Articles avec le tag esclavage
28 mars : Journée de l'émancipation des serfs au Tibet
 

La commémoration est controversée et participe à la propagande chinois cherchant à justifier son occupation du Tibet. N’empêche qu’en réprimant le soulèvement du Tibet en 1959, au prix de 87 000 morts et l’exil de 100 000 Tibétains, le gouvernement de Pékin a pris le contrôle d’un territoire autonome qui vivaient encore à l’époque du servage : 90% de la population travaillaient de manière contrainte au profit d’une petite élite. Cette réalité est souvent occultée. Le Tibet a perdu sa liberté (sa langue et sa culture sont menacées) en tombant totalement sous la coupe du gouvernement chinois, mais la grande majorité de la population a vu son statut social s’améliorer, même si c’est pour se retrouver gouverné par une dictature communiste réprimant sans pitié la moindre incartade politique.

La date du 28 mars est en fait l’anniversaire de la dissolution du gouvernement tibétain en 1959. Le choix de cette date a été vécu comme une provocation par les Tibétains en exil. L’abolition du servage a été, en fait, décidée que le 17 juillet 1959. Le choix de 2009 pour lancer cette commémoration était stratégique, il s’agissait, l’année du cinquantenaire des événement de 1959, de justifier aux yeux du monde, la présence chinoise au Tibet.

Et cette année, c’est le soixantième anniversaire… La Journée de la libération des serfs au au Tibet (農奴解放日) est un élément importante de la propagande chinoise. Elle s’inscrit parmi les dates anniversaires de l’abolition de l’esclavage dans les différentes parties du monde.

 
Le drapeau de la Chine face au palais du Potala au cœur de Lhassa

Le drapeau de la Chine face au palais du Potala au cœur de Lhassa

1er février : Jour de la liberté aux États-Unis
 

Aux États-Unis, c’est le Jour de la liberté (National Freedom Day), une journée instaurée en 1948 en souvenir du 13e amendement à la constitution qui abolissait l’esclavage. On était en 1865, sous la présidence d’Abraham Lincoln. Libérés de l’esclavage, les Noirs attendront exactement un siècle pour devenir citoyen américains. Et, le sont-ils pleinement dans l'Amérique du président Trump ? Lequel a fait retirer du bureau ovale, le jour-même de son investiture, le portrait de Martin Luther King.

Le 1er février correspond à la date de la ratification de cet amendement par l’Illinois. La moitié des États américains le feront au cours de l’année 1865. D’autres dans les années qui suivent. Un tiers des États, ceux du Middle-West, ne l’on jamais ratifié. Le 13e amendement fut suivi en 1868 par le 14e (qui garantit l'égalité des droits civiques dans les États) et en 1869 par le 15e (qui bannit les restrictions raciales au droit de vote)… les derniers obstacle au vote des Noirs n’ont pourtant été levés que le 6 août… 1965.

Ce jour débute très officiellement aux États-Unis et au Canada, un mois en l’honneur des luttes de la populations noire pour la conquête de ses droits (Black History Month), perçu comme très discriminatoire par les intéressés. L’histoire des Africain-Américains, comme l’on dit aujourd’hui, c’est ni plus ni moins que l’histoire de tous les Américains.

 
4 janvier : Armador, héros de la lutte anti-esclavagiste
 

Le petit archipel africain de Sao Tomé et Principe célèbre aujourd'hui son héros national : Armador. Celui-ci avait mené une révolte d'esclaves et avait tenu tête durant plusieurs mois aux Portugais. Mais, Lisbonne ayant envoyé du renfort, Armador a fini par être capturé et exécuté, le 4 janvier 1596. Depuis 2005, l'anniversaire de ce jour est férié.

Nous n'avons de lui aucun portrait authentique, il n'empêche que sa tête figure sur tous les billets de banque du pays.

 
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20 décembre : la fête cafre célèbre 170 ans de liberté à la Réunion
 

Les Réunionnais déposent leurs gilets jaunes pour un jour de fête : l’île résonne depuis hier soir des rythmes du maloya, cette musique créée par les esclaves et quasiment interdite jusqu’aux années 1960. La Fête de la liberté commémore l’abolition de l’esclavage, le 20 décembre 1848. Il était déjà aboli depuis 1834 dans les îles voisines de Maurice et des Seychelles. Ici, cette loi a été attendue pendant des décennies. Ce jour-là, un 20 décembre, 62 000 esclaves ont été libérés, soit plus de 60% de la population de la Réunion. Leur premier geste a été d’abattre le poteau où ils étaient fouetté en public sur la place du marché de St-Denis. Cette date n’est fériée à la Réunion que depuis 1983 et la fête Cafre est récente.  Ce soir, la Nuit de la liberté sera marquée par un grand défilé aux flambeaux descendant la rue de Paris, à St-Denis. Chaque localité de l’île a prévu un kabar, grands bals populaires où s’exprime le maloya, musique dont le Parti communiste réunionnais a fait depuis les années 1970, un chant identitaire et revendicatif.

À Saint-Denis de la Réunion :

À 10h, à la Stèle Géréon et Jasmin (place Sudel Fuma au Barachois) : une cérémonie d’hommage aux ancêtres, un temps nécessaire de recueillement, en mémoire de celles et ceux qui ont porté les combats, lutté, pour parvenir à arracher leur liberté.

À 17h, départ rue de Paris : le Grand Défilé de la Liberté, porté et organisé par le tissu associatif et artistique, et proposant de restituer, sous la forme de modules chorégraphiés, la vie de celles et ceux qui furent réduits à l'esclavage.

À 19h30 au Barachois : le kabar de la Nuit de la Liberté, avec à l’honneur cette année le maloya, sous toutes ses formes et couleurs, du maloya fonnkèr au maloya manièr fanm, en passant par des formes traditionnelles ou modernes… avec Léïla Négrau, Zan Mari Baré, Lorizine, Kiltir, Davy Sicard...

 
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