27 février : drôle de fête au Sahara occidental

 

La République arabe sahraouie démocratique (RASD) fête ses 50 années, un demi-siècle d’une existence très relative, il faut bien l’avouer. La république a bien un président et un gouvernement mais établis, quasiment depuis l’origine, en territoire étranger : c’est Tindouf, localité algérienne, qui fait figure de capitale de la RASD. La fiction ne s’arrête pas là. Le pays se proclame arabe, alors que la population est berbère pour l’essentiel. Quant à son caractère démocratique, il est aussi virtuel que ne l’étaient celui des « démocraties populaires » de l’ancien bloc communiste. Les Sahraouis existent bel et bien, mais personne ne s’est jamais soucié de connaître leurs aspirations en les faisant voter. Le fameux référendum devant leur faire choisir leur avenir n’aura sans doute jamais lieu faute d’un accord sur la liste des électeurs. Les États-Unis qui chapeautent actuellement une réunion sur règlement de la question sahraouie, tentent d’enterrer définitivement ce référendum impossible.

Cet État, un peu surréaliste, est tout de même reconnu par une trentaine de pays dans le monde (essentiellement d’Afrique et d’Amérique latine, l’Iran, le Vietnam et la Corée du Nord), la liste fluctuant régulièrement au hasard des alternances politiques (comme le virage à droite de l’Uruguay et de la Bolivie par exemple). Le principal soutient demeure l’Algérie. Une RASD, qui lui serait fidèle, lui ouvrirait une fenêtre sur l’océan, au grand dam du Maroc qui craint l’encerclement. Dans les faits, le territoire de la RASD est occupé à 80 % par ce dernier, depuis la Marche verte du 6 novembre 1975. Mais, Rabat n’a réussi à faire entériner son annexion que par les États-Unis (lors du premier mandat de Trump), mais pas par l’ONU ni par l’UE ni par la Ligue arabe. En revanche, le plan de paix proposé par le Maroc depuis 2007 est désormais soutenu par des pays comme l’Espagne et la France. Le 31 octobre 2025, le Conseil de sécurité de l’ONU l’a approuvé comme seule solution politique « sérieuse, crédible et réaliste ». L’autonomie qu’il prévoit pour ce territoire sera-t-elle réelle toute la question est là. Si les provinces du Sud, comme les nomment les Marocains, peuvent choisir démocratiquement leur exécutif local, le pari de ceux qui ont approuvé ce plan sera gagné. Si Rabat s’obstine à vouloir nommer cet exécutif, ce plan n’aura été qu’une farce.

Ce 27 février, les forces marocaines sont mobilisées à Laâyoune, principale ville du Sahara occidental, afin de dissuader des Sahraouis d’organiser des événements ou des manifestations pour célébrer l’anniversaire de la proclamation de la RASD. Quant aux quelque 30 000 habitants, nomades pour la plupart, vivant en territoire saharoui de l’autre côté du “mur de Sable” et sous placés officiellement depuis 1991 sous surveillance militaire de la MINURSO, forces des Nations unies, ils n’ont guère l’occasion de s’exprimer librement eux non plus.

Début février, des unités de l’Armée populaire de libération du peuple sahraoui (APLS) ont attaqué plusieurs positions de l’armée marocaine situées dans le secteur de Guelta... Cinquante ans après son déclenchement, en janvier 1976, le conflit du Sahara occidental s’éternise.

Toutefois, des discussions ont débuté le 8 février 2026 à Madrid. Elles rassemblent le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie ainsi que le Front Polisario et se déroulent sous la supervision directe de représentants du président américain Donald Trump…

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, février 2026

 
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Camp de réfugiés sahraouis dans le désert algérien

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