24 avril : la date sacrée des Arméniens
 

C’est la date sacrée des Arméniens du monde entier, la commémoration des victimes du génocide (Medz Yeghern). Cette date fait référence à ce jour de 1915 où les autorités ottomanes ont arrêté 600 intellectuels et notables d’Istanbul, sélectionnés sur le seul critère de leur appartenance à la nation arménienne. Ils ont été déportés et, dans leur grande majorité, assassinés. Ainsi débutait un génocide qui allait emporter 1,5 millions d’Arméniens. Les autorités turques reconnaisent quelques centaines de milliers de morts, dus au chaos engendré par la guerre, mais nient l’extermination délibérée d’une des composantes de la nation ottomane. Quelques intellectuels turcs ont déjà admis la réalité historique, mais le sujet reste officiellement tabou en Turquie. Une manifestation rassemble à Istanbul quelques milliers de personnes devant le Musée d’arts turcs et islamiques, l’ancienne prison où les remiers rafflés ont été détenus avant d’être déportés. À Erevan, où le jour est férié depuis 1988, une cérémonie à lieu devant la flamme du souvenir du Mémorial du génocide. À Paris, on procède également au ravivage de la flamme du soldat inconu, place de l’Étoile. Un rassemblement se tient aussi place du Canada, devant la satue de Komitas. Des manifestations se déroulent à Mar­seille, Valence, Vienne, Lyon, Maison-Alfort... les villes où les survivants du génocide, débarqués en France à partir de 1922, se sont installés.

Le 5 février 2019, le président Macron a annonce que le 24 avril deviendra désormais la journée nationale de commémoration du génocide arménien.

 
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23 avril : les Anglais fêtent leur saint patron
 

Le cœur des Anglais est-il vraiment à la fête ? N’empêche que Londres et toute l’Angleterre fêtent la Saint-Georges ! Défilés en costume d’époque, spectacles de rue mais aussi food festivals, concert gratuit à Trafalgar Square, durant trois jours le pays vibre au rythme d’une fête qui n’est ni réellement fête nationale ni jour férié mais dont on retrouve tout de même l’emblème au centre de l’Union Flag (ou Union Jack), le drapeau du Royaume-Uni : la croix de St Georges. Un drapeau auquel il faudra s’habituer en cas de Brexit et d’éclatement de l’Union avec le départ de l’Écosse, candidate à une réintégration dans l’UE, le cas échéant.

Originaire de Cappadoce, Saint Georges aurait sauvé la fille d’un roi libyen , proie d’un dragon qu’il parvint à tuer. Arrêté pour avoir refusé de scarifier aux dieux de l’Empire, il subit plusieurs persécutions dont il sort toujours vivant. Il finit par être décapité le 23 avril 303. Devenu saint patron de l’Angleterre au XIVe siècle, sous Édouard III, son nom était employé comme cri de guerre par les chevaliers anglais pendant la guerre de Cent ans (1338-1453).

Depuis 2010, l’ONU célèbre ce même jour la Journée de la langue anglaise (l’une des six langues officielles de l’ONU et l’une de ses deux langues de travail avec le français), moins pour honorer St Georges qu’un autre véritable héros national : William Shakespeare né et mort un 23 avril (1564-1616) !

 
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22 avril : la Journée mondiale de la Terre
 

La France s’y est mise tardivement, mais cette journée appelée Earth Day commence à mobiliser pleinement comme dans d’autres pays. Lancée en 1970 par Gaylord Nelson, un sénateur américain réagissant à une marée noire qui dévasta la Californie en 1969, la Journée de la Terre a été officialisée par l’ONU en 2009. À l’origine, la date ne signifiait rien. Elle a été choisie pour mobiliser le plus d’étudiants nord-américains possible, elle tombe hors vacances et hors période d’examen. Les mauvaises langues ont toutefois fait remarquer qu’elle correspondait à la naissance de Lénine, une manière de dénoncer les premier défenseurs de l’environement comme de dangereux étatistes, terme très péjoratif aux États-Unis. Au moins peut-on dire que cette journée célébrée chaque année dans presque tous les pays, est à l’origine des mouvements environementalistes tels que nous les connaissons aujourd’hui. Elle fait échos à la Journée mondiale de l’environnement (5 juin).

