26 janvier : l’Ouganda commémore sa libération et célèbre sa dictature
Le 26 janvier est férié en Ouganda en souvenir du renversement d’une junte militaire. 39 ans plus tard, le héros de la libération du pays, Yoweri Museveni est toujours au pouvoir ! Et sa dictature ne vaut guère mieux que celle qu’il a renversée.
Le 26 janvier 1986, de la junte du général Tito Okello était renversé par l’Armée de la résistance nationale conduite par un général passé au maquis. Okello était au pouvoir depuis qu’il avait, lui-même, renversé le président et dictateur Milton Oboté, un an plus tôt. Le meneur de ce mouvement de libération est le général Yoweri Museveni qui a passé sept ans dans le maquis pour lutter contre les deux dictateurs successifs.
En 1986, Yoweri Museveni, le héros de la libération du pays a été élu président de l’Ouganda, et son armée du maquis est devenue le MRN, le Mouvement de Résistance Nationale. 39 ans plus tard l’un comme l’autre sont toujours à la tête de l’Ouganda. Yoweri Museveni, aujourd’hui octogénaire, songe à briguer un septième mandat en 2026. Si rien ne bouge, il a de fortes chances de l’emporter puisqu’il contrôle le pays d’une main de fer. À moins qu’il ne laisse la présidence à son propre fils, Muhoozi Kainerugaba…
La Journée de la libération du NRM (NRM Liberation Day), célébrée chaque année le 26 janvier, est bien destinée à consolider sa dictature en dépit des violations des droits humains, du harcèlement des journalistes, du chômage, de la pauvreté, de la dégradation des services de santé et le déclin de l'économie. Cette année, c’est à Munbende que se déroule les festivités, un district bien délaissé où rien n’a bougé depuis quatre décennies, malgré un vote constant pour le MRN. Hier, le dictateur Yoweri Museveni prononçait son discours à la nation lui faisant part de sa vision de l’avenir de l’Ouganda.
Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 25 janvier 2025
Mise à jour 2026 : Le 17 janvier 2026, Yoweri Museveni a remporté un septième mandat consécutif avec 71,65% des suffrages. Crédité de 24,72% des voix, l'opposant Bobi Wine a dénoncé une "mascarade électorale", des bourrages d'urnes et des fraudes massives. Le vote s’est déroulé dans un climat « marqué par une répression et une intimidation généralisées », a pointé l’ONU. Un résultat a donc été rejeté par l’opposition et critiqué par des observateurs et des ONG, qui l’ont jugé plombé par la coupure du réseau internet et la répression de l’opposition.
En 2019, le président Yoweri Museveni avait modifié la Constitution pour supprimer les limites de mandat et d’âge (il a 81 ans). Il en a aussi profité pour verrouiller les institutions judiciaires, électorales et militaires, afin de mieux éliminer toute opposition sérieuse.
L’armée occupe une grande place lors des festivités du 21-Janvier