17 octobre : Rendez-vous à Paris, sur le pont Saint-Michel
 

Le 17 octobre 1961, quelque 20 à 30 000 Algériens de Paris manifestaient pacifiquement pour protester contre le couvre-feu auquel ils étaient astreints. Sur ordre de Maurice Papon, préfet de police de Paris, les forces de l’ordre lancèrent un l’assaut qui sera sans pitié : ceux qui cherchaient à rentrer chez eux furent arrêtés au pont de Neuilly et jetés dans la Seine par les policiers. Très peu savaient nager, la plupart se sont noyés. D’autres ont été retrouvés pendus près du Centre d’identification de Vincennes. La police reconnaît 140 victimes, les historiens évoquent 600 morts et disparus. Le drame a longtemps été occulté, notamment par la tuerie policière du métro Charonne, l’année suivante, autre page noire des années De Gaulle. Il a fallu la manifestation anniversaire de 1991 pour que la mémoire des faits resurgisse et que les familles demandent réparation ; puis un procès, en 1999, pour que l’État admette la réalité du massacre. Cela dit, Lionel Jospin s’opposera à une reconnaissance officielle. En 2001, le maire de Paris inaugura une plaque sur le pont Saint-Michel où a lieu la commémoration annuelle, au cours de laquelle une gerbe est jetée dans la Seine. Quant à l’Algérie, elle a fait du 17 octobre la Journée nationale de l’Émigration.

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16 octobre : c'est Boss Day ! Merci patron !
 

Voilà une date très anglo-saxonne : le Boss Day est le jour où les employés marquent leur sympathie à l'égard de leur patron : une carte de vœux, un petit cadeau... Merci patron ! comme dirait François Ruffin ? En fait, ce n'est pas tout à fait ça.

Cette fête est née en 1958 à l'initiative de Patricia Bays Haroski qui souhaitait honorer son patron, lequel était aussi... son père dont c'était l'anniversaire ce jour-là. Elle a fait cette proposition à la Chambre de commerce locale. Quatre ans plus tard, en 1962, gouverneur de l'Illinois Otto Kerner a retenu la proposition et proclamé officiellement cette journée (qui n'est fériée ni chômée cela va de soit). Depuis, le Boss Day a gagné en popularité, non seulement aux États-Unis, mais à travers le monde. La journée est, parait-il, observée dans plusieurs pays comme l'Australie, l'Inde, l'Afrique du Sud... En fait, il faut vraiment le prendre au tout premier degré, ce qui explique que la fête ne se soit pas implantée partout.

 
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Bruno Teissier
15 octobre : Durga Puja, la plus grande fête bengalie
 

Durga Puja dure 5 jour, cette année, à partir du 15 octobre. Elle est célébrée au Bengale occidental (surtout à Calcutta), en Assam, Orissa et au Bangladesh. Ailleurs en Inde, elle est aussi connue sous le nom de Navaratri, la grande fête de la Mère Divine, et dure 10 jours.

Selon la mythologie hindoue, la déesse Durga (déesse guerrière) est descendue sur terre lors de Mahalaya (un jour avant Navaratri) afin de tuer le démon Mahishasura. À cette occasion, d’énormes statues à l’effigie de la déesse Durga sont construites dans les maisons et sont exposées sur des podiums au travers la ville.

 
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14 octobre : souvenir du père de la nation tanzanienne
 

Les Tanzaniens pleurent aujourd’hui Mwalimu, le maître (d’école) en swahili. C’est le surnom de Julius Nyerere, cet instituteur devenu président de son pays à l’indépendance et qui a abandonné le pouvoir librement en 1985 pour se retirer dans son village natal. Hormis Senghor au Sénégal, l’Afrique de cette époque a peu d’exemples de présidents prenant leur retraite plutôt que de s'accrocher au pouvoir. Le père de la nation Tanzanienne est mort le 14 octobre 1999. L’anniversaire de sa mort est un jour férié.  

 
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13 octobre : Journée internationale de la prévention des catastrophes
 

Organisée par l’Assemblée générale de l’ONU depuis 1990, cette journée permet de rappeler l'importance de la stratégie internationale pour la prévention des catastrophes, adoptée à l’initiative de l’ONU. 138 pays, dont la France, prennent part à cette action concertée chaque mois d’octobre, une période où, depuis la fin août, les catastrophes se succèdent, chaque années plus dramatiques pour celles qui dépendent du climat.

