20 janvier : la Lettonie se souvient de sa résistance à Moscou, il a 35 ans

 

En Lettonie, le 20 janvier est le Jour du souvenir des défenseurs des barricades (Barikāžu aizstāvju piemiņas diena). Ce n’est pas un jour férié, juste une célébration annuelle mais cette année, c’est le 35e anniversaire des événements de janvier 1991. Il intervient alors que la menace russe est de plus en plus pressante aux frontières orientales de l’Europe.

Depuis 1991, le gouvernement letton avait appelé les citoyens à construire des barricades pour protéger les institutions du pays face aux troupes soviétiques, essentiellement composées de soldats russes, qui avaient pour objectif de reprendre le contrôle de ces trois petites républiques baltes qui s'étaient déclarées indépendantes en 1990. La Lettonie l’avait fait le 4 mai.

Le matin du 13 janvier 1991, alors les troupes soviétiques avaient lancé une attaque meurtrière contre contre Vilnius, les dirigeants du Front populaire letton, Dainis İvāns et Romuald Ražuks, ont appelé les Lettons via la radio lettone à se rassembler place du Dôme. Ce jour-là, environ 500 000 personnes ont participé à la manifestation organisée par le Front populaire letton sur la Daugavmala pour exprimer leur soutien à la Lituanie et leur détermination à poursuivre la lutte pour l'indépendance. À Riga, les habitants ont spontanément érigé des barricades dans les rues étroites de la vieille ville. Le lendemain, 14 janvier, ils étaient quelque 50 000 à se mobiliser pour les défendre alors que les troupes soviétiques étaient entrées en Lettonie. Les combats sporadiques ont duré plusieurs jours. La première victime fut Roberts Mūrnieks, décédé le 16 janvier. La journée du 20 janvier fut la plus sanglante : cinq personnes furent tuées par balle et treize blessées lors de l'attaque de l’OMON, une unité spéciale de la garde nationale russe, contre le ministère letton de l’Intérieur dont elle voulait reprendre le contrôle. Le même jour, des manifestations rassemblaient plus de 100 000 personnes à Moscou pour soutenir les indépendantistes lettons.

Le 21 janvier, le président tchécoslovaque Václav Havel, s’adresse à Gorbatchev et exige la fin des opérations militaires à Riga. Le président du Soviet suprême, Boris Eltsine, envoie un télégramme gouvernemental présentant ses condoléances aux familles des victimes et condamne l’usage d'armes contre des civils. Le même jour, à Moscou, le président du Soviet suprême de la République de Lettonie, Anatoli Gorbounov, rencontre M. Gorbatchev, qui promet de mettre fin aux opérations militaires à Riga.

Les barricades de la vieille ville de Riga serviront encore le 21 août 1991 quand Moscou réagira à l’instauration de la constitution lettone. Elles ne seront démantelées qu’à automne 1992.

Chaque année, la commémoration commence par une minute de silence. Des couronnes sont déposées sur les tombes des victimes et au Monument de la Liberté. Une liturgie spéciale est servie dans la cathédrale de Riga, suivie du discours du président de la Lettonie. Dans la soirée, des feux de joie commémoratifs seront allumés dans les rues de Riga.

Pour le 10e anniversaire, a été inauguré à Riga un musée des barricades (barikāžu muzeju). En 2006, pour le 15e anniversaire, la Lettonie a frappé une pièce de monnaie commémorative de cet événement.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 20 janvier 2026

Le mémorial de la barricade près de la Saeima, à Riga (photo J. Sedols)

 
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