À présent marque aussi l’anniversaire de la signature de l’Accord de Paris. Le 22 avril 2016, au siège des Nations Unies à New York, l’Accord de Paris sur le climat, adopté à la COP21, était signé par 175 Parties (soit 174 pays et l’Union européenne), ce qui lui a permis d’entrer en vigueur le 4 novembre 2016.

Ne pas la confondre avec la Journée de la terre (sans majuscule) des Palestiniens (voir le 30 mars).

 
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21 avril : l'anniversaire de Rome
 

Rome fête son 2772e anniversaire. Pour l’occasion, les musées sont gratuits et la journée se termine par un feu d’artifice tiré depuis le Tibre. On raconte, en effet, que c’est le 21 avril 753 avant J.C. que Rome aurait été fondée de la main de Romulus. C’est tout au moins la date qui a été déterminée grâce à la légende du savant Varrone et aux calculs astrologiques de Lucio Taruzio. À 16h, on peut assister à la reconstitution du Tracciato del Solco (le tracé du sillon sacré par Romulus, geste qui sera à l’origine de la création de la ville de Rome sur le Palatin) au Circo Massimo.

L’anniversaire de Rome était déjà célébré le 21 avril à l’époque de la Rome impériale et donnait lieux à de grande festivités. La date a été ensuite oubliée pendant des siècle. Elle a resurgit sous le fascisme qui a fait du 21 avril une fête nationale appelée "Natale di Roma”. Ce décret fut annulé en 1945. L’anniversaire de la Ville éternelle est à nouveau célébré, avec une arrière pensée touristique, depuis les années 1990.

 
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20 avril : la journée du cannabis
 

Four-twenty, 4:20 ou 4/20 est l’expression couramment utilisée en Amérique du nord pour désigner tout à la fois un jour : le 20 avril, une heure : 16h 20 et un événement :  la journée internationale du cannabis, grande fête de la contre-culture ! Dans plusieurs endroits dans le monde, divers rassemblements spontanés ont lieu où les participants sont invités à fumer du cannabis en public (et pas seulement à 16h20, moment propice pour cela semble-t-il) pour protester contre sa prohibition et, aux États-Unis, faire pression sur le Congrès pour légaliser la marijuana (un dérivé du cannabis). Plusieurs théories tentent d’expliquer l’origine de l’expression « four-twenty ». On dit qu’elle viendrait d’un groupe de lycéens de San Rafael, en Californie, qui, dans les années 1970, aurait pris l’habitude de se donner rendez-vous tous les jours à 16h 20 pour fumer du cannabis. Cette heure précise ferait référence à une nouvelle de H.P.Lovercraft, Les murs d’Eryx, dans laquelle le héros, explorant la planète Vénus, se réveille à 16h 20 après avoir gouté d’une plante hallucinogène. Une autre explication renvoie à une chanson de Bob Dylan : Rainy day women #12 & #35, dont le refrain est Everybody must get stoned et qui donne le nombre 420 si l’on multiplie 12 par 35…

 
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19 avril : la mémoire de l’insurrection du ghetto de Varsovie
 

Comme chaque année, en dépit du froid qui demeure entre les deux pays, une délégation israélienne accompagnera le président polonais pour déposer une gerbe devant le monument érigé à la gloire des héros du ghetto de Varsovie.

Il n’y a plus de témoins directs (le dernier combattant du ghetto de Varsovie, Simha Rotem est décédé le 22 décembre 2018 à l'âge de 94 ans), on évoquera le courage de ces hommes face à leurs bourreaux et finalement à la mort. Le 19 avril 1943, plusieurs centaines de juifs du ghetto de Varsovie se soulevaient contre les occupants nazis, préférant mourir les armes à la main plutôt que gazés dans le camp d’extermination de Treblin­ka. À cette époque, ils n’étaient plus que 60 000 dans la capitale polonaise contre 450 000 en 1940. Cette insurrection de près d’un mois, sans moyens et sans véritable espoir, aboutira à la destruction totale du ghetto et à la mort quasi-totale de ses derniers occupants.

 
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18 avril : en Iran, les 80 ans du guide et le Jour de l'armée
 

En Iran, le Jour des forces armée (روز ارتش جمهوری اسلامی ایران) coïncide avec le 80e anniversaire du guide suprême, Ali Khamenei, né en 1939. Une unité de façade ?