L’objectif de cette journée est de rappeler à tous les démarches et les choix pour réduire les conséquences dommageables à la santé humaine, aux enjeux économiques, environnementaux et patrimoniaux d'aléas naturels tels que les inondations, les séismes, les éruptions volcaniques, les tempêtes et les cyclones, les feux de forêts, les glissements de terrain... souvent aggravés par l'action de l'homme.  Le thème 2018 : « Réduire les pertes économiques dues aux catastrophes. »

 
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12 octobre : la fête du monde espagnol
 

La crise catalane n’est pas terminée, l’extrême droite espagnole se réveille, l'Espagne fête l'hispanité (Día de la Hispanidad). Le jour est férié en souvenir de Christophe Colomb « découvrant », sans le savoir, l’Amérique le 12 octobre 1492. Cette date a été choisie pour célébrer l’Hispanité, dès 1914 en Espagne, en 1917 en Argentine, puis dans tous les pays de langue espagnole. En 1958, le régime Franco en fait une célébration officielle. En 1987, le 12 octobre devient la fête nationale de l’Espagne, pays dont l’identité est indissociable de son rapport au monde hispanophone. Parlée dans de très nombreux États, la langue espagnole est la deuxième langue la plus influente au monde. Ainsi, cette fête est à la fois celle de l’Espagne et celle de sa culture exportée par-delà les mers. Au cours du XXe siècle, 12 octobre est même devenu un jour férié dans toute l’Amérique de langue espagnole. Un renversement de perspective a commencé à s’opérer en 1992, l’année du 5e centenaire de la découverte. La découverte de quoi ? et pour qui ? s’est interrogé une partie de la population du sous-continent qui commence, cinq siècles après le traumatisme de la conquête, à réémerger. Au Mexique, la date est marquée par des manifestations contradictoires qui se sont souvent terminées par des violences. En Argentine, le Dia de la Raza (race) est devenu, prudemment, celui de « la diversité culturelle ». Au Venézuela, comme au Guate­mala, c’est depuis 2002, celui de la « résistance indigène ».

 
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11 octobre : la journée de la femme bolivienne
 

C’est Lidia Gueiler Tejada, l’unique femme qui fut présidente de la Bolivie, qui a institué cette Journée des femmes en 1980. Elle a choisi pour date l’anniversaire d’Adela Zamudio, née le 11 octobre 1854, une poétesse, enseignante, précurseur de l’éducation laïque et militante pour le droit des femmes en Amérique latine.

Décédée en 1928, elle n’a pas connu le droit de vote, accordé en 1952 seulement dans son pays. Ce n’est que récemment que les femmes boliviennes ont eu la possibilité de participer à la vie politique au plus haut niveau. Dans l’assemblée élue en 2009, elles représentent tout de même 27 % des députés. 

À l’échelle du sous-continent, un certain nombre de femmes ont pu accéder au poste de présidente de la République : Ertha Pascal-Trouillot (1990, Haïti), Violeta Chamorro (1990, Nicara­gua), Mireya Moscoso (1999, Panama), Michelle Bachelet (2006, 2014, Chili), Cristina Kirch­ner (2007, Argentine), Laura Chin­chilla (2010, Costa Rica), Dilma Rousseff (2011, Brésil). Cependant, aucune n’est au pouvoir actuellement dans le sous continent.

 
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10 octobre : la fête chinoise du Double Dix
 

Tandis qu’à Taïwan, en ce jour de fête nationale, une grande parade militaire est organisée, le drapeau national solennellement hissé, des représentations de danses populaires, d’arts martiaux, proposées à la foule, la République populaire de Chine s’en tient à un simple discours du Président Hu Jintao retransmis dans tous les médias, rien qui n’émeuve ni ne puisse provoquer de troubles dans la population. Taipei et Pékin commémorent pourtant le même événement, le « Double Dix », dixième jour du dixième mois de l’année en mémoire du 10 janvier 1911, jour du renversement de la dynastie Qing qui entraîna la fondation de la République chinoise.

Sun Yat-sen, dont se recommandent les deux pays, est considéré comme le père de la République de Chine, qu’il proclama le 1er janvier 1912 à Nankin. Mais il est aussi le fondateur du Kuomindang, le Parti nationaliste chinois, qui, plus tard, tentera d’empêcher Mao Zedong de prendre le pouvoir en Chine, d’où la sobriété de Pékin dans la commémoration de cette date et de ce personnage.

