14 janvier : la Saint-Basile, le nouvel an des Roms de Bulgarie

 

Les Roms représentent 4 à 5% de la population bulgare, ils sont appelés tsgani. La Saint-Basile (Vasilyovden ou Vasilitsa) est leur fête. C’est une fête familiale traditionnelle, célébrée avec de la volaille. Dans toutes les familles roms, le repas des 13 et 14 janvier revêt une importance capitale et est riche en symbolisme. Les préparatifs ont commencé par l’achat d’une oie ou d'un coq, si la famille n’en possède pas. L’animal doit être acheté au plus tard le 12 janvier et il est impératif de le faire dormir à l’intérieur « pour ne pas porter malheur ». Le matin du 13 janvier, l’oie ou le coq est abattu et à 14 heures, les préparatifs proprement dits débutent. Sur la table se trouvent des sarmi, des banitsa, du pain, du vin et de la rakija. La table est encensée et bénie, et chacun demande pardon en embrassant les mains.

Selon la légende, saint Basile sauva une famille rom de la noyade. Les eaux profondes étaient sur le point de les engloutir quand le saint leur envoya une volée d'oies. Les Roms s’agrippèrent aux volatiles et atteignirent sains et saufs la rive opposée. Saint Basile est leur saint patron. La Saint Basile, appelée aussi Bango Vasil, est une de leurs plus grandes fêtes. Pour les Yerli (roms bulgares) et surtout pour les Burgudji (ceux de l’extérieur) c’est une fête majeure, comparable à la Saint-Georges.

Traditionnellement, dans la soirée du 13 au 14, les portes des maisons des familles roms restent fermées. Personne ne doit entrer ni sortir jusqu’à minuit pour que la chance ne s’en échappe pas et que l’année qui débute soit prospère.

Si on s’en tient à l’ancien calendrier (julien), l’Église orthodoxe commémore aujourd’hui saint Basile le Grand , dont sont issus les noms de la fête : Vasil, Vasilovden, Vasilyevden, etc. (cette journée est également la fête de la Circoncision du Seigneur ). Les personnes portant les noms de Vasil, Vasilka et leurs dérivés sont invitées à la célébrer. Cet ancien nouvel an bulgare est appelé Survaki (Сурваки), il date d’avant l’adoption du calendrier grégorien.

La principale coutume de ce jour est le survakane. Elle est encore observée dans certaines campagnes ou petites localités. C’est une procession rituelle autour du village ou du quartier par un groupe de survakars, des garçons de 4 à 12 ans qui entrent dans les maisons tapotant dans le dos de leurs habitants (ainsi que du bétail) en leur souhaitant santé et fertilité, et recevant généralement en cadeau des friandises de la part de leurs hôtes. Certaines localités en ont fait un véritable carnaval de la nouvelle année. La mascarade Surwa (сурва) de Pernik est même sur la liste du patrimoine immatériel de l’Unesco.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 12 janvier 2026

 
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