19 janvier : la minorité hindoue du Cachemire commémore son exode forcé
L’exode des hindous du Cachemire (काश्मीरी हिन्दुओं का बहिर्गमन - کٲشِرؠ بَٹَن ہُنٛد جُلاے وطن) s’est produit au début des années 1990. Entre 120 000 et 140 000 Pandits (les hindous) vivaient dans la vallée du Cachemire à majorité musulmane (la partie du Cachemire sous administration indienne). Face à la violence, quelque 90 000 à 100 000 ont quitté la vallée ou se sont sentis contraints de le faire en 1990, date à laquelle on estime qu’entre 30 et 80 d’entre eux auraient été tués par des militants indépendantistes cachemiris.
En 1989, une insurrection avait éclaté au Cachemire. Alimentée par le mécontentement des Cachemiris envers le gouvernement fédéral indien suite à la fraude électorale de 1987 et au non-respect de sa promesse d'une plus grande autonomie du Cachemire, cette insurrection dégénéra en un véritable soulèvement contre l'État indien. Le Front de libération du Jammu-et-Cachemire (JKLF), une organisation indépendantiste aux origines laïques mais travaillée par les islamistes et les services secrets pakistanais. Début 1990, on a eu à déplorer quelques dizaines de morts parmi les Pandits, ce qui les décida la grande majorité des hindous cachemiris à fuir la vallée lors d'une migration massive. Leur exode se poursuivra pendant des années les années suivantes, si bien que deux décennies plus tard, il ne restait plus qu'environ 3 000 familles.
En réaction à la nomination par le gouvernement indien d’un gouverneur du BJP, particulièrement hostile à l’autonomie de la province, Farooq Abdullah, ministre en chef du Jammu-et-Cachemire a démissionné le 18 janvier 1990 et Jagmohan a suggéré la dissolution de l'Assemblée législative de l'État. La date du 19 janvier est celle d’une accélération de l’exode. D’autant que des appels anti-hindous ont été diffusés par haut-parleurs de certaines mosquées, enjoignant les Pandits à quitter la vallée. Ce Kashmir Pandit Exodus Day est principalement commémoré dans la diaspora. Le 19 janvier est devenu le symbole de la tragédie qui s’est déroulée au Cachemire en 1990.
Beaucoup étaient partis peu après l’indépendance de l’Inde et ont migré vers d’autres régions de l’Inde, pour échapper à un déclin socio-économique promis par la réforme agraire car l’élite des Pandits possédait plus de 30% des terres arables de la vallée. En 1990, ce sont des Pandits bien moins riches ou franchement pauvres qui ont dû fuir la région. Beaucoup se sont installés au Jammu, pensant revenir quelques mois plus tard. Ils attendent toujours qu’on leur rende justice. Le gouvernement ultranationaliste de l’Inde n’a eu d’autre réponse que de retirer au Cachemire-Jammu, en 2019, son statut d’autonomie, ce qui a exacerbé les tensions.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 19 janvier 2026
La vallée du Cachemire est figurée en vert.
En orange, le Jammu ; en bleu, le Ladakh.
En gris, au nord, Gilgit-Balistan (le Cachemire pakistanais) ; à l’est, l’Akai Chin, occupé par la Chine.