Articles avec le tag Tchéquie
16 mai : Jean Népomucène, patron de la Bohème
 

Il est difficile de ne pas le remarquer, pas un pont, pas une église, pas un village qui n’ait sa statue de Jean Népomucène, un saint très populaire en Bohème, la plus célèbre des effigies étant certainement la magnifique statue qui orne le pont Charles à Prague (la toucher porterait chance dit-on !).

On fête cette année le 626e anniversaire de sa mort. C’est l’occasion chaque année pour les Praguois de se retrouver pour une messe solennelle autour du tombeau en argent du saint, dans la cathédrale Saint-Guy de Prague et d’assister à d’innombrables manifestations (concerts baroques, spectacles de son et lumière) à travers le pays.

Jean nait vers 1340 en Bohème, à Nepomuk, d’où lui vient son nom. Ordonné prêtre en 1373, il est chapelain de la reine. Très vite, le roi de Bohème est furieux de son désir d’indépendance religieuse et de sa proximité avec la reine dont il refuse de divulguer les secrets. Il le fait arrêter, torturer, assassiner puis fait jeter son corps dans la Moldava. Sa canonisation en 1729 en fait un symbole de la Contre-Réforme en Bohème. Son culte, symbole de la véracité et de la fidélité, est répandu également en Bavière, en Espagne et en Amérique latine.

 
nepomucene.jpg
16 janvier : il y a 50 ans un étudiant tchèque s'immolait par le feu
 

Le 16 janvier 1969, Jan Palach, un étudiant en philosophie de 20 ans s’immolait par le feu, place Venceslas à Prague. Cet acte de désespoir, quelques mois après l’écrasement du printemps de Prague, n’a pas eu d’effet politique immédiat. Mais 20 ans plus tard, jour pour jour, le 16 janvier 1989, une manifestation à sa mémoire était le premier déclic de la protestation contre le régime communiste lequel allait tomber quelques mois plus tard.

L’immolation de Mohammed Bouazizi, en Tunisie, en décembre 2010 avait entrainé une chute plus rapide de la dictature quelques semaines à peine. Bouazizi ne connaissait probablement pas Palach, en revanche on sait que ce dernier avait eu vent du geste de Thich Quang Duc, un moine bouddhiste qui s’était suicidé par le feu à Saigon, en 1963.

Déjà, en septembre 1968, Ryszard Siwiec s’était immolé à Varsovie pour protester contre la participation des unités militaires polonaises à l’occupation de la Tchécoslovaquie. Même si Jan Palach est le seul de son groupe d’étudiants à être passé à l’acte, d’autres tchécoslovaques l’imiteront comme Jan Zajíc, lycéen de Moravie du Nord, et Evžen Plocek, dirigeant syndical de la région de Vysočina.

Un mémorial est dédié à Jan Palach sur la place Venceslas à Prague. C'est le lieu d'une commémoration chaque 16 janvier. Des rassemblements se déroulent un peu partout dans le pays, et en particulier sur le lieu hautement symbolique qu’est le parvis de la Faculté de philosophie de l’Université Charles à Prague, où Jan Palach était étudiant. Une cérémonie est aussi organisée à Vsetaty, sa ville natale.

La maison familiale de Jan Palach, située à Všetaty près de la ville de Mělník en Bohême centrale, a été transformée en musée et centre éducatif, ouvrant symboliquement ses portes le 21 août 2018, soit 50 ans après le début de l’occupation de la Tchécoslovaquie par les troupes du pacte de Varsovie.

 
palach.jpg