Articles avec le tag Canada
1er juillet : au Québec, on déménage
 

Le 1er juillet est la journée où beaucoup de locataires québécois déménagent. On estime que 200 à 250 000 familles changent de domicile le même jour, le phénomène est unique au monde. La raison est qu'au Québec les baux expirent généralement le 30 juin. Les autres Canadiens y voient un pied de nez au reste du pays qui célèbre la fête nationale chaque 1er juillet. Car longtemps, c’était le 1er mai que l’on déménageait. La loi a changé en 1974 pour repousser d’un mois la fin des baux.

À Montréal, les autorités municipales estiment que dix pour cent des ménages déménageront cette semaine. À l'approche du 1er juillet, de nombreux Québécois consultent frénétiquement les petites annonces dans l'espoir de pouvoir y dénicher leur prochain domicile. Des produits électroniques en fin de vie utile, des vêtements usagés, des jouets ou de la vaisselle, peuvent être déposés sur les trottoirs. Tous les ans, plus de 60 000 tonnes d’articles usagés à Montréal sont abandonnés dans la rue et ne sont pas réutilisés ou recyclés. 

Le phénomène est particulièrement important dans les grandes villes comme Québec ou Montréal où le nombre de locataires dépasse les 50 %. Dans ces villes, il est presque impossible de circuler en ville tant les rues sont remplies de déménageurs ce jour-là. Cette tradition du Moving Day est vivace. Cela permet notamment d’éviter le déménagement au milieu de l’année scolaire.



 
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27 juin : la Journée du multiculturalisme au Canada
 

En 1971, le Canada devenait le premier pays au monde à faire du multiculturalisme une politique nationale officielle, mais c’est en 2002 que le gouvernement a désigné le 27 juin comme la Journée canadienne du multiculturalisme, s’appuyant sur une orientation politique héritée des années 1970 et 1980 qui, pourtant, ne fait plus aujourd’hui l’unanimité.

Plus de 5 millions de foyers au Canada parlent une langue autre que l'anglais. Ces gens travaillent quelque part, possèdent des contacts et des réseaux, votent, magasinent, accompagnent leurs enfants à la pratique de hockey et au cours de danse – au même titre que les Canadiens anglophones ou francophones. Selon les autorités canadiennes : « La Journée canadienne du multiculturalisme nous donne l’occasion de célébrer notre diversité et notre engagement envers la démocratie, l’égalité et le respect mutuel ainsi que d’apprécier la contribution des différents groupes et communautés multiculturels à la société canadienne. »

On peut dire que le multiculturalisme, célébré aujourd’hui, n’est pas un vain mot au Canada. Ainsi, chaque année depuis plus de dix ans, le mois de février est consacré à l’histoire des Noirs et à l’apport de ces concitoyens, originaires d’Afrique, à la richesse du pays. En mai, c’est le mois du patrimoine asiatique et, là encore, c’est une façon de souligner l’importance et l’ancienneté de l’histoire commune de ces deux continents. 2010 fut l’Année des petits immigrants britanniques (de 1869 à la fin des années 40, plus de 100 000 enfants ont été amenés du Royaume-Uni au Canada). Le Prix Paul Yuzyk pour le multiculturalisme récompense chaque année des personnes ou des collectivités qui ont apporté des contributions exceptionnelles au multiculturalisme. La liste pourrait encore être longue tant cette idée est ancrée dans les mentalités et a fait de ce pays ce qu’il est aujourd’hui.

 
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24 juin : Saint-Jean, fête nationale du Québec
 

On a coutume de se souhaiter « bonne Saint-Jean ! » en ce jour de fête nationale qui trouve son origine, comme dans beaucoup de pays de tradition catholique, dans les traditionnelles fêtes de la Saint Jean qui est, par ailleurs, patron des Français du Canada.

Si toute la province est en fête, c’est à Québec (ville) que se déroule la plus grande manifestation, sur les plaines d’Abraham qui peuvent accueillir jusqu’à 200 000 personnes. La fête mêle, comme toujours au Québec, discours patriotiques, chants en français , concerts musicaux, défilés et, bien sûr, feux de joie.

C’est en 1977, sous le gouvernement souverainiste du Parti québecois, que la Saint-Jean-Baptiste devient officiellement fête nationale du Québec et jour férié, et en 1984 que son organisation est confiée au Mouvement national des Québecoises et des Québecois. Au fil des ans, elle est devenue la fête de tous les Québecois et non plus seulement celle des Canadiens d’origine française, catholiques de surcroît.