 
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9 octobre : les Coréens célèbrent leur alphabet
 

Système de transcription autant qu’œuvre d’art, le hangeul (nom donné à cet alphabet) fascine par sa logique rigoureuse, ses principes scientifiques, sa créativité. Les Coréens en tirent une immense fierté et cet alphabet est un des rares au monde à être célébré par une fête nationale ! C’est en vue d’alphabétiser son peuple que le roi Sejong décida, au milieu du XVe siècle, de créer le hangeul en remplacement des hanja, caractères chinois utilisés jusque-là. Composé de 28 lettres, cet alphabet présente des combinaisons de formes infinies qui font qu’il peut être appris en une journée ou faire l’objet d’années d’études. Abandonné durant plusieurs siècles, il est, depuis 1945, officiel dans les deux Corées. Il coexiste avec les hanja (pour l’étude des textes anciens) et l’alphabet latin qui donne accès aux langues européennes. En 1989, l’Unesco a créé le Prix du roi Sejong pour l’alphabétisation qui récompense une contribution significative dans la lutte contre l’analphabétisme.

 
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8 octobre : à Cuba, le culte du Che
 

Il y a 51 ans, Ernesto Guevara dit le Che, était exécuté puis enterré secrètement. La veille, il avait été capturé par l’armée bolivienne. L’extrême gauche européenne s’emparera de son image et en fera un mythe, magnifiquement illustré par la photo d’Alberto Korda qui a orné des millions de tee-shirts depuis 1967. C’est son inhumation, en 1997, qui a relancé le culte du Che. Ce soir, en Bolivie, sera organisée une marche aux flambeaux à La Higuera, lieu-dit où il est mort près de Vallegrande. Toutefois, la principale cérémonie a lieu a Cuba où sa dépouille a été transportée. La ville de Santa Clara, que le Che avait prise fin 1958, ouvrant la route de La Havane et de la victoire finale, lui a cons­truit un mausolée surplombé d’une statue de bronze. Son projet et son tempérament très dogmatique collaient mal avec celui de Fidel Castro mais ce dernier a toujours entretenu la mémoire de ce compagnon d’armes.

 
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7 octobre : bon anniversaire Desmond Tutu !
 

L’archevêque sud-africain, prix Nobel de la paix, fête aujourd’hui ses 87 ans. Des personnalités du monde entier sont invitées à cet événement très médiatique, si la santé de Desmond Tutu le permet.

Toujours actif, l'ancien archevêque du Cap et prix Nobel de la paix Desmond Tutu a récemment adressé une lettre ouverte à Aung San Suu Kyi pour l'interpeller sur la situation de la minorité musulmane Rohingya, persécutée en Birmanie.

 
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6 octobre : les Égyptiens fiers de leur armée
 

L’Égypte commémore une guerre qu’elle a perdue, il y a 44 ans. La date du 6 octobre correspond au déclenchement du conflit, conjointement avec la Syrie.

Ce jour-là, l’État hébreu célébrait le Kippour, le jour le plus sacré de l’année juive (voir 13-14 septembre) et il avait largement sous-estimé le risque de guerre. Le 6 octobre 1973, l’offensive était lancée ; les Égyptiens franchissaient le canal de Suez, tenu par Israël depuis 1967, avec une telle facilité que ce fait d’arme reste dans les mémoire : l’armée israélienne n’était plus invincible ! L’impact psychologique fut considérable. Même si au bout d’une semaine, les Israéliens parvinrent à rétablir la situation en leur faveur et à récupérer le terrain perdu, les Égyptiens conservent le souvenir de cette première victoire symbolique au point d’avoir fait du 6 octobre, le Jour de l’armée, leur principale fête nationale. Une ville nouvelle, proche du Caire, porte même le nom de Cité du 6 octobre. Ce jour est l’occasion d’un grand défilé militaire. Les Égyptiens sont fiers de leur armée, mais une armée qui les dirige depuis 1952, au point d’avoir totalement rigidifié leur système politique.

 
5 octobre : le souvenir d'une révolution en trompe l’œil
 

Pour dénoncer les manipulations des résultats électoraux, des manifestants avaient convergé des quatre coins du pays, ils étaient entre 600 000 et un million dans le centre de Belgrade. Le lendemain, Milosevic acceptait sa défaite. Depuis, la liberté d’opinion et de manifestation a été établie, les élections sont démocratiques mais, en dépit de ces avancées incontestables, a-t-on pour autant changé de régime ? Certains dénoncent aujourd’hui une révolution de façade qui ne mérite pas d’être commémorée. Si les forces de sécurité n’ont pas tiré sur la foule, c’est, on le sait aujourd’hui, que Zoran Djindjic, le futur Premier ministre, avait négocié l’impunité de tout l’appareil administratif, judiciaire et militaire du régime de Milosevic. L’ancien président a été arrêté en 2001 et a terminé sa vie dans une prison de La Haye (2006) mais l’essentiel du personnel politique de l’époque est resté en place. Le 5 octobre a accouché d’un État faible, incapable de tenir tête aux mafias et aux humeurs de l’extrême droite. La commémoration se limitera à des dépôts de gerbe, notamment sur la tombe de Zoran Djindjic, assassiné en 2003 par les ultra nationalistes.

