20 mai : la terrible mémoire de l’«autogénocide» cambodgien

 

La Journée nationale du souvenir ( ទិវាជាតិនៃការចងចាំ, Tivea Cheate nei kar Changcham) commémore le génocide cambodgien perpétré par le régime des khmers rouges qui a dirigé le pays entre 1975 et 1979. Le terme de génocide est certainement mal adapté, même si les Chinois, Chams et Vietnamiens ont été particulièrement visés, la très grande majorité des quelque deux millions de victimes appartenaient à la même nation cambodgienne que leurs bourreaux. Les khmers rouges, une guérilla d’extrême gauche inspirée par le maoïsme, a pris le pouvoir le 17 avril 1975, sous la conduite de leur chef, Pol Pot. Le 20 mai est considéré comme le début des persécutions. Celles-ci ont duré près de quatre ans, jusqu’au 6 janvier 1979.

En 1984, un nouveau gouvernement cambodgien installé par les Vietnamiens a déclaré le 20 mai « Journée nationale de la haine » pour permettre à la population d'exprimer sa colère contre les khmers rouges et leurs soutiens. La traduction en français ou en anglais (Day of Hatred) est quelque peu inexacte. Le nom khmer de cette journée du 20-Mai, T’veer Chong Kamhaeng pouvait se traduire par « Journée pour contenir la colère » ou « Journée pour entretenir la rage ». À l’époque, les khmers rouges tentaient encore de reprendre le pouvoir en menant une guérilla depuis les campagnes. Ils ne furent finalement vaincus qu’en 1997.

C’est en 2001 que cette journée a été officiellement rebaptisée Journée nationale du souvenir, l’accent étant mis sur l’hommage aux victimes. En mars 2025, le roi Norodom Sihamoni a promulgué une loi criminalisant le déni des crimes commis par les khmers rouges, y compris les actes de génocide et crimes contre l’humanité reconnus par les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens.

Pour cet événement, des centaines de personnes se rassemblent généralement à Choeung Ek, à environ quinze kilomètres en dehors de la capitale Phnom Penh, et connu comme l’infâme champ de la mort du Cambodge des khmers rouges. l’événement est organisé par le Parti du peuple cambodgien, au pouvoir depuis 1979.

Des proches des victimes et des parents déposent des fleurs et délivrent des offrandes durant cette journée. Le public peut également assister à quelques reconstitutions de scènes difficiles sous le règne des Khmers rouges, interprétées par des étudiants de l’Université royale des beaux-arts.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 20 mai 2026

Des étudiants de l'Université royale des beaux-arts reconstituent des scènes de torture et d’exécution perpétrées par les khmers rouges durant leur règne de terreur (photo Hul Reaksmey)

 
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