Articles dans Irlande
12 juillet : parades orangistes en Irlande du Nord
 

La nuit dernière a été chaude entre catholiques et protestants dans plusieurs localités d'Ulster. La journée ne le sera pas moins dans l'ambiance tendue de l'après référendum sur le Breixit qui a polarisé la population de la province, d’autant que la bière coule à flot dès le matin. Les protestants commémorent l'ultime bataille, en 1690, qui a permis de s'imposer leur domination sur l’Irlande.

Aujourd’hui, en effet, ont lieu les plus importantes des parades orangistes organisées ces jours-ci en Irlande du Nord. Des centaines de milliers de partisans de la couronne d’Angleterre y célèbrent la victoire de Guillaume d’Orange sur le roi catholique Jacques II Stuart lors de la bataille de la Boyne, en 1690, qui permit aux protestants d’assoir leur domination sur l’Irlande. Pour marquer l’évènement, les maisons des protestants sont décorées de rubans oranges. L’ordre Orangiste rassemble quelque 100 000 personnes, réparties dans 140 loges. Aujourd’hui, pour la parade, ils ont coiffé un chapeau melon et défilent parapluie à la main, une étole orange sur les épaules. Le parcours des parades comprend toujours la traversée de quartier catholiques, comme Ormeau Road à Belfast, histoire de bien montrer qui domine dans ce pays. Ces provocations engendrent inévitablement des échauffourées, voire des violences entre nationalistes (catholiques) et loyalistes (protestants). Ainsi va la vie en Irlande en dépit des accords de paix signés il y a deux décennies, mais qui pourraient bien s’avérer totalement caduques en cas de Brexit.

 
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17 mars : la Saint-Patrick, fête mondialisée
 

Ce n’est pas l’Irlande seule mais une communauté entière d’Irlandais de par le monde qui célèbre aujourd’hui leur saint patron et réaffirment haut et fort son appartenance irlandaise et combien ils sont « proud to be Irish » (fiers d’être irlandais). De Dublin à New-York, les trois maîtres mots pourraient être : bière, musique et danse ! Le caractère festif de la journée dépasse depuis quelques années la seule diaspora irlandaise.

À Dublin débutent cinq jours de fête où se mêlent carnaval, musique à tous les coins de rue, théâtre, feux d’artifice, défilé de plus de quatre mille participants devant un million de spectateurs dit-on, sans compter des pubs ouverts nuit et jour où l’on peut déguster tout ce que l’Irlande a de meilleur en termes de boissons alcoolisées : bières et surtout la fameuse Guinness, véritable symbole national, la Beamish ou la Caffrey’s, whiskeys Bushmills ou Midleton de renommée mondiale et le nom moins célèbre irish coffee.

Cette fête a traversé les frontières pour donner lieu à des manifestations parfois surprenantes. Outre Atlantique, C’est la ville de New-York qui abrite la plus grande parade le long de la 5e Avenue, au pied de la cathédrale néo-gothique St Patrick devant plus de deux millions de spectateurs tandis que la colonie irlandaise de San Francisco défile derrière la statue de St Patrick qui trône sur un char habillé de vert, couleur de l’Irlande, comme la plupart des participants à la fête. À Chicago, la rivière du même nom qui traverse la ville est, elle aussi, colorée en vert !

 
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27 janvier : retour au cauchemar irlandais ? Le souvenir du Bloody Sunday
 

Ce dimanche, à Derry, en Irlande du Nord, on commémore les 14 morts tués par l’armée britannique alors qu’il défilaient pacifiquement, le 30 janvier 1972. Le souvenir d’un passé révolu ? L’explosion d’une voiture piégée, le 19 janvier dernier, à Londonderry, attribué l’attaque à un groupe républicain dissident, est le signe que tout peut reprendre en cas de remise en cause le l’accord de 1998 entre entre républicains nationalistes (les catholiques) et loyalistes unionistes (les protestants). En cas de Brexit, l’accord de 1998 (dit du Vendredi Saint) sera caduc et la province peut à nouveau s’embraser.

Ces dernières années, la marche annuelle dans le quartier catholique de Londonderry (Irlande du Nord) attirait moins de monde qu’autrefois. Non que le souvenir s’estompe des 14 manifestants pour les droits civiques, des adolescents pour la plupart, tués par les Britanniques. Mais, Londres a fini par accepter une enquête, dont le rapport a conclue à l’entière responsabilité des soldats anglais. Ce qui a poussé le Premier ministre David Cameron, en 2010, à présenter des excuses et offrir une indemnisations aux familles... 38 ans après le drame.

En cas de Brexit dur sans négociation avec Bruxelles, le cauchemar du conflit nord-irlandais qui a fait tant de morts, pourrait bien revenir. À moins ce ce ne soit ce spectre, principalement, qui fasse définitivement capoter le Brexit ?

Autre commémoration, une minute de silence sera observée mercredi à 16 heures devant le monument dédié au Bloody Sunday.

 
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