17 février : le Kosovo, État préadolescent

 

Le Kosovo fête ses onze ans et son indépendance n’est pas encore unanimement admise. En 2019, seuls les deux tiers des États dans le monde reconnaissaient ce pays de 2 millions d’habitants dont l’histoire avait fait une province serbe mais dont la population actuelle (90 % d’Albanais) aurait pu faire intégrer à l’Albanie. Dans la Yougoslavie communiste, le Kosovo avait un statut de province autonome du fait de la présence déjà très forte d’Albanais, les populations serbes ayant migré vers le nord, au cours des siècles. Aujourd’hui, sur les 120 000 Serbes vivant encore au Kosovo, seules 40 000 personnes, établies à la frontière nord, rejettent leur statut de citoyen de la république du Kosovo, un État né le 17 février 2008 sous les parrainages de l’ONU et de l’OTAN. Depuis, la vie politique de ce petit pays, sapée par la corruption des élites, a toujours été très cahotique et fort peu démocratique. En 2018, pour son dixième anniversaire le pays s’est offert une armée.

Le pays n’est reconnu ni par la Serbie ni par la Russie. Cette dernière s’est toutefois servie de cet exemple pour reconnaître de manière unilatérale des républiques d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud. Au sein de l’UE, la résistance à reconnaitre le Kosovo de la part de pays comme l’Espagne, la Grèce, la Slovaquie, Chypre et la Roumanie, tient plus à des considérations géopolitiques internes qui leur sont propres.

 
kosovo.jpg