 
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4 octobre : Bastia fête sa libération
 

Bastia fête sa libération, le 4 octobre 1944 par des soldats marocains sous encadrement français. Quelque 6 600 hommes de la 4e DMM (division marocaine de montagne), du bataillon de choc et du 2e GTM (groupe de tabors marocains) débarqués d’Afrique du Nord.

Demain, c'est la Corse toute entière qui commémorera la date du 5 octobre 1944, jour où elle fut le premier département français libéré.

 
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3 octobre : Tangun, l’ancêtre de la Corée
 

Dans le parc Sajic, au centre de Séoul, un rassemblement se forme au pied du mausolée du mythique roi Tangun. Comme chaque année, mais avec plus de conviction cette année, on va prêcher pour un rapprochement des deux Corées à défaut d’une réunification, encore illusoire.

Tangun est un personnage légendaire qui aurait fondé le premier royaume de Corée un 3 octobre il y a précisément 4348 ans ! Il aurait établi sa capitale à l’emplacement de l’actuelle Pyongyang et nommé son royaume Choson, nom de la Corée jusqu’en 1945. La figure de Tangun, longtemps délaissée, est rappelée chaque fois que l’identité du pays est menacée (invasions mongoles des XIII-XIVe siècle, chinoise en 1637, occupation japonaise de 1910 à 1945). Dès 1945, la Corée du sud en faisait une figure tutélaire tandis que, beaucoup plus récemment (en 1993), la Corée du nord réhabilitait Tangun dont elle aurait découvert le tombeau. Seul point commun, pour l’instant entre les deux Corée, la volonté de s’inscrire dans une continuité historique à travers ce héros de légende.

 
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2 octobre : la Guinée fête 60 ans d'indépendance
 

Le 28 septembre 1958, les Guinéens étaient les seuls en Afrique à répondre non (à 94%) au référendum organisé par le général De Gaulle. Le 2 octobre suivant, le pays devenait indépendant, fort du prestige d'un « nationalisme intransigeant » face à la puissance coloniale. Les mesures de rétorsion ont été immédiates. En un mois, tous les techniciens, médecins et enseignants français quittaient le pays.

 
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1er octobre : les Chinois partent en vacances
 

C'est le 69e anniversaire du régime mis en place par Mao Zedong, mort il y a un peu plus de quarante ans. L'événement n'est plus fêté que dans quelques provinces, plus du tout à Pékin.  Mais c'est surtout le début de 7 jours de congés. Quelques 500 millions de Chinois vont se croiser sur les routes. Le tourisme local explose, les sites célèbres sont littéralement envahis.

 
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30 septembre : la Saint-Jérôme, la journée mondiale de la traduction
 

C'est la Journées mondiales de la traduction. Comment communiquer quand on ne parle pas la même langue ? Avec près de 8 000 langues parlées ou signées dans le monde, les échanges seraient impossibles ! La littérature, l’information scientifique, les discours politique, économique, culturel seraient confinés à l’intérieur des frontières d’un même pays… c’est inimaginable ! On pourrait donc dire des traducteurs et interprètes qu’il font à la fois œuvre de passeurs entre communautés, entre cultures mais qu’ils participent aussi à la préservation du multilinguisme, richesse inestimable (et menacée) de notre monde. Ce n’est pas par hasard que cette date a été placée le jour de la saint Jérôme, protecteur de la corporation des traducteurs et interprètes. Il fut en effet le traducteur « officiel » de la Bible en langue latine au IIIe siècle, connue encore aujourd’hui sous le nom de Vulgate. Il est devenu, pour cette raison aussi, Père et Docteur de l’Église chrétienne.

 
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29 septembre : Michel, Gabriel, Raphaël et tous les autres
 

Autrefois jour de paiement des fermages, la récolte étant terminée, la Saint Michel est, de nos jours encore, la date d’expiration des baux ruraux, d’où l'expression « à la Saint Michel tout le monde déménage ». Mais, aujourd’hui, cette fête populaire et rurale passe presque inaperçue.

L’Église catholique, quant à elle, a de tous temps célébré « les vertus des cieux », c’est-à-dire l’ensemble du monde angélique, le 29 septembre. C’est en 1969, avec la réforme du calendrier liturgique que ce jour a été dédié aux trois archanges dont la Bible cite le nom : Michel, Gabriel, Raphaël, ainsi qu'à tous les anges. 

 
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