18 août : l’un des derniers sursauts démocratiques à Hong Kong
Le 18 août 2019, des centaines de milliers de manifestants prodémocratie avaient défilé contre les autorités locales, pro-Pékin, à l’appel du Front civil des droits de l'Homme (FCDH), organisation non violente à l'origine des manifestations géantes de juin et juillet précédant auxquelles avaient pris part des centaines de milliers de personnes. Ce 18 août, ils étaient 1,7 million dans les rues de Hong Kong, selon les organisateurs.
La police avait donné son feu vert à ce rassemblement dans le parc Victoria. Ce parc proche du quartier très commerçant de Causeway Bay est de longue date emblématique de la contestation à Hongkong. Mais les autorités avaient interdit aux manifestants de défiler dans la rue. Ce genre d'interdiction a toutefois presque systématiquement été ignoré par les manifestants ces dernières semaines, donnant lieu à des heurts avec les forces de l'ordre.
Conformément à la déclaration sino-britannique de 1984 qui avait défini le principe « Un pays, deux systèmes », Hongkong jouissait de libertés inconnues dans le reste de la Chine, et ce jusqu’en 2047. Cette promesse n’a jamais été tenue, la démocratie n’est plus qu’un lointain et vague souvenir. D’autant que les Anglais, s’ils ont respecté les libertés publiques, n’ont jamais institué de régime démocratique dans la colonie.
En 2021, plusieurs personnalités d’opposition, connues comme les « neuf du 18 août », ont été condamnées à des peines de prison. C’est à eux que l’on pense chaque 18 août, sans pouvoir l’exprimer publique dans un pays où toute manifestation politique est strictement interdite, y compris à Hong Kong. Seule l’opposition en exil peut commémorer cette date.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 18 août 2026
Manifestation dans une rue de Hong Kong, 2019 (photo Wikipedia)