8 janvier : Lula célèbre la démocratie brésilienne l’opposition boycotte la cérémonie
Au Brésil, le gouvernement du président Luiz Inácio Lula da Silva (PT) organise une cérémonie célébrant le troisième anniversaire de l’échec de la tentative de coup d'État du 8 janvier 2023. Elle se déroule à Brasilia, sur les lieux même où les événements se sont déroulés, c’est-à-dire, au Palácio do Planalto (palais présidentiel) et sur la sur la Praça dos Três Poderes (place des Trois Pouvoirs).
Il y a trois ans, le 8 janvier 2023, des partisans de l'ancien président de la République, Jair Bolsonaro, ont envahi et vandalisés le palais du Congrès national, le palais présidentiel du Planalto et le Tribunal suprême fédéral, situés sur la place des Trois-Pouvoirs à Brasilia. Cette tentative de coup d'État, inspirée de l’attaque du Capitole des États-Unis par des insurgés trumpistes, le 6 janvier 2021, a été imputée à Jair Bolsonaro qui n’avait pas accepté sa défaite électorale. L’ancien président a été condamné à 27 ans de prison et plusieurs de ses proches ont écopé de peines de prison, lourdes pour la plupart.
Pour ce troisième anniversaire, les ministres du gouvernement ont été appelés à se tenir aux côtés de Lula ainsi que les commandants des forces armées et un certain nombre de haut gradés dans le but de démontrer l’unité entre le gouvernement et l’armée, dans une volonté de tourner la page d’une séquence mortifère pour le pays. Car la condamnation de haut gradés, impliqué dans la tentative de coup d’État, par la Cour suprême reste une plaie ouverte dans les casernes, en raison du préjudice qu’elle a causé à l'image de l’armée.
En revanche, le président de la Chambre des députés, Hugo Motta, et le président du Sénat, Davi Alcolumbre, ont décidé de ne pas assister à la cérémonie. Leur absence n’est pas sans précédent. L'an dernier, leurs homologues de l'époque, Rodrigo Pacheco et Arthur Lira, avaient également manqué la cérémonie. Le désintérêt des principaux dirigeants du pouvoir législatif, qui n'ont ni promu leurs propres événements ni commenté la date, témoigne du désintérêt ou de l’hostilité d’une bonne partie de la classe politique pour les commémorations de l'attentat du 8 janvier. Ce qui n’est pas de bon augure pour l’avenir d’un Brésil démocratique.
Le Congrès brésilien a approuvé le 17 décembre 2025 une proposition de loi pour réduire sa peine de prison. Le texte, porté par la majorité conservatrice et adopté à 48 voix contre 25 par le Sénat, pourrait ainsi diviser par plus de dix la durée de sa peine en la limitant à deux ans de prison. Il en sera ainsi pour les autres condamnés, sauf si Lula met son véto à cette décision comme il l’a laissé entendre. Le Congrès peut néanmoins annuler ce véto, mais à une majorité qualifiée… à suivre.
Parallèlement, le Parti des travailleurs (PT, le parti de Lula) a appelé à des manifestations nationales le 8 janvier pour défendre la démocratie et la souveraineté nationale. L’un des thèmes centraux de ces événements sera la mobilisation contre le projet de loi relatif aux peines. À la lumière des récents événements au Venezuela (l’enlèvement de Nicolás Maduro par l’armée des États-Unis), les dirigeants du parti estiment que la question de la souveraineté latino-américaine doit également être intégrée aux manifestations de ce 8-Janvier.
Par ailleurs, à la Cour suprême fédérale (STF), l’événement sera célébré par un programme spécial, comprenant l’ouverture d'une exposition, la projection d'un documentaire et une table ronde avec les journalistes qui ont couvert la tentative de coup d’État.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 7 janvier 2026
L’attaque du Congrès fédéral par des insurgés bolsonaristes, le 8 janvier 2023 (photo gouvernement du Brésil)