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2 mai : Madrid en fête pour le Dos de Mayo
 

Jour férié symbolique s’il en est mais aussi moment de réjouissance dont le cœur est le quartier madrilène de Malasana, autour de la plaza del Dos de Mayo. Autrefois lieu de combat, il est, par la suite, devenu le centre de la movida madrilène dans les années 1980 puis, à partir de mai 2011, le lieu de ralliement des « Indignés ». Mais, en ce 2 mai, les rues de Madrid sont plutôt occupées par des orchestres improvisés, du théâtre de rue et une grande kermesse qui draine une foule venue souvent de loin. Quant à la police, on dit qu’elle fermerait les yeux sur la consommation d’alcool qui atteindrait des sommets en quelques heures !

Dans toute la région, des reconstitutions historiques, des bals, des foires taurines et autres événements sportifs sont également organisés pour célébrer ce qui fut une victoire et reste une cause de fierté pour tout un pays. Le 2 mai 1808, les habitants de Madrid se révoltaient contre l’occupant français, en l’occurrence Joseph Bonaparte, frère de Napoléon, pressenti pour occuper le trône d’Espagne. Murat lançait l’offensive et fit des milliers de morts parmi la foule après avoir fait abattre les leaders de la rébellion, scènes immortalisées par Goya. S’en suivent six années d’une guerre d’indépendance qui s’achèvera par la victoire du peuple espagnol et le retour sur le trône de Ferdinand VII.

Le Tres de mayo, par Francisco Goya, 1814, représentant la fusillade du 3 mai 1808

 
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14 avril : vive la république espagnole !
 

Les républicains espagnols se souviennent de l’instauration de la république espagnole le 14 avril 1931. Pour ce Jour de la République, célébré par la gauche espagnole, l’acte militant consiste à porter une violette à la boutonnière, couleur de la révolution démocratique. Mieux, on sortira le drapeau républicain rouge, jaune et mauve.

La date fait référence à la Seconde République (la première n'avait duré que quelques mois en 1873 et 1874). Elle a été renversée par un soulèvement militaire qui a débuté en en 1936 et abouti à la prise totale du pouvoir par le général putschiste Franco en 1939. Le second président espagnol est mort en France en 1940. Un gouvernement républicain espagnol en exil a survécu jusqu’en 1977. Il s’est dissous avec le retour de la démocratie en Espagne en 1977, quelques mois après la mort du dictateur. Le compromis historique avec la droite espagnole qui soutenait le régime franquiste a été le retour du roi, non celui d’Alphonse XIII qui avait fuit en 1931 sans avoir abdiqué, mais l’intronisation de son petit-fils Juan Carlos, éduqué par le général Franco. La gauche espagnole qui a accepté en 1977 cet état de fait en garde une certaine amertume. La fin peu glorieuse du règne de Juan Carlos qui a fini par abdiquer au profit de son fils, les scandales multiples qui ont éclaboussés la famille royale, ont ravivé la revendication d’un retour à la république. Le régime légal instauré le 14 avril 1931. C’est ce que vient rappeler cette commémoration annuelle du 14 avril.

 
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12 octobre : la fête du monde espagnol
 

La crise catalane n’est pas terminée, l’extrême droite espagnole se réveille, l'Espagne fête l'hispanité (Día de la Hispanidad). Le jour est férié en souvenir de Christophe Colomb « découvrant », sans le savoir, l’Amérique le 12 octobre 1492. Cette date a été choisie pour célébrer l’Hispanité, dès 1914 en Espagne, en 1917 en Argentine, puis dans tous les pays de langue espagnole. En 1958, le régime Franco en fait une célébration officielle. En 1987, le 12 octobre devient la fête nationale de l’Espagne, pays dont l’identité est indissociable de son rapport au monde hispanophone. Parlée dans de très nombreux États, la langue espagnole est la deuxième langue la plus influente au monde. Ainsi, cette fête est à la fois celle de l’Espagne et celle de sa culture exportée par-delà les mers. Au cours du XXe siècle, 12 octobre est même devenu un jour férié dans toute l’Amérique de langue espagnole. Un renversement de perspective a commencé à s’opérer en 1992, l’année du 5e centenaire de la découverte. La découverte de quoi ? et pour qui ? s’est interrogé une partie de la population du sous-continent qui commence, cinq siècles après le traumatisme de la conquête, à réémerger. Au Mexique, la date est marquée par des manifestations contradictoires qui se sont souvent terminées par des violences. En Argentine, le Dia de la Raza (race) est devenu, prudemment, celui de « la diversité culturelle ». Au Venézuela, comme au Guate­mala, c’est depuis 2002, celui de la « résistance indigène ».

 
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