9 mai : rassemblement néofasciste dans les rues de Paris

 

Depuis trente ans, le 9 mai est la date d’un rassemblement de de l’ultradroite française et européenne, dans les rues de Paris. Il a parfois été interdit, ce n’est finalement pas le cas cette année malgré la demande de la préfecture de Police.

Pour en connaître l’origine, il faut remonter à 1994. Cette année-là, le 7 mai, la veille des commémorations de la victoire sur le nazisme, tout que la France comptait de militants de l’ultradroite s’était donné rendez-vous place Denfert-Rochereau, à Paris, pour un rassemblement, intitulé « Bienvenue aux ennemis de l’Europe ! » Tout un programme compte-tenu de la date choisie et à quelques semaines de la commémoration du 50e anniversaire du débarquement allié en Normandie.

La manifestation qui avait été interdite par le préfet de police, s’est tout même tenue provoquant des affrontements avec les forces de l’ordre et l’arrestation de 107 manifestants. Par bravoure, quelques-uns arrivèrent à échapper à la police. L’un d’eux , le jeune Sébastien Deyzieu (militant de l’Œuvre française, mouvement fasciste aujourd’hui dissous), a trouvé la mort en tombant du toit d’un immeuble.

Suite à ces événements, un Comité du 9-Mai (C9M) a été constitué par le GUD (extrême droite étudiante) et le Front National de la jeunesse (émanation du parti de Jean-Marie Lepen). Ce comité a lancé ses militants à l’assaut du ministère de l’Intérieur ainsi que contre Fun Radio, une radio qui connaissait un certain succès à l’époque. Les militants arrêtés et condamnés seront notamment défendus par Marine Le Pen.

Le C9M reste un mouvement informel qui rassemble néonazis et néofascistes dont la principale occupation était d’organiser chaque 9 mai, à partir de 1995, défilé dans les rues de Paris, qui attire des militants néonazis, identitaires et racistes venus de toute l’Europe, notamment de l’AfD allemande, des fascistes italiens de CasaPound… Ils défilent tout vêtus de noir et cagoulés (ce qui passible d’une amende), effectuant des saluts nazis (ce qui est un délit).

Ainsi, ce 9 mai 2025, 1200 crânes rasés ont défilé en rang derrière des bannières noires frappées de la croix celtique, beuglant des chants identitaires. La police a pu identifier d’ex-gudards qui ont créé un nouveau groupe, les Hussards Paris, après leur dissolution en 2024. Ils sont appuyés aussi par des hooligans de Jeunesse Boulogne et le groupuscule néofasciste Luminis. Des dérapages ont été constatés, notamment des saluts nazis et des slogans racistes, homophobes et xénophobes. La manifestation avait pourtant initialement été interdite par la préfecture de police, mais le tribunal administratif a suspendu cette mesure.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 9 mai 2025

Mise à jour 2026 : les autorités ont estimé que la présence de militants violents, souvent masqués et en provenance de toute l’Europe, mais aussi le port de symboles néonazis, n’est pas de nature à garantir une manifestation pacifique. Ce 9 mai 2026, la manifestation a été interdite et cette fois le Tribunal administratif a confirmé cette interdiction. Un rassemblement a tout de même eu lieu, mais pour la première fois depuis 2008, il n’était pas autorisé. La police a procédé à quelques arrestations et confisqué des armes. 

 
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