19 mars : la commémoration de la victoire sur Kadhafi

 

Le 19 mars, en principe, est férié en Libye pour commémorer la victoire sur Kadhafi (إحياء ذكرى الانتصار على القذافي).
Il y a 15 ans, le 19 mars 2011, une coalition emmenée par Paris, Londres et Washington lançait une intervention militaire contre le régime du colonel Kadhafi… Le dictateur est tombé, les forces de l’OTAN ont quitté le pays, laissant la place à une guerre civile qui a fracturé le pays et engendré un chaos dont les répercussions ont largement dépassé les frontières du pays. Aujourd’hui, les combats ont cessé mais la Libye en tant qu’État n’existe plus. Le pays est écartelé entre plusieurs pouvoirs où règne corruption et kleptocratie. La situation paraît très instable mais tout concourt à un maintien durable du statu quo. Quinze ans après la chute de la dictature, les fractures sont multiples et ne sont toujours pas surmontées. Aux divergences tribales, s’ajoutent celles des milices, pour la plupart, parrainées par des États étrangers…

Le régime de Tripoli ne contrôle plus qu’une petite portion du pays. Les trois quart sont sous la coupe du maréchal Khalifa Haftar qui règne, avec son fils, depuis Benghazi, la « capitale » de la Cyrénaïque (Est libyen). Si à l’Est s’est imposé une dictature militaire, l’Ouest est généralement par des affairistes. À Tripoli, la capitale officielle, le Premier ministre Abdel Hamid Dbeibah gère la portion du pays qu’il contrôle en chef d’entreprise plutôt qu’en chef d’un gouvernement de transition. Quant au clan Khadafi, il a perdu son dernier représentant en février 2026. Saïf al-Islam Kadhafi, fils du défunt dictateur libyen Mouammar Kadhafi, a été abattu à son domicile dans la ville de Zintan par des hommes armés non identifiés.

Un article de l'Almanach international des éditions BiblioMonde, 19 mars 2026

Lire la Géopolitique de la Libye de Kader A. Abderrahim qui dresse un bilan de des années de crise et fait un portrait du pays tel qu’il est aujourd’hui.
La Libye y est analysée et disséquée dans ses différentes composantes afin de permettre au lecteur d’appréhender les dynamiques à l’œuvre qui obèrent un retour à la stabilité. La diversité des différents protagonistes permet d’analyser le jeu et les stratégies des voisins de la Libye, comme l’Algérie et d’acteurs plus lointains : la Turquie, le Qatar, les ÉAU, les États-Unis, la Russie… Les enjeux du pétrole, les intérêts géopolitiques du Maghreb aux confins du Sahara et de l’Afrique sont décortiqués afin de restituer les réalités de ce pays fort peu connu.

 
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