Chaque 18 avril, depuis 1979, la journée est l’occasion d’un grand défilé militaire auquel participent les réservistes. Il se déroule devant le mausolée de Khomeiny et permet à la République islamique de faire la démonstration de ses forces. Lesquelles ont été utilisées ces derniers mois pour se positionner sur le théâtre syrien, contre Daesh , mais aussi face à Israël, dont l’éventualité de la destruction est l’une des thématiques traditionnelles de la journée. Laquelle n’est pas un jour férié.

 
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17 avril : la journée des luttes paysannes
 

Cette journée internationale commémore l’assassinat, le 17 avril 1996, de 19 paysans brésiliens, membres du Mouvement des sans-terre (MST) qui manifestaient pour réclamer l’accès à la terre. Ils ont été tués par des tueurs à gages à la solde de grand propriétaires terriens qui préfèrent louer leur terres à des multinationales pratiquant une monoculture d’exportation, plutôt que de laisser les paysans locaux les exploter pour vivre.

Malheureusement le contexte politique du Brésil a totalement changé. Jair Bolsonaro lors de sa campagne électorale, a approuvé le meurtre du 17 avril 1996 ! Aujourd’hui président, il annonce qu’il va demander à ce que les militants du MST soient désormais assimilés à des terroristes.

Chaque année, le 17 avril, journée créée en 1996 par la Via Campesina, mouvement fédérant plusieurs dizaines d’organisations paysannes, est l’occasion de dénoncer l’accaparement des terres. Quelque 200 millions d’hectares, soit 4 fois la superficie de la France, sont déjà aux mains des multinationales. Au Brésil, 1% des propriétaires cumulent plus de 50% des terres, il n’y a pas eu de redistributions des terres contrairement aux États-Unis, au début du XXe siècle.

Le Mouvement des sans-terre (MST) est une organisation paysanne née au Brésil au début des années 1980, et il est aujourd’hui l’un des plus importants mouvements sociaux d’Amérique Latine. Il prend racine dans les occupations de terres qui se développent de manière isolée dans l’état du Rio Grande do Sul à la fin des années 1970 . Aujourd’hui, quelque 120 000 personnes installées dans tout le Brésil peuvent être déclarés hors-la-loi . Des centaines de militants du MST sont morts dans des actions et occupations sans terres qui ne se produisent pas toujours sans conflits ni excès. Le 8 décembre 2018, huit d’entre-eux ont été sommairement exécutés par des hommes masqués à qui Bolsonaro a promis l’impunité pour ce type de meurtre.

Si les luttes sont anciennes en Amérique latine, le phénomène est en pleine expansion en Afrique où des sociétés chinoise ou coréennes ont déjà loué d’immenses espaces.

 
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16 avril : la marche de Craonne pour la paix
 

Depuis 2007, une journée de commémoration de l’offensive Nivelle du 16 avril 1917 est organisée à Craonne (Picardie). Un millier de personnes se réunissent devant la mairie de Craonne pour une marche qui démarre à 5h15 du matin, l’heure du début de l’offensive. La marche de 6 km dure environ deux heures et demie. 

L’offensive Nivelle, un épisode de la bataille du Chemin des Dames, avait permis la conquête de quelques positions stratégiques et détruit des forces allemandes considérables, mais au prix de près de 200 000 vies côté français et 300 000 côté allemand. Cette bataille de la Première Guerre mondiale a été vécue comme un échec pour l'armée française.

 
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15 avril : Boston célèbre Patriots' Day et son fameux marathon
 

Le Patriots' Day commémore les batailles de Lexington et de Concord qui ont vu la victoire des soldats continentaux contre les Britanniques le 19 avril 1775, lors du premier conflit de la guerre d'indépendance des Etats-Unis (1775-1783). Pour beaucoup, il s'agit du premier jour vécu par les États-Unis en tant que nation indépendante, même si la Déclaration d’indépendance ne fut signée que le 4 juillet 1776.

