évitera de déranger un américain un pareil jour.

 
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2 février : la déesse Lemanjà célébrée au Brésil
 

Que l’on soit adepte du candomblé (religion afro-brésilienne) ou catholique, on a une pensée chaque 2 février pour Lemanjà (ou Yemanjá) la plus vénérée des déesses brésiliennes. Reine de la mer, elle aurait débarqué avec les esclaves noirs arrachés à leur terre, c’'est une divinité de la mythologie yoruba. Aujourd’hui, là où les évangélistes ne sont pas trop puissants, le Brésil est en fête. C’est surtout à Salvador de Bahai, loin des Bolsonaristes, sur la plage du Rio Vermelho que des milliers de gens se pressent pour déposer des offrandes dans un panier.

Au Brésil, Yemanjá se confond avec la sainte catholique Notre-Dame des Navigateurs (Nossa Senhora dos Navegantes). À Porto Alegre, au sud du pays, ville de colonisation açorienne, chaque année, le 2 février se déroule une grande procession en l’honneur de Nossa Senhora dos Naviegantes qui rassemble plus de 100 000 personnes. Se doutent-ils qu’ils honorent en même temps une divinité venue du Nigeria ?

Yemanjá est aussi fêtée sur les plages Rio de Janeiro, le jour du Nouvel An, en dépit des réserves du maire évangéliste de la ville, qui menace d’interdire cette célébration d’origine africaine.

 
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1er février : Jour de la liberté aux États-Unis
 

Aux États-Unis, c’est le Jour de la liberté (National Freedom Day), une journée instaurée en 1948 en souvenir du 13e amendement à la constitution qui abolissait l’esclavage. On était en 1865, sous la présidence d’Abraham Lincoln. Libérés de l’esclavage, les Noirs attendront exactement un siècle pour devenir citoyen américains. Et, le sont-ils pleinement dans l'Amérique du président Trump ? Lequel a fait retirer du bureau ovale, le jour-même de son investiture, le portrait de Martin Luther King.

Le 1er février correspond à la date de la ratification de cet amendement par l’Illinois. La moitié des États américains le feront au cours de l’année 1865. D’autres dans les années qui suivent. Un tiers des États, ceux du Middle-West, ne l’on jamais ratifié. Le 13e amendement fut suivi en 1868 par le 14e (qui garantit l'égalité des droits civiques dans les États) et en 1869 par le 15e (qui bannit les restrictions raciales au droit de vote)… les derniers obstacle au vote des Noirs n’ont pourtant été levés que le 6 août… 1965.

Ce jour débute très officiellement aux États-Unis et au Canada, un mois en l’honneur des luttes de la populations noire pour la conquête de ses droits (Black History Month), perçu comme très discriminatoire par les intéressés. L’histoire des Africain-Américains, comme l’on dit aujourd’hui, c’est ni plus ni moins que l’histoire de tous les Américains.

 
31 janvier : Nauru, État sans avenir, un exemple à méditer
 

C’est un pays ruiné, à tout les sens du terme, qui fête l’anniversaire de son indépendance obtenue en 1968 avec le départ des Australiens. Ce micro État du Pacifique a eu pourtant sa courte heure de gloire, il fut dans les années 1970, le deuxième État le plus riche du monde par habitant. Sa richesse : l’île unique est un bloc de phosphate, exploité à outrance jusqu’à l’épuisement, au point d’avoir ravagé toutes les terres cultivables. Le centre de l’île n’est plus qu’un désert, aujourd’hui abandonné par les compagnies minières. L’argent a filé, il n’en reste rien, les jeunes n’ont d’autres alternatives que de s’expatrier en Australie. Il se pourrait qu’un jour la totalité des 9000 habitants de l’île doivent partir faute de pouvoir continuer à vivre sur sur une île ravagée par le surdéveloppement. Certains voient dans cette triste fin, une parabole adressée à notre planète.

Aujourd’hui, Nauru sert de prison au service des autorités australiennes en quête de lieux de pour parquer, dans des conditions déplorables, les demandeurs d’asile qui ont tenté de chercher un refuge en Australie.

 
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30 janvier : le jour de la saudade au Brésil
 

La saudade, un sentiment où se mêlent mélancolie, nostalgie et espoir, aura cette année au Brésil un goût particulier que l’on ait ou non voté Bolsonaro. Ce mot du portugais très difficile à traduire dans d’autres langues est apparu à l’époque de la colonisation du Brésil, quand les Portugais souffraient de l’éloignement de leurs terres, de leur maison et de leurs proches. Aujourd’hui, la saudade qui est célébrée au Brésil chaque 30 janvier, n’est plus basée sur la distance par rapport à la patrie perdue, le Portugal est presque oublié, mais sur le souvenir d’une époque perdue, d’un moment révolu. C'est un rapport au temps passé, au temps passé heureux. Il y a ceux, surtout au nord du pays qui sont nostalgiques d’un Brésil plus fraternel et plus tolérant. Tandis que d’autres, plutôt au sud, rêvent du retour du temps béni et idéalisé qu’aurait été la dictature militaire. Les second risquent, hélas, d’être exhaussé plus rapidement que les premiers.

 
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