 
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21 juin : le solstice d'été (ou d'hiver)
 

À 17h54 (heure de Paris), c’est le solstice d’été pour l’hémisphère nord, la journée la plus longue de l’année. En revanche, pour l’hémisphère sud, c’est le début de l’hiver. En raison d’approximation de calendrier, les anciens avait pris coutume de le fêter le 24 juin, jour d’une fête du feu et de la lumière que les chrétiens ont recyclé en fête religieuse en la dédiant à saint Jean-Baptiste (fêté le 24 juin). Cela dit, certains pays organisent de grandes cérémonies tout particulièrement aujourd’hui. Ainsi, en Suède, où ­l’Égli­se catholique n’a pas eu la même emprise que plus au Sud, c’est une période de fête très populaire qui va s’étendre jusqu’au 29 juin. Pour la Midsommar, fête du milieu de l’été, la tradition veut que l’on danse autour de l’arbre de mai, symbole de fécondité après avoir bu de la bière froide aromatisée aux épices et de l’eau-de-vie (schnaps), indispensable au bon déroulement de la fête. En Finlande, la journée est fériée. Ceux qui ne sont pas partis à la campagne peuvent assister à les rites ancestraux, au musée de plein air de Seurasaari (Helsinki). Dans tout le pays, on allume des feux.

Ce n’est pas un hasard si, au Canada, le 21 juin a été désigné comme la Journée nationale des populations autochtones. Le solstice d’été est un moment important pour les Inuits, comme pour les autres premières nations, et il est apparu aux autorités comme le meilleur moment de l’année pour célébrer leur culture et leur patrimoine. Cette journée débute une série de fêtes canadiennes (21, 24, 27 juin et 1er juillet) qui s’insère dans la même tradition des festivités du cœur de l’été. C’est le même atavisme qui a fait choisir cette date comme fête nationale du Groënland. La grande île célèbre son nouveau statut acquis il y a 10 ans (le 21 juin 2009) : une autonomie élargie qui va lui permettre de gérer ses ressources naturelles. Un premier pas vers l’indépendance, même si la moitié des ressources provient toujours du Danemark.

À Stonehenge (grand monument circulaire mégalithique, au sud de l’Angle­terre), c’est à une tout autre cérémonie que se livrent des milliers d’adeptes du New Age. Ces néo-païens viennent se recueillir sur ce site vieux de 5 000 ans qui pourrait avoir été une horloge astronomique et dont la Heel Stone, une pierre en grès située à l’extérieur du cercle, est étrangement alignée avec le soleil levant.

Un peu partout dans le monde, c’est aussi, et surtout, la fête de la musique, une manifestation initiée par la France en 1982.

 
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11 juin : jour de mémoire au Canada pour les enfants autochtones enlevés à leur famille
 

Chaque année le 11 juin le Canada honore la mémoire des 150 000 enfants autochtones qui ont été enlevés de force de leur foyer pour être placés dans des pensionnats indiens à partir des années 1870 jusqu’au milieu des années 1990.

« Nos rêves comptent aussi », c’est le nom de la campagne que mène tous les ans, à cette même date, la Société de soutien à l’enfance et à la famille des premières nations du Canada (autrement dit des autochtones). Enfants et adultes sont incités à adresser au Premier ministre ou au député de leur circonscription une lettre réclamant l’équité culturelle pour les enfants des populations amérindiennes. D’autres organisent des marches de soutien à cette campagne.

Tout a commencé un 11 juin 2008 lorsque le Premier ministre Stephen Harper a pris la parole à la Chambre des communes afin de présenter des excuses aux autochtones pour le grave préjudice subi par certains d’entre eux, envoyés de force dans des pensionnats. En effet, dès le but du XXe siècle, le système retirait les jeunes enfants autochtones de leur famille et les envoyait dans des établissements, souvent éloignés de leur communauté, afin de les isoler de leur famille et de leur culture en vue de les forcer à s’assimiler à la culture dominante. Depuis, chaque année, le Canada célèbre le 11 juin au titre de la Journée nationale de réconciliation. Un jour férié est à l’étude à annoncé Justin Trudeau…

 
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20 mai : la Journée des patriotes au Québec
 

Le Québec est en effervescence, drapeaux de la province bien en évidence sur les bâtiments officiels et dans les rues, ambiance de fête empreinte de solennité, la journée est un mélange de grande fête populaire et de cérémonie du souvenir : défilés en tenue d’époque, reconstitutions de scène de bataille, repas champêtres, conférences, expositions… Cette journée commémore les événements de 1837-1838 qui virent les Québecois s’insurger face à l’occupant anglais pour la reconnaissance de leur peuple et la démocratie. Elle a remplacé en 2003, la fête de Dollard des Ormeaux, héros parfois controversé de la lutte pour l’indépendance de la Nouvelle France.

L’événement avait été remis au goût du jour dans les années 1920 pour concurrencer une autre fête, toujours d’actualité dans l’ensemble du Canada : la Fête de la reine ou Victoria Day, à l’origine l’anniversaire de Victo­ria, souveraine du Canada, aujourd’hui, d’Élisabeth II. À cette occasion, l’Union Jack (drapeau du Royaume-Uni) flotte aux côtés du drapeau national canadien toute la journée.