De nombreuses écoles et entreprises sont fermées pour permettre aux habitants de prendre part aux célébrations. Traditionnellement, Boston fait sonner les cloches en mémoire de ces batailles. Des milliers de personnes célèbrent l'événement chaque année en affluant à Lexington et Concord et au Minute Man National Park qui commémore la bataille. Des parades en uniformes militaires coloniaux, des reconstitutions et autres cérémonies sont organisées. À Bedford, près de Boston, on couronne d'un bonnet rouge le roi George, ancien monarque britannique, en signe de défi.

Le Patriots' Day ("jour des patriotes") est un jour férié pour les habitants du Massachusetts, dont Boston est la capitale, et du Wisconsin, mais aussi du Maine – où il est orthographié Patriot's Day. Il ne doit pas être confondu avec le Patriot Day, qui commémore chaque année les attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington. Autrefois, les célébrations avaient lieu le 19 avril, Patriots’ Day est devenu par la suite une fête mobile.

Boston organise traditionnellement le même jour son marathon de légende pour les passionnés de course à pied. C'est le 1er marathon par son ancienneté, la première édition du marathon de Boston date du 19 avril 1897. Ce 15 Avril est donc sa 123e édition. En 2013, il avait été marqué par un attentat spectaculaire.

La coutume veut également que, ce même jour, l'équipe de baseball Red Sox de Boston joue aujourd’hui à domicile au Fenway Park de la ville. 

 
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14 avril : vive la république espagnole !
 

Les républicains espagnols se souviennent de l’instauration de la république espagnole le 14 avril 1931. Pour ce Jour de la République, célébré par la gauche espagnole, l’acte militant consiste à porter une violette à la boutonnière, couleur de la révolution démocratique. Mieux, on sortira le drapeau républicain rouge, jaune et mauve.

La date fait référence à la Seconde République (la première n'avait duré que quelques mois en 1873 et 1874). Elle a été renversée par un soulèvement militaire qui a débuté en en 1936 et abouti à la prise totale du pouvoir par le général putschiste Franco en 1939. Le second président espagnol est mort en France en 1940. Un gouvernement républicain espagnol en exil a survécu jusqu’en 1977. Il s’est dissous avec le retour de la démocratie en Espagne en 1977, quelques mois après la mort du dictateur. Le compromis historique avec la droite espagnole qui soutenait le régime franquiste a été le retour du roi, non celui d’Alphonse XIII qui avait fuit en 1931 sans avoir abdiqué, mais l’intronisation de son petit-fils Juan Carlos, éduqué par le général Franco. La gauche espagnole qui a accepté en 1977 cet état de fait en garde une certaine amertume. La fin peu glorieuse du règne de Juan Carlos qui a fini par abdiquer au profit de son fils, les scandales multiples qui ont éclaboussés la famille royale, ont ravivé la revendication d’un retour à la république. Le régime légal instauré le 14 avril 1931. C’est ce que vient rappeler cette commémoration annuelle du 14 avril.

 
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13 avril : le nouvel an bouddhique
 

Les bouddhistes entrent dans l’année 2562. En Thaïlande, les célébrations durent de 3 à 10 jours selon les régions. On commence toujours par un nettoyage complet de la maison puis on se rend au temple le second jour avec des offrandes, on y écoute l’enseignement de Bouddha, dont on asperge d’eau les effigies, enfin on se réunit pour partager un véritable festin non sans avoir, au préalable, versé de l’eau parfumée sur les mains et les pieds des personnes les plus âgées en signe de respect... avant, bien sûr, de se lancer dans de véritables batailles d’eau dans les rues. Selon les pays cette fête prend des noms différents : Songkran en Thaïlande ; Thingyan, en Birmanie ; Pimai, au laos ; Chaul Chnam thmey, au Cambodge...

La date exacte du nouvel an est déterminée par le calendrier lunaire, mais pour des raisons pratiques, les festivités ont été fixées en date du 12 au 15 avril tous les ans. 

 
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12 avril : la Journée astronautique
 

C’est la Journée astronautique qui commémore depuis 1962 le premier vol spatial habité par Youri Gagarine le 12 avril 1961. Ce cosmonaute est devenu une célébrité dans le monde entier, il a grande participé à la gloire de l’URSS, fière de maitriser la technologie de l’espace avant les Américains. La  rivalité s’étendait à la symbolique des dates puis­que Américains ont choisi un 12 avril, 1981, pour lancer dans l’espace leur première navette spatiale Columbia. Depuis 2011, c’est la Journée mondiale des vols habités, décidée par l’ONU.

