L’Almanach international

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Fêtes traditionnelles, tradition chrétienne Bruno Teissier Fêtes traditionnelles, tradition chrétienne Bruno Teissier

8 février : dans plusieurs pays, c’est Jeudi gras !

Là où il est fêté, le Jeudi gras est une journée gourmande qui tombe chaque année le dernier jeudi avant le premier jour du Carême. Ce jour est célébré tout particulièrement en Allemagne, en Belgique, en Suisse, en Grèce, en Pologne, en Espagne, en Italie, au Liban...

 

Là où il est fêté, le Jeudi gras est une journée gourmande qui tombe chaque année le dernier jeudi avant le premier jour du Carême, soit six jours avant le mercredi des Cendres et 52 jours avant le dimanche de Pâques. Ce jour est célébré tout particulièrement en Belgique, en Suisse (où c'est même un jour férié dans certains cantons : Uri, Schwyz, Lucerne, Nidwald), en Grèce, en Pologne, en Espagne, en Italie, en Allemagne, au Liban...

En Rhénanie, c’est le Weiberfastnacht, qui signifie « Carnaval des femmes ». L'une des plus anciennes célébrations du Jeudi gras en Allemagne est la Beueler Weiberfastnacht, un carnaval féminin du quartier de Beuel à Bonn, lequel fête cette année son bicentenaire. Il s’agit d’une prise symbolique de l’hôtel de ville. Le jour n’est pas férié mais il est d’usage de ne pas travailler l’après-midi du Jeudi gras afin de participer aux festivités. Aux Pays-Bas, c’est  Oudewijvenbals (le bal des vieilles femmes).

En Pologne, lors du Jeudi gras (Tłusty czwartek), les Polonais dégustent des beignets (les pączki) fourrés à la confiture de pétales de roses. Autrefois, la journée était marquée par des défilés de mummers, mettant en vedette principalement des femmes, organisés dans les villes et villages de toute la Pologne.

En Suisse, autrefois, pour survivre au carême (à partir du mercredi des Cendres), les gens avaient l’habitude de manger autant de graisse que possible le Jeudi gras. Schmutz (ou Schmotz) est un terme dialectal alémanique désignant la graisse. Dans le Lötschental, des roitschäggättä, des personnages à l'aspect sauvage habillés de peaux et portant d'impressionnants masques de bois, envahissent la vallée le soir du Jeudi gras.

Le carnaval de Lucerne s’ouvre traditionnellement le jeudi gras avec les Fritschi, qui arrivent à bord d’un bateau sur le lac des Quatre-Cantons à 5 heures du matin pour annoncer l’ouverture du carnaval par un coup de tonnerre connu sous le nom de “big bang“, marquant le début des six jours de fête. Le Fritschi, un vieil homme accompagné de sa femme et de son fils, semble tirer ses origines d’une figure symbolique du passé, une marionnette de paille appelée Fridolin.

En France, il n’y a guère qu’en en Picardie que l'on fêtait jeudi Jeudyou. Les enfants allaient de porte en porte dans les villages et entonnaient un chant de quête. À Paris, jadis, avait lieu le cortège traditionnel du Bœuf Gras, un épisode d’un carnaval qui a disparu.

En Belgique, jusque dans les années soixante, les jeudis gras étaient autrefois une occasion pour les jeunes hommes et femmes de se déguiser et taquiner les clients des bars. Les enfants sont de nos jours mis à l’honneur le premier jeudi gras avec un cortège et le quatrième jeudi gras avec un grand bal masqué qui leur sont réservés. Les soirées des premier, deuxième et troisième jeudis gras sont réservés à la sortie des sociétés locales. 

En Italie , le Jeudi gras (Giovedì grasso) est célébré comme le Mardi gras, mais plus modestement. 

En Espagne, c’est jueves lardero en espagnol ou dijous gras en catalan. Chaque région du pays a ses propres plats traditionnels cuisinés pour le Jeudi gras : la mona (une pâtisserie ronde farcie d'un œuf dur) à Albacete, une saucisse spéciale en Aragon, le buñuelo (une sorte de beignet) et la botifarra d'ou (saucisse aux œufs). ) en Catalogne, etc.

