6 mai : chrétiens et musulmans palestiniens fêtent la Saint-Georges
La Saint-Georges est une grande fête en Palestine, elle est principalement célébrée dans la localité d’al-Khader, située à quelques kilomètres de Bethléem. La fête de la Saint-Georges est célébrée chaque année le 6 mai par les chrétiens orientaux. La veille, musulmans et chrétiens affluent de toute la région vers le monastère pour pique-niquer sous les arbres qui entourent l'église. Jadis on venait de toute la Palestine mais dans le contexte de violence incontrôlée qui règne en Cisjordanie où chrétiens et musulmans sont en danger, le pèlerinage a aujourd’hui une audience plus réduite. Le lendemain matin, le 6 mai donc, les chrétiens des villes de Bethléem, de Beit Jala et de Beit Sahour se rendent en procession à l’église d’al-Khader pour accomplir leurs offrandes et célébrer la fête.
L’an dernier, en 2025, le métropolite Benoît de Diosaesarea, représentant patriarcal à Bethléem, avait présidé la cérémonie et l’avait concélébré avec l’higoumène du monastère des Bergers de Beit Sahour et chef de l'Église de Betjala, l’archimandrite Ignace, l’exarque du Saint-Sépulcre à Athènes, l’archimandrite Hiéronymos, ainsi que des prêtres arabophones de la région de Bethléem et de Jérusalem. Le consul général de Grèce à Jérusalem, Dimitrios Angelosopoulos, et des représentants de l’Autorité palestinienne avaient assisté à l’office.
Saint Georges, qui a vécu de la fin du IIIe siècle au début du IVe siècle, fut témoin et victime d’une période de persécution des chrétiens par l’empereur romain Dioclétien. Il était réputé pour ses dons exceptionnels de guérison physique et mentale. De nombreux parents viennent faire baptiser leurs enfants dans cette église pour cette raison. On lui prête aussi la capacité à faire venir la pluie dans les régions arides. Les chrétiens le connaissent sous le nom de Mar Jiryes, tandis que les musulmans l’appellent Al Khader, le guérisseur vert qui apporte la fertilité. Un monastère orthodoxe grec, datant du XVIe siècle, fut érigé en son honneur, au sud de Bethléem, près du village d'El Khader qui porte son nom. L’église actuelle fut construite en 1912 sur les ruines de la chapelle du XVIe siècle, dont il ne reste que quelques vestiges.
En arabe palestinien, la Saint-Georges est appelée al-Khader, ce nom vient de Khidr (الخضر) un personnage énigmatique du Coran, sans doute un ange, avec lequel il a fini par se fondre. Al-Khidr serait un serviteur vertueux de Dieu, doté d’un savoir mystique et d’une grande sagesse, mais dont le texte religieux dit peu de choses si bien qu’il a été l’objet d’un syncrétisme au fil du temps en se confondant avec d’autres figures religieuses de diverses religions, notamment saint Georges, mais aussi saint Sarkis le Guerrier et saint Jean-Baptiste en Arménie, Sraosha dans la tradition zoroastrienne, Gilgamesh des Sumériens… On le célèbre aussi en Turquie lors de Hıdırellez.
Sur le tombeau de Georges de Lydda
Le 6 mai, une cérémonie se déroule aussi à Lod (Lydda pour les Arabes). Musulmans et chrétiens ont été massivement massacrés ou chassés de cette localité en 1948 à l’occasion de la création d’Israël, mais l’église où se trouve le tombeau de Georges de Lydda existe encore, elle est gérée par l’Église grecque orthodoxe. Le tombeau du saint, situé dans la crypte, est l’objet d’un pèlerinage.
Georges de Lydda est également fêté le 6 mai dans les Balkans, notamment en Bulgarie. En revanche, en Occident, c’est le 23 avril, principalement en Catalogne, en Angleterre, en Hongrie, Grèce… Georges aurait été décapité un vendredi, le 23 avril 303 (selon le calendrier grégorien), le 6 mai selon le calendrier julien.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 5 mai 2026
Al-Khader, 6 mai 2025 (photo : Patriarchat de Jérusalem)