 
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11 avril : anniversaire de la libération du camp de Buchenwald
 

Le 11 avril 1945, les Américains libéraient 21 000 personnes, dont 9 000 enfants de ce camp de concentration allemand établi par les nazis près de Weimar. Environ 250 000 personnes de tous les pays d'Europe furent internées entre juillet 1937 et avril 1945 à Buchenwald. Au total, 34 375 décès sont enregistrés dans les dossiers du camp.Mais ne sont officiellement pas recensés les prisonniers de guerre soviétiques, assassinés d'une balle dans la nuque, les prisonniers de la Gestapo achevés dans le crématoire de Buchenwald (estimés à 1100), les victimes des convois d'évacuation des camps de l'Est arrivées à Buchenwald ou celles évacuées du camp dans des marches de la mort par les SS au printemps 1945. Parmi les survivant célèbres de ce camp : Jorge Semprun, Stéphane Hessel, Elie Wiesel…

 
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10 avril : viva Zapata ! Le Mexique rend hommage à son héros
 

Il y a 100 ans, l’un des héros de la révolution mexicaine était assassiné : Emiliano Zapata. Le 10 avril 1919, celui-ci tombait dans un piège tendu par un tueur à gages mandaté par le président Carrenza. Il fut abattu à bout portant et son cadavre exhibé à Cuautla petite localité de l’État du Morelos.  On raconte que son cheval blanc a réussi à s'échapper, qu’il court encore dans les montagnes où les paysans l'aperçoivent parfois.

Zapata n’a pas lutté pour de grands idéaux révolutionnaires, mais il s’est battu toute sa vie pour que les terres confisquées par les grands propriétaires soient restituées aux petits paysans, les péones, de sa région d’origine, le Morelos. Lui-même était fils de petits propriétaires d’origine indienne. Aujourd’hui, il continue de symboliser la lutte des paysans mexicains.

Bien après sa mort, les gouvernements en ont construit un mythe, un Zapata dont l’image a été totalement lissée effaçant les différences qu'il avait avec Madero et même Carranza, le commanditaire de son assassinat. Chaque 10 avril le Mexique officiel mets tous les drapeaux en berne en hommage au grand homme. En 1979, le président José López Portillo avait même tenté d'exhumer ses restes et de les faire déposer au monument à la Révolution à Mexico. Mais, il en a été empêché par la famille.

Le combat d’Emiliano Zapata n’a pas été vain, la constitution mexicaine de 1917 porte sa marque dans l'article 27 relatif à la réforme agraire. Même si, en 1993, le gouvernement de Carlos Salinas de Gortari a vidé cet article fondamental en matière agraire de son sens. Pas étonnant alors que le 1er janvier 1994, au cri de « ¡Ya Basta ! », surgisse dans le Chiapas, un nouveau mouvement, l’EZLN (Ejército Zapatista de Liberación Nacional), se référant au Zapata des origines. Ce mouvement néo zapatiste, personnalisé par la figure, devenue elle aussi mythique, du sous-comandant Marcos, le révolutionnaire au passe-montagne, a montré que le problème de la répartitions des terres et des richesses au Mexique demeurait un sujet brûlant et que le combat de Zapata restait d’actualité. Aujourd’hui, les Zapatistes du Chiapas sont toujours actifs même si la presse internationale les a un peu oubliés.

Depuis le 1er décembre 2018, le Mexique a, pour la première fois, un président de gauche, Andrés Manuel López Obrador, dit AMLO, qui entend bien honorer, lui aussi, la figure de Zapata. 

L’année 2019 a été placée par l’assemblée des députés sous le patronage de saint Zapata.  Il y aura des médailles commémoratives émises par la Banque du Mexique, une expo de photo dans le métro de Mexico à la station « Zapata », une billet de la loterie nationale à son nom, une série télévise raconte sa vie au grand public… Un colloque réunira des experts les 8 et 9 avril à Cuautla, la ville où il repose. Le mythe n’a pas fini d’être exploité.

