1er mai : le rendez-vous de l’extrême droite française

 

La coutume de l’extrême droite française de se réunir le 1er mai est une pratique récente, elle lui offre un contrepoint médiatique aux traditionnels défilés syndicaux de la Fête des travailleurs, parrainée par la gauche. On la doit à Jean-Marie Le Pen, leader du Front nationale, galvanisé par son résultat de 14,3 % au premier tour de la présidentielle de 1988, qui avait convoqué le 1er mai 1988 un grand rassemblement de ses partisans sur la place de l’Opéra à Paris, lequel s’est terminé par un défilé de 25 à 30 0000 personnes jusqu’à la place des Pyramides où se trouve une statue de Jeanne d’Arc.

C’est là qu’il faut chercher l’origine cette tradition inventée. En 1920, un député d’extrême droite, Maurice Barrès, également écrivain et idéologue nationaliste, avait fait voter une loi instaurant une « Fête nationale de Jeanne d'Arc et du patriotisme » devant être célébrée le deuxième dimanche du mois de mai, en référence à l’anniversaire de la libération d’Orléans le 8 mai 1429 par l'armée française, sous le commandement de Jeanne d'Arc. Une date qui est fêtée chaque année à Orléans.

Cette fête nationale du deuxième dimanche de mai, bien que discrète en raison de son origine politique, a toujours cours aujourd’hui. À partir de 1979, Jean-Marie Le Pen avait fait préemption sur l’évènement en organisant un défilé du Front national ce jour-là. Cette manifestation qui rassemblait chaque année outre le FN, tout ce que la France compte de fascistes, ultranationalistes et catholiques intégristes, tombait en 1988, le jour du second tour des élections présidentielles. D’où l’idée du leader du FN, cette année-là, de la déplacer au 1er mai.

La pratique de ces grands rassemblements s’est poursuivie jusqu’en 2015. Elle a donné quelques débordements et même un drame, la mort d’un jeune marocain noyé dans la Seine par un skinhead à l’issue de la manifestation, le 1er mai 1995. En 2002, choquées par les résultats électoraux du 21 avril (Le Pen au second tour de la présidentielle) plus d’un million de personnes était dans la rue.

Le défilé des extrêmes droites du 1er mai a été supprimé en 2016 par Marine Le Pen qui voulait donner une image moins extrémiste au parti qu’elle dirige désormais, pour le remplacer par une réunion de militants du FN à Villepinte. Depuis 2022, il n’y a même plus de rendez-vous devant la statue de Jeanne d’Arc.

Désormais, le Rassemblement national (nouvelle appellation du FN) organise le 1er mai sa “Fête de la nation”, dans une ville de province : Le Havre, Perpignan, Narbonne et cette année, Macôn en Saône-et-Loire.

Un article de l'Almanach international  des éditions BiblioMonde, 1er mai 2026

Jean-Marie Le Pen, le 1er mai 2004, place des Pyramides, Paris (photo Wikimedia)

 
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