Cela dit, pour beaucoup de Canadiens, cette journée instaurée en 2002, représente avant tout … un jour férié et chômée de plus qui permet un week-end de trois jours !

Le drapeau des patriotes du Canada des années 1837-1838 (vert-blanc-rouge) est encore régulièrement brandi lors de la fête nationale du Québec, le 24 juin, et bien sûr pour la Journée des patriotes, au mois de mai.

 
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11 janvier : le Canada célèbre Macdonald
 

La journée instaurée en 2001 est aujourd’hui très controversée, même si on est bien loin du culte voué à George Washington dans le pays voisin. Chaque 11 janvier, les Canadiens se souviennent de John A. Macdonald (1815-1891) qui fut le premier chef du gouvernement d’un Canada indépendant, mais aussi à découvrir son histoire pas toujours très admirable, à tel point que sa statue qui trône sur la place du Canada à Montréal a été plusieurs fois vandalisée. Celle de l’hôtel de ville de Victoria, en Colombie britannique a été récemment retirée.

On lui doit le chemin de fer qui traverse le Canada, mais on dénonce aussi sa politique d’appropriation des terres des ­terres des Premières Nations des grandes plaines canadiennes, au centre du pays. On reproche également au premier dirigeant du Canada moderne d’avoir mis sur pied les écoles résidentielles, sortes de pensionnats dans lesquels les enfants autochtones furent envoyés de force afin qu’ils acquièrent « les habitudes et les pratiques des Blancs », comme le formulait Macdonald. Cette politique (qui a duré jusqu’en 1996) a séparé de leur famille quelque 150 000 enfants autochtones à qui on interdisait de parler leur langue. Nombreux sont morts des mauvais traitements subits dans ces pensionnats publics.

En dépit de révélations faites par des historiens à l’occasion de son bicentenaire, il y a quatre ans (il est né le 11 janvier 1815), John A. Macdonald demeure l’objet d’un culte officiel qui a au moins permis aux Canadiens de mieux connaître leur histoire.

John A. Macdonald est une figure familière des Canadiens, depuis des lustres, il figure sur les éditions successive des billets de 10 dollars.

 
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18 octobre : le jour où les Canadiennes sont devenues des personnes
 

Le 18 octobre, au Canada, c’est la Journée de l’affaire « personne ».

On remet aujourd’hui à Ottawa, le Prix du Gouverneur général à cinq femmes de nationalité canadienne, âgées de plus de 30 ans (il existe aussi un Prix jeunesse pour les 15 à 30 ans), ayant, par leur détermination et leur courage fait faire des progrès importants en matière d’égalité des sexes dans leur lieu de vie, de travail. Ce prix a été institué en 1979 à l’occasion du cinquantenaire de l’affaire « Personne », un combat qui a véritablement changé le cours de l’histoire des femmes au Canada.

C’est le refus, par trois premiers ministres successifs, de voir une femme accéder au Sénat sous prétexte que les femmes ne sont pas des « personnes ayant les qualités requises » au sens de la constitution du Canada qui est à l’origine de cette révolution. Il faudra la détermination de la principale intéressée, Emily Murphy, et de quatre soutiens influents : Henrietta Muir Edwards, louise McKinney, Nellie McLung et Irene Parlby pour obtenir gain de cause devant le plus haut tribunal de l’Empire britannique, en 1929, après huit années de lutte acharnée.

Tout à commencé en Alberta, où la décision d’une juge était contesté par un avocat. Les autorités de l’Alberta on confirmé la juge dans ses fonctions. Les cinq femme citées plus haut ont alors exhorté la Cour suprême du Canada à donner suite au précédent établi en Alberta. Le 24 avril 1928, la Cour rend une décision contraire à celle de la province, établissant que les femmes ne sont pas des personnes au sens juridique. Tenaces, les cinq femmes portent leur cas directement devant le Conseil privé britannique, outrepassant ainsi les pouvoirs juridiques canadiens. La Grande Bretagne infirmera la décision du Canada le 18 octobre 1929, affirmant, une fois pour toutes, que les femmes sont en effet des personnes au sens de la loi.

L’action de ces cinq pionnières ouvrira la voie à la participation des femmes à tous les aspects de la vie publique au Canada, sur un pied d’égalité avec les hommes.

Ce jour-là, en 1929, le plus haut tribunal d’appel du Canada a rendu une décision historique : les femmes seraient incluses dans la définition du mot « personne » au sens de la loi. C’est ainsi que les femmes ont obtenu le droit de siéger au Sénat, ce qui a mené à une participation féminine grandissante à la vie publique et politique.

 
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