13 mai : l’archipel polynésien de Rotuma, célèbre sa colonisation par les Anglais

 

Rotuma est un petit archipel polynésien, très isolé, qui fête chaque année la cession des îles à la reine Victoria d’Angleterre, le 13 mai 1881, qui l’a rattaché à l’archipel des Fidji. Depuis cette date, le 13 mai est un jour férié localement. L’indépendance des Fidji, en 1970, n’a pas interrompu les festivités annuelles du Rotuma Day.

Certains voient dans l’époque de la domination anglaise un âge d’or de la culture rotuman. En fait, beaucoup sont nostalgiques de l’île principale où ils n’habitent plus (les autres îles sont désertes). Aujourd’hui, Rotuma isolée de tout et sans guère de richesse, n’abrite plus qu’un peu moins de 2000 habitants, alors que 10 000 Rotumans vivent dans les deux principales îles des Fidji. D’ailleurs, une partie des célébrations du 13-Mai se déroulent à Suva, la capitale, mais aussi bien plus loin, en Australie où vivent des milliers d’entre eux. Mais certains ont aussi émigrés en Nouvelle-Zélande, aux Samoa, aux Tonga, voire en Europe ou en Amérique. Les Rotumans ainsi dispersés seraient environ 50 000. Une bonne partie d’entre eux n’a jamais mis les pieds à Rotuma, dont ils ont oublié la langue.

C’est pour cela qu’autour du 13 mai, se déroule une Semaine de la langue rotuma. Elle se déroule du 10 au 17 mai et sa thématique pour 2026 est « Ȧf'ȧk, putua, a'pumuạ'ȧk ma rak'ȧk 'os fäega ma 'os ag fak Rotuma, la se maoen 'e 'os tore » - Chérissez, nourrissez et enseignez notre langue et notre culture rotumanes afin qu'elles puissent survivre à travers les générations. Car, la langue routa a été classée par l’UNESCO parmi les langues en danger d’extinction. Les festivités, qui durent une semaine, se terminent le dimanche par des offices religieux à Epsom et à Western Springs.

Rattachée à l’archipel mélanésien des Fidji, situé 465 km plus au sud, Rotuma est beaucoup plus proche linguistiquement et culturellement des Tonga et des Samoa. Rotuma dispose d’un statut d’autonomie, mais étant donné sa très faible population au sein des Fidji et son million d’habitants, elle pèse bien peu. L’île est administrée directement par le Bureau du Premier ministre des Fidji. Un conseil composé des sept chefs traditionnels de Rotuma et de sept représentants élus propose des projets destinés à être financés par le gouvernement fidjien. Une fois approuvés, les projets retenus sont mis en œuvre conjointement par le Bureau du Premier ministre et le Conseil de Rotuma.

Les Roturams ont été visités par des Européens pour la première fois à la fin du XVIIIe siècle. Tout au long du XIXe siècle, Rotuma devint le refuge de nombreux marins déserteurs. L’archipel était, à l’époque, revendiqué par le roi de Tonga qui administrait l’île de loin. Au milieu du XIXe siècle, deux groupes de missionnaires, des catholiques et des protestants méthodistes arrivèrent sur l’île. La rivalité entre les deux groupes de religieux, alimentée par les conflits entre les chefs locaux, contraignit ces derniers à demander au Royaume-Uni l’annexion de Rotuma et des îlots voisins. C’est ainsi que Rotuma a été officiellement cédée à la Grande-Bretagne le 13 mai 1881 et est devenue une partie des Fidji.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 13 mai 2026

L’affiche 2026 de la Semaine de langue rotuma

 
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