Articles dans 1976
30 mars : la Journée de la terre des Palestiniens
 

Cette journée de manifestation est d’abord celle des Israéliens d’origine arabe (20% de la population d’Israël) qui sont très loin d’avoir tous les droits dont disposent leurs concitoyens juifs. En mars 1976, un vaste plan d’expropriations de terre en Galilée, dont une partie appartenait à des Arabes, venait d’être publié. Ce n’était pas la première fois depuis 1948, que des terres arabes étaient confisquées pour établir ou agrandir des colonies juives, mais  cette fois les villages du nord de la Galilée avaient décidé de réagir. Une grève générale était annoncée pour le 30 mars. Les pressions sur les organisateurs ont été telles que la grève a dégénéré en manifestations qui se sont heurtées à l’armée déployée dans la région pour l’occasion.  L’armée a tiré : le bilan est de 6 morts, tous arabes, et de plusieurs centaines de blessés. Si l’évènement a fait date, c’est que c’était la première fois que les Arabes israéliens que l’on croyait résignés, manifestaient de manière aussi déterminée et coordonnées. Il est commémoré chaque année, comme la Journée de la Terre, une journée de haute tension où l’on déplore le plus souvent des morts et des blessés parmi les manifestants, ce qui renforce son caractère commémoratif d’année en année. L’ensemble des Palestiniens, et même du monde arabe, se montre solidaire. Les Israéliens vivant aux abord de la bande de Gaza s’attentent à recevoir quelques roquettes, des précautions sont prisent pour l’occasion.

Du côté de Gaza, on célèbre le premier anniversaire de la Grande marche du retour. Ce mouvement de protestation qui a débuté le 30 mars 2018, demande le droit au retour des réfugiés palestiniens sur les terres qu’ils ont quittées en 1948 à la création d’Israël ainsi que l’allègement du blocus imposé à l’enclave depuis douze ans. Mais ce mouvement, devenu hebdomadaire, a déclenché de nouvelles violences avec Israël : 270 morts palestiniens et plus de 29 000, soit deux fois plus que lors de la guerre de 2014.

En France, l’association France Palestine Solidarité, soutenue par le collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, organise des rassemblements dans plusieurs villes.

 
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24 mars : l'Argentine se souvient de la dictature militaire
 

L’Argentine commémore le coup d’État de 1976 et les 30 000 victimes de l’État policier. Cette Journée nationale de la mémoire et pour la vérité (Día Nacional de la Verdad y la Justicia ) est fériée depuis 2006, mais la fête n’est pas du goût de tout le monde, car elle rappelle le premier jour de la période la plus sombre de l’histoire de l’Argentine marqué par des violations quotidiennes des droits humains, des assassinats politiques, des enlèvement d’enfants… Avec celle de Pinochet, au Chili à la même époque, la dictature instaurée par Jorge Rafael Videla à la suite d’un coup d’État militaire, a été l’une des plus sanglante du contient.

Dès le retour de la démocratie, la première marche avait été organisée le 24 mars 1986 pour commémorer le coup d'État organisé par les Mères de la place de Mai, mais il a fallu attendre les années 2000 pour en faire un jour férié, d’abord non chômé, puis le président Kirchner en a fait une journée non travaillé (2006). Le président Macri a tenté en 2017 d’en faire une fête mobile, mais a dû y renoncer devant le tollé provoqué par l’abandon de la date symbole du 24 mars.

Après la chute du régime militaire (le 10 décembre 1983), une loi dite “ point final” pardonnaient aux responsables de crimes contre l'humanité, aucune poursuite ne pouvait être entreprise. Le 14 juin 2005, grâce au président Néstor Kirchner, la Cour suprême de justice de la nation a finalement déclaré l'inconstitutionnalité de cette loi, ce qui avait permis l'organisation de nombreux procès publics contre les auteurs des crimes de la dictature. À l'heure actuelle, on continue d'enquêter sur les événements survenus entre 1976 et 1983 dans les différents centres de détention clandestins.

Des Français ont été victime de la répression. Une cérémonie a eu lieu à l'ambassade d'Argentine en France à Buenos Aires, devant la plaque "Plus jamais" en souvenir des victimes du terrorisme d'État. 

 
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27 février : drôle de fête au Sahara occidental
 

La République arabe sahraouie démocratique (RASD) fête ses 43 années d’une existence très relative, il faut bien l’avouer. La république a bien un président et un gouvernement mais établis, quasiment depuis l’origine en territoire étranger : c’est Tindouf, localité algérienne, qui fait figure de capitale. La fiction ne s’arrête pas là. Le pays se proclame arabe, alors que la population est berbère pour l’essentiel. Quant à son caractère démocratique, il est aussi virtuel que ne l’étaient celui des « démocraties populaires » de l’ancien bloc communiste. Cet État un peu surréaliste est tout de même reconnu par une cinquantaine de pays dans le monde, la liste fluctuant régulièrement au hasard des alternances politiques, le principal soutient étant l’Algérie. Une RASD, qui lui serait fidèle, lui ouvrirait une fenêtre sur l’océan, au grand dam du Maroc qui craint l’encerclement. Dans les faits, le territoire de la RASD est occupé à 80 % par ce dernier, depuis la Marche verte (voir 6 novembre). Mais, Rabat n’a pas réussi à faire entériner son annexion, de fait, par la communauté internationale. Quant aux Sahraouis, qui existent bel et bien, personne ne s’est jamais soucié de connaître leurs aspirations.

 
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