Au Liban, chez les maronites on se retrouve le jeudi gras en fin d'après-midi et en soirée autour d'une table remplie de mezzés Libanais pour faire le festin, manger et boire. C’est le khamiss assakara (jeudi des ivres), déformation de khamiss ezzakara (jeudi du souvenir) car c’est aussi l’occasion de prier en mémoire de tous les défunts, parents ou amis.

En Grèce, le dernier jeudi avant le Carême s'appelle Tsiknopempti. Une fête occasion à de grands barbecues en plein air. Mais la date qui dépend de celle de pâques, n’est pas la même qu’en Occident. La semaine qui suit le Tsiknopempti est appelée "semaine blanche ou semaine du fromage". Les Grecs mangent principalement des produits laitiers et des oeufs. À partir de lundi prochain, la viande sera bannie des repas jusqu'à la fin du Carême.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 7 février 2024

Friandises polonaises pour le Jeudi gras

Le Cwarmê, le carnaval de Malmedy, en Belgique. Ici , le grand cortège carnavalesque du dimanche qui suit le Jeudi gras.

 
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19 décembre : dernier dimanche avant Noël, les Allemands allument la 4e bougie

C’est le 4e dimanche de l’Avent. Dans les régions où c’est la tradition, comme en Allemagne, on allume la 4e bougie d’une couronne faite de branches de sapin.

 

Pour les chrétiens occidentaux, c’est le 4e dimanche de l’Avent, la période qui se termine à Noël. Dans les régions où c’est la tradition, comme en Allemagne, on allume la 4e bougie d’une couronne de branches de sapin que l’on a confectionné pour le 1er dimanche de l’Avent. Une occasion pour les enfants allemands de faire rôtir une écorce d’orange sur la flamme de la bougie ou quelques aiguilles de sapin, pour le plaisir de l‘odeur. Cette tradition, qui vient des protestants, reste très populaire, même chez les catholiques.

La tradition vient du monde germanique et est bien antérieure au christianisme. Les Anciens symbolisaient le cycle de la vie avec des roues de feuillages. En cette période de fin d’un cycle et du début d’un renouveau, correspondant au solstice d’hiver, les chrétiens se sont inspirés des coutumes païennes de la couronne qui évoque la course du soleil.. La couronne de l’Avent (Adventskranz) est apparue au XVIe siècle en Allemagne du Nord, sous l’influence des Frères Moraves (une secte protestante), avec la tradition d’éclairer une bougie à chaque dimanche de l’Avent. Plus tard, elle a été popularisée par le pasteur luthérien Johann Hinrich Wichern (1808-1884) qui a eu l’idée, en 1839, de faire éclairer 24 bougies successivement chaque jour de l’Avent par les enfants d’un orphelinat de Hambourg. La coutume n’a pénétré en Alsace que dans les années 1930 et en Autriche après 1945. La couronne de l’Avent a traversé l’Atlantique avec l’immigration allemande, mais les Américains ont plutôt inventé l’usage de l’accrocher verticalement à leur porte d’entrée pour monter au voisinage que leur maison fête Noël. Par le biais des séries américaines, la coutume est arrivée ensuite en France où la tradition des bougies n’existe pas sauf un peu en Alsace. Les Français l’ont adopté comme un élément purement décoratif du temps de Noël. Le monde orthodoxe a pu aussi être influencé, à la marge. Ceux qui suivent cette coutume, allument successivement 6 bougies, car pour les orthodoxes, l’Avent compte deux dimanches de plus. Certains, chez les catholiques allemands, prévoient une cinquième bougie à allumer le jour de Noël. En Suède, on ne les éclaire que lors de la Sainte-Lucie, mais toutes en même temps. Il existe de nombreuses variantes… Toute cette symbolique de la lumière, d’origine païenne, n’est pas sans rappeler, bien sûr, la tradition juive d’Hanoucca.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 18 décembre 2021

 

la couronne du pasteur Wichern

Au dessus de la porte d’une église nord-américaine

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