 
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9 avril : il y a 71 ans, le massacre de Deir Yassin en Palestine
 

Alors qu'Israël poursuit imperturbablement sa colonisation, que Netanyahou promet l’annexion des colonies de Cisjordanie, les Palestiniens commémorent le massacre de Deir Yassin, petit village palestinien dont la population a été tuée en 1948 par une milice d’extrême droite juive (Irgoun) dans le seul but de créer la terreur dans la population palestinienne et ainsi « libérer » le territoire du futur État israélien. 

Le 9 avril 1948, alors que la Palestine était encore occupée par les Britanniques, une milice d’extrême droite juive (Irgoun) lançait une attaque contre un village arabe musulman qui jusque là vivait en bon terme avec les localités environantes, y compris juives. Épaulée par la Haganah, l’armée de l’Agence juive, Irgoun finit par venir à bout de la résistance de ce village de quelques centaines d’habitants, ceux qui n’ont pas réussis à fuir sont exécutés, hommes, femmes, enfants, soit entre 120 et 254 victimes selon les sources. Rayer ce village de la carte s’intégrait dans le plan de « nettoyage ethnique » de la région. Aujourd’hui les  traces de Deit Yassin ont complètement disparue, il se trouvait à 5 km de Jérusalem, sur la route de Tel Aviv. Mais, l’objectif était avant tout de semer la terreur parmi la population arabe. La nouvelle du massacre a créé un véritable choc psychologique, provoquant un mouvement de panique parmi les populations arabes, accélérant son exode. L’objectif des combattants sionistes était atteint, vider le territoire à conquérir.

Depuis la date du 9 avril est commémorée dans le monde arabe, elle symbolise le drame palestinien. Qui s’en souci aujourd’hui ? Entre la commémoration du génocide rwandais et le 75 anniversaire de la rafle d’Izieu, il n’y a plus guère de place dans les médias pour se souvenir de la question palestinienne, complètement passée de mode.

 
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8 avril : la Journée des Roms
 

C’est la Journée internationale des Roms, 7 à 9 millions de personnes, soit la première minorité de l’Union européenne. Éternelles victimes de racisme, des évènements récents sont venus le rappeler, et de discrimination, ils sont les derniers nomades du continent, même si aujourd’hui la majorité d’entre eux est sédentaire.

« Toute personne qui connaît les communautés manouches sait qu’une caravane est fragile, périssable, et qu’à la mort de son habitant, elle est détruite. Plus d’un riverain a eu l’occasion de voir, notamment lorsque l’aire d’accueil des Gens du voyage est située directement dans son quartier, ce spectacle très impressionnant d’une caravane qui brûle, avec tous les biens à l’intérieur : rien ne doit rester du passage sur terre du défunt, c’est là un trait culturel manouche (Williams 1993). C’est peu dire que les Manouches ne s’inscrivent pas dans une transmission d’un patrimoine mobilier. En brûlant volontairement tout ce qui serait susceptible de devenir patrimoine, ils transgressent violemment l’habitus français relatif à l’héritage. » Jean-Luc Poueyto in Terrain n°58

Lors de leur premier congrès mondial, le 8 avril 1971, ils se sont choisi un drapeau (bleu et vert avec une roue de couleur rouge au milieu) et un hymne, Djelem, djelem.

 
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7 avril : il y a 25 ans débutait le génocide rwandais
 

Il y a 25 ans, d’avril à juillet 1994, près d’un million de personnes ont été exterminées au Rwanda. Les victimes étaient en très grande majorité des Tutsis, mais comptaient également des Hutus modérés, des Twa et des membres d’autres ethnies. Le génocide des Tutsi, dernier du XXe siècle, a été soigneusement organisé par l’administration rwandaise. Toutes les institutions ont été mobilisées ainsi qu’une partie de la population hutu.

Le 26 janvier 2018, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution désignant le 7 avril comme la Journée internationale de réflexion sur le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994. Cette nouvelle résolution vient modifier le titre de la Journée (Journée internationale de réflexion sur le génocide au Rwanda), mise en place à l'origine par la résolution du 23 décembre 2003.

La date du 7 avril correspond au début du génocide de 1994. Chaque année, l'ONU organise des événements commémoratifs à son siège à New York et dans les bureaux des Nations Unies dans le monde entier.

