5 mai : une défaite française devenue une fête identitaire mexicaine

 

El Cinco de Mayo est une fête populaire au Mexi­que, mais surtout en Californie, en Arizona… où ce jour fait figure de fête nationale de la communauté mexicaine, à l’image de la Saint-Patrick pour les Irlandais (17 mars). Il commémore la victoire de Puebla (1862), où les forces mexicaines du général Ignacio Zaragoza ont pu repousser un corps expéditionnaire français, deux fois plus nombreux et bien décidé à pousser l’offensive jusqu’à la capitale pour obliger le gouvernement mexicain à payer ses dettes. Au Mexique, en particulier dans l’État de Puebla, les écoliers et étudiants ont un jour de congé ; une reconstitution de la bataille est organisée à Puebla, suivi d’un défilé coloré dans les rues de cette ville (la quatrième du Mexique).

Au Mexique, le nom officiel de cette festivité est « Día de la Batalla de Puebla » (« Le jour de la bataille de Puebla »). C’est surtout aux États-Unis que l’on parle du Cinco de Mayo. À Los Angeles, une grande parade se déroule sur Olvera street et à San Francisco, sur sur Valencia Street, dans le quartier de Mission. Dans le quartier Fruitvale d’Oakland c’est sur Jack London Square que se déroule la fête… Le succès populaire du Cinco de Mayo aux États-Unis est dû aux étudiants chicanos de la fin des années soixante. Les membres de l’organisation MEChA en Californie cherchaient un jour de fête pour cultiver leurs origines, mexicaines pour la plupart. Le 16 septembre (fête nationale du Mexique) était trop tôt dans l’année scolaire pour que les étudiants puissent s’organiser. Le mois de mai est beaucoup propice à ce genre d’événement. Toutefois dans certains cas les festivités ont été déplacées au week-end le plus proche. La fête ne se limite pas à la Californie : chaque 5 mai, Philadelphie organise une grande parade festive, appelée Carnaval de Puebla

Tout cela pour célébrer une victoire purement symbolique, puisque Zaragoza gagna la bataille mais perdit la guerre. Les Français prendront Mexico en 1864 et garderont le pouvoir jusqu’au retrait de leurs troupes du Mexique en 1866. C’est la raison pour laquelle ces festivités sont peu prisées des autorités mexicaines, hormis dans l’État de Puebla, théâtre de la bataille qui a vu s’affronter des Mexicains sous-équipés face à une armée française, réputée à l’époque comme la meilleure du monde.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 4 mai 2026

 
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