26 mars : au Niger, un jour férié pour légitimer une dictature militaire
Les Nigériens bénéficient d’un nouveau jour férié et chômé, instauré début 2026 : le Jour de la Refondation. Il fait référence à l’entrée en vigueur, le 26 mars 2025, d’une nouvelle charte adopté par les Assises nationales (700 délégués non élus mais nommés par la junte militaire). Le même jour le général Abdourahamane Tiani s’était attribué sans qu’il ait eu d’élection, un mandat présidentiel de cinq ans renouvelable.
Abdourahamane Tiani est le chef de la junte qui a renversé le président Mohamed Bazoum le 26 juillet 2023. Il s’est arrogé tous les pouvoirs, dissous les partis politiques et muselé la presse… Instauré une dictature avec les encouragements des juntes militaires du Mali et du Burkina Faso et ceux de la Russie qui a pris pied au Niger pour en exploiter l’uranium.
En somme le 26 mars célèbre la disparition de la démocratie au Niger car le président Mohamed Bazoum avait été élu en 2021 dans des conditions honnêtes et pluralistes. Fort de sa légitimité, il a toujours refusé de démissionner, c’est la raison pour laquelle l’armée le séquestre dans le palais présidentiel où il est prisonnier depuis le putsch du général Abdourahamane Tiani. Ce dernier était le chef de la garde présidentielle et son remplacement était annoncé. Comme quoi, le destin de tout un peuple peut basculer avec l’annonce de la mutation d’un militaire.
Avec l’armée au pouvoir, le Niger n’a pas pour autant résolu ses problèmes sécuritaires. Des groupes djihadistes affiliés à Al-Qaida ou à Daesh continuent de multiplier leurs attaques meurtrières contre la population.
À en croire les autorités, cette journée du 26-mars viserait à « magnifier la lutte patriotique » des Nigériens pour « une nation libre et souveraine ». Elle est aussi présentée comme une occasion d’évaluer la mise en œuvre des principes et valeurs inscrits dans la Charte de la Refondation, qui fait office de constitution, promulguée le 26 mars 2025. Sauf que cette charte n’a pas été élaborée dans des conditions démocratiques, toute voix dissonante pouvant provoquer une arrestation voire un assassinat politique. L’ambiance est la même au Mali voisin où le journaliste Youssouf Sissoko, directeur de publication du journal L’Alternance, a été condamné ce lundi 23 mars 2026, à deux ans de prison ferme assortis d’une amende de 1 million de francs CFA. Cette condamnation fait suite à la publication d’un article critique visant le dirigeant nigérien Abdourahamane Tiani.
Ce même jour au Mali, on commémore la chute d’une dictature mais, le régime du 26-Mars a lui-même été renversé par un coup d’État militaire…
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 25 mars 2026
Abdourahamane Tiani, chef de la junte au pouvoir au Niger