23 mars : la mer perdue de la Bolivie

 

Les enfants des écoles défilent en chantant l’hymne à la mer. Hier, c’étaient des éléments de la marine nationale qui paradaient dans les rues de La Paz. Le pays fête la mer, la mer perdue, car aujourd’hui, la Bolivie est enclavée à l’intérieur du sous-continent, à plusieurs centaines de kilomètres du littoral. Cela, depuis 140 ans, les Boliviens ne l’ont jamais accepté.

Jusqu’en 1879, ils possédaient une province qui s’ouvrait sur le Pacifique entre le Pérou et le Chili. C’est ce dernier qui la lui a confisqué en gagnant la « guerre du du Pacifi­que » et 400 km de littoral. Depuis, la Bolivie rêve de récupérer son accès à la mer. En 2012, le président Morales annonçait une fois de plus vouloir porter l’affaire devant la justice internationale. Certes, les ports devenus chiliens d’Arica et d’Iquique sont ouverts aux échanges de marchandises avec la Bolivie. Le Pérou, qui appuya en vain La Paz lors du conflit de 1879, lui a même concédé 5 km de plages, près de la frontière chilienne, en vue d’y aménager des installations portuaires. Rien n’y fait, la mer fait partie intégrante de l’imaginaire national, elle permet, chaque 23 mars, date de l’ultime bataille, de rassembler la nation vers un objectif commun, fut-il chimérique.

 
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