Cette Journée nationale de l’étudiants kabyles n’a rien de nationale en Algérie, elle a été instaurée en 2010 par l’Anavad, le gouvernement provisoire kabyle (en exil à Paris), une émanation du mouvement indépendantiste kabyle considéré par Alger comme illégal.
La date du 2 novembre correspond à l’anniversaire de l’assassinat de Kamel Amzal, étudiant militant kabyle, en 1982, mortellement agressé à la Cité universitaire Taleb Abderrahman de Ben Aknoun (Alger) par des islamistes. Il est considéré par le mouvement kabyle comme le premier martyr de cette cause étudiante.
Chaque année, des étudiants de l’Université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou (UMMTO) et de l'Université de Béjaïa, ainsi que militants de la cause kabyle marque cette date par des rassemblements, des dépôts de gerbes de fleurs à la mémoire de Kamel Amzal, de manière discrète afin d’échapper aux autorités algériennes qui ont interdit toute expression de l’identité algérienne.
Le journaliste sportif français, Christophe Gleizes a été arrêté en Algérie en mai 2024 et condamné le 29 juin 2025 à 7 ans de prison ferme pour un simple reportage en Kabylie sur la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK). Les autorités algériennes lui reprochent d’avoir eu des contacts et des échanges (entre 2015 et 2017) avec un dirigeant du club qui est également lié au MAK (Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie), le mouvement qui est à l’origine de l’instauration cette Journée de l’étudiants kabyle.
C’est en France, notamment à Paris et en région parisienne (où la communauté kabyle est très active et où siège l’Anavad) que des hommages et conférences sont organisés chaque 2 novembre pour sensibiliser à l’histoire du militantisme estudiantin berbère. À Montréal, où réside une importante communauté kabyle, des événements culturels et des conférences politiques commémorent chaque année l’assassinat de Kamel Amzal.
Ne pas confondre cette journée avec la Journée nationale de l'étudiant, en Algérie, célébrée le 19 mai en référence à la grève historique de l’UGEMA du 19 mai 1956, et qui revêt un caractère très officiel.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 2 novembre 2026
Des membres de la Coordination universitaire MAK-Anavad de Tizi Wezzu, un 2 novembre, au village de Tiferḍuḍ dans la confédération d’At Vu Yusef, sur la tombe de l’étudiant kabyle Kamal Amzal assassiné en 1982.
Ce drapeau (Anay Aqbayli) porte au centre un « yaz » (ⵣ, la lettre Z en tifinagh) rouge encadré par deux rameaux d'olivier. Il a été adopté en mars 2015 par l'Anavad (le gouvernement provisoire kabyle en exil).