21 octobre : l’Inde célèbre sa police
Alors que l’Inde est confrontée depuis plusieurs semaines à la révolte de sa jeunesse, traitée de cafards par les autorités, et que la police débordée est critiquée pour ses méthodes de maintien de l’ordre, souvent violente, le pays consacre tous les ans une journée à célébrer… sa police.
La journée de Commémoration de la police (Police Commemoration Day) est célébrée chaque 21 octobre en mémoire des policiers tué lors d’une embuscade de l’armée chinoise à la frontière entre le Tibet et le Ladakh. C’était le 21 octobre 1959, le jour où la Chine a lancé sa première attaque contre l'Inde dans la région d'Aksai Chin. En hommage à ces dix hommes, la conférence des directeurs généraux et des inspecteurs généraux de la police, réunie en 1962, a décidé d'instituer le 21 octobre comme Journée de commémoration de la police qui est aussi appelée Jour des Martyrs dans toutes les forces de police indiennes.
Sur place dans un lieu-dit appelé Sources thermales (Hot Springs) a été érigé un Mémorial qui est un lieu de pèlerinage chaque année pour les policiers venus de tout le pays.
Cette journée du 21-Octobre rend hommage à tous les policiers tués dans l’exercice de leur fonction : plus de 35000 depuis l’indépendance soit plus que le nombre de soldats (23 000) mort pour la patrie. Un mémorial national de la police a été créé à Chanakyapuri, (New Delhi), c’est là que se déroule la principale cérémonie. Laquelle est assortie de deux minutes de silence et d’une shok shastra (une démonstration qui se termine armes canon tourné vers le sol) au son des clairons et se conclue par trois salves de coups de feu. Le mémorial comprend le Mur de la Valeur, une sculpture en granit de 9 mètres porte les noms de plus de 35 000 martyrs, et un musée de la police.
Le 21 octobre est l’occasion pour la police de faire valoir ses doléances et déplorer l’image qu’on lui renvoie « critiqué par le prédicateur ; ridiculisé par le cinéma ; fustigé par la presse et délaissé par le parquet et la justice. le policier est mis à l’écart par les gens respectables. Il est exposé à d’innombrables tentations et dangers. Condamné lorsqu’il fait respecter la loi et destitué lorsqu’il y manque. On attend de lui qu’il possède les compétences d’un soldat, d’un médecin, d’un avocat, d’un diplomate et d’un enseignant, pour une rémunération inférieure à celle d’un journalier. » et de se plaindre d’un sous-effectif chronique : 130 policiers pour 100 000 habitants contre 350 en Europe en moyenne.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 20 octobre 2026
L’uniforme kaki, synonyme de la police indienne, trouve son origine dans la teinture des uniformes blancs des officiers britanniques pour dissimuler les traces de poussière dans l’environnement poussiéreux indien. D’ailleurs, le terme kaki nous vient de l’anglais lui-même hérité du hindi et de l’ourdou : khâkî, qui signifie « poussiéreux » ou « couleur de la poussière », terme lui-même vient du persan khâk (« poussière »). La langue persane fut la langue administrative du pays avant les Anglais.