7 avril : la sinistre mémoire de la répression du régime de Kadhafi
Il y a 50 ans, le 7 avril 1976, des centaines d’étudiants de Benghazi et de Tripoli ont été arrêté pour avoir manifesté contre le dictateur Mouammar Kadhafi (au pouvoir depuis 1969). Un an après, jour pour jour, en 1977, plusieurs étudiants ont été publiquement pendus à l’université al-Fateh de Tripoli et sur la grande place de Benghazi. Ces pendaisons avaient été retransmises par la télévision publique libyenne. Durant les années qui ont suivi, le régime de Kadhafi a fait de la journée du 7 avril, la journée des exécutions. Les victimes de ces exécutions qui se sont poursuivies jusque dans les années 1990, n’étaient pas que des étudiants, mais aussi des militaires dissidents.
Retransmission télévisée des pendaisons d’opposants
Les familles des victimes des massacres et des prisonniers politiques ont pris l’habitude se retrouver chaque 7 avril sur la Place al-Izza wal Karama, proche du tribunal de Benghazi, qui avait été le théâtre de la première étincelle de la révolution du 17 février 2011, mais aussi à Tripoli.
Toutefois, aucune commémoration officielle n’est organisée par aucun des deux gouvernements rivaux qui se partagent le pays. Aujourd’hui en Libye, le souvenir de la répression du 7 avril 1976 et des exécutions récurentes sous le régime de sous Mouammar Kadhafi, servent surtout à éliminer un adversaire politique en l’accusant d’appartenir au système autoritaire d’avant 2011. Cependant, dans les milieux officiels, cette répression est souvent minimisée. L’Université du 7 avril a été renommée Université de Zaouïa après 2011 afin de rompre nettement avec ce symbole. Dans les milieux révolutionnaires (post-2011), le 7-Avril est vu comme la preuve de la brutalité du régime de Kadhafi. Cette mémoire est utilisée pour justifier la révolution et valoriser les “martyrs”.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 7 avril 2026