20 février : le Venezuela commémore une révolution libérale, en attendant la prochaine
La célébration de la Journée de la Fédération (Día de la Federación) au Venezuela commémore le début de la Guerre fédérale, le deuxième événement majeur du XIXe siècle dans la formation du Venezuela (après l’Indépendance). Cette guerre civile opposa les conservateurs centralisateurs, aux libéraux qui prônaient une fédération et surtout des réformes sociales, un partage des richesses et la fin du caudillisme permettant une participation du peuple à la gestion du pays.
Le conflit débuta le 20 février 1859, lorsque Tirso Salaverría, à la tête de quarante hommes armés, prit d’assaut la caserne Coro et lança le « Cri de la Fédération ». Ce conflit culmina en avril 1863 et il est donc également connu sous le nom de “Longue Guerre” ou “Guerre de Cinq Ans”.
Parmi les principales causes invoquées pour justifier la guerre fédérale figuraient le maintien de la structure socio-économique héritée de l'époque coloniale, la préservation de l’esclavage et des grands domaines fonciers, ainsi que la domination du pouvoir par la classe des propriétaires terriens. Tous ces facteurs ont alimenté le discours politique des libéraux, qui ont su tirer profit du mécontentement social.
La guerre s’est poursuivie sous forme de guérilla pendant trois ans, jusqu’à ce que des négociations politiques soient inévitables. En 1863, le traité de Coche fut signé, transférant le pouvoir à Juan Crisóstomo Falcón, le chef des libéraux et établissant un gouvernement fédéral. L’adoption de la Constitution fédérale en 1864 changea le nom du pays en États-Unis du Venezuela.
Paradoxalement, aujourd’hui, c’est un gouvernement qui se réclame du peuple, héritier d’une révolution dite socialiste qui est contesté par une majorité de la population lassée d’un régime qui a tout les traits de celui qui prévalait juste après l’indépendance. Le Venezuela est aujourd’hui dirigé par une petite élite qui détourne les principales richesses du pays, à commencer par l’argent du pétrole. Elle se maintient en place par un caudillisme incarné par les figures de Chavez et de Maduro. Ce régime décapité va-t-il se maintenir ? Une guerre civile du type de celle des années 1859-1863 est-elle à prévoir ? Car ce régime populiste au aussi un soutien populaire. Mais peut-être qu’un simple retour aux urnes ferait l’affaire, à condition que cela se fasse de manière transparente (ce qui n’était pas le cas ces dernières années). Le parrain américain s’intéresse-t-il à ce processus, on peut en douter.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 20 février 2026