18 avril : le Zimbabwé fête sa seconde indépendance
Au Zimbabwé, c’est Independence Day. Le 18 avril : le Zimbabwé célèbre sa seconde indépendance. Cette année, pour le 46e anniversaire de l’indépendance, c’est à Maphisa, province du Matabeleland Sud, qui accueille les principales célébrations de cet anniversaire. C’est le président Mnangagwa qui prononce le discours d’ouverture. Plus tard dans la journée, les géants du football que sont les Highlanders et l'Écosse s'affrontent dans le cadre de la Coupe de l'Indépendance.
Les célébrations de 2026 se déroulent sous le thème « Zim@46 – Unité et développement vers la Vision 2030 ». Ce jour est décrit par les autorités comme un jour « fait par Dieu », un moment né du sacrifice, de la résilience et d'une lutte acharnée pour la liberté.
Le 17 avril 1980, une foule nombreuse s’était rassemblé au stade Rufaro de Salisbury, ville qui allait devenir Harare, la capitale. Parmi eux se trouvaient des diplomates, des militants pour la liberté, des citoyens ordinaires et le jeune Bob Marley, venu spécialement de Jamaïque à ses propres frais, car il était convaincu que ce moment était celui de toute l'Afrique.
À l'approche de minuit, l'Union Jack fut abaissée pour la dernière fois et remplacé par le nouveau drapeau du Zimbabwe. Le pays avait traversé de nombreuses années de conflit violent, connu sous le nom de Seconde Chimurenga. Cette lutte était menée par les mouvements de libération ZANU et ZAPU contre le gouvernement de la minorité blanche en Rhodésie, dirigé par Ian Smith. Ce dernier avait proclamé l’indépendance du pays vis-à-vis de la Grande-Bretagne en 1965, sous le nom de Rhodésie-du-Sud, afin de maintenir la ségrégation raciale. Après des année de lutte de la majorité noire, l’accord de Lancaster House, signé en 1979, mit fin à la guerre et instaura des élections libres. Le parti ZANU-PF de Robert Mugabe a remporté les élections et le Zimbabwe est né. Ce soir-là, Marley a interprété sa chanson « Zimbabwe », qu'il avait écrite spécialement pour l’occasion.
Le nom Zimbabwe vient des mots shona « dzimba dza mabwe », qui signifient « maisons de pierre ». Il fait référence à l'ancienne cité du Grand Zimbabwe, une structure médiévale en pierre qui témoigne de la riche histoire de cette terre, bien avant l'établissement des premières cartes coloniales.
Le pays sort péniblement d’une crise économique profonde dans laquelle l’avait plongée l’ancien dictateur Mugabe par sa politique hasardeuse qui a ruiné le pays dans les années 1990. Aujourd’hui, après des décennies d’instabilité, d’hyperinflation et de ruptures répétées avec les bailleurs, le Zimabwé connaît un retour progressif dans les circuits financiers internationaux. Robert Mugabe, le héros de l’indépendance de 1980 qui a régné en maître absolu jusqu’à son renversement en 2017 (il est mort en 2019, en exil), a laissé le pays dans un état désastreux que le nouveau président, Emmerson Mnangagwa, n’est pas encore parvenu à réformer en profondeur. Quand le Zimbabwe y parviendra, il pourra alors fêter sa troisième indépendance (celle à l’égard de ses créanciers). Avec la bonne performance de l’agriculture et la dynamique du secteur minier, soutenue par l’or, le platine et le lithium, il est en bonne voie.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 18 avril 2026
Le président Emmerson Mnangagwa, ancien vice-président de Robert Mugabe
Spectateurs venus assister à la fête (photo Herald)