Les autorités française de l’époque sont souvent accusées d’avoir soutenu jusqu’au bout le régime extrémiste qui a conduit ce génocide. Aujourd’hui, le président Macron entend solder les comptes du passé. Or, malgré le réchauffement récent des relations entre Paris et Kigali, il a fait savoir qu’il ne se rendrait finalement pas le 7 avril à Kigali, où l’avait invité son homologue rwandais, Paul Kagame. Pourtant, celui-ci a été reçu à Paris en mai 2018 et le président français s’était engagé à ouvrir les archives sur le rôle de la France au Rwanda, verrouillées depuis plus de deux décennies. Cette parole sera-t-elle tenue ? Des historiens spécialistes de ce génocide regrettent déjà d’avoir été écartés de la commission chargée de faire la lumière sur les évènements…

L’histoire doit servir de leçon. L’inquiétude se porte aujourd’hui sur le Mali où la France est engagée militairement. Le 23 mars dernier, des hommes armés ont massacré toute une communauté peule – femmes, enfants, personnes âgées.

À visiter : l’exposition intitulée « Rwanda, 1994 : notre histoire ? » se tient au Mémorial de la Shoah à Paris, jusqu’au 17 novembre 2019.

À voir : le nouveau film d’André Versaille : Rwanda, un génocide en héritage - Paroles de jeunes. Il sera diffusé sur la RTBf ce lundi 8 avril à 21h30 et mardi 9 avril à 20h30 sur La Chaîne parlementaire (LCP). André Versaille est l’auteur d’un premier film sur le sujet : Rwanda, la vie après - Paroles de mère (2014 - Prix Télérama).

 
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6 avril : la Thaïlande célèbre sa dynastie
 

Ce jour férié rappelle la fondation de la dynastie des Chakri par un général putchiste, le 6 avril 1782. La Thaïlande a un régime de monarchie parlementaire depuis 1932, mais depuis cette date, le pays a connu pas moins de 18 coups d’État (le dernier date de 2006) débouchant sur des régimes plus ou moins autoritaires. Constitutionnellement, le roi a peu de pouvoir, dans les faits, c’est tout le contraire. Face à cette instabilité politique, la monarchie apparaissait du temps du roi Bhumibol (alias Rama IX) comme la seule institution stable et il demeuré très populaire durant tout son règne. Son successeur Maha Vajiralongkorn, alias Rama X, l’inquiétant nouveau roi  est un homme à femmes, imprévisible et colérique, qui diffère son couronnement et préfère vivre en Bavière. Son règne pourrait être beaucoup plus intrusif dans les affaires politiques. Il s’est fait attribuer de nouvelles prérogatives que n’avait pas son père. Aujourd’hui, la Thaïlande n’est plus un pays en voie de démocratisation.

La monarchie fait partie de l’identité culturelle et sociale de la Thaïlande. D’où la sévérité avec laquelle sont traités les crimes de lèse majesté qui ne trouve son équivalent qu’au Maroc.

 
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5 avril : la Toussaint des Chinois
 

Aujourd'hui, c'est la fête des morts (清明節). En guise d’offrande, les Chinois se précipitent dans des magasins qui vendent des iPad et des iPhone… en papier, en tous points similaires aux vrais, accessoires et écouteurs fournis ! Ils vont ensuite les brûler sur les tombes de leurs ancêtres, comme ils le font avec de la fausse monnaie ou tout objet à travers lequel on souhaite honorer les défunts. 

Auparavant, les tombes ont été minutieusement nettoyées, décorées de fleurs, de bougies, pour ceux qui en ont la possibilité. Car, pour les milliers d’ouvriers qui ont migré loin de leur région natale, il reste la solution d’accomplir le rite dans la rue ou chez soi sinon de faire appel aux services d’un « remplaçant » qui accomplira pour eux le devoir filial ! C’est encore une nouveauté et une activité très lucrative pour des centaines de micro-entreprises qui ont flairé la bonne affaire. Moyennant un supplément, le « rempla­çant » peut même pleurer à la place de son client, video ou photo à l’appui comme témoignage de l’accomplissement en bonne et dues forme de la prestation ! Qingming, la fête des morts appelée aussi fête de la clarté (Qing) est célébrée en Chine depuis des millénaires et fut interdite au plus fort de la révolution culturelle (1966-1976). Depuis 2008, elle donne droit à de trois jours de congés pour favoriser les retours en terre natale et pour désengorger les routes durant d’autres périodes de congés.

 
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